Présidentielle : quand Éric Zemmour parle, ses militants frappent

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  1. **Présidentielle : quand Éric Zemmour parle, ses militants frappent**

    *À Villepinte comme à Paris, des antifascistes se sont mobilisés pour ne pas laisser le premier meeting du candidat d’extrême droite se tenir dans l’indifférence. Dans la salle, plus de 10 000 personnes s’étaient réunies pour l’entendre dérouler ses antiennes haineuses, dans une ambiance violente.*

    L’affluence est inhabituelle dans le RER B, entre Paris et Villepinte (Seine-Saint-Denis), ce dimanche 5 décembre, à 11 h 30. Les portes du parc des expositions, où Éric Zemmour donne son premier meeting depuis l’annonce officielle de sa candidature à l’élection présidentielle, n’ouvrent pourtant qu’à 13 heures. Mais les jeunes gens tout de noir vêtus qui remplissent les wagons ne sont pas là pour faire le pied de grue. Ils répondent notamment à l’appel de l’Action antifasciste Paris-Banlieue (AFA), organisation incontournable de l’antifascisme dans la capitale, à empêcher la bonne tenue de l’événement.

    À l’arrêt du Parc des expositions, les regards se toisent. Un drapeau tricolore dépasse d’un sac à dos. Il n’y a pas que les « antifas » qui ont pris de l’avance. Devant les grilles du bâtiment, des militants de l’Action française et d’autres groupuscules d’extrême droite sont déjà en place pour vendre leur journal à la criée. Certains d’entre eux, une cinquantaine, équipés de gants renforcés et de casques de moto se regroupent et prennent en chasse des antifascistes, qui tentent de se repérer dans le dédale de la zone d’activités dépeuplée.

    Les antifas reviennent à la charge quelques minutes plus tard, plus unis : « Siamo tutti antifascisti ! », lancent-ils, alors que les forces de l’ordre font barrage entre eux et l’entrée du meeting. Ils sont dispersés par une charge des policiers, venus en nombre quadriller le secteur, alors qu’un rassemblement de protestation avait été déposé en préfecture, à deux ronds-points de là.

    Quelques minutes plus tard, les brigades de répression des actions violentes motorisées (BRAV-M, ces nouveaux voltigeurs créés à l’occasion du mouvement des « gilets jaunes », largement décriés pour leur violence) font leur arrivée, sous les hourras de leurs collègues membres des forces de l’ordre.

    Rapidement, la centaine de contre-manifestants est cantonnée. Un soutien d’Éric Zemmour, caché derrière le cordon des forces de l’ordre, passe une tête pour lancer, menaçant : « Derrière, y a des renforts, et c’est pas des compagnies de sécurité ! » Une nouvelle charge finit de disperser les opposants vers 12 h 40. Des interpellations ont lieu, un homme repart [avec le crâne ensanglanté](https://twitter.com/Loopsidernews/status/1467476583418142724). Par petits groupes, les militants antifascistes refluent, conscients d’avancer en terrain miné. « On espérait plus de monde. Ici, les flics font ce qu’ils veulent », regrette l’un d’entre eux.

    Les anti-Zemmour se félicitent tout de même d’une petite victoire symbolique. Le meeting du candidat d’extrême droite était initialement prévu au Zénith de Paris. Sous prétexte d’un trop grand nombre d’inscriptions – dont certaines effectuées par des opposants pour laisser des places vides –, mais plus vraisemblablement sous l’effet des appels à manifester contre lui, il a été déplacé in extremis à Villepinte. « C’était ce qu’on pouvait espérer de mieux : une victoire avant la bataille. Il était inconcevable que quelqu’un parle de “grand remplacement” en plein XIXe arrondissement de Paris et que ça se passe bien », témoigne un militant antifasciste autonome.

    **Quelques milliers de personnes rassemblées à Paris**

    Au même moment, dans le XVIIIe arrondissement de Paris, le cortège antifasciste et contre l’extrême droite commence à se former au pied du métro Barbès. D’abord assez maigre, il s’étoffe un peu au fur et à mesure du parcours, qui traverse les quartiers populaires de l’est parisien, direction la Porte de la Villette, où devait initialement se tenir le meeting. La manifestation a rassemblé 2 200 personnes, selon la préfecture de police, près de 10 000, selon ses initiateurs. Beaucoup de personnes présentes viennent de banlieues plus ou moins proches de la capitale.

    Sur le trottoir, Françoise, Montreuilloise, regarde passer le défilé, du haut de ses 80 ans : « Ça me fait plaisir de voir qu’il y a des jeunes dans la rue aujourd’hui, mais je m’attendais quand même à ce qu’il y ait plus de monde… »

    Plusieurs dizaines d’organisations sont néanmoins présentes, dont la CGT Paris, Solidaires et le mouvement antifasciste La Jeune garde, mais aussi le Nouveau Parti anticapitaliste, Révolution permanente, des groupes de soutiens aux sans-papiers, plusieurs organisations ou collectifs contre l’antisémitisme ou le racisme. À part Elsa Faucillon, députée communiste, ou Raphaëlle Rémy-Leleu, élue écologiste à la mairie de Paris, ainsi que quelques militant·es signalés par leur drapeau Génération·s ou PCF, peu ou pas de personnalités politiques.

    Le PS est introuvable, alors que le mot d’ordre était explicite : « Faire taire » Éric Zemmour et l’extrême droite à Paris, ville dirigée par la socialiste Anne Hidalgo, elle aussi candidate à l’élection présidentielle. Jean-Luc Mélenchon, chef de file de La France insoumise (LFI), est quant à lui en meeting dans le quartier de La Défense, à l’autre bout de la capitale. « Contre Éric Zemmour, on devrait mener la bataille culturelle, et avoir une réponse unie et forte », se désole une militante des Jeunesses écologistes, venue avec trois camarades.

    Manu, membre du collectif des Juifs et Juives révolutionnaires, porte une grande banderole noire barrée de rouge et de blanc : « Zemmour, Marine Le Pen, allez-vous faire grand-remplacer, pas une voix juive pour Zemmour. » « Il y a beaucoup de personnes juives dans les milieux d’extrême gauche et qui ne l’affirment pas forcément parce ce n’est malheureusement pas encore si évident à dire aujourd’hui, explique le militant de 34 ans. Mais l’antifascisme, c’est la base, on se doit de le porter fièrement en tant que juif et juive, et lutter contre l’antisémitisme et le racisme, d’où qu’ils viennent. »

    Ismat, 18 ans, venue de Colombes dans les Hauts-de-Seine, s’est réveillée après les nombreuses saillies d’Éric Zemmour sur les prénoms d’origine étrangère, vieille obsession de l’ancien chroniqueur de CNews et du Figaro. « Même si on peut parfois être aveuglé par les charabias de l’extrême droite, ça, c’était de trop, explique-t-elle. Le prénom, c’est ce qui fait la personne que nous sommes, c’est toute la force de notre identité, et cette remise en cause est gravissime. »

    Pour certains manifestants, la présence possible de l’extrême droite au second tour et la diffusion des idées d’Éric Zemmour dans le débat public pèsent lourd. « La montée de l’extrême droite peut impacter directement ma vie, celle de mon petit frère et celle de mes parents, raconte Lovepreet, 24 ans, habitant de Bagnolet, né en Inde, et qui ne possède pas la nationalité française, tout comme ses proches. Cette inquiétude-là, je la ressens depuis la présence de Marine Le Pen au second tour [de la dernière présidentielle], et elle est réactivée ces derniers mois. »

  2. >Ismat, 18 ans, venue de Colombes dans les Hauts-de-Seine, s’est
    réveillée après les nombreuses saillies d’Éric Zemmour sur les prénoms
    d’origine étrangère, vieille obsession de l’ancien chroniqueur de CNews
    et du Figaro. « Même si on peut parfois être aveuglé par les charabias
    de l’extrême droite, ça, c’était de trop, explique-t-elle. Le prénom,
    c’est ce qui fait la personne que nous sommes, c’est toute la force de
    notre identité, et cette remise en cause est gravissime. »

    Ayant régulièrement l’occasion de croiser des “Brayan” et des “Djonny”, je ne suis pas vraiment d’accord avec cette assertion. Le prénom, c’est une étiquette qu’on a, et on peut en changer si on le souhaite.

    Le gros problème avec l’attitude de Zemmour, c’est qu’elle est stupidement xénophobe. Il transforme une étiquette individuelle en une étoile jaune catégorisante. Et en plus de ça, il est étrangement sélectif sur les origines des prénoms qu’il montre du doigt. En arrière-plan, on distingue nettement une obsession pour la pureté raciale.

    Je vais m’arrêter là pour éviter qu’un petit malin de parle de point Godwin, mais on voit clairement de quoi ça se rapproche. Et ça n’a rien à voir avec la remise en cause d’une identité ou je ne sais quoi. Merde aussi aux identitaires.

  3. Pour l’instant, j’ai plus vu les antifa se tapper avec la sécurité et les t-shirts jaunes débouler sur scène pour faire une bataille de saloon… En plus, les cocktails Molotov et l’acide n’a pas été trouvé sur des pro Zemmour

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