La réponse au fanatisme religieux doit être non seulement politique, mais aussi culturelle et intellectuelle, défendent, dans une tribune au « Monde », le chef de la rédaction de « Charlie Hebdo » et son équipe.
La tentative d’assassinat dont a été victime Salman Rushdie rappelle à ceux qui semblaient l’oublier que les libertés fondamentales d’une société moderne, comme celles de créer et de s’exprimer, sont constamment menacées à travers le monde par des idéologies totalitaires.
Ces idéologies haineuses et méprisantes à l’égard de ces libertés reposent sur des théories politiques ou religieuses dont la légitimité autoproclamée pose question. Le cas de Salman Rushdie nous oblige à nous interroger sur la place du fait religieux et du sacré dans notre monde moderne.
Si la liberté de conscience donne à chacun le droit de penser ce qu’il veut de l’origine du monde et de sa création, les vérités révélées des religions ne peuvent imposer leurs préceptes à l’ensemble de la société. Or nous constatons, depuis plusieurs années, que des pratiques religieuses deviennent de plus en plus intrusives, autoritaires, quand elles ne sont pas menaçantes. Cette dérive porte gravement atteinte aux équilibres subtils des sociétés démocratiques et installe un climat d’insécurité, d’intimidation et de violence qui n’est plus acceptable.
Tout discours critique à l’égard des dogmes religieux, même le plus ténu, tombe immédiatement sous le coup de menaces de mort, et les citoyens, craignant pour leur vie, préfèrent renoncer à leur liberté d’exprimer leur désaccord. Ce renoncement touche aussi le monde des arts et de la création, qui a intégré cette violence et préfère aborder d’autres sujets, moins mortels. « Plus personne n’oserait aujourd’hui publier Les Versets sataniques », entend-on depuis longtemps à propos de l’œuvre de Salman Rushdie.
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La réponse au fanatisme religieux doit être non seulement politique, mais aussi culturelle et intellectuelle, défendent, dans une tribune au « Monde », le chef de la rédaction de « Charlie Hebdo » et son équipe.
La tentative d’assassinat dont a été victime Salman Rushdie rappelle à ceux qui semblaient l’oublier que les libertés fondamentales d’une société moderne, comme celles de créer et de s’exprimer, sont constamment menacées à travers le monde par des idéologies totalitaires.
Ces idéologies haineuses et méprisantes à l’égard de ces libertés reposent sur des théories politiques ou religieuses dont la légitimité autoproclamée pose question. Le cas de Salman Rushdie nous oblige à nous interroger sur la place du fait religieux et du sacré dans notre monde moderne.
Si la liberté de conscience donne à chacun le droit de penser ce qu’il veut de l’origine du monde et de sa création, les vérités révélées des religions ne peuvent imposer leurs préceptes à l’ensemble de la société. Or nous constatons, depuis plusieurs années, que des pratiques religieuses deviennent de plus en plus intrusives, autoritaires, quand elles ne sont pas menaçantes. Cette dérive porte gravement atteinte aux équilibres subtils des sociétés démocratiques et installe un climat d’insécurité, d’intimidation et de violence qui n’est plus acceptable.
Tout discours critique à l’égard des dogmes religieux, même le plus ténu, tombe immédiatement sous le coup de menaces de mort, et les citoyens, craignant pour leur vie, préfèrent renoncer à leur liberté d’exprimer leur désaccord. Ce renoncement touche aussi le monde des arts et de la création, qui a intégré cette violence et préfère aborder d’autres sujets, moins mortels. « Plus personne n’oserait aujourd’hui publier Les Versets sataniques », entend-on depuis longtemps à propos de l’œuvre de Salman Rushdie.
Charlie Hebdo n’a rien à voir avec l’Islam.