L’interdiction des corridas bientôt discutée à l’Assemblée nationale

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  1. >**L’interdiction des corridas bientôt discutée à l’Assemblée nationale**

    >Aymeric Caron, tout nouveau député de Paris, prépare une proposition de loi transpartisane pour en finir avec une pratique toujours en vigueur dans le Sud de la France. Il compte sur la «liberté» des députés sur ce «sujet symbolique».

    >Voilà un «exposé des motifs» bien inédit. L’introduction d’une proposition de loi débute en effet rarement par les paroles d’une chanson… Mais celle portée par Aymeric Caron, député REV (Révolution écologique pour le vivant) qui siège avec les insoumis, ose le pari et retranscrit in extenso la Corrida, le titre signé Francis Cabrel et devenu, depuis sa sortie en 1994, l’hymne des anticorridas et la voix des «toros» à l’agonie : «Je les entends rire comme je râle /Je les vois danser comme je succombe /Je ne pensais qu’on puisse autant /S’amuser autour d’une tombe… /Est-ce que ce monde est sérieux ?» Autre singularité de ce texte que Caron compte inscrire au menu de la première «niche» parlementaire dont disposeront les insoumis en novembre : il déroule une description minutieuse des blessures infligées aux taureaux, des zones de leur corps ciblées par le torero, des «armes» utilisées, de la souffrance engendrée chez ces animaux.

    >Caron n’y va pas de main morte pour demander la fin des corridas. «J’ai envoyé cette PPL début août à tous les députés, sauf ceux du RN et apparentés, pour leur proposer de la cosigner avant de la déposer à la rentrée, explique-t-il. Je pense qu’une majorité d’entre eux sont opposés aux corridas et que sur un sujet aussi symbolique, chacun dispose d’une liberté de manœuvre vis-à-vis de son groupe politique.» Aymeric Caron compte, évidemment, sur le soutien des députés LFI. L’abolition des corridas devrait également convaincre les troupes écologistes. Les députés de Paris Sandrine Rousseau et Julien Bayou ont déjà cosigné le texte. Mais au-delà de ces deux formations, la situation se complique. Lors de la campagne pour les législatives, l’interdiction de la corrida figurait certes au programme de la Nouvelle Union populaire écologique et sociale (Nupes) mais le Parti socialiste et le Parti communiste avaient précisé qu’ils ne soutenaient pas cette proposition. «Boris Vallaud [président du groupe socialiste et député des Landes] n’est pas très favorable au texte, confie Aymeric Caron, mais je ne peux pas croire qu’aucun PS ne le soutienne.» Incertitude également côté PCF, pas réputé pour son engagement animaliste. Même si le député de Seine-Maritime, Hubert Wulfranc, a récemment signé un manifeste exigeant que les arènes soient interdites aux moins de 16 ans.

    >**«Chaque député répondra en conscience»**

    >Hors Nupes, Caron parie sur des appuis à droite voire du côté de la majorité. La présidente du groupe Renaissance, «Aurore Bergé, est contre la corrida», rappelle l’essayiste, «mais ce sera sans doute compliqué pour elle de convaincre l’ensemble de son groupe, même si certains députés Renaissance sont déjà venus me dire qu’ils me suivraient sur la question animale». Comme certains députés RN : Marine Le Pen laissant, sur ce sujet, la liberté de vote à ses troupes. Pour Caron, «la corrida pose une question claire : quel genre d’humains voulons-nous être ?» «Chaque député répondra en conscience, poursuit-il. Les sondages montrent déjà que même dans les villes taurines, une large majorité de Français sont contre les corridas. On peut rapidement et facilement mettre fin à ces tortures.»

    >De fait, cette proposition de loi ne comporte qu’un seul article, visant la suppression d’un alinéa de l’article 521-1 du code pénal. Ce dernier condamne lourdement les sévices et actes de cruauté envers un animal. Mais l’alinéa visé par Caron crée une exception pour les «courses de taureaux» (dont relèvent les corridas avec mise à mort), à condition qu’elles soient organisées dans les villes dites de tradition taurine. Dans la dizaine de départements concernés, les aficionados sont régulièrement confrontés à des manifestations anticorridas. La dernière en date a été organisée dimanche à Béziers par le Comité de liaison biterrois pour l’abolition de la corrida (Colbac). De son côté, l’Alliance anticorrida a lancé pour la première fois une campagne télévisée sur le sujet : des spots ont été diffusés du 20 juillet au 15 août sur quatre chaînes, dont BFMTV et CNews.

    >**En Amérique du Sud, les places taurines disparaissent**

    >Fragilisée par deux années de Covid, la tauromachie peine à se relever. Même Robert Ménard, maire (apparenté RN) de Béziers, en convient : «Je crains qu’on vive les dernières corridas en France», déclarait-il à Midi Libre la semaine dernière. Idem à l’étranger. En Catalogne, les célèbres arènes Monumental de Barcelone ne résonnent plus, depuis 2011, aux cris des aficionados. Elles ont même été investies, en septembre 2021, par des promoteurs de viande végétale… En Amérique du Sud, du Mexique au Venezuela en passant par l’Equateur, le Pérou et la Colombie, les places taurines disparaissent. En France, plusieurs propositions de loi ont, par le passé, demandé l’abolition de la corrida. Aucune n’a jamais été discutée dans l’hémicycle. Caron va permettre que le sujet, au moins, descende dans l’arène politique.

  2. toujours la même rengaine ! “ils” n’ont qu’une solution pour se faire valoir ces politiques : interdire, interdire, interdire !!! et peut importe sur quoi porte l’interdiction… Laissez-nous vivre !!!

  3. Moi, je suis pour que si l’interdiction ne passe pas, il soit possible de réformer les règles de la Corrida. Interdiction des banderilles, de la cape et de l’épée pour la mise à mort.

    Quand les toréadors auront à affronter un taureau non blessé et en pleine possession de ses moyens puis auront à essayer de le tuer à mains nues, on va vachement plus rigoler déjà.

  4. Vous voulez des manifestations taurines ? Essayez les abrivado, les bandides et les courses camarguaises. Ça ne tue pas la bête et les sensations sont tout aussi garanties.

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