C’est pas la faute des apps, elles font que donner aux gens ce qu’ils veulent. C’est les gens qui sont pas humains
Contrairement au reste de ce qui nous entoure qui a été crée par Dieu (ou non pour les athées), la technologie est une création humaine : elle fait sa spécificité et ne peut donc pas vraiment la “déshumaniser”. C’est une boîte à outil qui est utilisée pour résoudre nos problèmes et si l’outil est imparfait ou défectueux, il s’agit alors juste de travailler à l’améliorer.
L’article est intéressant mais je pense que se concentrer sur les spécificités des apps est une fausse piste. Je pense que ça amplifie surtout les comportements habituels des gens.
Déjà, l’article le dit rapidement, les applis ne sont toujours pas vues comme des moyens “légitimes” de rencontrer quelqu’un. Je connais très peu de couples qui assument de s’être connus en ligne dans ma classe d’âge. Y’a toujours ce truc de “Ben, t’as pas de vie sociale ou quoi ?” qui traîne.
Pour les hommes, ça insinue que t’es un loser incapable de parler aux meufs en soirée. Pour les femmes, ça insinue que t’es tellement cheum que les mecs ont même pas envie de venir te parler en soirée. Parce qu’une “vraie femme” doit toujours être objet de désir et un “vrai mec” doit être un chasseur de vulves accompli.
D’ailleurs, pour les femmes, je pense qu’environ 60% des profils féminins que j’ai croisés sur AdopteUnMec contenaient une phrase de justification genre “Je sais pas pourquoi je me suis inscrite”, “Mes copines ont créé ce profil pour moi”, “Je suis là parce que j’ai perdu un pari” parce que c’est encore difficile pour beaucoup de femmes d’assumer devoir faire une démarche proactive pour rencontrer un homme plutôt que de laisser les admirateurs affluer tous seuls.
(En tant que mec qui a beaucoup utilisé les applis, j’assume parfaitement d’être un loser incapable de parler aux meufs en soirée, mais c’est pas le cas de tout le monde)
D’ailleurs, cette dynamique de genre foireuse – “Les meufs sont des princesses gâtées et les mecs des dalleux primaires” – est aussi amplifiée en soi par les applis. Je veux dire, quand tu demandes à une femme qui traîne sur les applis de te montrer les messages qu’elle reçoit, y’a de quoi tomber de sa chaise. A l’inverse, les femmes se permettent des messages ultra-violents envers les mecs qui les contactent, et ça s’alimente mutuellement : Plus les mecs vont être dalleux, plus les femmes vont les envoyer chier, moins les mecs vont avoir à perdre à être dalleux. Les applis permettent juste de mettre le processus en lumière, mais le phénomène est bien plus vieux.
Sinon, je suis le seul à préférer un bon ghosting rapide pour passer à autre chose que de recevoir le message “Ecoute, c’était sympa, j’ai passé une bonne soirée mais…” ?
Parce que ces apps ne sont que créées pour faire de l’argent. L’algorithme Tinder par exemple met en avant tout nouvel inscrit ce qui lui donne quelques likes et matchs au début puis quelques jours après rend complètement invisible son profil, ce qui fait qu’il n’a soudainement plus aucun like/match. La plupart des utilisateurs répondent à ce tarissement artificiel en achetant un abonnement. Tout est manipulé. Tout. On pense, quand on swipe sur 100 femmes, que ces 100 femmes vont aussi swiper sur nous, mais ce n’est tout simplement pas vrai, elles verront le like parmi la pile énorme qu’elles ont, mais ne verront jamais notre profil à swiper, même si leurs critères (âge, distance etc) le permettent.
Les applications sont un espace dédié aux rencontres, on sait que les personnes avec qui on prend contact sont ouvertes et disponibles donc ça fait gagner du temps. Les premiers contacts y sont évidemment assez déshumanisés mais l’essentiel se passe après lorsqu’on organise la première rencontre
Il y a du vrai dans l’article. Un peu après mes 30 ans, je me suis inscrit sur Adopteunmec car de par ma vie professionnel et personnelle j’avais un peu fait le tour des opportunités potentielles et j’avais envie de découvrir autre chose, mon cercle de relation ayant du mal à s’agrandir. J’en étais pas très fier au début, surtout que jusqu’à là je n’avais jamais eu besoin.
J’avais jamais pris conscience de la problématique de la taille. Je fais 1m75 et je n’ai jamais eu de remarque IRL sur cette donnée. Sur les sites, je ne compte plus les profils féminins où on pouvait lire “Je cherche un grand donc les petits de moins d’1m85 c’est pas la peine” ou encore “J’ai besoin de me sentir protégée”. Idem avec des remarques assez directes sur la calvitie ou le poids, mais pour le coup je n’étais pas concerné.
C’est assez frustrant au début de se sentir recalé sur un paramètre que l’on ne maîtrise pas mais une fois qu’on a intégré que nous sommes dans une logique de supermarché, qu’il y a bien plus d’hommes que de femmes et qu’elles sont sursollicitées de manière parfois très obscène, on s’y fait. Je m’étais crée un profil féminin pour voir un peu l’autre côté du miroir et c’est pas plus glamour.
Objectivement, j’ai eu des rencontres assez nazes et d’autres vraiment intéressantes. Et j’y ai rencontré ma femme.
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C’est pas la faute des apps, elles font que donner aux gens ce qu’ils veulent. C’est les gens qui sont pas humains
Contrairement au reste de ce qui nous entoure qui a été crée par Dieu (ou non pour les athées), la technologie est une création humaine : elle fait sa spécificité et ne peut donc pas vraiment la “déshumaniser”. C’est une boîte à outil qui est utilisée pour résoudre nos problèmes et si l’outil est imparfait ou défectueux, il s’agit alors juste de travailler à l’améliorer.
L’article est intéressant mais je pense que se concentrer sur les spécificités des apps est une fausse piste. Je pense que ça amplifie surtout les comportements habituels des gens.
Déjà, l’article le dit rapidement, les applis ne sont toujours pas vues comme des moyens “légitimes” de rencontrer quelqu’un. Je connais très peu de couples qui assument de s’être connus en ligne dans ma classe d’âge. Y’a toujours ce truc de “Ben, t’as pas de vie sociale ou quoi ?” qui traîne.
Pour les hommes, ça insinue que t’es un loser incapable de parler aux meufs en soirée. Pour les femmes, ça insinue que t’es tellement cheum que les mecs ont même pas envie de venir te parler en soirée. Parce qu’une “vraie femme” doit toujours être objet de désir et un “vrai mec” doit être un chasseur de vulves accompli.
D’ailleurs, pour les femmes, je pense qu’environ 60% des profils féminins que j’ai croisés sur AdopteUnMec contenaient une phrase de justification genre “Je sais pas pourquoi je me suis inscrite”, “Mes copines ont créé ce profil pour moi”, “Je suis là parce que j’ai perdu un pari” parce que c’est encore difficile pour beaucoup de femmes d’assumer devoir faire une démarche proactive pour rencontrer un homme plutôt que de laisser les admirateurs affluer tous seuls.
(En tant que mec qui a beaucoup utilisé les applis, j’assume parfaitement d’être un loser incapable de parler aux meufs en soirée, mais c’est pas le cas de tout le monde)
D’ailleurs, cette dynamique de genre foireuse – “Les meufs sont des princesses gâtées et les mecs des dalleux primaires” – est aussi amplifiée en soi par les applis. Je veux dire, quand tu demandes à une femme qui traîne sur les applis de te montrer les messages qu’elle reçoit, y’a de quoi tomber de sa chaise. A l’inverse, les femmes se permettent des messages ultra-violents envers les mecs qui les contactent, et ça s’alimente mutuellement : Plus les mecs vont être dalleux, plus les femmes vont les envoyer chier, moins les mecs vont avoir à perdre à être dalleux. Les applis permettent juste de mettre le processus en lumière, mais le phénomène est bien plus vieux.
Sinon, je suis le seul à préférer un bon ghosting rapide pour passer à autre chose que de recevoir le message “Ecoute, c’était sympa, j’ai passé une bonne soirée mais…” ?
Parce que ces apps ne sont que créées pour faire de l’argent. L’algorithme Tinder par exemple met en avant tout nouvel inscrit ce qui lui donne quelques likes et matchs au début puis quelques jours après rend complètement invisible son profil, ce qui fait qu’il n’a soudainement plus aucun like/match. La plupart des utilisateurs répondent à ce tarissement artificiel en achetant un abonnement. Tout est manipulé. Tout. On pense, quand on swipe sur 100 femmes, que ces 100 femmes vont aussi swiper sur nous, mais ce n’est tout simplement pas vrai, elles verront le like parmi la pile énorme qu’elles ont, mais ne verront jamais notre profil à swiper, même si leurs critères (âge, distance etc) le permettent.
Les applications sont un espace dédié aux rencontres, on sait que les personnes avec qui on prend contact sont ouvertes et disponibles donc ça fait gagner du temps. Les premiers contacts y sont évidemment assez déshumanisés mais l’essentiel se passe après lorsqu’on organise la première rencontre
Il y a du vrai dans l’article. Un peu après mes 30 ans, je me suis inscrit sur Adopteunmec car de par ma vie professionnel et personnelle j’avais un peu fait le tour des opportunités potentielles et j’avais envie de découvrir autre chose, mon cercle de relation ayant du mal à s’agrandir. J’en étais pas très fier au début, surtout que jusqu’à là je n’avais jamais eu besoin.
J’avais jamais pris conscience de la problématique de la taille. Je fais 1m75 et je n’ai jamais eu de remarque IRL sur cette donnée. Sur les sites, je ne compte plus les profils féminins où on pouvait lire “Je cherche un grand donc les petits de moins d’1m85 c’est pas la peine” ou encore “J’ai besoin de me sentir protégée”. Idem avec des remarques assez directes sur la calvitie ou le poids, mais pour le coup je n’étais pas concerné.
C’est assez frustrant au début de se sentir recalé sur un paramètre que l’on ne maîtrise pas mais une fois qu’on a intégré que nous sommes dans une logique de supermarché, qu’il y a bien plus d’hommes que de femmes et qu’elles sont sursollicitées de manière parfois très obscène, on s’y fait. Je m’étais crée un profil féminin pour voir un peu l’autre côté du miroir et c’est pas plus glamour.
Objectivement, j’ai eu des rencontres assez nazes et d’autres vraiment intéressantes. Et j’y ai rencontré ma femme.