Il y a quelques années mon fils a pu bénéficier d’un long séjour en centre climatique dans les Pyrénées, suite à de longs et gros problèmes de santé (asthme et allergies croisées +++, malade trois semaines par mois).

Sur le papier et sur place, ça avait l’air formidable – un établissement à taille humaine, avec tous les soins adaptés, un pneumologue comme directeur, des infirmiers, des kinés, une salle de sport, un solarium et des éducateurs pour prendre en charge les jeunes et les enfants (7 à 18 ans, venus de tous les coins de la France), le tout dans un cadre magnifique.

Les week ends, de la randonnée dans des sites sublimes, des sorties en montagne ou du ski, des balades en raquettes, des concerts ou des visites aux sources thermales… Une école privée avec des classes de huit élèves et le tout – même les remontées mécaniques – pris en charge par la Sécu. Un lycée orienté sport-études avec tous les sports de montagne.

En pratique, ce n’était pas la même histoire : une poignée de jeunes qui n’avaient rien à faire là, et faisaient leur loi. A tel point que les gendarmes devaient accompagner les chauffeurs de bus qui conduisaient les gamins à l’école. Des panneaux “interdit aux résidents du centre climatique” dans la moitié des commerces par des locaux excédés.

Des éducateurs démunis face à ces gamins et un directeur qui faisait sa loi – les parents dispatchés dans toute la France ne pouvant communiquer entre eux. Le directeur qui a assuré à mon fils que s’il faisait exactement ce qu’on lui disait, il serait guéri. Ce qui n’a évidemment pas été le cas, à peine descendu de la montagne, il retombait malade….

Mon fils – heureusement il avait quinze ans et était solide – s’est fait harceler au quotidien ( traiter de sale toubab alors qu’il est racisé, parce qu’il refusait de s’identifier à la clique des “rebelles en carton”, frapper, pousser), par des jeunes qui “rêvaient d’être dealer comme leur grand frère”, fumaient cigarettes et pétards ( ce qui me fait douter de leur problèmes de santé, et me laissent penser que les adultes responsables d’eux avaient trouvés le “bon plan” pour les mettre au vert ).

J’ai tenté d’intervenir, il m’a supplié de ne plus jamais le faire car ça lui retombait dessus… Il était régulièrement puni de sortie, parce que les éducateurs pratiquaient la punition collective – si vous me dites pas qui a fait ça, vous serez tous punis – et quand je les ai appelés pour leur expliquer mon point de vue, on m’a tranquillement rétorqué qu’on faisait ça pour son bien, déjà qu’il est différent ( nom de code pour le fait d’avoir un minimum d’éducation et de culture), si en plus il est pas puni, il va se faire taper.

Tous les gamins “rebelles” avaient une chambre perso, sauf mon fils. Qui du coup partageait tout le temps sa chambre avec le gamin le plus handicapé – ainsi il le surveillait et n’allait pas le taper…. Les seuls trucs qu’on a pas tenté de lui voler, c’est ses bouquins…

Une jeune fille, aussi victime de harcèlements a été mise d’office sous anxyoliques et anti-dépresseurs à haute dose – du coup sa mère est venue la récupérer…

Certains ont mis le feu à des maisons inoccupées pour “passer le temps” et un éduc fournaissait les jeunes en shit – un jeune avait grillé un éduc, sur sa conso, et lui avait mis un coup de pression en mode si tu nous en files on dira rien. L’éducateur le plus sympa s’amusait à faire des arrêts au frein à main sur les routes de montagne – trop LOL…. Et mon fils a entendu un éduc dire à un gamin de huit ans, qui attendait impatiemment la visite mensuelle de sa mère – t’as pas été sage, elle a appelé pour dire qu’elle viendrait pas te voir ce mois-ci. Et c’était un peu la norme, mon fils a vraiment détesté cette expérience, à tous les niveaux, est revenu en dépression, actée par mon médecin traitant ( et je suis sûre que je suis pas au courant de la moitié des choses qui se sont passées ).

Pour finir, comme je lui avais promis qu’il allait redescendre une semaine pour réviser avec moi, à mes frais, avec toutes les autorisations requises, le directeur revenu de vacances a décidé que non, pour nous “punir” et m’a fait savoir que si j’insistais, mon fils serait viré. Ou je trahissais ma promesse faite à mon fils ou ils le viraient. La cerise sur le gâteau de pédagogie… Et là, alors que mon fils était toujours là-bas, ils m’ont forcée à signer un papier disant que c’est moi qui voulait mettre fin aux soins ( mais c’était tellement n’importe quoi, il fallait juste que je sorte mon fils de là…) Donc j’ai signé, récupéré mon fils et heureusement il a pu s’arranger avec des gens sur place pour être logé le temps de passer ses examens et a du retraverser la moitié de la France en train plusieurs fois…

J’en profite pour remercier chaleureusement toute l’équipe du Four Solaire de Font-romeu, ils ont bénévolement et gracieusement accueilli mon fils tous les weeks ends où il pouvait sortir, cela a sans nul doute sauvé son équilibre mental. Il lui ont permis de participer à toutes les activités publiques et fait visiter la partie scientifique. Dès qu’il avait un moment de libre, il filait s’y réfugier… D’ailleurs, si vous passez dans le coin [https://www.pyrenees-cerdagne.com/decouvrir/les-sites-solaires/heliodyssee](https://www.pyrenees-cerdagne.com/decouvrir/les-sites-solaires/heliodyssee)

3 comments
  1. J’ai pas grand chose à dire mais entre ce post et ton précédent, beh t’as vraiment pas de chance. Vraiment un putain d’enfer, j’espère que les soucis vont s’arranger.

  2. Cela me rappelle ma dernière et ultime colonie de vacance en tant qu’animateur. Tout était en roue libre, aucune gestion, aucun cadre. J’ai à peine tenu les 50% de la colo. Je me suis cassé dès mon jour de repos.

  3. Gamin dans mon patelin c’était déjà comme ça (sans doute en moins pire)

    Les gars (en y repensant il n’y a avait pas de filles) du centre avaient entre 2 et 3 ans de plus que nous et étaient tous originaires de la banlieue lyonnaise.

    C’est la seule fois où je me suis battu de ma vie.
    Depuis le centre a fermé et à été racheté pour le bonheur de tous.

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