« A 7 h 50, une de mes élèves m’appelle. Elle n’a pas d’habits pour venir au collège »

11 comments
  1. >« La petite descend, habillée comme elle a pu, elle monte et je démarre. La première chose qu’elle me demande, c’est si elle peut fumer. Elle a un stylo, son téléphone et ses clopes. Pas de convocation. Pas de carte d’identité. »

    Chacun ses priorités.

    Je me levait pour aller en primaire sans ma mère partie à 5h30 bosser comme factrice. J’avais déjà plus de père parti voir ailleurs. On se faisait notre pti dej avec ma sœur, et mon sac et mes fringues étaient prêt la veille, histoire de pas partir en panique le matin.

  2. Si quelqu’un a l’article ou le lien du twitter.

    8e année en collège rep. Yep, la misère est énorme. Il y a vraiment des événements inimaginables.

  3. C’est écoeurant.

    Immonde. Moi quand je lis l’article du Monde et les [tweets](https://twitter.com/ACombes/status/1542444543592783874), ça me rend fou de rage.

    Elle est belle notre pseudo démocratie sociale française. Moi dans le cadre de l’action militante j’ai été dans les quartiers prioritaires, des familles comme celles dont est issue cette fille j’en ai rencontré plein, je leur ai parlé, j’ai essayé de faire des choses, la réalité elle est atroce dans tellement de territoires en France.

    Des immeubles pourris, dégueulasses, où les portes des halls voire des apparts sont cassées, où il y a des rats, des moisissures, pas d’ascenseurs, du bruit, de la crasse, où on concentre des gens pauvres avec un capital culturel proche de 0 qui permet pas de soutenir les enfants dans le processus éducatif, d’autant que ceux qui ont un emploi ont un emploi précaire et épuisant, femme de ménage, ouvrier, aide soignante, livreur… Des familles complètement cassées où non seulement les parents ont pas la possibilité de faire l’éveil culturel du gosse mais où ce dernier grâce à la carte scolaire laxiste et à la concentration de la misère est condamné à aller dans des bahuts surpeuplés avec des profs dépassés où la concentration des lacunes et l’absence de mixité de niveaux est un énorme frein à la montée capacité des élèves.

    Alors oui on peut être un petit cadre propret dans son petit secteur porteur ayant jamais connu la faim, les fins de mois dans le rouge perpétuellement, la terreur du téléphone, l’échec éducatif par manque de capital culturel basique, bref la vraie misère et dire non mais elle avait qu’à faire ceci, à x âge on sait faire la lessive, bah ouais mais moi ceux qui disent ça je les invite à se déplacer dans une cité bien pourrie, vous en avez forcément près de chez vous. Et juste à regarder.

    La réalité c’est que cette mère célibataire qui bosse de nuit pour un salaire de misère (sinon elle serait pas là) l’éducation de sa fille elle l’a pas faite, pas parce que c’est une mauvaise mère mais parce que bah ouais quand vous êtes toute seule que vous bossez de nuit que vous rentrez épuisée que vous êtes dans toutes les galères, ça va pas de soi immédiatement d’être une gentille maman posée qui va apprendre l’art ménager à sa fille. A la place on pense en permanence aux problèmes matériels d’existence, aux factures, on est terrorisé par le téléphone, on doit faire face à l’insécurité surtout en tant que femme seule, on a honte de notre impuissance et on finit par être dans la rancoeur, le mépris de soi même.

    Mais c’est pas grave hein.

    Continuons les politiques libérales dégueulasses violemment inégalitaires, continuons à accepter ces situations. Parce que après tout elle a rien à dire cette femme, Macron il a été élu hein, on est en “démocratie”, donc sa misère est démocratiquement légitime, où est le problème ?

    Bref moi les faits comme certains commentaires me révulsent, et je suis horrifié que tant de gens semblent se laver les mains de tout ça et s’en foutre voire blâmer les victimes de la misère.

  4. Assez surpris du manque d’empathie de certains commentaires ici.

    Je suis pas vraiment qualifié sur le sujet, mais un truc qui m’a toujours frappé avec la pauvreté (quand je bossais aux Restos notamment) c’est à quel point ça influence *tout*. C’est pas qu’une question financière.

    Ça va jouer sur ton capital économique, bien évidemment, la santé tout aussi évidemment, mais culturel aussi. L’accès aux services publiques et aux ressources qui sont justement sensées être là pour t’aider. La sécurité/tranquilité chez toi (chose dont on n’imagine pas l’importance jusqu’à ce qu’on ne l’ait plus). Le cadre éducatif.

    Quand je lis des gens disant “Moi j’ai grandi pauvre et j’ai pu…” franchement, bravo. Mais très souvent ces gens ont bénéficié d’un petit plus que tout le monde n’a pas eu, et dont ils ne se rendent pas forcément compte. Et quand bien même ils n’en auraient pas eu, on peut aussi reconnaître qu’on a eu du bol à des moments critiques…

  5. > Cinquième post de l’enseignant : « Je lui propose de venir la chercher. C’est à dix minutes [en voiture]. J’ai l’accord de ma cheffe. » Message suivant : « La petite descend, habillée comme elle a pu, elle monte et je démarre. La première chose qu’elle me demande, c’est si elle peut fumer. Elle a un stylo, son téléphone et ses clopes. Pas de convocation. Pas de carte d’identité. »

    Elle est bien partie dans la vie avec de tels parents. Purée la pauvre gosse. A quel moment on place les gamins en famille d’accueil ?

  6. Arrêtez votre indignation. Sport national des réseaux sociaux. Il faut éduquer nos enfants pour qu’ils soient moins con et arrêtes de tout détruire quand ils sont ados et jeune femmes ou hommes. Franchement, depuis longtemps on a laisser tout faire en France, bah 10 ans, 20 ans plus tard on en paie les conséquences. Ceux qui s’en battait les couilles de l’éducation sont aux première loges. C’est malheureux mais c’est la vie réelle. On est pas dans un jeu! Faut serrer la visse, pour que dans 10 ans, 20 ans cela cesse. Rien ne pourra les aider à court terme ou sur leur génération. C’est triste mais faut être pragmatique et lucide.

  7. Cette daronne célibataire pourquoi fait-elle un job pourri? C’est ça la vrai question. Trop facile de prendre sa situation d’aujourd’hui et s’indigner… Même si c’est vrai, elle a une vie de merde que je déplore. pourquoi pas s’indigner sur une sri lankaise qui galère. Doit y en avoir des tonnes, cela devrait satisfaire votre jauge d’indignation au plus au point. J’ai beaucoup plus de compassion pour ceux qui n’ont pas eu la chance d’avoir été dans un pays aussi développé et bienveillant que le nôtre. À un moment donné, on paie les conséquences de nos insouciances. On est dans la vrai vie, si vous voulez pas d’une vie de merde à vous ou vos enfants faut mettre les bouchés doubles. Dans 20 ans, ce sera encore plus difficile: travail, logement tout ça. Les réseaux sociaux sont une contrainte de plus tant c’est addictif et laisse encore moins la possibilité de s’occuper de nos enfants voir pire, qu’il perde leur temps dessus (comme nous). C’est le cours de l’Histoire et l’Histoire s’en bat les couilles de votre indignation.

Leave a Reply