Par Luc Bronner (Orléans, envoyé spécial)
Publié aujourd’hui à 05h51, mis à jour à 12h37
Temps deLecture 15 min.
A Orléans, dans le département du Loiret, sévèrement touché par la désertification médicale, les soignants sont à bout. Au-delà de la crise la plus visible, celle des urgences, ils décrivent un système qui se dirige vers une « catastrophe ».
Coline Boucher, 29 ans, s’est assise sur un lit vide, dans une chambre des urgences, un matin plus calme que les autres. Elle a épousseté le matelas avant de s’installer. Un moment de répit. Et de colère froide, profonde, de celles qui font changer de vie. Infirmière depuis six ans, elle va abandonner l’hôpital d’Orléans. Le ras-le-bol l’a emporté. Le manque de considération. L’absence de perspectives. L’épuisement post-Covid-19.
Coline Boucher raconte son premier arrêt-maladie, en décembre 2021. Elle décrit les larmes dans le service, d’infirmières ou de médecins, le matin avant de prendre leur poste, en pleine garde, ou le soir dans les toilettes, quand des collègues effacent les traces sur leur maquillage en disant : « Non, non, c’est rien, t’inquiète pas. » « Le coût personnel est tellement élevé. Les journées sont si dures. J’avais plus envie de sortir, j’avais juste envie de rentrer chez moi. »
Ce qu’elle fera ensuite ? Elle ne sait pas. « Peut-être de l’intérim. » Mais elle part en sachant ce qu’elle ne veut plus supporter. « Le déclencheur, pour moi, ça a été de constater que j’avais changé et qu’au fond je n’étais plus du tout soignante. Je me sentais agacée quand les patients demandaient de l’eau. Lorsque les familles appelaient, je n’avais pas la force de répondre. J’avais même plus envie d’écouter. Je pars pour me sauver, pour ne pas subir, pour ne plus venir la boule au ventre. » Coline Boucher laisse passer un instant. « Je constate qu’on est des pions, on est des noms dans des cases. »
Les mots de la jeune infirmière rejoignent ceux de beaucoup d’autres à Orléans, prononcés au milieu d’une garde, dans les rires et la chaleur d’une salle de repos, au moment d’une pause cigarette, dans le calme trompeur de la maternité, dans le brouhaha de l’accueil des urgences, dans l’agitation des services ou le silence des cabinets médicaux en ville.
Ce sont des mots qui empruntent des chemins différents, mais qui finissent tous par l’expression d’une même crainte : la mort de l’hôpital public, comme celle d’un patient dont le pronostic ne fait plus aucun doute, le corps social usé, les organes institutionnels défaillants, l’espoir envolé.
Vague de départs de soignants
Des infirmières. Des médecins. Des sages-femmes. Des aides-soignantes. Des vieux sages. Des novices. Des chefs. Des sans-grade. Tous, ou presque, racontent l’engrenage des défaillances, des manques, des choix politiques aussi, qui conduisent le système de soins dans son ensemble, pas seulement l’hôpital, au bord de la « noyade », de la « catastrophe », de l’« indignité » et de la « maltraitance » – ce terme qui revient souvent à propos des patients et des soignants eux-mêmes.
La décision de Coline Boucher n’est pas un cas isolé. Le centre hospitalier d’Orléans subit une vague de départs de soignants, symptôme d’une série de crises structurelles, comme des poupées russes qui s’emboîtent, de la désertification médicale jusqu’à la concurrence déloyale des cliniques privées en passant par le management de l’hôpital.
La conséquence du manque de médecins et d’infirmiers est très concrète : plus de 160 lits, sur 997, sont actuellement fermés dans l’établissement pourtant flambant neuf, faute de bras et des cerveaux qui vont avec. Avec une conséquence non négligeable : la perte d’activité liée aux fermetures pourrait engendrer une baisse de 20 millions d’euros pour les recettes de l’hôpital en 2022.
La crise la plus visible, partie émergée du continent médical, est celle des urgences. Le 28 mars, après de multiples appels à l’aide individuels et collectifs, après de nombreux mouvements de grève, les infirmières avaient toutes demandé et obtenu de leurs médecins d’être placées en arrêt-maladie. « On n’en pouvait plus, on a le sentiment de mal faire notre travail, témoigne une infirmière de 34 ans, parmi d’autres, en réclamant l’anonymat pour ne pas risquer de sanctions. Nos patients dans les couloirs, c’est humiliant, c’est de la maltraitance. On sait qu’on dégrade les personnes en les laissant stagner pendant des heures aux urgences. »
Les médecins se sont mis en grève, obligeant l’administration à les réquisitionner et à fermer la porte, pour une durée indéterminée, aux patients qui ne présentent pas d’urgence vitale ou fonctionnelle. Matthieu Lacroix, 40 ans, médecin depuis dix ans, s’est placé en première ligne dans ce combat. Dans le calme relatif d’un service où, depuis trois mois, ne viennent pratiquement plus que les urgences vitales, le praticien raconte les couloirs bondés, l’intimité évanouie, les dizaines d’heures d’attente sur les brancards, la perte de chance des patients les plus fragiles. « A l’endroit où on devrait apporter du soin, c’est de la maltraitance, involontaire et subie, mais c’est de la maltraitance. Tous les besoins naturels et les droits élémentaires d’un être humain sont remis en question. C’est indigne. »
Pénurie de médecins traitants
La crise vient de loin. De la désertification médicale, en premier lieu. Dans la région Centre-Val de Loire, les médecins, généralistes et spécialistes, manquent depuis longtemps. La situation est devenue critique ces dernières années. Dans la salle bardée d’écrans du SAMU d’Orléans, l’assistante régulatrice du Centre 15 ne masque pas son incompréhension. Sa voix forcit : « Monsieur, vous me parlez de crampes que vous avez depuis des mois ! Vous avez des symptômes depuis des mois ! » La demande est d’une banalité absolue, et la prise en charge urgente refusée.
Près de 6 000 appels téléphoniques parviennent ainsi chaque semaine au Centre 15 du Loiret. Pascal Cendrie secoue la tête : « On est débordés par les appels de la permanence de soins, explique le régulateur de 53 ans en parlant des malades sans suivi médical régulier. J’entends souvent des patients dire : “Mon médecin est parti à la retraite depuis un an, parfois deux, donc je n’ai plus d’ordonnances.” »
Des dizaines de milliers d’adultes n’ont pas de médecin traitant et n’en trouveront pas dans les prochaines années en raison des départs à la retraite. « Quarante mille personnes sur le département, c’est énorme », se désole le président du conseil de l’ordre, Christophe Tafani, lui-même radiologue dans une clinique privée florissante. « Aujourd’hui, 18,7 % des plus de 16 ans n’ont pas de médecin traitant. La situation n’est pas bonne », reconnaît Laurent Habert, à la tête des 350 fonctionnaires de l’agence régionale de santé (ARS), l’instance qui pilote la politique de santé.
Tous les jours, les secrétariats des cabinets médicaux répondent – négativement – à des dizaines d’appels de patients désespérant de trouver un médecin de famille. Gérard Klifa, 65 ans, généraliste à Saint-Jean-de-la-Ruelle, une ville populaire dans la banlieue d’Orléans, se souvient, par exemple, de l’époque où vingt médecins exerçaient dans la commune. Ils ne sont plus que onze – et encore, la mairie a investi dans une maison médicale pour tenter de maintenir une offre correcte. « Les gens sont désemparés. Ils nous disent parfois leur colère. Et chacun cherche sa propre solution. On tente de les aider comme on peut, en essayant de convaincre les spécialistes de les prendre. » La débrouille, loin de la promesse de l’égalité républicaine.
Tous les secteurs sont touchés
A une quinzaine de kilomètres, Boigny-sur-Bionne, un village de 2 000 habitants dans la campagne. Thierry Thomas, 52 ans, ouvre les portes de son cabinet médical. Avec ses associés, il est submergé de demandes. « J’ai accepté de prendre des contrats de médecin traitant jusqu’à il y a trois ans. Puis, j’ai limité aux habitants de la commune. Puis, j’ai décidé de ne plus en prendre de nouveaux. » Il compte 2 000 patients enregistrés, deux fois la moyenne nationale. Sa femme, Céline Alzy-Thomas, 53 ans, médecin généraliste à Mardié, à quelques kilomètres, dénombre les multiples exemples de patients qui n’ont pas pu être pris en charge correctement. Et le pire est encore à venir : « Un de nos associés part en retraite en fin d’année. On va passer de quatre à trois médecins. On ne va pas refuser ses patients. Mais on ne va pas pouvoir les prendre tous. »
Tous les secteurs sont touchés. Moins de kinésithérapeutes. Moins de dentistes. Et des infirmières en nombre insuffisant dans le Loiret, y compris celles en cours de formation. « Nous avons la densité de médecins spécialistes la plus faible de France », pointe le directeur de l’ARS. Il faut, par exemple, jusqu’à six ou huit mois pour un rendez-vous chez un dermatologue. On tente l’expérience. Réponse sur le répondeur d’un des cabinets de la ville, mi-juin : « Les plannings des médecins sont complets. Merci de rappeler début août pour un rendez-vous à l’automne. »
Les délais explosent partout. Pour les cardiologues. Pour les ophtalmologues. Pour les examens techniques. Les classes sociales supérieures peuvent certes contourner l’obstacle. Prendre le train et des rendez-vous à Paris. Obtenir le téléphone portable d’un médecin pour couper la file d’attente. Les plus avertis donnent l’adresse d’une clinique des Hauts-de-Seine où des scanners et des IRM sont réalisés vingt-quatre heures sur vingt-quatre, à condition d’en payer le prix. Les plus pauvres, en revanche, qui cumulent souvent les pathologies, n’ont pas ces ressources. Et se tournent donc vers les urgences.
C’est un discours à la fois stupide et pertinent mais avec une France qui vote Macron et Lepen on va jamais arranger le problème. Aussi les mesures qui visaient à « arranger » les dysfonctionnements ont plutôt eu l’effet inverse. Sauf la fin du numerus clausus qui n’a eu aucun effet. Et même pas dans 10 ans ne vous inquiétez pas.
Et surtout, continuez de voter à droite. Ah non pardon, ceux qui votent à droite vont dans les cliniques privées.
Comment donner envie à un médecin généraliste de faire un métier sacerdotale en contradiction avec la société actuelle tournée vers les loisirs et le bien-être au travail ? Je ne pense pas que cela ne soit qu’une question d’argent.
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Par Luc Bronner (Orléans, envoyé spécial)
Publié aujourd’hui à 05h51, mis à jour à 12h37
Temps deLecture 15 min.
A Orléans, dans le département du Loiret, sévèrement touché par la désertification médicale, les soignants sont à bout. Au-delà de la crise la plus visible, celle des urgences, ils décrivent un système qui se dirige vers une « catastrophe ».
Coline Boucher, 29 ans, s’est assise sur un lit vide, dans une chambre des urgences, un matin plus calme que les autres. Elle a épousseté le matelas avant de s’installer. Un moment de répit. Et de colère froide, profonde, de celles qui font changer de vie. Infirmière depuis six ans, elle va abandonner l’hôpital d’Orléans. Le ras-le-bol l’a emporté. Le manque de considération. L’absence de perspectives. L’épuisement post-Covid-19.
Coline Boucher raconte son premier arrêt-maladie, en décembre 2021. Elle décrit les larmes dans le service, d’infirmières ou de médecins, le matin avant de prendre leur poste, en pleine garde, ou le soir dans les toilettes, quand des collègues effacent les traces sur leur maquillage en disant : « Non, non, c’est rien, t’inquiète pas. » « Le coût personnel est tellement élevé. Les journées sont si dures. J’avais plus envie de sortir, j’avais juste envie de rentrer chez moi. »
Ce qu’elle fera ensuite ? Elle ne sait pas. « Peut-être de l’intérim. » Mais elle part en sachant ce qu’elle ne veut plus supporter. « Le déclencheur, pour moi, ça a été de constater que j’avais changé et qu’au fond je n’étais plus du tout soignante. Je me sentais agacée quand les patients demandaient de l’eau. Lorsque les familles appelaient, je n’avais pas la force de répondre. J’avais même plus envie d’écouter. Je pars pour me sauver, pour ne pas subir, pour ne plus venir la boule au ventre. » Coline Boucher laisse passer un instant. « Je constate qu’on est des pions, on est des noms dans des cases. »
Les mots de la jeune infirmière rejoignent ceux de beaucoup d’autres à Orléans, prononcés au milieu d’une garde, dans les rires et la chaleur d’une salle de repos, au moment d’une pause cigarette, dans le calme trompeur de la maternité, dans le brouhaha de l’accueil des urgences, dans l’agitation des services ou le silence des cabinets médicaux en ville.
Ce sont des mots qui empruntent des chemins différents, mais qui finissent tous par l’expression d’une même crainte : la mort de l’hôpital public, comme celle d’un patient dont le pronostic ne fait plus aucun doute, le corps social usé, les organes institutionnels défaillants, l’espoir envolé.
Vague de départs de soignants
Des infirmières. Des médecins. Des sages-femmes. Des aides-soignantes. Des vieux sages. Des novices. Des chefs. Des sans-grade. Tous, ou presque, racontent l’engrenage des défaillances, des manques, des choix politiques aussi, qui conduisent le système de soins dans son ensemble, pas seulement l’hôpital, au bord de la « noyade », de la « catastrophe », de l’« indignité » et de la « maltraitance » – ce terme qui revient souvent à propos des patients et des soignants eux-mêmes.
La décision de Coline Boucher n’est pas un cas isolé. Le centre hospitalier d’Orléans subit une vague de départs de soignants, symptôme d’une série de crises structurelles, comme des poupées russes qui s’emboîtent, de la désertification médicale jusqu’à la concurrence déloyale des cliniques privées en passant par le management de l’hôpital.
La conséquence du manque de médecins et d’infirmiers est très concrète : plus de 160 lits, sur 997, sont actuellement fermés dans l’établissement pourtant flambant neuf, faute de bras et des cerveaux qui vont avec. Avec une conséquence non négligeable : la perte d’activité liée aux fermetures pourrait engendrer une baisse de 20 millions d’euros pour les recettes de l’hôpital en 2022.
La crise la plus visible, partie émergée du continent médical, est celle des urgences. Le 28 mars, après de multiples appels à l’aide individuels et collectifs, après de nombreux mouvements de grève, les infirmières avaient toutes demandé et obtenu de leurs médecins d’être placées en arrêt-maladie. « On n’en pouvait plus, on a le sentiment de mal faire notre travail, témoigne une infirmière de 34 ans, parmi d’autres, en réclamant l’anonymat pour ne pas risquer de sanctions. Nos patients dans les couloirs, c’est humiliant, c’est de la maltraitance. On sait qu’on dégrade les personnes en les laissant stagner pendant des heures aux urgences. »
Les médecins se sont mis en grève, obligeant l’administration à les réquisitionner et à fermer la porte, pour une durée indéterminée, aux patients qui ne présentent pas d’urgence vitale ou fonctionnelle. Matthieu Lacroix, 40 ans, médecin depuis dix ans, s’est placé en première ligne dans ce combat. Dans le calme relatif d’un service où, depuis trois mois, ne viennent pratiquement plus que les urgences vitales, le praticien raconte les couloirs bondés, l’intimité évanouie, les dizaines d’heures d’attente sur les brancards, la perte de chance des patients les plus fragiles. « A l’endroit où on devrait apporter du soin, c’est de la maltraitance, involontaire et subie, mais c’est de la maltraitance. Tous les besoins naturels et les droits élémentaires d’un être humain sont remis en question. C’est indigne. »
Pénurie de médecins traitants
La crise vient de loin. De la désertification médicale, en premier lieu. Dans la région Centre-Val de Loire, les médecins, généralistes et spécialistes, manquent depuis longtemps. La situation est devenue critique ces dernières années. Dans la salle bardée d’écrans du SAMU d’Orléans, l’assistante régulatrice du Centre 15 ne masque pas son incompréhension. Sa voix forcit : « Monsieur, vous me parlez de crampes que vous avez depuis des mois ! Vous avez des symptômes depuis des mois ! » La demande est d’une banalité absolue, et la prise en charge urgente refusée.
Près de 6 000 appels téléphoniques parviennent ainsi chaque semaine au Centre 15 du Loiret. Pascal Cendrie secoue la tête : « On est débordés par les appels de la permanence de soins, explique le régulateur de 53 ans en parlant des malades sans suivi médical régulier. J’entends souvent des patients dire : “Mon médecin est parti à la retraite depuis un an, parfois deux, donc je n’ai plus d’ordonnances.” »
Des dizaines de milliers d’adultes n’ont pas de médecin traitant et n’en trouveront pas dans les prochaines années en raison des départs à la retraite. « Quarante mille personnes sur le département, c’est énorme », se désole le président du conseil de l’ordre, Christophe Tafani, lui-même radiologue dans une clinique privée florissante. « Aujourd’hui, 18,7 % des plus de 16 ans n’ont pas de médecin traitant. La situation n’est pas bonne », reconnaît Laurent Habert, à la tête des 350 fonctionnaires de l’agence régionale de santé (ARS), l’instance qui pilote la politique de santé.
Tous les jours, les secrétariats des cabinets médicaux répondent – négativement – à des dizaines d’appels de patients désespérant de trouver un médecin de famille. Gérard Klifa, 65 ans, généraliste à Saint-Jean-de-la-Ruelle, une ville populaire dans la banlieue d’Orléans, se souvient, par exemple, de l’époque où vingt médecins exerçaient dans la commune. Ils ne sont plus que onze – et encore, la mairie a investi dans une maison médicale pour tenter de maintenir une offre correcte. « Les gens sont désemparés. Ils nous disent parfois leur colère. Et chacun cherche sa propre solution. On tente de les aider comme on peut, en essayant de convaincre les spécialistes de les prendre. » La débrouille, loin de la promesse de l’égalité républicaine.
Tous les secteurs sont touchés
A une quinzaine de kilomètres, Boigny-sur-Bionne, un village de 2 000 habitants dans la campagne. Thierry Thomas, 52 ans, ouvre les portes de son cabinet médical. Avec ses associés, il est submergé de demandes. « J’ai accepté de prendre des contrats de médecin traitant jusqu’à il y a trois ans. Puis, j’ai limité aux habitants de la commune. Puis, j’ai décidé de ne plus en prendre de nouveaux. » Il compte 2 000 patients enregistrés, deux fois la moyenne nationale. Sa femme, Céline Alzy-Thomas, 53 ans, médecin généraliste à Mardié, à quelques kilomètres, dénombre les multiples exemples de patients qui n’ont pas pu être pris en charge correctement. Et le pire est encore à venir : « Un de nos associés part en retraite en fin d’année. On va passer de quatre à trois médecins. On ne va pas refuser ses patients. Mais on ne va pas pouvoir les prendre tous. »
Tous les secteurs sont touchés. Moins de kinésithérapeutes. Moins de dentistes. Et des infirmières en nombre insuffisant dans le Loiret, y compris celles en cours de formation. « Nous avons la densité de médecins spécialistes la plus faible de France », pointe le directeur de l’ARS. Il faut, par exemple, jusqu’à six ou huit mois pour un rendez-vous chez un dermatologue. On tente l’expérience. Réponse sur le répondeur d’un des cabinets de la ville, mi-juin : « Les plannings des médecins sont complets. Merci de rappeler début août pour un rendez-vous à l’automne. »
Les délais explosent partout. Pour les cardiologues. Pour les ophtalmologues. Pour les examens techniques. Les classes sociales supérieures peuvent certes contourner l’obstacle. Prendre le train et des rendez-vous à Paris. Obtenir le téléphone portable d’un médecin pour couper la file d’attente. Les plus avertis donnent l’adresse d’une clinique des Hauts-de-Seine où des scanners et des IRM sont réalisés vingt-quatre heures sur vingt-quatre, à condition d’en payer le prix. Les plus pauvres, en revanche, qui cumulent souvent les pathologies, n’ont pas ces ressources. Et se tournent donc vers les urgences.
C’est un discours à la fois stupide et pertinent mais avec une France qui vote Macron et Lepen on va jamais arranger le problème. Aussi les mesures qui visaient à « arranger » les dysfonctionnements ont plutôt eu l’effet inverse. Sauf la fin du numerus clausus qui n’a eu aucun effet. Et même pas dans 10 ans ne vous inquiétez pas.
Et surtout, continuez de voter à droite. Ah non pardon, ceux qui votent à droite vont dans les cliniques privées.
Comment donner envie à un médecin généraliste de faire un métier sacerdotale en contradiction avec la société actuelle tournée vers les loisirs et le bien-être au travail ? Je ne pense pas que cela ne soit qu’une question d’argent.