Vu que ça commence à spammer du Zemmour ce soir, autant poster l’article le plus intéressant du jour (enfin, une interview) qui montre à quel point il n’est pas prêt.
C’est intéressant d’avoir un point de vue très pragmatique sur la fabrication de campagne – quand bien même la sortie d’une telle interview à ce moment précis est forcément intéressée, et fait que le compte rendu ici doit être pris avec de multiples pincettes.
Ce qui est marrant, c’est que ce (très jeune) représentant des partis politiques et de leur fonctionnement a l’air de dénier à Zemmour tout ce qui en fait un candidat “à part”, et pour cela séduisant (le coup du tweet, par exemple, qu’il lit comme un pas de côté, alors que pour pas mal de fans de Zemmour ce côté incisif est sûrement ce qui le distingue de la masse, et que le jeu de langue qui va avec le rapproche probablement d’une image qui peut séduire un public plus bourgeois nostalgique d’hommes politiques lettrés…).
Pour le reste, des constats assez bien vus (sur l’absence totale d’optimisme de la campagne, sur l’erreur de faire de Mélenchon le principal adversaire, sur la déconnexion bourgeoise et urbaine qui se fait jour derrière le polémiste “de la France populaire”…), quand bien même ce constat vient d’un type d’extrême droite bien dans son jus (le coup de la messe de Noël à Saint-Etienne-du-Rouvray “pour lier christianisme, symbolique de Noël, civilisation française et lutte contre l’islamisme”, ça pose bien le décor !).
Le postulat de base de la campagne de Zemmour est bancal. Il veut une union de la bourgeoisie patriote et d’une partie des classes populaires. Ça ne marchera pas pour deux raisons
1. La richesse créée doit être divisée entre le capital et le travail. La bourgeoisie préfère que ça aille au capital, les classes popu préféreraient voir augmenter les salaires. On ne peut pas réconcilier des intérêts diamétralement opposés. Au final il faudra que quelqu’un finisse cocu (et quiconque a deux neurones sait qui ce sera)
2. La bourgeoisie patriote est bourgeoise avant d’être patriote. Elle n’acceptera jamais de voir le rendement de son capital diminuer. Hors, les immigrés, légaux ou non, font leurs courses dans les supermarchés de la bourgeoisie, louent les biens immobiliers de la bourgeoisie, etc. Et en plus, ils travaillaient dans les entreprises. Alors si on diminue radicalement l’immigration, il se passera quoi? Plus de cuisiniers sans papiers dans les restaurants ? Plus de femmes de chambre corvéables à merci dans les hôtels? Tout ça va faire remonter les salaires. Et là, retour au paragraphe 1.
Au final une présidence Zemmour, ce serait une présidence Fillon sauf qu’en plus les arabes seraient obligés de baptiser leurs mômes Ginette ou René.
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Vu que ça commence à spammer du Zemmour ce soir, autant poster l’article le plus intéressant du jour (enfin, une interview) qui montre à quel point il n’est pas prêt.
C’est intéressant d’avoir un point de vue très pragmatique sur la fabrication de campagne – quand bien même la sortie d’une telle interview à ce moment précis est forcément intéressée, et fait que le compte rendu ici doit être pris avec de multiples pincettes.
Ce qui est marrant, c’est que ce (très jeune) représentant des partis politiques et de leur fonctionnement a l’air de dénier à Zemmour tout ce qui en fait un candidat “à part”, et pour cela séduisant (le coup du tweet, par exemple, qu’il lit comme un pas de côté, alors que pour pas mal de fans de Zemmour ce côté incisif est sûrement ce qui le distingue de la masse, et que le jeu de langue qui va avec le rapproche probablement d’une image qui peut séduire un public plus bourgeois nostalgique d’hommes politiques lettrés…).
Pour le reste, des constats assez bien vus (sur l’absence totale d’optimisme de la campagne, sur l’erreur de faire de Mélenchon le principal adversaire, sur la déconnexion bourgeoise et urbaine qui se fait jour derrière le polémiste “de la France populaire”…), quand bien même ce constat vient d’un type d’extrême droite bien dans son jus (le coup de la messe de Noël à Saint-Etienne-du-Rouvray “pour lier christianisme, symbolique de Noël, civilisation française et lutte contre l’islamisme”, ça pose bien le décor !).
Le postulat de base de la campagne de Zemmour est bancal. Il veut une union de la bourgeoisie patriote et d’une partie des classes populaires. Ça ne marchera pas pour deux raisons
1. La richesse créée doit être divisée entre le capital et le travail. La bourgeoisie préfère que ça aille au capital, les classes popu préféreraient voir augmenter les salaires. On ne peut pas réconcilier des intérêts diamétralement opposés. Au final il faudra que quelqu’un finisse cocu (et quiconque a deux neurones sait qui ce sera)
2. La bourgeoisie patriote est bourgeoise avant d’être patriote. Elle n’acceptera jamais de voir le rendement de son capital diminuer. Hors, les immigrés, légaux ou non, font leurs courses dans les supermarchés de la bourgeoisie, louent les biens immobiliers de la bourgeoisie, etc. Et en plus, ils travaillaient dans les entreprises. Alors si on diminue radicalement l’immigration, il se passera quoi? Plus de cuisiniers sans papiers dans les restaurants ? Plus de femmes de chambre corvéables à merci dans les hôtels? Tout ça va faire remonter les salaires. Et là, retour au paragraphe 1.
Au final une présidence Zemmour, ce serait une présidence Fillon sauf qu’en plus les arabes seraient obligés de baptiser leurs mômes Ginette ou René.