Consommation : la location de jouets, une nouvelle pratique économique et écologique

5 comments
  1. Article de publi(cité)-information de ce média national et public, perfusé aux subventions citoyennes, au titre du Fond Stratégique pour le Développement de la Presse.

    On y met en avant ce qui serait une “nouvelle pratique” de location de jeux concrets, répondant à une obsolescence *moyenne* rapide des jeux de sept mois, et un souci de répondre *à des enjeux écologiques*, au motif qu’ils seraient jetés en masse, peu recyclés, etc. Pour résoudre votre culpabilité évidente, et vous simplifier la vie, on vous absout avec une formule de base à 15€ par mois automatiquement renouvelable, permettant de louer 4 jeux par mois. C’est mensonger à plus d’un titre.

    • Le site qui sert de support (a payé?) pour l’article, propose [sa formule de base à 20€](https://libetlou.com/content/28-formules) par mois, et non 15€, comme pourtant rapporté par France-Info aujourd’hui, l’article est à jour, ne date pas d’il y a un mois. Entre ça et de la publicité mensongère, il n’y a qu’un pas.

    • Les jeux sont envoyés de-ci de-là en France, depuis on ne sait quelles plate-formes, et renvoyés par le même chemin de livraison, avec des emballages, des étiquettes à imprimer, etc. Ce trafic mensuel, à mesure qu’il s’amplifie, n’a strictement rien d’écologique. C’est même écœurant de prétendre le contraire, et de faire de ce genre de locations livrées et remportées régulièrement à -et depuis- le domicile un argument commercial “vert”.

    • Cela vous semble relever d’une logistique un peu complexe? Vous avez raison. Un indice niché dans les petites lignes du site : si les jeux ne sont pas renvoyés à temps… rassurez-vous, vous pouvez “bénéficier d’une option d’achat simplifiée” cela ne s’invente pas. Accrochez-vous bien :

    >[Option d’achat simplifiée](https://libetlou.com/content/27-demander-mon-retour-pour-passer-a-l-abonnement)
    >
    >*Fini l’attente pour acheter un jeu, il vous suffit de ne pas nous le renvoyer lors du retour de vos jeux et vous serez prélevé automatiquement du prix “Option d’achat” visible sur la fiche produit.*

    Autrement dit, à partir du moment où on “vous prélève” automatiquement d’une somme (avec quelle marge?) pour des jeux que vous n’avez pas renvoyés, et que vous l’achetez finalement donc, la question “anti-écologique” de l’obsolescence des jeux achetés disparait subitement. C’est magique.

    • Ensuite, sur le fond, et c’est le plus important, il y a aujourd’hui plusieurs milliers de ludothèques réparties sur le territoire, portées par des associations à but non lucratif, mais aussi par de nombreux départements au sein des médiathèques publiques. Le métier de ludothécaire existe depuis un bail. Les premières ludothèques en France datent de 1967. Le concept n’a strictement rien de nouveau*.

    On peut y emprunter de bien plus nombreux jeux avec une bien plus grande liberté, en s’acquittant d’un abonnement comprenant souvent l’intégralité de la médiathèque, ou une adhésion à une association, à un *coût annuel* qui dans bien des cas, n’atteint pas la moitié de l’*abonnement mensuel* de ce site, lorsqu’il n’est pas tout simplement “gratuit” (payé par les impôt locaux) dans certaines municipalités.

    Et avec une logistique d’emprunt qui elle, est réellement écologique. On passe à la ludothèque en allant à la boulangerie, ou, au hasard, en revenant de l’école. C’est mutualisé, local, et même sur-mutualisé: les jeux “tournent” entre différentes ludothèques proches, il y a donc de quoi s’occuper durant des années.

    Je n’ai rien contre des offres privées, à 240€ par an, et plus bien entendu, quand vous perdez le fil, et qu’on vous *allège* *automatiquement*.

    Mais qu’un média public, percevant des subventions publiques, marche délibérément sur la gueule d’un service public déjà tenu à bout de bras par nos deniers, soutenus par des bénévoles, en faisant la promotion déguisée sous couvert de journalisme, au moyen d’un article mensonger non-sourcé, d’un “service novateurs” reposant sur des arguments marketing injustifiés, méritait une petite mise au point. Un peu pointue et énervée, je le concède.

    Allez dans les médiathèques, les ludothèques. Défendez-les. Participez. Moi, j’y commande même des jeux, des extensions. La ludothécaire me fait confiance, et suit presque toujours mes recommandations. Se faire piquer d’une unique dose d’abonnement (annuel) est en quelque sorte une *vaccination* culturelle. Avec des canapés, des fauteuils. Cela ne fait pas mal, il n’y a pas d’effet secondaire à part une augmentation étrange du bonheur, on y espère les variants et les nouveautés sans crainte, et même avec impatience.

    *Je ne parle même pas des lieux de jeux qui fleurissent depuis quelques *dizaines d’années*, qui même s’ils peuvent accessoirement en vendre, et vivent éventuellement sur les consommations, sont autrement plus sympathiques et intéressants socialement, que cette énième boîte de e-loc stylée start-up-ferme-à-fric de dernière année d’HEC.

  2. En même temps, acheter/vendre les jouets et les fringues sur vide grenier, c’est pareil, non?

    En même temps, c’est une bonne idée de pouvoir faire ça…

  3. 15€/mois ?! Pour 180€/an tu vas à Emmaüs et tu couvre ton enfant de cadeaux, et ces cadeaux n’auront pas fait 4 fois le tour de la France en camion.

  4. Pour ceux qui ne veut pas un abonnement à un tel prix, je recommande l’appli ou site web de geev pour dons entre particuliers. Il n’est pas limité au jouets, mais il y a un filtre si c’est que les jouets qui t’intéressent. C’est gratuit pour presque toutes les fonctionnalités et l’abonnement est beaucoup beaucoup moins cher.

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