A l’initiative du Parlement européen, les constructeurs de voitures de luxe auront un délai supplémentaire pour passer au tout-électrique et réduire leurs émissions de CO₂.
Par Jean-Michel Normand
Publié aujourd’hui à 07h38
Temps deLecture 2 min.
L’Europe a programmé la fin du moteur thermique d’ici à 2035, mais certains modèles auront un sursis supplémentaire. A l’initiative du Parlement européen, les voitures de très grand luxe, ces « supercars » dont le prix de base dépasse les 200 000 euros, vont bénéficier d’un traitement de faveur pour passer – un comble ! – au tout-électrique à un train de sénateur.
Baptisé « amendement Ferrari », le texte adopté le 8 juin prévoit que les constructeurs dont la production se situe entre 1 000 et 10 000 véhicules par an n’auront pas à se conformer à l’objectif intermédiaire de 2030, qui prévoit de réduire les émissions de CO2 de 55 % par rapport à 1990. Ces marques devront certes se conformer à l’obligation de neutralité carbone, mais seulement à partir de 2036, une année après le terme fixé pour le reste de l’industrie automobile.
D’ici là, les acheteurs de voitures de très grand luxe pourront continuer de rouler à bord de coupés surpuissants motorisés par des mécaniques gavées d’hydrocarbures. Les firmes dont la production se situe au-dessous de 1 000 unités par an comme Bugatti (groupe Volkswagen), Morgan ou le suédois Koenigsegg échapperont, pour leur part, aux restrictions programmées.
Forte présence de députés italiens
Pendant ce temps, le vulgum devra se convertir à l’hybride ou à l’électrique et s’acquitter d’un surcoût important, afin de contribuer à la réalisation des objectifs collectifs de réduction des émissions de CO2. Même si les « supercars » ne représentent que 0,2 % du marché, un tel message apparaît difficilement compatible avec l’édification d’un consensus autour de la transition écologique. Surtout lorsque, en parallèle, l’Europe insiste sur la nécessité de démocratiser la transition vers une mobilité plus soucieuse de l’environnement.
Ce régime de faveur pourrait profiter à Lamborghini (8 500 véhicules par an), McLaren (4 000 voitures les bonnes années) et, théoriquement, Rolls-Royce (5 500 ventes en 2021). Malgré son intitulé, l’amendement adopté par le Parlement européen ne devrait pas, en l’état, concerner Ferrari, à moins d’un revirement stratégique. La marque au cheval cabré s’est lancée dans une augmentation régulière de sa production, qui représentait 11 153 unités en 2021, et doit atteindre la barre des 15 000 en 2025, dans le cadre d’un plan destiné à porter à près de 40 % son taux de marge.
Le vigoureux plaidoyer en faveur d’un régime d’exception prononcé par Roberto Cingolani, ministre de la transition écologique italien (et ancien membre du conseil d’administration de Ferrari), a sans doute contribué à associer cet amendement à la firme de Maranello. De même que la forte présence de députés italiens parmi les signataires de cette proposition adoptée par une conjonction d’élus d’extrême droite, de droite, du centre et de gauche.
D’autres obstacles
Le texte, qui évoque curieusement la nécessité « d’éviter tout effet de distorsion du marché » et invoque des « spécificités » dont on voit assez mal les contours, tient du baroud d’honneur, si ce n’est du combat d’arrière-garde, car la plupart des grandes marques de luxe automobile ont d’ores et déjà programmé leur conversion au tout-électrique.
Dans le sillage de Porsche, qui a pris une longueur d’avance, se sont notamment engagés dans cette voie Bentley (groupe BMW), Rolls-Royce (groupe Volkswagen), Jaguar, Lotus ou Alpine. Ferrari et Lamborghini, qui semblent se diriger en marche arrière vers cet horizon, ont fait savoir qu’ils produiraient, dans les prochaines années, des modèles entièrement électriques. Alors que l’automobile allemande domine le marché du luxe, on remarque aussi que le gouvernement de Berlin n’a pas appuyé les personnes à l’origine de l’amendement. Il a préféré plaider en faveur du développement de carburants de synthèse.
Malgré les effets potentiellement délétères de l’amendement Ferrari, l’exception accordée aux constructeurs ne constitue pas le principal obstacle à la marche vers le tout-électrique, qui nécessite des investissements d’une ampleur inédite. Le rythme avec lequel il finira par s’imposer sera bien davantage tributaire de la réduction du coût des véhicules, de la technologie des batteries et de la capacité à mettre en place un maillage complet de bornes de recharge.
Jean-Michel Normand
40 % de marge pour ferrari, ca c’est du chiffre
Si tu doutais que le problème c’est la bourgeoisie
Qui veut d’une Ferrari qui se fait doubler par un SUV électrique?
En pratique, si il reste 3 clampins avec des Ferraris et des Porches et que le reste est zéro emission c’est cool.
En pratique, pas mal de boite (dont mon employeur) dans le cadre du *greenwashing* donne des Tesla de fonctions plutôt que des porches aux cadre-dirigeants donc la voiture de Luxe electrique pour montrer que t’es un gros-riche elle est déjà là
Le nom de cet “amendement Ferrari” est ridicule car Ferrari n’est pas concerné, Ils produisent déja plus de 10 000 voitures par an depuis 2019…
6 comments
A l’initiative du Parlement européen, les constructeurs de voitures de luxe auront un délai supplémentaire pour passer au tout-électrique et réduire leurs émissions de CO₂.
Par Jean-Michel Normand
Publié aujourd’hui à 07h38
Temps deLecture 2 min.
L’Europe a programmé la fin du moteur thermique d’ici à 2035, mais certains modèles auront un sursis supplémentaire. A l’initiative du Parlement européen, les voitures de très grand luxe, ces « supercars » dont le prix de base dépasse les 200 000 euros, vont bénéficier d’un traitement de faveur pour passer – un comble ! – au tout-électrique à un train de sénateur.
Baptisé « amendement Ferrari », le texte adopté le 8 juin prévoit que les constructeurs dont la production se situe entre 1 000 et 10 000 véhicules par an n’auront pas à se conformer à l’objectif intermédiaire de 2030, qui prévoit de réduire les émissions de CO2 de 55 % par rapport à 1990. Ces marques devront certes se conformer à l’obligation de neutralité carbone, mais seulement à partir de 2036, une année après le terme fixé pour le reste de l’industrie automobile.
D’ici là, les acheteurs de voitures de très grand luxe pourront continuer de rouler à bord de coupés surpuissants motorisés par des mécaniques gavées d’hydrocarbures. Les firmes dont la production se situe au-dessous de 1 000 unités par an comme Bugatti (groupe Volkswagen), Morgan ou le suédois Koenigsegg échapperont, pour leur part, aux restrictions programmées.
Forte présence de députés italiens
Pendant ce temps, le vulgum devra se convertir à l’hybride ou à l’électrique et s’acquitter d’un surcoût important, afin de contribuer à la réalisation des objectifs collectifs de réduction des émissions de CO2. Même si les « supercars » ne représentent que 0,2 % du marché, un tel message apparaît difficilement compatible avec l’édification d’un consensus autour de la transition écologique. Surtout lorsque, en parallèle, l’Europe insiste sur la nécessité de démocratiser la transition vers une mobilité plus soucieuse de l’environnement.
Ce régime de faveur pourrait profiter à Lamborghini (8 500 véhicules par an), McLaren (4 000 voitures les bonnes années) et, théoriquement, Rolls-Royce (5 500 ventes en 2021). Malgré son intitulé, l’amendement adopté par le Parlement européen ne devrait pas, en l’état, concerner Ferrari, à moins d’un revirement stratégique. La marque au cheval cabré s’est lancée dans une augmentation régulière de sa production, qui représentait 11 153 unités en 2021, et doit atteindre la barre des 15 000 en 2025, dans le cadre d’un plan destiné à porter à près de 40 % son taux de marge.
Le vigoureux plaidoyer en faveur d’un régime d’exception prononcé par Roberto Cingolani, ministre de la transition écologique italien (et ancien membre du conseil d’administration de Ferrari), a sans doute contribué à associer cet amendement à la firme de Maranello. De même que la forte présence de députés italiens parmi les signataires de cette proposition adoptée par une conjonction d’élus d’extrême droite, de droite, du centre et de gauche.
D’autres obstacles
Le texte, qui évoque curieusement la nécessité « d’éviter tout effet de distorsion du marché » et invoque des « spécificités » dont on voit assez mal les contours, tient du baroud d’honneur, si ce n’est du combat d’arrière-garde, car la plupart des grandes marques de luxe automobile ont d’ores et déjà programmé leur conversion au tout-électrique.
Dans le sillage de Porsche, qui a pris une longueur d’avance, se sont notamment engagés dans cette voie Bentley (groupe BMW), Rolls-Royce (groupe Volkswagen), Jaguar, Lotus ou Alpine. Ferrari et Lamborghini, qui semblent se diriger en marche arrière vers cet horizon, ont fait savoir qu’ils produiraient, dans les prochaines années, des modèles entièrement électriques. Alors que l’automobile allemande domine le marché du luxe, on remarque aussi que le gouvernement de Berlin n’a pas appuyé les personnes à l’origine de l’amendement. Il a préféré plaider en faveur du développement de carburants de synthèse.
Malgré les effets potentiellement délétères de l’amendement Ferrari, l’exception accordée aux constructeurs ne constitue pas le principal obstacle à la marche vers le tout-électrique, qui nécessite des investissements d’une ampleur inédite. Le rythme avec lequel il finira par s’imposer sera bien davantage tributaire de la réduction du coût des véhicules, de la technologie des batteries et de la capacité à mettre en place un maillage complet de bornes de recharge.
Jean-Michel Normand
40 % de marge pour ferrari, ca c’est du chiffre
Si tu doutais que le problème c’est la bourgeoisie
Qui veut d’une Ferrari qui se fait doubler par un SUV électrique?
En pratique, si il reste 3 clampins avec des Ferraris et des Porches et que le reste est zéro emission c’est cool.
En pratique, pas mal de boite (dont mon employeur) dans le cadre du *greenwashing* donne des Tesla de fonctions plutôt que des porches aux cadre-dirigeants donc la voiture de Luxe electrique pour montrer que t’es un gros-riche elle est déjà là
Le nom de cet “amendement Ferrari” est ridicule car Ferrari n’est pas concerné, Ils produisent déja plus de 10 000 voitures par an depuis 2019…