Le variant Omicron pourrait-il être une «bonne nouvelle» ?

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  1. **Le variant Omicron pourrait-il être une «bonne nouvelle» ?**

    LA VÉRIFICATION – C’est ce qu’affirment certains experts qui estiment que la mutation d’un virus peut entraîner une baisse de sa létalité et rendre ainsi la maladie bénigne.

    **LA QUESTION**. « Ce variant pourrait être une bonne nouvelle », a affirmé le virologue Yves Van Laethem dans le quotidien belge La DH, alors que Omicron, cette nouvelle souche du Covid-19 détectée en Afrique du Sud, inquiète le monde. Le scientifique s’appuie sur les propos de la présidente de l’Association des médecins sud-africains qui a déclaré dimanche que les personnes infectées par le nouveau variant n’étaient pas gravement malades, pour l’instant, et même si la recherche reste encore limitée. « Si on peut renverser le Delta de la sorte, ce serait un cadeau inespéré dans le sens où un variant moins virulent remplacerait l’autre et permettrait aux non-vaccinés de s’immuniser de manière bénigne », explique le virologue, ajoutant qu’un « rhume de 37,7°C de fièvre est moins problématique ».

    *Le coronavirus pourrait-il finalement se transformer en simple rhume ? Les mutations du virus débouchent-elles forcément vers un amoindrissement de la virulence ?*

    **VÉRIFIONS.** Depuis le début de la pandémie, on a pu entendre parfois que le Covid-19 allait se transformer dans le temps pour perdre en virulence. Cette assertion se fonde sur l’idée que tout virus, bactérie ou autre parasite évolue, pour mieux survivre, en augmentant ou gardant une forte transmissibilité, mais sans abîmer leurs hôtes trop rapidement. Cette logique se heurte néanmoins à plusieurs écueils. D’abord, comme le rappelle Mathias Faure, immunologiste au Centre international de recherche en infectiologie (CIRI), « le virus n’est pas intelligent ». « Il évolue en fonction des contraintes qui lui sont imposées » et non pour survivre, résume le chercheur.

    Les variants apparaissent en effet au cours de la réplication du virus dans une cellule. Lors de cette réplication, des erreurs peuvent être faites dans la synthèse du génome du virus. De nouvelles particules virales, différentes de la souche initiale, peuvent être produites, mais toutes ne sont pas appelées à se répandre. « Une des principales contraintes, c’est le système immunitaire », explique Mathias Faure. « Si les nouvelles particules virales arrivent à le contourner, elles vont prendre le dessus petit à petit sur la souche historique ». Il y a donc en quelque sorte une sélection naturelle des mutations d’un virus qui finiront par imposer tel ou tel variant. Mais concernant la virulence de la maladie, « le virus n’a pas de tendance à évoluer d’un côté ou de l’autre ».

    Des variants plus virulents

    Même si c’est une possibilité, il n’y a donc pas de raison que le Covid-19 devienne plus facilement une maladie bénigne. Depuis le début de la pandémie d’ailleurs, « les infections par le variant Alpha causent plus souvent des décès que celles impliquant les lignées ancestrales », peut-on lire dans une étude publiée au printemps dernier dans le Journal of Evolutionary Biology . « Les derniers résultats disponibles montrent également que le variant Delta est plus virulent que le variant Alpha, notamment parce qu’il entraînerait davantage d’hospitalisations chez les personnes non vaccinées », ajoute Mircea Sofonea, un des auteurs de l’étude et maître de conférences en épidémiologie et évolution des maladies infectieuses. Avec plus de recul encore, d’autres maladies n’ont jamais perdu en virulence, comme la tuberculose ou le paludisme, fait remarquer le chercheur, voire ont augmenté leur dangerosité, comme le VIH par exemple.

    Concernant le virus du Sida en particulier, la plus forte contagiosité a eu un impact sur la virulence. Il peut ainsi y avoir un lien entre les deux car, pour se transmettre, le virus a besoin de produire des particules virales. Et plus il y a de particules virales dans le corps, plus le virus a un impact en termes de symptômes. « Si un variant est plus contagieux, il y a des chances qu’il soit plus virulent », ajoute Mircea Sofonea. Un virus hautement contagieux sécrète en effet beaucoup de particules virales, qui auront un impact plus important sur le corps.

    Dans le cas du variant Omicron, si la recherche manque encore d’épaisseur pour connaître exactement son niveau de contagiosité, les ministres de la santé du G7 l’ont déjà qualifié de « hautement transmissible ». Quant à sa virulence, elle n’est pas encore connue.

    Probabilité infime

    S’il s’avérait qu’elle était moindre, il y aurait effectivement une possibilité pour que le variant Omicron « remplace » le variant Delta et permette aux non-vaccinés de « s’immuniser de manière bénigne », pour reprendre les termes du virologue Yves Van Laethem. « Il faudrait que le nouveau variant soit très contagieux tout en étant très peu virulent pour qu’il puisse se répandre rapidement et prendre la place du variant Delta », analyse Mircea Sofonea.

    Le variant Delta étant actuellement largement majoritaire, on est très loin de cette situation. « Il faudrait aussi que l’immunité que le variant Omicron confère soit croisée avec celle de Delta », autrement dit que le variant Omicron confère une protection contre les autres souches du virus. Tout un tas de conditions qui ne permettent pas, à ce jour, de parler du variant Omicron comme d’une « bonne nouvelle ».En résumé, il n’existe pas de loi selon laquelle un virus, en mutant, perd automatiquement en virulence et il est difficile aujourd’hui d’anticiper la prochaine étape de l’évolution du virus. Il faut donc encore attendre que la littérature scientifique sur le variant Omicron s’enrichisse pour déterminer si celui-ci pourrait transformer la maladie en simple « rhume », ce qui reste une possibilité, aussi peu probable soit-elle. Une autre possibilité, plus malheureuse, serait que le variant Omicron s’impose grâce à une plus grande contagiosité (et/ou à une résistance aux vaccins) et qu’il soit par ailleurs plus virulent, et donc plus dangereux. Une autre, encore, serait qu’Omicron ne prenne pas le pas sur Delta, notamment dans des zones – comme l’Europe – où ce dernier circule beaucoup et sera difficile à remplacer.

  2. Ca semble quand même être très optimisme cette histoire.

    J’ai peur qu’on se retrouve avec un phénomène proche de la maladie de Marek où une souche peu virulente du virus couplée à un vaccin qui ne baissait pas totalement la charge virale avait entrainé l émergence de variants plus virulents et autant transmissibles.

    Parce que même si ce variant Omicron est effectivement plus contagieux mais peu virulent, qu est ce qui l empêcherait de muter en un variant Pi très contagieux ET très virulent?

  3. La simple possibilité que ce soit une bonne nouvelle est déjà intrinsèquement une bonne nouvelle.

    Marre des mauvaises nouvelles

  4. >En résumé, il n’existe pas de loi selon laquelle un virus, en mutant, perd automatiquement en virulence

    Bin voila, plus qu’à sortir une loi !

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