“Pendant des décennies après la Libération, les USA sont apparus comme le pays du “mieux”. Ils nous ont libérés des nazis, puis nous ont “guidés” vers le monde moderne, de la machine à laver à la voiture, en passant par la conquête de la lune et internet.

Nous avons imité, souvent fascinés, ce pays qui était à l’évidence le modèle à suivre (sauf pour De Gaulle parfois !). Mais, depuis quelques décennies, ce pays devient aussi de plus en plus l’incarnation des excès en tous genres et des choses à ne pas faire.

Car les “USA” c’est aussi des records d’obésité ou d’addictions, d’emprisonnement (quasiment 1% de la population est derrière les barreaux), de brutalité militaire, d’homicides par armes à feu, d’inégalités en tous genres, sans oublier l’enseignement qui fait passer les affaires de multinationales avant l’intérêt des enfants, le contrôle des opinions par les algorithmes des réseaux sociaux (dit autrement Big Brother est bien apparu mais pas là où Orwell l’attendait !), ou… les premières réserves de charbon au monde.

C’est aussi un pays où le pouvoir fédéral est largement impuissant. Après deux décisions sur l’avortement et les armes à feu qui ramènent chacune des décennies en arrière, la Cour suprême de ce pays vient de changer la jurisprudence en ce qui concerne les agences fédérales en général, et l’EPA en particulier. Cette dernière ne pourra plus réglementer – en l’espèce les émissions des centrales à charbon – sans que le Congrès lui ait explicitement donné le mandat de le faire.

Comme la modification du cadre législatif aux USA est un processus qui prend “des plombes” (en 8 ans Obama n’y est pas arrivé sur le CO2), à cause des particularités du système américain, cette récente décision signifie en pratique que l’exécutif fédéral ne peut pas faire grand chose de rapide sur la question des émissions.

La Cour suprême actuelle est une pilule empoisonnée laissée par Trump : ce dernier y avait nommé 3 juges ultraconservateurs (https://bit.ly/3bKjLdD ), âgés de 50, 54 et 57 ans. Rappelons que les juges y siègent à vie et ne sont en pratique pas révocables.

Il est urgent de ne plus regarder les USA avec les yeux de Chimène. Dans le monde terriblement fini qui nous attend, ce pays né dans le monde infini, disposant des réflexes, traits culturels et mécanismes de gouvernance du monde infini, devient de plus en plus un contre-exemple et non un exemple.

Dans ce pays, trop repose sur l’individu (censé pouvoir se sortir seul de toutes les situations ; la figure du super-héros incarnant cela à l’extrême) et pas assez sur le collectif, et trop repose sur la technique et pas assez sur la sobriété.

Nous – les européens et en particulier les français – devons imaginer notre propre avenir, non nous mettre dans la roue des américains. Il ne s’agit pas de nous fâcher avec eux, juste de ne rien en attendre. Avec un peu de chance, nous motiverons même des états particuliers (Californie et côte Est) à nous imiter, au lieu que ce soit l’inverse.”

9 comments
  1. la diff ici c’est que les gens roulent en gros SUV au lieu de gros pickups, sinon même dépendance à la voiture pour des trajets le plus souvent seul, et le plus souvent de quelques kilomètres. Plus de la moitié des villes dédiées aux voitures. Agisssons chez nous déjà

  2. C’est quoi le problème ?

    Il nous dit : arrêtons de prendre les us comme modèle suite au dernier épisode sur l’écologie de la cours suprême des États-Unis

    1) ils font de la merde sur l’écologie
    2) en plus niveau social c’est la merde
    3) nous on a pas de ressources donc de tt façon on peut pas faire pareil

    Bref n’attendons rien des usa et commençons par changer des choses ici et maintenant.

    Le truc qui va être “marrant” c’est que si la guerre en Ukraine continue ou que les relations avec la Russie s’améliore pas avant l’hiver on va pleurer nos mères une situation qui aurait dû arriver dans 30ans.

  3. Ça commence par ne pas systématiquement parler leur langue… « *dès que possible, c’est à dire dans tous les cas.* »

    #Francophonie

  4. Je ne connais pas l’auteur mais ce texte raisonne assez en moi.
    Gamin dans les années 90 j’ai été abreuvé des séries et films US: belle maison, tout est propre et parfait, un sentiment de liberté. T’es jeune ado et tu vois des films où des ados américains font des supers fêtes dans des baraques immense avant de se retrouver dans des écoles et universités qui paraissent être un rêve tellement c’est génial.

    Mon pauvre petit cerveau de jeune avait succombé à cet idéal et je ne rêvais que d’une chose c’est d’y aller

    Puis en grandissant on acquiert un esprit critique
    On s’aperçoit que c’est bien les universités publiques, les transports quand on est jeune, de pouvoir aller à l’hôpital sans se demander comment on va faire pour payer

    Et puis de voir qu’on a une histoire riche et un pays magnifique où le moindre petit village peut renfermer un édifice millénaire et avoir une histoire plus riche qu’une grosse ville américaine

    Et notre gastronomie! Il faut se rendre compte de la chance qu’on a de grandir dans un pays où manger sain est encore « à peu près » la norme (j’avais été écœuré quand ma femme et moi étions allé essayer « Costco » cette chaîne de supermarché qui vend tout en gros. C’est que du sucre et produit ultra transformé c’est pas du tout en phase avec notre manière de consommer de la nourriture et j’avais eu de la peine en imaginant ces enfants qui doivent ingurgiter ça tout les jours)

    Franchement si un jour je peux y aller pourquoi pas mais ça ne me fait plus rêver

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