REPORTAGE Ravitaillée par camion-citerne, le village de Seillans limite la consommation d’eau à 150 ou 200 litres maximum par personne et par jour.
Lecture 4 min.
Partout, la végétation jaunit. Sous les pieds, la terre crisse. Même les oliviers, pourtant reconnus pour leur robustesse face au manque d’eau, recroquevillent leurs feuilles. La source du Baou-Roux et le forage dans la nappe phréatique, qui alimentent d’habitude la commune de Seillans (Var), sont à sec. Une partie du village a dû d’abord limiter sa consommation à 150 litres par personne par jour, début mai. Depuis fin juillet, les quelques quartiers qui étaient jusqu’alors épargnés doivent, eux aussi, économiser au robinet : 200 litres maximum par personne par jour pour les plus chanceux.
Dans les maisons, des bassines en plastique sont désormais disposées dans les éviers pour récupérer l’eau de cuisine et de vaisselle. Elise Dartmour, artiste et enfant du pays, s’est mise, elle aussi, à récupérer l’eau des pâtes. « Il faut que les gens comprennent qu’un jour, ils ouvriront le robinet, et il n’y aura plus d’eau. » Les mesures de plus en plus coercitives visent à éviter ou, au moins, à retarder le pire : la coupure totale. A Bargemon et à Ollières, deux autres communes du département, l’eau est même devenue impropre à la consommation car les nappes étaient trop asséchées et les pompes, en raclant le fond, prélevaient aussi des sédiments.
Dans la cuisine de Franck et Ghyslaine, des bassines sont placées dans l’évier afin de récupérer l’eau de vaisselle pour arroser les plantes. Ces deux administrés ont eu leur installation d’eau de ville équipée d’un réducteur de débit à 5 litres d’eau par minute depuis le mois de juin. Ils avaient dépassé le quota quotidien de 150 litres par jour par personne. A à Seillans dans le Var le 31 juillet 2022.
Dans la cuisine de Franck et Ghyslaine, des bassines sont placées dans l’évier afin de récupérer l’eau de vaisselle pour arroser les plantes. Ces deux administrés ont eu leur installation d’eau de ville équipée d’un réducteur de débit à 5 litres d’eau par minute depuis le mois de juin. Ils avaient dépassé le quota quotidien de 150 litres par jour par personne. A à Seillans dans le Var le 31 juillet 2022. LAURENT CARRÉ POUR «LE MONDE»
Lire aussi :
Sécheresse et chaleur : un mois de juillet 2022 historique
Sur la colline, Daniel, 77 ans, vide, en plein cagnard, les 8 000 litres de son camion-citerne dans la réserve d’eau de Seillans. Acheté pour l’occasion par la communauté de communes, le véhicule zigzague six fois par jour sur les hauteurs du village pour ravitailler le bâtiment rectangulaire depuis une borne incendie de la ville voisine, qui dépend d’un autre cours d’eau, la Siagnole. Avant lui, un jeune effectuait les six rotations quotidiennes du camion-citerne, mais il a trouvé le travail « trop pénible ». Cet ancien routier tatoué se réveille à 4 heures pour remplir son camion à la borne incendie de Fayence, en contrebas.
Le camion-citerne de 8 000 litres, acheté par la commune de Seillans (Var), effectue des navettes entre une bouche d’incendie et le réservoir, le 31 juillet 2022.
Le camion-citerne de 8 000 litres, acheté par la commune de Seillans (Var), effectue des navettes entre une bouche d’incendie et le réservoir, le 31 juillet 2022. LAURENT CARRE POUR «LE MONDE»
« Pas très loin de la rupture »
A l’entrée du château d’eau, comme un signe de dernier espoir, trône un oratoire. Mais à la mairie, le constat est sans appel : vu la vitesse record à laquelle baisse le débit de la Siagnole chaque semaine, elle ne tiendra peut-être pas le coup avec l’arrivée des touristes du mois d’août. L’été, le joli village qui attire des visiteurs du monde entier double sa population.
Pour les quartiers soumis aux restrictions les plus strictes, 150 litres par personne, c’est de quoi faire tourner une machine, cuisiner, et prendre une douche. Sur l’en-tête des courriers envoyés aux usagers, la mairie a choisi cette citation, mise en gras : « Quand tu portes ton propre seau d’eau, tu connais la valeur de chaque goutte ». Afin de préserver la continuité du service public « face à la gravité de la situation actuelle », précise la lettre, « seul un partage équilibré de l’eau permettra de décaler voire d’éviter les coupures ». Le sens de l’effort et du partage, c’est les mots que martèle René Ugo, maire (sans étiquette) de Seillans.
Le maire de Seillans, René Hugo et Eric Martel, le directeur de la régie des eaux de la ville, s’entretiennent sur les actions à mener concernant les abonnés qui dépassent les quota de restriction d’eau entre 150 et 200 litres par jour et par personne.
Le maire de Seillans, René Hugo et Eric Martel, le directeur de la régie des eaux de la ville, s’entretiennent sur les actions à mener concernant les abonnés qui dépassent les quota de restriction d’eau entre 150 et 200 litres par jour et par personne. LAURENT CARRÉ POUR « LE MONDE »
A ses côtés, le directeur de la régie des eaux, Eric Martel, est sur le pont. Il ne partira en vacances « que quand il pleuvra ». Ses équipes techniques surveillent quotidiennement les niveaux et décident de la répartition de la dotation en eau pour les huit communes qui dépendent de la Siagnole. Le week-end du 14 juillet, déjà, Eric Martel l’a vécu dans l’angoisse : « Il y a eu un pic, on n’est pas passé très loin de la rupture. »
Lire aussi :
Sécheresse historique : avec la « police de l’eau » dans les Alpes-Maritimes
Alors, la mairie s’est retrouvée obligée de surveiller les consommations. Pour les foyers qui dépassaient l’allocation autorisée, une « pastille » qui réduit de six fois le débit d’eau est installée. Dans leur jolie maison au sud de village, les Caporossi en ont fait les frais, en juin. Désormais, impossible de prendre une douche pendant qu’une machine tourne ou d’allumer deux robinets en même temps. La piscine, dont l’eau s’évapore avec les chaleurs, se vide. Ghislaine maintient juste un petit carré de fleurs avec l’eau du Jacuzzi que le couple n’utilise plus. « Au départ, on n’avait pas compris, assurent-ils. Et puis, 150 litres d’eau, c’est vraiment abstrait : on ne sait pas vraiment ce qu’on consomme. »
Le niveau d’eau de la piscine de Franck et Ghyslaine perd 1 à 2 cm de niveau d’eau chaque jour, elle ne peut être ajustée car ces deux administrés ont eu leur installation d’eau de ville équipé d’un réducteur de débit à 5 litres d’eau par minute depuis le mois de juin. A Seillans dans le Var, le 31 juillet 2022.
Le niveau d’eau de la piscine de Franck et Ghyslaine perd 1 à 2 cm de niveau d’eau chaque jour, elle ne peut être ajustée car ces deux administrés ont eu leur installation d’eau de ville équipé d’un réducteur de débit à 5 litres d’eau par minute depuis le mois de juin. A Seillans dans le Var, le 31 juillet 2022. LAURENT CARRÉ POUR «LE MONDE»
Amende de 1 500 euros par semaine
Aux habitants qui pestent sur une « mauvaise gestion du réseau », le maire a préparé sa réponse : une entreprise a déjà été mandatée pour repérer et colmater les fuites. « Les gens ne veulent pas voir que le changement climatique, ce n’est plus à l’autre bout du monde, chez les autres. C’est là. Nous sommes les premiers à vivre ça en France, et cela va se généraliser », prédit l’élu. En quelques semaines, il est devenu spécialiste des nappes et des sources du coin, dont il connaît désormais les emplacements et les débits par cœur. Mais les habitudes sont longues à se mettre en place, et le temps presse. « Seillans est un laboratoire de ce qui arrive pour les autres. »
Malgré l’impression initiale d’avoir été sanctionnés comme des mauvais élèves, les Caporossi se plient désormais aux restrictions de bonne grâce. Ils limitent les douches, récupèrent eux aussi l’eau de cuisson, ont abandonné l’arrosage du jardin. « La situation est terrible, concède Ghislaine, on doit tous faire notre part. » Mais comme beaucoup d’habitants, ils ont le sentiment « que tout le monde n’est pas logé à la même enseigne ». Sur les hauteurs, des maisons secondaires beaucoup plus grandes que la leur font grimper le compteur jusqu’à 20 000 litres par jour, soit plus de cent fois la limite autorisée. La mairie a compté encore six à sept cents maisons à « pastiller » dans les huit communes. Une amende de 1 500 euros par semaine est prévue pour les abus, « mais certains ont l’impression que l’argent permet de tout acheter », estime la mairie.
Lire aussi :
Confrontés à la sécheresse des alpages, les éleveurs des Bauges songent à faire redescendre leurs animaux
« Ce n’est pas possible d’avoir une petite mamie dans le village qui utilise 60 mètres cubes par an et des villas qui pompent deux cents fois ça pour arroser leurs gazons pour deux semaines de vacances par an, concède Eric Martel. 1 500 euros, pour certains, ce n’est rien, alors que prendre sa douche avec une casserole, ça, ça remet les idées en place. »
Les clients de l’hôtel des Deux Rocs sont sensibilisés à leur arrivée par un document concernant les restrictions d’eau sur la commune. A Seillans le 31 juillet 2022.
Les clients de l’hôtel des Deux Rocs sont sensibilisés à leur arrivée par un document concernant les restrictions d’eau sur la commune. A Seillans le 31 juillet 2022. LAURENT CARRÉ POUR «LE MONDE»
Les gîtes et hôtels du coin n’ont pas été soumis aux restrictions, même si certains préviennent les clients et leur demandent de faire attention. Bruno, un voisin des Caporossi, a dû abandonner son magnifique potager à contrecœur : « Quand je regarde mes plants mourir en entendant les gens dans les gîtes autour sauter dans les piscines toute la journée, c’est vraiment dur. »
Sofia Fischer
Quel merdier, j’ai pas d’autres mots 😰
> Les gîtes et hôtels du coin n’ont pas été soumis aux restrictions, même si certains préviennent les clients et leur demandent de faire attention
Perso j’appliquerais les restrictions d’abord à eux mais bon le touriste moyen réagira sur google à coup de “1/5: restrictions d’eau!!!!onapayépiscineonpeutpascéscandaleux!!!!”
Ne vous inquiétez pas on va augmenter la taille du laboratoire pour valider statistiquement nos résultats :
Mais surtout continuez à chouiner quand on parle de remplacer la voiture par des vélos, quand vous n’aurez plus de quoi nettoyer vos chiottes vous pourrez toujours y balancer de l’essence.
On les plaint, restrictions quotidiennes, récupération et douche avec une casserolle, puis on lit quand même jusqu’au bout de l’article et que découvre-t-on chez ces pauvres habitants ?
>La piscine
>La piscine
>Le jacuzzi
>six à sept cents maisons à « pastiller » dans les huit communes
Et là on les plaint moins. La sécheresse exceptionnelle s’ajoute à une gabegie locale.
Ayant vécu la douche à la casserole pendant quelques mois, c’est vrai que c’est plus écolo que la douche au pommeau.
Par contre, 1500 balles/semaine pour jouir d’une eau à volonté, on entre dans un monde ou les inégalités vont continuer de s’accentuer.
Moi perso en 5mn je suis lavé et séché
150L par jour par personne ça me paraît très facile à respecter.
Oui et surtout continuez à rêver d’une baraque avec piscine au milieu de nulle part, c’est ça la vraie vie.
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REPORTAGE Ravitaillée par camion-citerne, le village de Seillans limite la consommation d’eau à 150 ou 200 litres maximum par personne et par jour.
Lecture 4 min.
Partout, la végétation jaunit. Sous les pieds, la terre crisse. Même les oliviers, pourtant reconnus pour leur robustesse face au manque d’eau, recroquevillent leurs feuilles. La source du Baou-Roux et le forage dans la nappe phréatique, qui alimentent d’habitude la commune de Seillans (Var), sont à sec. Une partie du village a dû d’abord limiter sa consommation à 150 litres par personne par jour, début mai. Depuis fin juillet, les quelques quartiers qui étaient jusqu’alors épargnés doivent, eux aussi, économiser au robinet : 200 litres maximum par personne par jour pour les plus chanceux.
Dans les maisons, des bassines en plastique sont désormais disposées dans les éviers pour récupérer l’eau de cuisine et de vaisselle. Elise Dartmour, artiste et enfant du pays, s’est mise, elle aussi, à récupérer l’eau des pâtes. « Il faut que les gens comprennent qu’un jour, ils ouvriront le robinet, et il n’y aura plus d’eau. » Les mesures de plus en plus coercitives visent à éviter ou, au moins, à retarder le pire : la coupure totale. A Bargemon et à Ollières, deux autres communes du département, l’eau est même devenue impropre à la consommation car les nappes étaient trop asséchées et les pompes, en raclant le fond, prélevaient aussi des sédiments.
Dans la cuisine de Franck et Ghyslaine, des bassines sont placées dans l’évier afin de récupérer l’eau de vaisselle pour arroser les plantes. Ces deux administrés ont eu leur installation d’eau de ville équipée d’un réducteur de débit à 5 litres d’eau par minute depuis le mois de juin. Ils avaient dépassé le quota quotidien de 150 litres par jour par personne. A à Seillans dans le Var le 31 juillet 2022.
Dans la cuisine de Franck et Ghyslaine, des bassines sont placées dans l’évier afin de récupérer l’eau de vaisselle pour arroser les plantes. Ces deux administrés ont eu leur installation d’eau de ville équipée d’un réducteur de débit à 5 litres d’eau par minute depuis le mois de juin. Ils avaient dépassé le quota quotidien de 150 litres par jour par personne. A à Seillans dans le Var le 31 juillet 2022. LAURENT CARRÉ POUR «LE MONDE»
Lire aussi :
Sécheresse et chaleur : un mois de juillet 2022 historique
Sur la colline, Daniel, 77 ans, vide, en plein cagnard, les 8 000 litres de son camion-citerne dans la réserve d’eau de Seillans. Acheté pour l’occasion par la communauté de communes, le véhicule zigzague six fois par jour sur les hauteurs du village pour ravitailler le bâtiment rectangulaire depuis une borne incendie de la ville voisine, qui dépend d’un autre cours d’eau, la Siagnole. Avant lui, un jeune effectuait les six rotations quotidiennes du camion-citerne, mais il a trouvé le travail « trop pénible ». Cet ancien routier tatoué se réveille à 4 heures pour remplir son camion à la borne incendie de Fayence, en contrebas.
Le camion-citerne de 8 000 litres, acheté par la commune de Seillans (Var), effectue des navettes entre une bouche d’incendie et le réservoir, le 31 juillet 2022.
Le camion-citerne de 8 000 litres, acheté par la commune de Seillans (Var), effectue des navettes entre une bouche d’incendie et le réservoir, le 31 juillet 2022. LAURENT CARRE POUR «LE MONDE»
« Pas très loin de la rupture »
A l’entrée du château d’eau, comme un signe de dernier espoir, trône un oratoire. Mais à la mairie, le constat est sans appel : vu la vitesse record à laquelle baisse le débit de la Siagnole chaque semaine, elle ne tiendra peut-être pas le coup avec l’arrivée des touristes du mois d’août. L’été, le joli village qui attire des visiteurs du monde entier double sa population.
Pour les quartiers soumis aux restrictions les plus strictes, 150 litres par personne, c’est de quoi faire tourner une machine, cuisiner, et prendre une douche. Sur l’en-tête des courriers envoyés aux usagers, la mairie a choisi cette citation, mise en gras : « Quand tu portes ton propre seau d’eau, tu connais la valeur de chaque goutte ». Afin de préserver la continuité du service public « face à la gravité de la situation actuelle », précise la lettre, « seul un partage équilibré de l’eau permettra de décaler voire d’éviter les coupures ». Le sens de l’effort et du partage, c’est les mots que martèle René Ugo, maire (sans étiquette) de Seillans.
Le maire de Seillans, René Hugo et Eric Martel, le directeur de la régie des eaux de la ville, s’entretiennent sur les actions à mener concernant les abonnés qui dépassent les quota de restriction d’eau entre 150 et 200 litres par jour et par personne.
Le maire de Seillans, René Hugo et Eric Martel, le directeur de la régie des eaux de la ville, s’entretiennent sur les actions à mener concernant les abonnés qui dépassent les quota de restriction d’eau entre 150 et 200 litres par jour et par personne. LAURENT CARRÉ POUR « LE MONDE »
A ses côtés, le directeur de la régie des eaux, Eric Martel, est sur le pont. Il ne partira en vacances « que quand il pleuvra ». Ses équipes techniques surveillent quotidiennement les niveaux et décident de la répartition de la dotation en eau pour les huit communes qui dépendent de la Siagnole. Le week-end du 14 juillet, déjà, Eric Martel l’a vécu dans l’angoisse : « Il y a eu un pic, on n’est pas passé très loin de la rupture. »
Lire aussi :
Sécheresse historique : avec la « police de l’eau » dans les Alpes-Maritimes
Alors, la mairie s’est retrouvée obligée de surveiller les consommations. Pour les foyers qui dépassaient l’allocation autorisée, une « pastille » qui réduit de six fois le débit d’eau est installée. Dans leur jolie maison au sud de village, les Caporossi en ont fait les frais, en juin. Désormais, impossible de prendre une douche pendant qu’une machine tourne ou d’allumer deux robinets en même temps. La piscine, dont l’eau s’évapore avec les chaleurs, se vide. Ghislaine maintient juste un petit carré de fleurs avec l’eau du Jacuzzi que le couple n’utilise plus. « Au départ, on n’avait pas compris, assurent-ils. Et puis, 150 litres d’eau, c’est vraiment abstrait : on ne sait pas vraiment ce qu’on consomme. »
Le niveau d’eau de la piscine de Franck et Ghyslaine perd 1 à 2 cm de niveau d’eau chaque jour, elle ne peut être ajustée car ces deux administrés ont eu leur installation d’eau de ville équipé d’un réducteur de débit à 5 litres d’eau par minute depuis le mois de juin. A Seillans dans le Var, le 31 juillet 2022.
Le niveau d’eau de la piscine de Franck et Ghyslaine perd 1 à 2 cm de niveau d’eau chaque jour, elle ne peut être ajustée car ces deux administrés ont eu leur installation d’eau de ville équipé d’un réducteur de débit à 5 litres d’eau par minute depuis le mois de juin. A Seillans dans le Var, le 31 juillet 2022. LAURENT CARRÉ POUR «LE MONDE»
Amende de 1 500 euros par semaine
Aux habitants qui pestent sur une « mauvaise gestion du réseau », le maire a préparé sa réponse : une entreprise a déjà été mandatée pour repérer et colmater les fuites. « Les gens ne veulent pas voir que le changement climatique, ce n’est plus à l’autre bout du monde, chez les autres. C’est là. Nous sommes les premiers à vivre ça en France, et cela va se généraliser », prédit l’élu. En quelques semaines, il est devenu spécialiste des nappes et des sources du coin, dont il connaît désormais les emplacements et les débits par cœur. Mais les habitudes sont longues à se mettre en place, et le temps presse. « Seillans est un laboratoire de ce qui arrive pour les autres. »
Malgré l’impression initiale d’avoir été sanctionnés comme des mauvais élèves, les Caporossi se plient désormais aux restrictions de bonne grâce. Ils limitent les douches, récupèrent eux aussi l’eau de cuisson, ont abandonné l’arrosage du jardin. « La situation est terrible, concède Ghislaine, on doit tous faire notre part. » Mais comme beaucoup d’habitants, ils ont le sentiment « que tout le monde n’est pas logé à la même enseigne ». Sur les hauteurs, des maisons secondaires beaucoup plus grandes que la leur font grimper le compteur jusqu’à 20 000 litres par jour, soit plus de cent fois la limite autorisée. La mairie a compté encore six à sept cents maisons à « pastiller » dans les huit communes. Une amende de 1 500 euros par semaine est prévue pour les abus, « mais certains ont l’impression que l’argent permet de tout acheter », estime la mairie.
Lire aussi :
Confrontés à la sécheresse des alpages, les éleveurs des Bauges songent à faire redescendre leurs animaux
« Ce n’est pas possible d’avoir une petite mamie dans le village qui utilise 60 mètres cubes par an et des villas qui pompent deux cents fois ça pour arroser leurs gazons pour deux semaines de vacances par an, concède Eric Martel. 1 500 euros, pour certains, ce n’est rien, alors que prendre sa douche avec une casserole, ça, ça remet les idées en place. »
Les clients de l’hôtel des Deux Rocs sont sensibilisés à leur arrivée par un document concernant les restrictions d’eau sur la commune. A Seillans le 31 juillet 2022.
Les clients de l’hôtel des Deux Rocs sont sensibilisés à leur arrivée par un document concernant les restrictions d’eau sur la commune. A Seillans le 31 juillet 2022. LAURENT CARRÉ POUR «LE MONDE»
Les gîtes et hôtels du coin n’ont pas été soumis aux restrictions, même si certains préviennent les clients et leur demandent de faire attention. Bruno, un voisin des Caporossi, a dû abandonner son magnifique potager à contrecœur : « Quand je regarde mes plants mourir en entendant les gens dans les gîtes autour sauter dans les piscines toute la journée, c’est vraiment dur. »
Sofia Fischer
Quel merdier, j’ai pas d’autres mots 😰
> Les gîtes et hôtels du coin n’ont pas été soumis aux restrictions, même si certains préviennent les clients et leur demandent de faire attention
Perso j’appliquerais les restrictions d’abord à eux mais bon le touriste moyen réagira sur google à coup de “1/5: restrictions d’eau!!!!onapayépiscineonpeutpascéscandaleux!!!!”
Ne vous inquiétez pas on va augmenter la taille du laboratoire pour valider statistiquement nos résultats :
https://www.ouest-france.fr/meteo/secheresse/secheresse-la-haute-corse-privee-d-eau-d-ici-a-25-jours-alerte-la-prefecture-b95f2736-1300-11ed-8f9b-665e497af072#:~:text=En%20Haute%2DCorse%2C%20la%20pr%C3%A9fecture,communiqu%C3%A9%20mardi%20soir%202%20ao%C3%BBt.
Mais surtout continuez à chouiner quand on parle de remplacer la voiture par des vélos, quand vous n’aurez plus de quoi nettoyer vos chiottes vous pourrez toujours y balancer de l’essence.
On les plaint, restrictions quotidiennes, récupération et douche avec une casserolle, puis on lit quand même jusqu’au bout de l’article et que découvre-t-on chez ces pauvres habitants ?
>La piscine
>La piscine
>Le jacuzzi
>six à sept cents maisons à « pastiller » dans les huit communes
Et là on les plaint moins. La sécheresse exceptionnelle s’ajoute à une gabegie locale.
Ayant vécu la douche à la casserole pendant quelques mois, c’est vrai que c’est plus écolo que la douche au pommeau.
Par contre, 1500 balles/semaine pour jouir d’une eau à volonté, on entre dans un monde ou les inégalités vont continuer de s’accentuer.
Moi perso en 5mn je suis lavé et séché
150L par jour par personne ça me paraît très facile à respecter.
Oui et surtout continuez à rêver d’une baraque avec piscine au milieu de nulle part, c’est ça la vraie vie.