**Vous avez annoncé une mission d’information sur la fiscalité des entreprises, quelle en est la finalité ?**
Il y a une grande différence de fiscalité entre les PME et les grandes entreprises. C’est un sujet. Il n’est pas normal que les PME paient plus d’impôts que les grandes entreprises. Et en plus de ces disparités, il y a certains grands groupes qui ne paient pas d’impôt sur les bénéfices en France, comme Total. Ces entreprises font des gros bénéfices, versent de gros dividendes et reçoivent de l’argent public. Je ne crois aucunement qu’elles ont des activités sans bénéfices en France. C’est en travaillant sur la taxation des « superprofits » de crise que j’ai constaté qu’il y avait un souci. Avec cette mission d’information, on pourra y voir plus clair.
**Quel est le calendrier ?**
On commencera à la rentrée. Il va d’abord y avoir une « mission flash » sur la taxation des superprofits, dans laquelle tous les groupes parlementaires seront représentés. Théoriquement, elle devra rendre ses conclusions avant l’arrivée du projet de loi de Finances à l’Assemblée début octobre. Ensuite, on pourra embrayer sur cette mission d’information, plus complète, qui commencera à l’automne et qui devrait s’achever au bout de six mois. Les chômeurs vont avoir leurs indemnités mises sous conditions, les allocataires du RSA vont devoir justifier d’une activité. Les grandes entreprises sont les seules qui ne sont pas appelées à faire davantage d’efforts dans ce pays, alors qu’elles font des bénéfices historiques. Je pense que les Français trouvent cela insupportable.
**TotalEnergies va consentir une plus grosse ristourne à la pompe. Pour le gouvernement, c’est plus efficace qu’une taxe qui ne les affecterait que marginalement…**
Entre une ristourne à 500 millions et une taxation sur plusieurs milliards, il n’y a pas photo. Total a fait en un semestre les mêmes bénéfices que sur toute l’année dernière. Une taxation à 25 % sur l’ensemble des entreprises pétrolières rapporterait 10 milliards.
**Mais ces profits sont réalisés et taxés à l’étranger. Le gouvernement chiffre à 400 millions d’euros au mieux le produit d’une taxation des activités de raffinage en France de TotalEnergies cette année…**
Il n’y a pas que Total, d’autres entreprises seraient concernées. Pendant les discussions sur le projet de loi de Finances rectificative , il y avait d’ailleurs eu un amendement de membres de la majorité qui proposait une taxation de 15 % sur un an. On est prêts à discuter du chiffre. Le principal, c’est que l’idée soit sur la table.
**Vous avez érigé la lutte contre la fraude fiscale comme priorité dès votre élection à la tête de la commission. Où en êtes-vous sur cette question ?**
La commission va lancer un rapport spécial transversal sur l’évasion fiscale. C’est la députée LFI Charlotte Leduc qui va travailler sur cette question avec les moyens afférant à ce genre de missions. Ça va nous permettre d’avoir un travail sur le fond qui, à mon avis, produira ses effets au fur et à mesure.
**Quelle sera l’attitude de LFI lors des prochains débats budgétaires à l’automne ?**
Comme les années précédentes, on va présenter un contre-budget, soumettre une alternative. Ce que propose le gouvernement pour les cinq ans à venir ne tient pas la route. Il a réaffirmé son objectif de ramener le déficit public à 3 % du PIB en 2027, en misant sur la croissance. Mais les instances internationales pointent surtout un risque de récession pour l’année prochaine.
Les sous-doués à la commission des finances
Si on se retrouve avec Borne qui les invite à bien vouloir se livrer à la répartition des richesses on est pas sortis de l’auberge.
Hé bien, les grandes entreprises n’ont cas bien planqué leurs fesses.
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**Vous avez annoncé une mission d’information sur la fiscalité des entreprises, quelle en est la finalité ?**
Il y a une grande différence de fiscalité entre les PME et les grandes entreprises. C’est un sujet. Il n’est pas normal que les PME paient plus d’impôts que les grandes entreprises. Et en plus de ces disparités, il y a certains grands groupes qui ne paient pas d’impôt sur les bénéfices en France, comme Total. Ces entreprises font des gros bénéfices, versent de gros dividendes et reçoivent de l’argent public. Je ne crois aucunement qu’elles ont des activités sans bénéfices en France. C’est en travaillant sur la taxation des « superprofits » de crise que j’ai constaté qu’il y avait un souci. Avec cette mission d’information, on pourra y voir plus clair.
**Quel est le calendrier ?**
On commencera à la rentrée. Il va d’abord y avoir une « mission flash » sur la taxation des superprofits, dans laquelle tous les groupes parlementaires seront représentés. Théoriquement, elle devra rendre ses conclusions avant l’arrivée du projet de loi de Finances à l’Assemblée début octobre. Ensuite, on pourra embrayer sur cette mission d’information, plus complète, qui commencera à l’automne et qui devrait s’achever au bout de six mois. Les chômeurs vont avoir leurs indemnités mises sous conditions, les allocataires du RSA vont devoir justifier d’une activité. Les grandes entreprises sont les seules qui ne sont pas appelées à faire davantage d’efforts dans ce pays, alors qu’elles font des bénéfices historiques. Je pense que les Français trouvent cela insupportable.
**TotalEnergies va consentir une plus grosse ristourne à la pompe. Pour le gouvernement, c’est plus efficace qu’une taxe qui ne les affecterait que marginalement…**
Entre une ristourne à 500 millions et une taxation sur plusieurs milliards, il n’y a pas photo. Total a fait en un semestre les mêmes bénéfices que sur toute l’année dernière. Une taxation à 25 % sur l’ensemble des entreprises pétrolières rapporterait 10 milliards.
**Mais ces profits sont réalisés et taxés à l’étranger. Le gouvernement chiffre à 400 millions d’euros au mieux le produit d’une taxation des activités de raffinage en France de TotalEnergies cette année…**
Il n’y a pas que Total, d’autres entreprises seraient concernées. Pendant les discussions sur le projet de loi de Finances rectificative , il y avait d’ailleurs eu un amendement de membres de la majorité qui proposait une taxation de 15 % sur un an. On est prêts à discuter du chiffre. Le principal, c’est que l’idée soit sur la table.
**Vous avez érigé la lutte contre la fraude fiscale comme priorité dès votre élection à la tête de la commission. Où en êtes-vous sur cette question ?**
La commission va lancer un rapport spécial transversal sur l’évasion fiscale. C’est la députée LFI Charlotte Leduc qui va travailler sur cette question avec les moyens afférant à ce genre de missions. Ça va nous permettre d’avoir un travail sur le fond qui, à mon avis, produira ses effets au fur et à mesure.
**Quelle sera l’attitude de LFI lors des prochains débats budgétaires à l’automne ?**
Comme les années précédentes, on va présenter un contre-budget, soumettre une alternative. Ce que propose le gouvernement pour les cinq ans à venir ne tient pas la route. Il a réaffirmé son objectif de ramener le déficit public à 3 % du PIB en 2027, en misant sur la croissance. Mais les instances internationales pointent surtout un risque de récession pour l’année prochaine.
Les sous-doués à la commission des finances
Si on se retrouve avec Borne qui les invite à bien vouloir se livrer à la répartition des richesses on est pas sortis de l’auberge.
Hé bien, les grandes entreprises n’ont cas bien planqué leurs fesses.
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