
\[TW : problème de riche qui n’a jamais eu de vrai problème\]
compte jetable pour la gagne, même si je connais assez le sous pour savoir que 80% d’entre vous sont des mecs de l’IT qui scrollent au taf. et pour rester dans le thème, je rédige ce post au taf.
j’ai besoin de vider mon sac/donner des infos compromettantes à des inconnus sur internet au lieu d’en parler à des vrais gens comme le ferait un vrai gen. t’façon je sais très bien que la solution y’a que moi qui l’ai, j’ai juste besoin de vider mon sac.
j’ai la trentaine bien tassée, un foyer de trois à faire tourner et un crédit à rembourser.
professionnellement ça ne va pas très bien, depuis longtemps. depuis le lycée.
je n’ai jamais pu, ni su, ni voulu, me spécialiser.
je n’arrive pas à me sortir la gueule de cette bulle molle et tiède où je me suis laissé couler, puis lové.
je travaille dans l’info. ça m’intéresse un peu mais pas H24. quand j’ai fait 7 heures, j’ai ma dose, je vais pas refaire de la veille, coder un site web dédié aux petits streams sur twitch ou paramétrer une VM une fois rentré chez moi.
si y’a bien un truc que j’ai pigé dans l’info c’est que les généralistes ont un plafond de verre rapidement. dans ce milieu soit tu te spécialises, que ça soit dans une technique ou dans un métier (aviation, finance, transport, etc), sois tu stagnes.
si tu hustle pas y’en aura toujours 3000 derrière toi qui ont la dalle, qui geekent le sujet depuis qu’ils ont cinq ans.
quand on me demandait ce que je voulais faire petit, j’répondais des clichés de CSP+ que j’ai très vite lâchés. “ouais, l’informatique, ça a l’air vite fait cool”, petite phrase d’ado déjà loser, qui a déjà très bien compris qu’il irait jamais bien loin.
si j’ai “réussi” à faire mon trou dans le monde de l’IT, même si c’est un trou peu profond et rempli de feuilles mortes humides, ce n’est pas parce que j’ai codé mon premier site web à 8 ans, c’est uniquement parce que j’ai eu le temps de jouer suffisamment à Mario pendant ma jeunesse, pendant que mes parents me payaient les consoles et le foyer, pour être suffisamment à l’aise avec un windows pour enfumer suffisamment de gens et me faire balloter de SSII en SSII, sans aucun fil conducteur. on va pas se mentir, la pénurie de personnel du secteur ça amène mécaniquement des gens médiocres et surpayés.
je suis bloqué depuis 5 ans dans une boîte de province, où les trois quarts du personnel sont des boomers (dans l’âge ou dans la tête) et où je ne dois mon confortable salaire actuel qu’à ma capacité à m’insérer dans les petits interstices, les besoins très spécifiques générés par ses bizarreries locales et les incohérences kafkaïennes de ses dirigeants. comme on dit, un borgne au pays des aveugles.
en d’autres termes, je serais incapable de survivre ailleurs, car mes savoirs sont trop spécifiques, et mes encéphales en sous-régimes s’affaissent et s’empâtent, trop ramollies par une vie de bourgeois que je n’ai jamais conquise.
j’installe de plus en plus durablement des routines mentales qui me rendent progressivement incapable d’avoir la dalle, de sortir de la zone de confort, où seule surnage la paresse comme une flaque d’huile de vidange dans un étang.
je suis un parasite putain. la seule différence avec le syndrome de l’imposteur, c’est que c’est pas que dans ma tête.
quand dans des élans j’envoie des CV, je me prends une [grande claque de monde réel](https://imgflip.com/memegenerator/216498364/Pink-Blob-In-the-Box) de réalité véritable dans la face, les titres ronflants du CV tiennent pas deux minutes face aux trois questions des mecs qui savent, des vrais.
quand le hasard m’obtient un poste significatif, à la hauteur de mon âge et de mon diplôme, je me fais virer en trois mois. “on va pas te garder”.
l’imposture tient pas. les gens sont pas dupes. fake it till you make it, mon cul.
​
“le truc c’est qu’il te faut une passion” -> le problème c’est que je n’ai pas de passion, je n’en ai jamais eu. je suis un putain de dilettante de naissance, bon en tout et bon en rien.
j’ai essayé, pas mal de fois. mais ça ne se force pas putain. ça se commande pas, c’est comme la bandaison. je n’arrive pas à accumuler les 10 000 heures dans un truc pour me rendre bankable dans le marché du travail autrement que comme tâcheron non spécialisé, pute de luxe, secrétaire glorifié.
même si on ne pense pas le travail comme une finalité, ce problème s’applique à tous les pans de ma vie. si je fais un sport ayant un certain niveau d’exigence je vais vite pas avoir le niveau, parce que j’ai pas la niaque au point de le potasser tous les matins et trois soirs par semaine.
dès que ça devient technique, ça me soule. dès que le jeu vidéo devient compétitif, je m’étiole.
un sujet m’intéresse, je vais le suivre jusqu’à ce qu’il faille réellement commencer à envisager des efforts sur le long terme.
je me sens piégé, incapable de suivre une formation de 18 mois à aller aux cours du soir. je n’en aurais ni le temps, ni la niaque, ni la discipline.
je veux bien suer deux ou trois fois, mais j’atteins vite la limite !
je les vois les mecs, qui tryhardent, qui s’arrêtent sur des détails pour être rigoureux, précis. ceux qui adorent la danse ou la cuisine ou l’astrophysique ou la broderie ou le foot ou la politique ou l’histoire ou l’enseignement ou la moto ou être drôle ou le whisky, ça doit être fatiguant, mais qu’est-ce que je les envie. ce sont eux qui gagnent à la fin.
je fais “partie des quatre-vingt-quinze pour-cents des garçons qui n’ont qu’une ou deux filles dans leur vie parce qu’ils sont pas très beaux, parce qu’ils sont pas très riches et même pas vraiment drôles donc un peu invisibles, hum, hein”
franchement je vais arrêter de paraphraser [les lyrics d’inachevé](https://genius.com/Casseurs-flowters-inacheves-lyrics), y’en a au moins un qui a fait l’effort de bien le formuler.
même mes valeurs centrales, les piliers, les noyaux. exemple l’écologie. mes actions molles ça sera un partage sur facebook, un vote pour la nupes, un circlejerk avec des copains du même bord, un commentaire sarcastique à la cantine du boulot. les trucs qui comptent ? donner de l’argent ? militer ? tout claquer pour me rendre utile ? ha bah non mon gars. je suis même pas capable de tenir une conversation politique face à un gars de l’autre bord qui connait un peu ses bails. et je fais quoi du coup ? ben je bade tout seul dans mon coin, je fais pousser des tomates et je trie mes déchets. tu sais quoi mon neveu qui fait un concert de sensibilisation dans son village il a déjà plus fait pour l’environnement que moi en trente-bientôt trente-quatre berges.
je vais pas très bien.
je le dis à de plus en plus de gens, mais je vais pas assez mal pour demander leur attention. j’estime ne pas la mériter. que mon boulot, c’est de pourvoir au foyer, d’offrir une figure paternelle pour les petits, et mon daron il s’est jamais plaint, alors voilà
​
ouais, je sais, ouin ouin, regardez-le cette fin de lignée, à se lamenter du haut de tous mes privilèges. qui n’a jamais été discriminé pour son sexe, sa couleur de peau ou que sais-je, qui ne s’est jamais pris de vraie droite dans sa vie.
hé ouais mon gars, c’est peut-être le problème quand on n’a jamais connu le besoin, c’est qu’on en fait juste le minimum pour se maintenir à flot. trop pleutre pour baisser mon train de vie, trop médiocre pour conquérir l’échelon supérieur. le genre de mec qui ne survivra pas deux jours après un effondrement civilisationnel.
reddit, dis-moi que je suis pas foutu. dis-moi que j’ai encore un peu de temps avant de traverser ma vallée de senior non employable. dis-moi qu’un jour je vais me lever et que la Réponse tombera magiquement sur ma couenne, pendant le pipi du matin, que je glisserai dans la salle de bain et que le carrelage sera telle la pomme de Newton, mais oui mais c’est bien sûr ma grande passion c’est l’assembleur cobol big data sur les nutanix sortis entre 1957 et 1988 et que y’a une niche pour moi qui m’attend sagement chez une entreprise désespérée et prête à me payer 120k par an.
dis-moi que c’est ok de pas être intéressant en soirée parce que plus rien ne nous fait vibrer, qu’on n’a pas vécu suffisamment de trucs, qu’on n’a pas d’histoires à raconter, et que le miroir peut toujours renvoyer quelque chose d’enviable, qu’on peut redevenir un type avec qui des gens normaux ont envie de trainer, qu’on peut être un modèle enviable pour ses enfants.
dis-moi qu’il y a une place dans le cabinet d’un psy potable, un créneau entre les infirmiers en burnout et les maltraités du covid. qu’il reste un ticket dans l’interminable file d’attente de la hiérarchie des souffrances. mais en dehors des horaires de bureau.
dis-moi que le cancer des poumons me transformera en Walter White. qu’on n’est pas obligé d’avoir l’enfance de Joséphine Baker pour être Joséphine Baker. que les temps faciles ne créent pas que des gens faibles, que pour qu’il y ait déclin il doit d’abord y avoir ascension.
​
(rhaa rien qu’à me relire je me fais déjà pitié, cette manière d’écrire à la Fauve, au secours)
29 comments
Désolé, vraiment, je n’ai pas eu la force de lire ton énorme pavé. Mais, sur la base du titre et des premières et dernières lignes, as-tu réfléchi à des activités (sportives, artistiques, manuelles…) de ton enfance qui t’ont laissé un souvenir positif, auxquelles tu penses avec le sourire? Ce sont peut-être des pistes à creuser.
Avec des pavés comme ça tu peux devenir Paveur-Dalleur dans le bâtiment
Est-ce que tu n’as pas envie d’assumer d’en avoir rien à foutre de ta carrière professionnelle ?
Je repose la question , il y a rien qui te fais vibrer , quelque chose sur lequel tu ne comptes pas ton temps ? Un truc où tu cherches pas à avoir de la reconnaissance ou de l”oseille, quelque chose que tu fais juste parce-que ça te plaît ?
Va vider ton sac auprès d’un psy.
Et avec lui tu vas comprendre ce qui te manque, dans quelle direction tu veux aller.
Tu sais déjà que tu n’es pas heureux.
Il s’agit de savoir ce qui te rendrait heureux justement.
Et après tu fais un bilan de compétences.
Ok, tu as besoin de ton salaire. Mais est ce que cela signifie que c’est seule voie possible ? Que cest le meilleur compromis ?
Tes tu déjà posé pour considérer ce que tu veux, ce que tu aimes et ce que tu sais faire ?
Creuse et écoute toi pour choisir ce qui te convient.
Arrête de te flageller, aide toi.
Bonne journée.
Alors déjà on ne peut pas te reprocher ton manque de lucidité vis-à-vis de toi-même. Et en soit, c’est déjà une grande part de boulot de faite, c’est tellement rare les personnes capables de se regarder en face comme ça.
Tu as raison : en effet trouver une vraie personne pour t’accompagner ça t’aiderait vraiment, justement parce que tu as déjà bien avancé tout seul. Il faudrait voir si ce cocon de flemme renferme d’autres choses.
J’ai l’impression que tu confonds avoir de l’ambition avec le fait d’être passionné. Je comprends bien que pour passer le fameux plafond de verre dont tu parles dans ton job c’est nécessaire. Mais la question que je me pose c’est : qu’est-ce qui te manque dans ton job actuel ? Tu sembles en mesure de contribuer aux besoins de ton foyer… Ça semble rouler.
Y’a des trucs qui te font vibrer quand tu n’es pas devant ton écran ?
Quoiqu’il en soit Fauve ou pas, je te trouve agréable à lire.
Je pense que le titre est pas super approprié, puisque y’a un peu plus que ça dans ton pavé.
Je pense sincèrement que là tu fais juste une bonne grosse crise de panique et que du coup tu mélanges un peu tout et chaque facette du problème te permet d’en bloquer d’autre pour conclure par le confortable “de toute façon rien ne va”.
On peut pas debrief point par point tout ça en une réponse, ya trop, mais prends une grande respiration, calme toi, et détends toi un peu.
Pour le taff je suis comme toi à la base, pas super emballé pour faire des projets perso à la maison, les journées de taff sont déjà bien pleines, mais il a suffit d’un seul projet qui m’a poussé à use des technos un peu plus moderne pour relancer ma curiosité et me lancer dans 3 mois de tunnel sur un projet perso, juste je me suis pas forcé quoi, et la j’en ai a nouveau marre donc j’ai remis ça de côté en attendant la prochaine impulsion de motivation, dans un cas comme dans l’autre, ça change rien à ma vie, à sa “valeur”, à comment mes proches me voient, donc pas de panique.
Pour les passions, la motiv ça va ça vient, tu dois rien à personne, même si tu passes ta vie à juste regarder des séries, paf : tes un expert en serie, c’est ça ta passion, point. J’ai l’impression que tu juges toi même que ta façon de dépenser ton temps (whatever it is) est useless, c’est toi qui tinflige ça tout seul. Si tu veux progresser dans un truc, passes y du temps, ya pas de secret, mais arrête de juger qu’y passer du temps ne sert à rien parce que tes “pas bon”. Quoi que tu veuilles faire te faut juste du temps et du calme. Et si ta passion c’est faire des grasse mat, grand bien t’en fasse, tu sera sans doute moins névrosé en l’acceptant qu’en stressant dessus parce que c’est “pas au normes”.
Ya des tas de gens qui passent leur vie à faire des trucs qui moi me conviendrait pas, mais qui sont en accord avec eux même, et ça reste ça le plus important, you do you.
Et le “bore-out”, tu y as songé ?
Contexte: Vieux de l’IT (Bientôt 60 piges), parti de “zéro”, pour arriver un peu plus loin.
Mon analyse rapide:
1. Tu ne souffres pas du syndrome de l’imposteur, tu es bien trop critique à ton égard. Il y a autre chose.
2. Je ne pense pas que le boulot soit le réel fond du problème, mais une remise en cause majeure sur tout.
3. Pour ce qui relève du “nécessaire” côté Geek, oui ça aide de continuer à faire des trucs de geek à la maison, mais j’ai aussi des collègues très respectables qui n’en ont rien à foutre, et que je n’hésite pas à intégrer dans mes équipes. Chacun a sa place, et dis toi que le fil qui vous “uni”, c’est l’informatique ( *et surtout les services qu’elle doit rendre*) , comme cela aurait pu être le pain si tu avais été boulanger. Si le milieu t’intéresse ne serait-ce qu’un peu, reste, et cherche un poste à ta convenance (product owner, chef de projet, ..) Tout le monde a sa place.
Après, si le milieu te gave, c’est autre chose !
Bah je dirais lances toi dans l’écriture, c’est assez bien écrit. Ya des [concours](https://www.concoursnouvelles.com/meilleurs-concours) d’écriture avec ou sans carotte. Et puis dans le fond, tu peux aussi te satisfaire une bonne foi pour toute de ton état qui est pas si catastrophique que cela ou alors vraiment de bouger le cul, c’est toi qui sait.
“ce sont eux qui gagnent”. Ouais non j’ai pas vraiment l’impression de gagner non. J’ai le même age, le profil que tu envies, et je suis jaloux des mecs qui font des confs, font des jeux indie, publient des papiers, sont capables de dessiner, etc… Ça n’a jamais de fin les comparaisons. Et puis professionnellement peut-être que ça va, mais quand tu passes 80% de ton temps libre à bricoler sur ta passion, soit d’autres aspects de ta vie en souffrent, soit ils n’existent juste pas.
Si tu arrives à effectuer des jobs que des rockstar de la programmation vont snober, crois moi j’étais bien content et reconnaissant quand un collègue un peu moins calé prenait en charge tout un tas de petites tâches pénibles mais essentielles. C’est peut être pas sexy, mais imo ça se vend comme compétence (support IT, build manager, producer, etc…)
Tu as un foyer de 3 à faire tourner, tu ne peux pas être un champion partout, fait juste ce que tu aimes faire, l’herbe est pas plus verte ailleurs.
Tu parles des 10000h de practice pr être bon, tu dis etre dans les 95% de pas très beaux, ne pas faire assez pr l’écologie, ne pas avoir commencé à coder à 5 ans… tu récupères tous les stats/clichés du net et tu te mets la pression avec.
Une passion ça commence sans pression ni objectif de maîtrise ou de €€€ derrière. Tu n’as même pas à te comparer aux autres dans ta passion. Ca ne te donnera aucun avantage dans la life, à part vivre une life dont tu es content.
Vas à la piscine, prends une guitare, tente de retaper un meuble ds ton garage, cuisine des spécialités d’un pays qui t’intrigue, entre ds une asso écolo de ta ville, mets toi a des jdr ou boardgames, impression 3d etc.. Tu as même le droit de tenter tout ca en même temps et de laisser tomber au bout du 1er essai.
Et sinon tu écris bien, ptet une piste aussi!
C’est vraiment un truc que vous faites de chelou, les gens de l’info, mélanger passion et taf. Les gens que je côtoient qui y taffent sont des giga nerd du système de gestion de la mémoire d’un obscur langage, et ça les aide miraculeusement dans leur job.
Mais c’est pas le cas de tous.
J’ai lu tout ton pavé, et déjà, le titre ça a quand même beaucoup l’air d’être “c’est quoi la recette pour avoir un métier passion”. Bah t’es pas obligé. Et je dis ça en tant que mec qui a un taf passion hein, mais t’es pas obligé d’être un giga nerd super brillant et super ambitieux. C’est pas un mal de faire tes heures (voire te mettre à 80% si tu gagnes assez !), et le soir rentrer chez toi bricoler ta terrasse au soleil, passer du temps avec les parents quand ils sont encore là, et jouer au foot avec tes mômes. J’ai vu des ingénieurs très senior très épanouis dans l’industrie justement parce qu’ils ont ce style de vie.
Plusieurs recommandent d’aller voir un psy. C’est toujours utile, et il y a plein de styles de psy qui peuvent te correspondre, voire des trucs un peu suspicieux genre coach de vie. Vas voir un psy.
Mais tu as aussi l’option de faire l’inventaire de ce que t’aimes bien dans ta vie.
T’as l’air d’avoir un bon bullshit job comme beaucoup dans le sub, et pas forcément objectivement la niaque ou le talent d’en faire le coeur de ton existence. Ouais c’est ok cool. Personne sera vexé. Tout le monde s’en branle en fait. Qu’est ce qu’il y a d’autre de sympa dans ta vie ? Tu ne nous as pas parlé de ton +1, de tes mômes, des voyages que tu fais, de où tu passes tes weekends, des livres que tu lis. Et aucun de ces trucs là sont une obligation de performance Instagram-style hein. Juste faire la liste des trucs que t’aimes bien dans ta vie, retour sur investissement en plaisir immédiats, pastis avec tonton Jacky en jouant à la pétanque avec le bruit des criquets en fond ça compte. Une fois que tu as cette liste, bravo, tu as la liste des trucs qui ne demandent pas beaucoup de motivation que la durée et que tu peux essayer de faire un peu plus souvent pour combler tous les moments où t’as l’impression de ne rien faire et aller nulle part : il y a du mérite au présent sans futur.
Bonne pétanque, embrasse tes marmots, COBOL et les pulls à capuche de nerds boutonneux, est-ce vraiment fait pour tout le monde ?
Vu comment tu te décris ça risque d’être compliqué mon pauvre.
Y a pas de recette magique pour avoir une passion. Soit un truc t’intéresse et tu commences à faire des recherches dessus et tu rends compte que c’est passionnant (valable pour tous les domaines). Soit ça t’intéresse pas (ou à peine) et tu lâches en rien de temps.
Jusque là tu es dans le deuxième cas de figure. Et très honnêtement ça pue. Ça pue grave.
Essais de trouver le déclic qui te fera vraiment aimer quelque chose, c’est vraiment le seul truc que je peux te dire malheureusement.
Pavé César, ceux qui n’ont pas lu te saluent. Par contre, toutes les phrases commencent par une majuscule.
J’ai tout lu parce que perso j’aime bien la façon dont c’est écrit. Tu as déjà essayé d’écrire ? (de la fiction, des nouvelles, ou autre truc random)
Op, pourquoi tu parles de moi comme ça devant tout le monde ? Ça se fait pas
Edit:bon j’ai pas de gosse, ni de copine, ni ton âge en fait donc je ne suis pas op mais ouai je me reconnais là dedans c’est chaud 🙁
Moi déjà dans ce que tu écris je verrais un petit syndrome de l’imposteur quand même, mais admettons que tu sois aussi dilettante que tu le prétends. Pour les passions je suis ton opposé, j’en ai trop, et mon.angoisse c’est de pas avoir le temps de tout faire en une vie. Tu sais avant j’etais chercheur en physique, simulation numerique, et honnetement j’en avais un peu rien a battre comme toi. Depuis que j’ai changé de taf tout va mieux.
Pour “trouver” une passion il y a pas de secret. Il faut se sortir les doigts du cul et se balader un peu dans le million de milliard de disciplines existantes. C’est IMPOSSIBLE avec tout ce qui existe de pas trouver un truc qui te plait vraiment. Et quand j’entends par vraiment j’entend en réver la nuit, avoir qu’une hâte c’est de t’y remettre etc. Une fois que tu as trouvé ca je crois que le boulot devient infiniment plus supportable, et redevient ce qu’il est : un boulot pour manger, qui sert essentiellement à enrichir quelqu’un d’autre si t’es dans le privé. Pourquoi s’en vouloir de trouver ca naze ?
Va voir des musées, peints des warhammers, mets toi a l’animation, au dessin, à la poterie, au paintball, au karting, à la mecanique, à l’impression 3D, au modelisme, j’en sais rien moi, mais putain y’en a pleins des trucs chouettes.
Le boulot n’a pas à être une passion, c’est juste ton gagne-pain. Si on veut plus de pain, ça demande de l’ambition. On peut très bien se contenter de quignons toute sa vie et s’en satisfaire.
Pour trouver ce qui te passionne, expérimente, sors de ta routine et de ton petit confort. Tu n’as pas besoin d’être un cador dans ta passion. Essayer plein de nouvelles activités peut aussi devenir une passion en soi. Ou simplement être un passe-temps, quelque chose qui te procure de la satisfaction par le simple fait de le pratiquer ou d’apprendre sur le sujet. Et ça n’a pas besoin de durer toute la vie. Il n’y a aucune obligation. Seulement le plaisir que tu en retires à l’instant donné.
Je me reconnais dans ce texte, ça fait bizarre. J’aimerais trouver à défaut d’un travail passion, un travail que je juge utile du style facteur. Mais la baisse de salaire fait que ça n’est pas envisageable, j’ai des contraintes financières. Ça t’aidera sûrement pas mais sache au moins que t’es pas tout seul. Courage mec
J’ai diagonalisé la fin de ton pavé tu m’excuseras, je suis au boulot aussi dans l’informatique aussi (ma zone de confort ou je m’en sort avec facilité mais j’ai clairement plus envie d’y toucher une fois à la maison contrairement à certains collègues)
L’idée de la reconversion est là, la fameuse phrase qu’est ce qui te fair vibrer aussi quand j’en parle autour de moi… Sauf qu’en tant que fidèle porteuse du masque de l’imposteur je n’ose même pas soulever le voile parce-que ben je serais jamais capable, il y a des centaines de personnes plus doué que moi blablabla
Je suis peut être un peu plus avancé que toi sur cette recherche et j’ai commencé à analyser mes routines en dehors du boulot et hormis le scroll compulsif sur Facebook ou reddit que j’essaye de limiter un max parce-que clairement ça me coupe complet de moi même et ce que je ressent, un truc revient les animaux enfant c’est ce que je voulait faire et ça a duré longtemps et puis j’ai grandit et j’ai oublié mais vraiment, sur YouTube j’adore voir les vidéos des comportementalistes canins et même si mon cerveau ne fait que faire partir cette idée avec toujours l’excuse du “à 40 ans passé c’est trop tard” et pleins d’autres phrases toute faite ben ça me plaît !
Alors en résumé :
* si tu trouves rien là quand tu y réfléchis ça sert à rien de creuser dans ta tête tu es peut être trop déconnecter de ta “petite voix” intérieur
* essayes de te rappeler enfant tu aimais quoi ? Demande à tes parents même ? Tu voulais faire quoi ?
* sur ton temps libre tu vas regarder quoi sur internet (hormis le scroll compulsif sur les rs)? Tu vas faire quoi en activité ? C’est une journée ou tu as fait quoi ou tu t’éclates ?
Bonne recherche !
Ta vie serait mon rêve lmao, boulot planqué, une femme, un gosse, tout ce que je n’ai pas
Côté taf, tu as le droit d’être confortable dans ton trou, est ce que tu penses vouloir en sortir parceque tu n’y est pas heureux ou bien parceque tu penses que ce n’est pas “respectable” d’y rester?
Pour le hobby, le premier truc primordial à se graver dans la tête c’est que tu n’es pas obligé d’être bon, ou de devenir meilleur, dans ton hobby.
C’est là pour te rendre heureux, pour te sentir accompli et faire travailler tes mains et ta tête ou ton corps.
Ce n’est pas là pour te mener à exposer au Louvre, pour te faire publier par Delcour, pour t’ inscrire aux jeux olympiques.
C’est pas grave si tu stagne et si tu n’apprend jamais plus que 4 accords en guitare-couture ou que tu te spécialise dans le tiramisu sans jamais réussir un macarons.
Pour le trouver le hobby par contre, va falloir 1) chercher, dans le sens être ouvert à la découverte : tu regarde les clubs et associations dans ta ville, ce qui pique ton intérêt 2) faire confiance à ton impulsion, au moindre “hey c’est cool ça” tu teste. Interdit toi de revenir sur ton envie en mode “rhô non ça va être trop difficile, je vais jamais y arriver, c’est idiot de penser que je peux…”.
Au pire si tu trouve rien pour toi essaie de trouver un truc à rattacher à ton gosse, sort de ta zone de confort pour montrer par l’exemple, et rencontres d’autres adultes.
Pourquoi avoir une passion ? Toucher un peu à tout en dilettante, c’est bien aussi. Alors oui, les réseaux sociaux, les médias et tous ce qui nous entourent nous pousse à nous “accomplir” à travers notre boulot, notre famille ou une passion. C’est de la couille tout ça. Tu fais ce que tu veux et tu ne te soucie pas de la pression des autres. Tu as l’air d’être à l’aise en société puisque tu dis que tu arrives à immiscer là où il faut. Ton truc, c’est juste être un être sociale, c’est déjà vachement bien. Tu préfères quoi ? Être à l’aise socialement ou être un nerd dans un domaine en particulier et ne pas être capable de regarder quelqu’un dans les yeux ?
je crois pas vachement au concept de “vider son sac”, tu sais ce que tu as à faire, que je le trouve et te le dise ne va rien t’apprendre de nouveau
y’a aucun problème à faire un travail non épanouissant où l’on est pas un crack intergalactique, c’est sûr que c’est mieux d’être une star de cinéma ou un chanteur connu mais ne plus avoir trop la passion au travail ou se trouver sous-qualifié c’est pas vraiment rare
je pense que tu as sûrement perdu la flamme, celle qui te fait dire que si tu veux quelque chose tu l’auras
si demain je veux devenir avocat, j’y arriverai, peu importe si ça me prend 10 ou 15 ans, je sais que j’y arriverai et que personne n’a le pouvoir de m’en empêcher
c’est pas de l’égo, car je suis persuadé que toi aussi tu y arriverais si tu t’en donnes les moyens
je suis pas certain de ton objectif, pas certain que tu le saches toi-même, je suis certain que tu pourrais l’atteindre, par contre il y a des chances que tu ne veuilles simplement pas et dans ce cas là ça sert à rien de se plaindre, c’est ton choix et y’a pas de magie
“L’entendement est limité. La volonté est infinie. De là vient que bien souvent nous donnons notre consentement à des choses dont nous n’avons jamais eu qu’une connaissance fort confuse.”
les passions sont des choses que l’on construit d’ailleurs, il suffit de le vouloir, certaines personnes refusent de l’admettre parce que ça leur fait peur, au contraire je trouve l’idée libératrice
un jour t’auras envie de quelque chose, par frustration, par jalousie, par ambition, qu’importe, tu feras tout pour l’obtenir et quand tu y arriveras tu te servira de cette victoire, de cette expérience, pour continuer à vouloir
je pense que certains ont perdu, où n’ont jamais à obtenir cette victoire, et perdent la flamme de la volonté
​
après je suis pas psy, là j’improvise, t’en fais ce que tu veux, mais trouve toi une victoire, et puis tu pourras t’en nourrir pour les autres batailles
Une passion ça se force pas, c’est un truc sur lequel on passe des heures parce qu’on a envie.
Qu’est-ce que t’aimes faire quand t’as du temps libre ? C’est plus facile d’y répondre quand t’es un ado avec de l’énergie et beaucoup de temps libre que quand t’es un adulte avec des responsabilités et fatigué par le travail qui veut juste faire la patate de canapé.
Pour ce qui est du taf, pour la plupart des gens c’est juste un gagne-pain. Peu de gens ont un travail qui leur plait, même quand c’est lié à une passion. Je m’ennuie souvent au boulot alors qu’après ça je passe du temps sur des projets persos, les frustrations du boulot sont même une source de motivation. Ok dans l’informatique t’es en concurrence avec des nerds, si tu veux monter en compétences pour trouver un meilleur job cherche pas à en faire une passion juste bûche.
J’ai l’impression de me voir quand je faisait ma dépression…
Premierement, osef des passions, tout le monde n’est pas passionné au point de penser des milliers d’heures sur un sujet. Je suis pas du genre passionné mais je vis bien ma vie, j’ai juste plusieurs centres d’interets/loisir, je n’en maitrise aucun mais ça m’occupe et ça me va. Dis toi aussi que les gens trop passionnés peuvent vite être chiant et limite monomaniaque à toujours tout ramener au meme sujet. Ca vaut aussi pour les expériences de vie, aucun probleme à avoir une vie peinard.
Deuxiemement, on n’as pas tous les meme valeurs centrales ni la volontés de se battre pour elle, on a qu’une vie et le temps n’est pas extensible, tu peux pas t’occuper de tout. Tu fais comme tu le monde tu priorise ce qui compte pour toi (ta famille par exemple) et laisse les autres s’occuper du reste
Troisiemement, j’ai pas de solution miracle pour le taff (tu peux toujours envisager une reconversion pro mais c’est pas simple) mais dis toi que t’es loin d’être le seul dans cette situation et que pleins de gens s’en satisfont.
Je pense que tu as un gros probleme d’estime de toi et que tu es limite en dépression, tu devrais en parler avec ton médecin traitant pour qu’il te dirige vers psy (pris en charge par l’assurance maladie) ça pourrait t’aider à aller mieux. Il faut que tu trouver moyen d’en avoir un peu rien à foutre de la plupart des points que tu souleve (parce qu’ils ne genent que toi en vrai) et que tu arrive à trouver ce qui te convient comme façon de vivre.
Il faut que tu vive ta vie à ta façon, pas de la façon qui semble socialement “optimale” et surtout ne te compare pas aux autres, c’est la déprime assurée autrement et ça n’apporte rien.
​
C’est pas facile de vivre ça mais on s’en sort.
Courage à toi.
Casse-toi en voilier avec la mifa et comme tu as une bonne plume, tu te trouves un dessinateur et tu fais une BD à ton retour pour raconter tout ça. Télérama va adorer, et tu seras invité à la Grande librairie. Je vois que ça.
J’ai tout lu.
Je pense qu’un psy est la solution. L’apathie/la flemme c’est un des premiers symptômes de la dépression, même légère. C’est aussi un des effets secondaires de la beuh, si jamais tu en consommes, je conseillerais d’arrêter.
Là, t’as même la flemme d’utiliser les majuscules pour rendre le pavé un peu plus lisible, quoi, ça va pas du tout. XD
Et sinon, pas plus d’entrain côté familial ?
C’est en tout cas très bien écrit, j’ai vraiment aimé lire ce texte. Par contre, j’ai absolument aucun conseil à te donner.