Je pense qu’on l’a tous entendu, ou qu’on le sait de X ou Y manière: la vente d’anxiolytiques et d’anti-dépresseurs explose en France, et ce, depuis plusieurs années déjà. Nous faisons partis des plus gros consommateurs d’Europe.

En 2020, 13,5% des personnes âgées de plus de 15 ans indiquent souffrir de symptômes dépressifs, une hausse de 2,5 par rapport à l’année précédente.

Chez les jeunes de 18-24 ans, la hausse est encore plus flagrante: 22% en mai 2020 contre 10,1% en 2019. De 2014 à 2019, le nombre de personnes qui présentent ces symptômes a doublé. C’est une évolution plutôt inquiétante, lorsqu’on lis les données.

Cette augmentation soudaine semble intimement liée au Covid-19 et aux confinements ayant suivi. Mais il est important de noter que comme indiqué précédemment, cette hausse a déjà commencé depuis 2014. Voire même peut-être avant.

**Alors, à qui la faute ? Est-ce le résultat d’un dysfonctionnement de notre société ? La jeunesse semble très touchée par ce phénomène, surtout ceux ayant atteint la majorité… pourquoi ? La réalité du travail est-elle trop dure à supporter ?**

Source: [Cliquez ici](https://drees.solidarites-sante.gouv.fr/communique-de-presse/crise-sanitaire-hausse-des-syndromes-depressifs-et-des-consultations-pour-ce)

26 comments
  1. Simplement parce qu’on perd foi. Les richesses sont de plus en plus inégalement réparties, le climat part en couilles et les gouvernements les plus puissants ne font rien de concret pour en citer que quelques un. En clair, le futur est moche et on se prendra la catastrophe de plein fouet.

  2. les ravages de l’anti covid et des ses dérives à outrance.

    Les bénéfices risques, à mon avis, tendent vers le négatif.

  3. Phénomène qui est déjà en accélération depuis au moins deux décennies en réalité. L’individu s’est tellement autonomisé et individualisé qu’on a un effet pervers de sur-responsabilisation individuelle qui est écrasant pour la plupart des gens.

    On a depuis des années un effacement partiel ou total des systèmes sociétaux et sociaux “traditionnels” (religion, grandes idéologies) qui donnaient à l’individu un sens à sa vie, un cadre et une prise en charge de cette vie par un référent (prêtre, antenne de parti, etc).

    Ehrenberg a justement écrit à ce sujet dès 1998, sur le fait qu’on a une “fatigue de juste être soi” qui s’impose, et qui conduit à un besoin d’alléger cette responsabilisation individuelle. Selon lui la réponse est souvent la mise en place de liens d’addiction – qu’il soit matériel et médicamenteux (type anxiolytique, antidépresseur, drogue, etc) ou immatériel (communauté virtuelle type Internet, groupes complotistes, etc).

    Et tu as raison de souligner que la jeunesse est plus touchée par ce phénomène de dépression, c’est principalement parce qu’il s’agit des générations qui ont eu le moins d’exposition aux “anciens” liens de croyance (voir la religiosité en fonction de la pyramide des âges) et dans le cas des majeurs, parce qu’ils n’ont plus la perspective de vie très encadrée et formatée qu’est le collège/lycée, et qu’ils ne sont souvent plus sous la tutelle de leurs parents.

  4. J’ai 30 ans et j’en ai marre d’être fatiguée. J’ai fait des longs études et je dois quand même supporter le bullshit infini des:

    1) Recruteurs, qui demandent des diplômes supplémentaires alors qu’on a déjà deux Masters et 5 ans d’expérience dans un troisième domaine. Des gens qui te font venir sur place pour un entretien qui aurait pu avoir lieu par téléphone et ne sont même pas foutus de te donner une grille de salaire. D’autres qui te font passer des entretiens pendant tes heures de travail, te demandent carrément de laisser tomber ton boulot actuel sans respecter le préavis car ils sont pressés d’embaucher (j’ai refusé bien sûr), et puis te ghostent carrement. Tout ça pour des CDDs mal payés.

    2)Employeurs qui te font faire du presentiel inutile, qui te gueule dessus quand ils ont des problèmes perso et qui sont jaloux du fait qui t’as plus de diplômes qu’eux ;

    3)Un système pourri où même si tu t’efforce, même si tu fais tout ce qu’on te dit de faire (études, mariage, boulot à temps plein), tu arrivera jamais à t’acheter une maison sans t’endeter pendant au moins 20 ans. Et ça c’est si tu arrives à avoir un minimum de stabilité dans ton boulot car pour l’instant même ça j’arrive pas.

    Enfin, pour avoir un minimum de stabilité et confort tu dois bosser 8-10h par jour, passer 2h par jour dans ta bagnole poluente de merde, manger du junk food qui te rends malade car t’as pas le temps /courage de cuisiner après des journées pareils, pas non plus le temps de faire du sport ou avoir des hobbies, pas le temps de t’occuper de tes gamins, tout ça tout ça, et si tu as le moindre soucis tu peut vite te retrouver à la rue à dormir dans la voiture. Et encore, au moins en France on a pas à se soucier du coût des soins de santé.

  5. Un mélange d’insatisfaction face aux opportunités professionnelles qu’on nous propose, maladaptées à nos qualifications, de lassitude de voir inégalités et ravages environnementaux continuer sans qu’on ait l’impression de pouvoir y faire grand chose, absence de projet enthousiasmant au niveau individuel, mais encore plus au niveau collectif ?

  6. On voit les boomers se ballader en camping-car et être les seuls à pouvoir profiter de notre retraite par répartition. Les autres derrière n’en profiteront jamais. Aucun homme politique ne veut revoir leur liquidation de pension…
    Ils sont partis à 58 ans à la retraite et nous narguent tous les jours.
    Y a de quoi être dépressifs 😁

  7. La dépression est une maladie.

    Il faut donc penser aux causes biologiques – perturbateur endocrinien, modification de l’alimentation, tabac (nous sommes toujours parmi les plus hauts consommateurs d’Europe il me semble)?

    Il faut aussi penser au problème du sur/sous diagnostic, les médecins français sont ils comparables aux autres ?

    Pareil pour la consommation d’anxiolytiques, y a t il sur/sous prescription ? La pénurie de médecin (prescrire c’est rapide) et le cout de la psychothérapie ont-ils une influence?

    Je ne crois pas que la culture française soit la plus individualiste d’Europe, ni notre monde du travail le plus difficile. Ça me parait très, très bancal comme explication.

    Je ne suis même pas sure que le niveau de depression/anxiété dans une pop soit corrélée au niveau de vie, de mémoire les palestiniens consomment moins d’anxiolytiques que nous.

    Bref information interessante à contextualiser.

  8. Le biais en France est que bien que la psychothérapie fait partie intégrante du traitement des syndromes dépressifs, elle n’est pas remboursée par le système de sécurité sociale. Faute de moyens et parfois d’une mauvaise image chez les patients (je ne vais pas aller chez le psy, je ne suis pas fou), les médecins démunis choisissent de prescrire le traitement médicamenteux plus facilement.

  9. Un de mes élèves de 2nde s’est suicidé avant les vacances. Brillant, social, aimé et aimant de sa famille et amis, super intégré dans la classe et dans le lycée.

    L’année dernière, une TS en 4e.

    ​

    Il y a un problème général et systémique. Le monde est angoissant, déprimant, et il n’y a aucune lumière au bout du tunel pour une grande majorité des gens en dessous de 40 ans. Et les Gen X, ce sont les parents des collégiens et lycéens d’aujourd’hui.

  10. Alors faut faire gaffe avec les statistiques d’augmentation de problème de santé mental

    Bien sûr avec le Covid beaucoup de personnes se retrouve en détresses et ça a forcément un impacte

    Mais l’augmentation des diagnostics peut aussi être due a des problème préexistant qui remonte a la surface suite a l’introspection qu’a put amener la solitude des confinement

    Quand tu taf 40 h par semaine ça peut être facile d’enfouir ces problèmes sous une montagne de taf et de jamais sans soucié

  11. J’invite tout le monde à considérer la publication du DSM-5 (publié en France en 2015) qui a été critiqué de voir des pathologies dans les comportement humains normaux.

    *Exemple: si vous êtes toujours triste 2 semaines après la perte d’un proche vous êtes en dépression. C’était pas le cas avec le DSM-4. Alors oui peut être aux États Unis c’est le cas, et peut-être pour certaines personnes, mais je doute que ce soit le cas pour tout le monde et toutes les cultures. C’est un des exemples, il y en a certainement d’autres.*

    Source:
    > Le DSM-5 est critiqué dès avant sa publication et fait l’objet de polémiques et de controverses : des pétitions, des appels au boycott, des livres dénonçant un ouvrage dangereux qui crée des maladies mentales et n’a pas de fondement scientifique, qui sert l’industrie pharmaceutique avec un risque de surdiagnostic et donc de surmédicalisation[26].

    >Aux États-Unis, un ancien rédacteur de DSM-IV-TR, Allen Frances[2],[27] et le National Institute of Mental Health, notamment par l’intermédiaire de son directeur, Thomas R. Insel[28],[29],[30],[31] ont émis de sérieuses critiques en ce sens.

    https://fr.m.wikipedia.org/wiki/DSM-5

    Ceci dit je pense que le fait que les maladies mentales se sont vues destigmatiser joue aussi un rôle. On peut en parler plus librement.

    Mes argument sont juste une part du puzzle, je pense que les autres Idee dans les commentaires jouent aussi un role.

  12. Je ne pense pas que l’augmentation réelle soit si grande. Il ne faut pas oublier que la psychiatrie progresse à vitesse grand V et l’utilisation de médicaments aussi, la combinaison des deux biaise beaucoup les chiffres. Quand on demande aux gens des générations précédentes il y avait beaucoup d’alcooliques, drogués, marginaux partout. On leur donnait pas de Xanax, voilà tout.

  13. Les anxiolytiques sont prescrits comme des bonbons, à mon avis ces chiffres là ne sont pas forcément révélateurs. On m’a prescrit des benzo après 10 minutes de consultation et une simple mention que mon travail était “un peu stressant”. Même pas chez mon généraliste, hein, au détour d’une consultation de routine chez ma gynéco. Même délire pour deux de mes amies. Une a même eu droit à des antidépresseurs sans qu’on lui dise que s’en était…

  14. On a trop vendu a des générations de lycéens de trouver un sens à sa vie par son travail, de faire absolument de son métier une passion. C’est totalement faux, la plupart des gens ont une activité professionnelle qu’ils détestent, et du moment qu’on a l’humilité de le reconnaître et de reconnaître le travail comme un moyen et non une fin ce n’est pas un problème.
    On peut avoir un job chiant à mourir mais avoir une vie à côté, heureusement qu’on est pas défini par un bullshit job.

  15. Perso j’ai fait une phobie scolaire du coup as 16 (aujourd’hui j’en ai 20) j’ai été déscolarisés. À 18 ans et après prés de 4 ans à rien faire j’ai enfin pu commencer à bougé j’ai commencé une formation. C’était une formation dont le but était de soit trouvée un travail soit trouvée une formation pour ce travail. Mon objectif c’était de me lancer dans la programmation en particulier dans le JV. Mais depuis 2018 on se rend compte des conditions de travail horrible dans le milieu du coup comme je supporte mal le stress ça me fait peur. Et en plus ma formation à commencée en septembre 2019 et devait durée jusqu’en juillet 2020… Depuis mes 14 ans j’ai eu des problème (je pense une depression mais j’ai jamais pû le faire confirmer vue que les psychologues sont trop chére et le psychiatre sont surbooké. Et j’ai été suivi par un CASA mais personnellement ça ma jamais aidé vue qu’ils avaient qu’un seul pédopsychiatre et vue que ma sœur était déjà suivie par lui bah je pouvais pas avoir de suivi pedopsychiatrique.) du coup avec le confinement ça c’est empiré et j’ai eu mes premières pensé noir et envie de suicides. Aujourd’hui ça va un peu mieux (En grande partie grâce à ma sœur mais sans qu’elle le sache. En gros elle est enceinte et j’ai pas envie de la rendre triste alors qu’elle attend un enfant) depuis 1 mois, par exemple, j’ai commencé un formation pour passer le code (j’habite à la campagne du coup trouvé du travail c’est compliqué mais avec le permis ça sera bien plus simple).

    J’ai pas vraiment de conclusion. Tout ce que je peu dire c’est bon courage à vous. On est dans une période compliquée mais faut rester optimiste (même si c’est compliqué).

    P.S : Par contre quand j’aurai le permis je pourrais enfin réellement prendre du temps pour ma santé en allant voir un psy par exemple. Car faut pas hésiter à aller voir des psy ou autres. C’est des professionnels il sont pas la pour vous jugé.

  16. Les perspectives d’avenir inexistantes, le fait d’avoir l’impression que nos gouvernants font mine d’ignorer la crise climatique…

  17. Comme des gens l’ont dit plus haut, avant on avait des appuis spirituels pour retrouver un semblent de sens dans la vie. Qu’on soit religieux ou non, on a perdu de ça et il est nécessaire de le maintenue d’une façon différente : religion, méditation, faire poudder un jardin, devenir bénévole, organiser des groupes de soutien…
    Neurologiquement, l’humain a besoin de donner du sens, d’utiliser son cerveau gauche mais aussi droit lié à la créativité, le spirituel, on a besoin de liens sociaux, etc. Et on vit dans une société qui n’offre aucune perspective d’avenir (réchauffement climatique, impossible de s’acheter une maison, tu dois avoir des diplômes et +5 ans d’expérience en sortant d’école même si le métier s’est créé il y a un an, défonce-toi au boulot et tu n’auras aucune reconnaissance, aucune promotion et on te crachera dessus, les plus riches gardent l’argent et profitent alors que tout va mal et qu’on en reverra jamais la couleur…) et n’offre aucun sens et aucune solution à tout ça. Il est évident que les gens seront de plus en plus dépressifs si rien ne change radicalement… Ça ne sert à rien d’attendre des gens qu’ils nagent dans une rivière alors qu’on est des oiseaux…
    Et je parle même pas des employeurs qui tiennent à nous faire revenir en présentiel pour ceux qui voudraient rester en télétravail parce que ça nous a fait tant de BIEN pendant une pandémie mondiale et historique mais ils avaient besoin de nous fliquer et “revenir au monde d’avant” alors qu’on nous paie au smic avec bac +5 et subir les transports parce que, ironie, “on tient à votre santé mentale et on a peur que vous soyez isolé à rester chez vous”. J’étais parfaitement bien chez moi avec mes proches en fait mais personne ne m’a ecouté et on nous a imposé de revenir.
    (Oui la dépression est une maladie et liée aux gènes mais pas que. Les circonstances de vie jouent aussi, c’est complexe et ça dépend de chaque individu.)

  18. Probleme complexe c est à dire avec plusieurs facteurs qui s imbriquent les uns avec les autre: Une société gouvernée par l image, le marketing et le story telling à outrance qui rend impossible pour beaucoup d avoir un idéal de vie realiste; une culture de la compétition et de la performance dans TOUS les aspects de la vie en société ; la montée en puissance de la pop psychologie ; L’omniprésence des réseaux sociaux et des coachs en développement personnel pour qui rien n est jamais assez ; l’impossibilité de se reposer ; le covid bien-sûr ; un débat public de plus en plus violent ; les célébrités comme modèle de réussites etc. etc.
    Je pense qu au fond, bcp d entre nous on souscris au rêve selon lequel les biens matériels, le «succès» professionnel était les source exclusives de bonheur et de paix intérieure. Mais elles finissent par déchanter qd elles se rendent compte du stress permanent qu’il faut subir en contrepartie.

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