Guerre en Ukraine : « Etre réaliste, c’est croire au rapport de force et à la dissuasion »
TRIBUNE
Jean-Baptiste Jeangène Vilmer Directeur de l’Institut de recherche stratégique de l’Ecole militaire (IRSEM)
La position selon laquelle la Russie et l’Ukraine pourraient être renvoyées dos à dos comme « des acteurs rationnels défendant leurs intérêts » n’est pas du réalisme, mais du cynisme, estime, dans une tribune au « Monde », le chercheur en relations internationales Jean-Baptiste Jeangène Vilmer.
***
La guerre en Ukraine a accentué la tendance déjà tenace à caricaturer ce qu’est le « réalisme » en politique étrangère. Nombreux sont les analystes qui revendiquent ce label pour appeler à la modération face à l’agression russe. Le procès en « manque de réalisme » vise tant les origines prétendues du conflit que sa conduite et les perspectives de sortie.
Avant la guerre, c’est l’absence de « réalisme » qui aurait permis l’expansion de l’OTAN, laquelle aurait « provoqué » le président Poutine, qui n’aurait fait que défendre ses intérêts en attaquant l’Ukraine, ce dont il est, par conséquent, presque excusé. Pendant la guerre, c’est encore au nom du « réalisme » qu’il faudrait ne pas trop soutenir les Ukrainiens et ménager une porte de sortie honorable aux Russes. Et, après la guerre, les mêmes « réalistes » nous inviteront à rapidement normaliser nos relations avec Moscou.
Dans cette acception du mot, le réaliste est une sorte d’observateur impartial des rapports de force, pour lequel il n’y aurait « ni gentil ni méchant » – la Russie et l’Ukraine sont renvoyées dos à dos –, mais seulement des acteurs rationnels défendant leurs intérêts. Dénonçant « l’hystérisation » du débat, voulant incarner la raison contre la passion, ce réaliste met un point d’honneur à exclure les questions morales de son analyse.
Ce que le réalisme n’est pas
Sauf que cette position n’est pas du réalisme. C’est ce que, il y a déjà plus d’un demi-siècle, le philosophe Raymond Aron (1905-1983) appelait le « faux réalisme », c’est-à-dire en réalité le cynisme.
La matrice réaliste partage certes plusieurs postulats avec cette attitude : tenir compte des contraintes du réel, reconnaître les rapports de force, se méfier des abstractions et juger la valeur d’une proposition à sa faisabilité, sans se faire d’illusion sur la volonté ou la capacité des acteurs de respecter les principes qu’ils invoquent, comprendre que les Etats cherchent à maximiser leur intérêt national et sont plus souvent en conflit qu’en harmonie, etc.
Mais, et c’est une différence majeure, le réalisme n’est pas pour autant un amoralisme. Ignorer ou sous-estimer les questions morales, ce n’est pas faire preuve de réalisme, puisque ces questions se posent et font partie de « la réalité ». Elles se posent même de plus en plus, parce que la pression normative sur les acteurs des relations internationales – Etats, organisations, entreprises, individus – ne cesse de s’accroître : sur la conduite de la guerre, les ventes d’armes, le nucléaire militaire, les droits de l’homme, les émissions de gaz à effet de serre, etc.
Cela peut sembler paradoxal à l’heure où nous assistons à la barbarisation de la guerre en Ukraine, mais il y a une véritable moralisation des relations internationales, au sens où les acteurs invoquent de plus en plus des arguments moraux et juridiques pour justifier leurs actions, ou condamner celles des autres. Non parce qu’ils seraient plus moraux qu’avant – les Etats comme les hommes et les femmes qui les composent agissent toujours autant par intérêt, car l’égoïsme fait partie de la nature humaine –, mais parce qu’ils estiment qu’ils doivent davantage sembler l’être.
Le vrai réalisme sur l’Ukraine
Loin d’exclure toute considération morale de leurs analyses, les vrais réalistes sont simplement attentifs à ce que ces considérations ne s’abstraient pas des contraintes du réel. L’éthique réaliste est celle du moindre mal – « ce n’est jamais la lutte entre le bien et le mal, disait Aron, c’est le préférable contre le détestable » – et en cela elle est tragique. Mais il ne s’agit pas moins d’une éthique.
Dans ces conditions, ceux qui persistent à ignorer ou à sous-estimer les questions morales ne doivent pas être appelés « réalistes », même s’ils revendiquent ce label sans en comprendre le sens, mais simplement « cyniques ». Si l’on revient maintenant à l’Ukraine, que dirait le vrai réaliste ? Sur les causes de la guerre, il dénoncerait le prétexte de la « provocation » occidentale et rappellerait que le président Poutine lui-même, en se comparant à Pierre Ier le Grand, a reconnu qu’il s’agissait purement et simplement d’une guerre de conquête impériale.
Etre réaliste, c’est ne pas nier cette réalité. Sur la conduite de la guerre, le vrai réaliste comprendrait que réduire le soutien aux forces ukrainiennes prétendument pour les pousser à accepter un cessez-le-feu et donc arrêter la guerre (une intention louable) aurait l’effet exactement inverse. Si Poutine gagne – ou a le sentiment de gagner, car la victoire est affaire de perception –, il ne s’arrêtera pas là. Il utilisera les négociations pour gagner du temps, regrouper ses forces et accomplir ce qui reste son objectif : faire tomber le président Zelensky et prendre le contrôle de la totalité du pays. S’il est en confiance, il pourrait même aller au-delà des frontières ukrainiennes.
Savoir défendre nos intérêts et nos valeurs sur le long terme
La seule manière de l’arrêter est de lui faire comprendre qu’il a trop à perdre à continuer, et ce n’est pas en rendant les armes que l’on y parvient, c’est au contraire en intensifiant le soutien aux forces ukrainiennes, donc en augmentant le coût pour les forces russes, tout en restant évidemment ouvert aux discussions lorsqu’elles se veulent constructives.
Etre réaliste, c’est croire au rapport de force et à la dissuasion. C’est aussi ne pas commettre la même erreur deux fois : les faux réalistes devraient se souvenir que, jusqu’au 24 février dernier, ils juraient leurs grands dieux que jamais Poutine n’envahirait l’Ukraine – ou plutôt ne lancerait d’offensive majeure, puisque le fait est qu’il l’avait déjà envahie depuis 2014. Les mêmes promettent aujourd’hui que jamais il n’ira plus loin…
Enfin, sur l’après-guerre, le vrai réaliste ne recommandera pas la normalisation rapide des relations avec Moscou, sauf si, d’ici là, le régime est tombé, d’une part pour que le coût soit dissuasif, non seulement pour le Kremlin mais aussi pour le reste du monde, en premier lieu pour Pékin, qui observe attentivement la situation pour savoir ce qu’il risquerait dans un scénario similaire vis-à-vis de Taïwan, et d’autre part parce que, quelle que soit l’issue du conflit, l’autonomie stratégique européenne passe nécessairement par la réduction de la dépendance aux combustibles fossiles russes. Etre réaliste, c’est aussi savoir défendre nos intérêts et nos valeurs sur le long terme.
Déja définir poutine comme acteur rationel pose problème vu que niveau information, de son coté ce serra pas trop ça et en plus il ment énormément, donc comment être sur qu’ils n’utilisent pas l’otan comme prétexte pour envahir? Je me demande quelle définition de provocation ils utilisent ceux qui cherchent à blamer l’otan pour le conflit, l’ukraine qui rejoint l’otan c’est pas vraiment provoquer la russie en fait. Un autre grand problème avec le fait de blamer les “provocations” de l’otan c’est que ça enlève tout choix aux pays concernés, par exemple, la russie a fait le choix d’envahir l’ukraine, l’otan les a pas forcé, de même que l’ukraine a le droit de choisir de demander à rejoindre l’otan. C’est pour ça que je ne suis pas d’accords avec chomsky(qui a si je me souviens bien défini l’armée russe comme un ouragan inarrêtable alors que c’est pas le cas en fait) ou mearsheimer
Je me permets de coller ici une conférence (traduite en anglais) d’un ex-officier du renseignement finlandais qui a travaillé sur la vision du monde de la Russie. J’attire l’attention de tous sur la partie où il parle de linguistique et des différents mots qui existent en russe pour “vérité” et “mensonge” – c’est culturel.
/edit ironique que Noam Chomsky soit linguiste et soit passé à côté de ce point linguistique, d’ailleurs.
marrant qu’on ne peut pas répondre à otolia, il emploi le même langage que chomsky et si on ne veut pas directement déclarer la guerre, c’est peut être pour éviter les bombes nucléaire?
“Et pourquoi pas déclencher une guerre directement alors ? “Parce qu’on a peur des bombes nucléaires” aka les ukrainiens morts valent moins que nos concitoyens.”
AJA qu’on ne peut pas aider les ukrainiens autrement qu’en déclarant la guerre à la russie, les civils ukrainiens morts valent tout autant que les autres.
> Mais, et c’est une différence majeure, le réalisme n’est pas pour autant un amoralisme. Ignorer ou sous-estimer les questions morales, ce n’est pas faire preuve de réalisme
Ce type ne sait pas de quoi il parle.
Le modèle réaliste affirme qu’il n’y a pas de gendarme international, que les Etats ne peuvent jamais être certains des intentions des autres Etats, et leur objectif principal est la survie.
En fonction des différents courants du modèle,
* les Etats peuvent chercher à maintenir le statu quo avec l’équilibre des puissances, parce que chercher à gagner de la sécurité en gagnant en puissance engendre des réactions, les gains en sécurité ont un rendement décroissant,
* les Etats remettent constamment le statu quo en question ; on est condamnés à une compétition entre grandes puisssances qui recherchent une sécurité maximale au dépend de rivaux potentiels, avec des vassaux qui font le sale boulot *et en leur tordant le bras si nécessaire* ; l’émergence d’un hegemon régional dans une des trois zones critiques (Europe de l’Ouest, Golfe Arabo-Persique, Asie du Nord-Est) est inacceptable et déclenche une intervention du suzerain.
Les réalistes occidentaux peuvent être très contents de vivre dans des pays relativement libres, mais à aucun moment il n’est question de morale dans le modèle, ça c’est bon pour les libéraux idéalistes et néoconservateurs. Les réalistes chinois n’ont pas de considérations morales non plus…
> : les faux réalistes devraient se souvenir que, jusqu’au 24 février dernier, ils juraient leurs grands dieux que jamais Poutine n’envahirait l’Ukraine – ou plutôt ne lancerait d’offensive majeure, puisque le fait est qu’il l’avait déjà envahie depuis 2014.
N’importe quoi :
> Shortly after February 22, he ordered Russian forces to take
Crimea from Ukraine, and soon after that, he incorporated it into
Russia. The task proved relatively easy, thanks to the thousands of
Russian troops already stationed at a naval base in the Crimean port
of Sevastopol. Crimea also made for an easy target since ethnic Russians compose roughly 60 percent of its population. Most of them
wanted out of Ukraine. Next, Putin put massive pressure on the new government in Kiev
to discourage it from siding with the West against Moscow, making it
clear that he would wreck Ukraine as a functioning state before he
would allow it to become a Western stronghold on Russia’s doorstep. Toward that end, he has provided advisers, arms, and diplomatic support to the Russian separatists in eastern Ukraine, who are pushing
the country toward civil war. He has massed a large army on the
Ukrainian border, threatening to invade if the government cracks
down on the rebels. And he has sharply raised the price of the natural
gas Russia sells to Ukraine and demanded payment for past exports.
Putin is playing hardball.
> faire tomber le président Zelensky et prendre le contrôle de la totalité du pays. S’il est en confiance, il pourrait même aller au-delà des frontières ukrainiennes.
Les Russes n’ont pas les moyens ni la possibilité d’envahir l’Europe. Peut-être faire la jonction avec la Moldavie, mais tenir le pays entier est douteux vu l’histoire incroyablement violente de l’Ouest du pays.
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Tribune “Le faux réalisme en politique étrangère”
Le Monde, 10 juillet 2022
Guerre en Ukraine : « Etre réaliste, c’est croire au rapport de force et à la dissuasion »
TRIBUNE
Jean-Baptiste Jeangène Vilmer Directeur de l’Institut de recherche stratégique de l’Ecole militaire (IRSEM)
La position selon laquelle la Russie et l’Ukraine pourraient être renvoyées dos à dos comme « des acteurs rationnels défendant leurs intérêts » n’est pas du réalisme, mais du cynisme, estime, dans une tribune au « Monde », le chercheur en relations internationales Jean-Baptiste Jeangène Vilmer.
***
La guerre en Ukraine a accentué la tendance déjà tenace à caricaturer ce qu’est le « réalisme » en politique étrangère. Nombreux sont les analystes qui revendiquent ce label pour appeler à la modération face à l’agression russe. Le procès en « manque de réalisme » vise tant les origines prétendues du conflit que sa conduite et les perspectives de sortie.
Avant la guerre, c’est l’absence de « réalisme » qui aurait permis l’expansion de l’OTAN, laquelle aurait « provoqué » le président Poutine, qui n’aurait fait que défendre ses intérêts en attaquant l’Ukraine, ce dont il est, par conséquent, presque excusé. Pendant la guerre, c’est encore au nom du « réalisme » qu’il faudrait ne pas trop soutenir les Ukrainiens et ménager une porte de sortie honorable aux Russes. Et, après la guerre, les mêmes « réalistes » nous inviteront à rapidement normaliser nos relations avec Moscou.
Dans cette acception du mot, le réaliste est une sorte d’observateur impartial des rapports de force, pour lequel il n’y aurait « ni gentil ni méchant » – la Russie et l’Ukraine sont renvoyées dos à dos –, mais seulement des acteurs rationnels défendant leurs intérêts. Dénonçant « l’hystérisation » du débat, voulant incarner la raison contre la passion, ce réaliste met un point d’honneur à exclure les questions morales de son analyse.
Ce que le réalisme n’est pas
Sauf que cette position n’est pas du réalisme. C’est ce que, il y a déjà plus d’un demi-siècle, le philosophe Raymond Aron (1905-1983) appelait le « faux réalisme », c’est-à-dire en réalité le cynisme.
La matrice réaliste partage certes plusieurs postulats avec cette attitude : tenir compte des contraintes du réel, reconnaître les rapports de force, se méfier des abstractions et juger la valeur d’une proposition à sa faisabilité, sans se faire d’illusion sur la volonté ou la capacité des acteurs de respecter les principes qu’ils invoquent, comprendre que les Etats cherchent à maximiser leur intérêt national et sont plus souvent en conflit qu’en harmonie, etc.
Mais, et c’est une différence majeure, le réalisme n’est pas pour autant un amoralisme. Ignorer ou sous-estimer les questions morales, ce n’est pas faire preuve de réalisme, puisque ces questions se posent et font partie de « la réalité ». Elles se posent même de plus en plus, parce que la pression normative sur les acteurs des relations internationales – Etats, organisations, entreprises, individus – ne cesse de s’accroître : sur la conduite de la guerre, les ventes d’armes, le nucléaire militaire, les droits de l’homme, les émissions de gaz à effet de serre, etc.
Cela peut sembler paradoxal à l’heure où nous assistons à la barbarisation de la guerre en Ukraine, mais il y a une véritable moralisation des relations internationales, au sens où les acteurs invoquent de plus en plus des arguments moraux et juridiques pour justifier leurs actions, ou condamner celles des autres. Non parce qu’ils seraient plus moraux qu’avant – les Etats comme les hommes et les femmes qui les composent agissent toujours autant par intérêt, car l’égoïsme fait partie de la nature humaine –, mais parce qu’ils estiment qu’ils doivent davantage sembler l’être.
Le vrai réalisme sur l’Ukraine
Loin d’exclure toute considération morale de leurs analyses, les vrais réalistes sont simplement attentifs à ce que ces considérations ne s’abstraient pas des contraintes du réel. L’éthique réaliste est celle du moindre mal – « ce n’est jamais la lutte entre le bien et le mal, disait Aron, c’est le préférable contre le détestable » – et en cela elle est tragique. Mais il ne s’agit pas moins d’une éthique.
Dans ces conditions, ceux qui persistent à ignorer ou à sous-estimer les questions morales ne doivent pas être appelés « réalistes », même s’ils revendiquent ce label sans en comprendre le sens, mais simplement « cyniques ». Si l’on revient maintenant à l’Ukraine, que dirait le vrai réaliste ? Sur les causes de la guerre, il dénoncerait le prétexte de la « provocation » occidentale et rappellerait que le président Poutine lui-même, en se comparant à Pierre Ier le Grand, a reconnu qu’il s’agissait purement et simplement d’une guerre de conquête impériale.
Etre réaliste, c’est ne pas nier cette réalité. Sur la conduite de la guerre, le vrai réaliste comprendrait que réduire le soutien aux forces ukrainiennes prétendument pour les pousser à accepter un cessez-le-feu et donc arrêter la guerre (une intention louable) aurait l’effet exactement inverse. Si Poutine gagne – ou a le sentiment de gagner, car la victoire est affaire de perception –, il ne s’arrêtera pas là. Il utilisera les négociations pour gagner du temps, regrouper ses forces et accomplir ce qui reste son objectif : faire tomber le président Zelensky et prendre le contrôle de la totalité du pays. S’il est en confiance, il pourrait même aller au-delà des frontières ukrainiennes.
Savoir défendre nos intérêts et nos valeurs sur le long terme
La seule manière de l’arrêter est de lui faire comprendre qu’il a trop à perdre à continuer, et ce n’est pas en rendant les armes que l’on y parvient, c’est au contraire en intensifiant le soutien aux forces ukrainiennes, donc en augmentant le coût pour les forces russes, tout en restant évidemment ouvert aux discussions lorsqu’elles se veulent constructives.
Etre réaliste, c’est croire au rapport de force et à la dissuasion. C’est aussi ne pas commettre la même erreur deux fois : les faux réalistes devraient se souvenir que, jusqu’au 24 février dernier, ils juraient leurs grands dieux que jamais Poutine n’envahirait l’Ukraine – ou plutôt ne lancerait d’offensive majeure, puisque le fait est qu’il l’avait déjà envahie depuis 2014. Les mêmes promettent aujourd’hui que jamais il n’ira plus loin…
Enfin, sur l’après-guerre, le vrai réaliste ne recommandera pas la normalisation rapide des relations avec Moscou, sauf si, d’ici là, le régime est tombé, d’une part pour que le coût soit dissuasif, non seulement pour le Kremlin mais aussi pour le reste du monde, en premier lieu pour Pékin, qui observe attentivement la situation pour savoir ce qu’il risquerait dans un scénario similaire vis-à-vis de Taïwan, et d’autre part parce que, quelle que soit l’issue du conflit, l’autonomie stratégique européenne passe nécessairement par la réduction de la dépendance aux combustibles fossiles russes. Etre réaliste, c’est aussi savoir défendre nos intérêts et nos valeurs sur le long terme.
Déja définir poutine comme acteur rationel pose problème vu que niveau information, de son coté ce serra pas trop ça et en plus il ment énormément, donc comment être sur qu’ils n’utilisent pas l’otan comme prétexte pour envahir? Je me demande quelle définition de provocation ils utilisent ceux qui cherchent à blamer l’otan pour le conflit, l’ukraine qui rejoint l’otan c’est pas vraiment provoquer la russie en fait. Un autre grand problème avec le fait de blamer les “provocations” de l’otan c’est que ça enlève tout choix aux pays concernés, par exemple, la russie a fait le choix d’envahir l’ukraine, l’otan les a pas forcé, de même que l’ukraine a le droit de choisir de demander à rejoindre l’otan. C’est pour ça que je ne suis pas d’accords avec chomsky(qui a si je me souviens bien défini l’armée russe comme un ouragan inarrêtable alors que c’est pas le cas en fait) ou mearsheimer
Je me permets de coller ici une conférence (traduite en anglais) d’un ex-officier du renseignement finlandais qui a travaillé sur la vision du monde de la Russie. J’attire l’attention de tous sur la partie où il parle de linguistique et des différents mots qui existent en russe pour “vérité” et “mensonge” – c’est culturel.
[https://www.youtube.com/watch?v=5F45i0v_u6s](https://www.youtube.com/watch?v=5F45i0v_u6s)
/edit ironique que Noam Chomsky soit linguiste et soit passé à côté de ce point linguistique, d’ailleurs.
marrant qu’on ne peut pas répondre à otolia, il emploi le même langage que chomsky et si on ne veut pas directement déclarer la guerre, c’est peut être pour éviter les bombes nucléaire?
“Et pourquoi pas déclencher une guerre directement alors ? “Parce qu’on a peur des bombes nucléaires” aka les ukrainiens morts valent moins que nos concitoyens.”
AJA qu’on ne peut pas aider les ukrainiens autrement qu’en déclarant la guerre à la russie, les civils ukrainiens morts valent tout autant que les autres.
> Mais, et c’est une différence majeure, le réalisme n’est pas pour autant un amoralisme. Ignorer ou sous-estimer les questions morales, ce n’est pas faire preuve de réalisme
Ce type ne sait pas de quoi il parle.
Le modèle réaliste affirme qu’il n’y a pas de gendarme international, que les Etats ne peuvent jamais être certains des intentions des autres Etats, et leur objectif principal est la survie.
En fonction des différents courants du modèle,
* les Etats peuvent chercher à maintenir le statu quo avec l’équilibre des puissances, parce que chercher à gagner de la sécurité en gagnant en puissance engendre des réactions, les gains en sécurité ont un rendement décroissant,
* les Etats remettent constamment le statu quo en question ; on est condamnés à une compétition entre grandes puisssances qui recherchent une sécurité maximale au dépend de rivaux potentiels, avec des vassaux qui font le sale boulot *et en leur tordant le bras si nécessaire* ; l’émergence d’un hegemon régional dans une des trois zones critiques (Europe de l’Ouest, Golfe Arabo-Persique, Asie du Nord-Est) est inacceptable et déclenche une intervention du suzerain.
Les réalistes occidentaux peuvent être très contents de vivre dans des pays relativement libres, mais à aucun moment il n’est question de morale dans le modèle, ça c’est bon pour les libéraux idéalistes et néoconservateurs. Les réalistes chinois n’ont pas de considérations morales non plus…
> : les faux réalistes devraient se souvenir que, jusqu’au 24 février dernier, ils juraient leurs grands dieux que jamais Poutine n’envahirait l’Ukraine – ou plutôt ne lancerait d’offensive majeure, puisque le fait est qu’il l’avait déjà envahie depuis 2014.
N’importe quoi :
> Shortly after February 22, he ordered Russian forces to take
Crimea from Ukraine, and soon after that, he incorporated it into
Russia. The task proved relatively easy, thanks to the thousands of
Russian troops already stationed at a naval base in the Crimean port
of Sevastopol. Crimea also made for an easy target since ethnic Russians compose roughly 60 percent of its population. Most of them
wanted out of Ukraine. Next, Putin put massive pressure on the new government in Kiev
to discourage it from siding with the West against Moscow, making it
clear that he would wreck Ukraine as a functioning state before he
would allow it to become a Western stronghold on Russia’s doorstep. Toward that end, he has provided advisers, arms, and diplomatic support to the Russian separatists in eastern Ukraine, who are pushing
the country toward civil war. He has massed a large army on the
Ukrainian border, threatening to invade if the government cracks
down on the rebels. And he has sharply raised the price of the natural
gas Russia sells to Ukraine and demanded payment for past exports.
Putin is playing hardball.
Et encore, c’est un extrait de [Why the Ukraine Crisis Is
the West’s Fault](https://www.mearsheimer.com/wp-content/uploads/2019/06/Why-the-Ukraine-Crisis-Is.pdf)
> faire tomber le président Zelensky et prendre le contrôle de la totalité du pays. S’il est en confiance, il pourrait même aller au-delà des frontières ukrainiennes.
Les Russes n’ont pas les moyens ni la possibilité d’envahir l’Europe. Peut-être faire la jonction avec la Moldavie, mais tenir le pays entier est douteux vu l’histoire incroyablement violente de l’Ouest du pays.