Par Simon Piel et Thomas Saintourens
Publié aujourd’hui à 18h57, mis à jour à 19h24
Temps deLecture 7 min.
RÉCIT« Le roman noir de la coke » (4/5). Profitant de l’image désastreuse de l’héroïne, la cocaïne se refait une virginité. Alors que rockeurs, écrivains, hommes d’affaires, stars de télé… s’entichent de cette drogue devenue mondaine, les trafiquants sud-américains, bientôt organisés en cartels, engrangent les dollars et sèment la mort.
D’abord, le riff saccadé de Keith Richards, puis la voix singulière de Mick Jagger : « Yeah, you got satin shoes/Yeah, you got plastic boots/Y’all got cocaine eyes. » Nous sommes en 1971. Les Rolling Stones viennent de sortir leur album Sticky Fingers, et Sister Morphine y danse avec sa « sweet cousin cocaine ». Drogue de la performance, drogue du plaisir, drogue d’un certain entre-soi, cette « douce cousine », comme disent les Stones, sort d’un long sommeil, et les hédonistes du rock écrivent un nouveau chapitre de son histoire. Profitant de l’image négative associée à l’héroïne, qui est en train de ravager les quartiers populaires, la cocaïne affiche ses avantages supposés : pas de dépendance physiologique, selon certains médecins, nul besoin de seringue pour profiter de ses effets. La « coke » devient mondaine. En 1973, le New York Times la qualifie de « champagne des drogues », et le psychopharmacologue Robert Byck lui apporte sa caution scientifique en affirmant que « la cocaïne n’est pas un stupéfiant ».
Quelques milliers de kilomètres au sud, la culture historique de la coca andine se restructure au gré des évolutions politiques régionales. Forts de leur savoir-faire dans le trafic de marijuana, les Colombiens supplantent peu à peu leurs homologues péruviens et boliviens, auxquels ils achètent une pâte de coca (issue de la macération des feuilles avec du kérosène et du bicarbonate de soude) de très bonne qualité qu’ils se chargent ensuite de transformer en poudre de cocaïne.
Un jeune contrebandier de la région d’Antioquia, Pablo Emilio Escobar Gaviria, développe des stratégies commerciales ambitieuses et ouvre de nouvelles routes d’acheminement du produit vers le marché américain. En 1978, après seulement quelques années de « labeur », il est déjà assez riche pour racheter une exploitation agricole de 20 kilomètres carrés, bientôt transformée en domaine de luxe doté d’un zoo, d’une vingtaine de lacs artificiels, d’une piste d’atterrissage ou encore d’un circuit de karting… A l’entrée, « don Pablo » installe la réplique du petit avion à bord duquel il a envoyé ses premiers kilos aux Etats-Unis.
Lignes blanches et billets verts
En 1981, la ville de Miami, en Floride, est l’épicentre américain de ce florissant « business ». Les Colombiens y travaillent avec une partie de la diaspora cubaine, dans un climat de plus en plus violent. L’explosion du trafic s’accompagne de celle des homicides : 621 en un an. En 1983, le réalisateur Brian De Palma en fera le thème de son Scarface, ce film référence dans lequel les « cocaine cowboys », chemises à fleurs et cols pelle à tarte, n’hésitent pas à manier la tronçonneuse contre leurs rivaux.
Cette année-là, la Drug Enforcement Agency (DEA) fête ses dix ans. Sous l’impulsion de l’administration Nixon d’abord, puis, plus tard, de celle de Ronald Reagan, l’agence est le bras armé des Etats-Unis dans la guerre contre la drogue sur leur territoire et à l’étranger. Après l’héroïne, dont les autorités redoutaient qu’elle fasse des ravages parmi les militaires de retour du Vietnam, après le cannabis, incarnation de la contre-culture progressiste, la cocaïne devient une cible à part entière. Dans un rapport dévoilé en 1983, la DEA emploie pour la première fois le terme de « cartel » pour désigner l’entente entre divers groupes de trafiquants sud-américains. Au sommet de l’activité, celui de Medellin, en Colombie, fournit environ 80 % de la cocaïne consommée aux Etats-Unis, pour un chiffre d’affaires annuel de 21,9 milliards de dollars.
Aux côtés de l’organisation des frères Orejuela à Cali, Escobar fait basculer ce commerce dans l’ère industrielle. L’image du dollar roulé en forme de tube pour sniffer un rail de coke achève d’assimiler cette drogue à l’argent. Celui des trafiquants, comme celui du consommateur, souvent présenté comme un privilégié. Le Monde s’en fait d’ailleurs l’écho dans un article de janvier 1982, « La cocaïne, drogue des riches ». L’auteur souligne son retour en Europe, en particulier au sein d’une certaine élite culturelle et médiatique. « La coke, c’est la version plus moderne, plus raffinée et moins destructrice des amphétamines, affirme un journaliste parisien cité comme témoin. Travailler dans un quotidien, c’est travailler vite, aussi vite que l’actualité. Avec la coke, on va plus vite, on gagne du temps. Ça rend plus aigu, c’est un condensateur d’intensité. » Dans la fiole de verre, avec bouchon autodoseur, que lui ont offert des amis, il tire une dose en fin d’après-midi pour effacer le « coup de pompe » et une autre dans la soirée pour écrire son éditorial.
Le temps de la dédiabolisation
Quelques années après la parution de cet article, le magazine d’extrême droite Minute dénonce, en couverture, ces « compagnons du rail ». En 1987, l’autrice Françoise Sagan, réagissant à son inculpation pour détention de stupéfiants, s’indigne au micro de RTL : « Il m’est arrivé de prendre un peu de cocaïne, comme pas mal de gens. Mais de là à me traîner devant les tribunaux, je trouve ça hallucinant. Je dis tout simplement que je n’ai pas à me défendre. Je ne me suis jamais occupée de trafic de drogue. » Un an plus tard, une kyrielle de personnalités issues de la gauche s’étonnent, dans un manifeste publié dans l’hebdomadaire Globe, de ne jamais avoir été poursuivies, comme Sagan, pour « un joint, un verre de trop ou de la cocaïne ». Parmi eux, l’autrice Marguerite Duras, la mannequin Inès de la Fressange ou l’homme d’affaires Pierre Bergé. La banalisation est en marche.
Dans le même temps, un rapport de l’organe international de contrôle des stupéfiants de l’ONU souligne que la production de drogue dans le monde a pris des « proportions alarmantes ». Mais que faire contre une culture ancestrale devenue, dans certains pays, un patrimoine national ? « C’est comme la tour Eiffel pour Paris ! », clame en 1988 dans les colonnes du Monde un dirigeant de la Centrale ouvrière bolivienne.
Au début des années 1980, la tournure des événements aux Etats-Unis a tout de même poussé l’Office français de répression de lutte contre le trafic illicite à ouvrir une antenne à Bogota, puis une autre à Miami. En décembre 1987, 445 kilos de cocaïne sont saisis à Marie-Galante, en Guadeloupe. Lors du procès, l’un des accusés, un ancien conseiller à l’ambassade de Colombie en Allemagne de l’Ouest devenu homme de confiance du cartel de Medellin, craque et sanglote devant les juges : « Ce que je vais déclarer va sûrement avoir des répercussions sur moi ou sur des membres de ma famille. (…) Pablo Escobar est celui qui a décidé de financer l’opération. »
La référence à la violence du narcotrafiquant est limpide. Policiers, juges, journalistes… Ses victimes se multiplient. Avec lui, c’est « plata o plomo », « l’argent ou le plomb ». Corrompre ou tuer sont ses seules options. En 1985, le palais de justice de Bogota a été pris d’assaut par le M19, une guérilla d’extrême gauche. Près de la moitié des juges sont morts. En plein bras de fer avec le pouvoir colombien pour échapper à son extradition vers les Etats-Unis, Escobar est soupçonné d’avoir financé l’opération pour faire disparaître des documents compromettants. Quatre ans plus tard, le 27 novembre 1989, un avion de ligne transportant 107 personnes explose dans le ciel colombien. Escobar est de nouveau soupçonné : il aurait voulu assassiner le président, César Gaviria.
Une guerre sans fin
Si la guerre contre les trafiquants est loin d’être gagnée, celle des esprits ne l’est pas non plus. Les mauvais effets de la cocaïne sont le plus souvent attribués à son jumeau maléfique, le crack, d’abord apparu dans les rues de New York, sous l’impulsion d’une partie des diasporas dominicaines et jamaïcaines, puis dans celles de Washington, Philadelphie, Los Angeles et finalement tous les Etats-Unis… Ce dérivé de la cocaïne, aussi nocif que puissant, moins cher aussi, gagne du terrain. « Un cauchemar américain », résume le New York Times en 1989. Il n’en faut pas plus aux conservateurs pour associer la couleur de la peau à la délinquance. L’image du Noir accro au crack, zombie prêt à tous les crimes pour obtenir sa dose, revient hanter l’Amérique blanche. Mais la cocaïne, c’est aussi, à l’autre bout du spectre social, l’image du financier blanc en quête de sensations, comme dans le roman de Bret Easton Ellis American Psycho (1991).
En France, à la même époque, les policiers bénéficient de nombreux renseignements américains et multiplient les belles affaires, mais plusieurs voix s’élèvent déjà pour dénoncer leur manque de moyens et la course aux statistiques imposée par les autorités politiques, comme le souligne l’historien Alexandre Marchant dans L’Impossible Prohibition. Drogues et toxicomanies en France, 1945-2017 (Perrin, 2018). C’est l’objet du film L.627, de Bertrand Tavernier, sorti en 1992, qui suit le quotidien d’une brigade des stupéfiants de Paris. Dans les pas de l’inspecteur « Lulu », le réalisateur dépeint une police désenchantée, raciste et violente, qui ne peut que constater les ravages de l’héroïne et du crack.
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Par Simon Piel et Thomas Saintourens
Publié aujourd’hui à 18h57, mis à jour à 19h24
Temps deLecture 7 min.
RÉCIT« Le roman noir de la coke » (4/5). Profitant de l’image désastreuse de l’héroïne, la cocaïne se refait une virginité. Alors que rockeurs, écrivains, hommes d’affaires, stars de télé… s’entichent de cette drogue devenue mondaine, les trafiquants sud-américains, bientôt organisés en cartels, engrangent les dollars et sèment la mort.
D’abord, le riff saccadé de Keith Richards, puis la voix singulière de Mick Jagger : « Yeah, you got satin shoes/Yeah, you got plastic boots/Y’all got cocaine eyes. » Nous sommes en 1971. Les Rolling Stones viennent de sortir leur album Sticky Fingers, et Sister Morphine y danse avec sa « sweet cousin cocaine ». Drogue de la performance, drogue du plaisir, drogue d’un certain entre-soi, cette « douce cousine », comme disent les Stones, sort d’un long sommeil, et les hédonistes du rock écrivent un nouveau chapitre de son histoire. Profitant de l’image négative associée à l’héroïne, qui est en train de ravager les quartiers populaires, la cocaïne affiche ses avantages supposés : pas de dépendance physiologique, selon certains médecins, nul besoin de seringue pour profiter de ses effets. La « coke » devient mondaine. En 1973, le New York Times la qualifie de « champagne des drogues », et le psychopharmacologue Robert Byck lui apporte sa caution scientifique en affirmant que « la cocaïne n’est pas un stupéfiant ».
Quelques milliers de kilomètres au sud, la culture historique de la coca andine se restructure au gré des évolutions politiques régionales. Forts de leur savoir-faire dans le trafic de marijuana, les Colombiens supplantent peu à peu leurs homologues péruviens et boliviens, auxquels ils achètent une pâte de coca (issue de la macération des feuilles avec du kérosène et du bicarbonate de soude) de très bonne qualité qu’ils se chargent ensuite de transformer en poudre de cocaïne.
Un jeune contrebandier de la région d’Antioquia, Pablo Emilio Escobar Gaviria, développe des stratégies commerciales ambitieuses et ouvre de nouvelles routes d’acheminement du produit vers le marché américain. En 1978, après seulement quelques années de « labeur », il est déjà assez riche pour racheter une exploitation agricole de 20 kilomètres carrés, bientôt transformée en domaine de luxe doté d’un zoo, d’une vingtaine de lacs artificiels, d’une piste d’atterrissage ou encore d’un circuit de karting… A l’entrée, « don Pablo » installe la réplique du petit avion à bord duquel il a envoyé ses premiers kilos aux Etats-Unis.
Lignes blanches et billets verts
En 1981, la ville de Miami, en Floride, est l’épicentre américain de ce florissant « business ». Les Colombiens y travaillent avec une partie de la diaspora cubaine, dans un climat de plus en plus violent. L’explosion du trafic s’accompagne de celle des homicides : 621 en un an. En 1983, le réalisateur Brian De Palma en fera le thème de son Scarface, ce film référence dans lequel les « cocaine cowboys », chemises à fleurs et cols pelle à tarte, n’hésitent pas à manier la tronçonneuse contre leurs rivaux.
Cette année-là, la Drug Enforcement Agency (DEA) fête ses dix ans. Sous l’impulsion de l’administration Nixon d’abord, puis, plus tard, de celle de Ronald Reagan, l’agence est le bras armé des Etats-Unis dans la guerre contre la drogue sur leur territoire et à l’étranger. Après l’héroïne, dont les autorités redoutaient qu’elle fasse des ravages parmi les militaires de retour du Vietnam, après le cannabis, incarnation de la contre-culture progressiste, la cocaïne devient une cible à part entière. Dans un rapport dévoilé en 1983, la DEA emploie pour la première fois le terme de « cartel » pour désigner l’entente entre divers groupes de trafiquants sud-américains. Au sommet de l’activité, celui de Medellin, en Colombie, fournit environ 80 % de la cocaïne consommée aux Etats-Unis, pour un chiffre d’affaires annuel de 21,9 milliards de dollars.
Aux côtés de l’organisation des frères Orejuela à Cali, Escobar fait basculer ce commerce dans l’ère industrielle. L’image du dollar roulé en forme de tube pour sniffer un rail de coke achève d’assimiler cette drogue à l’argent. Celui des trafiquants, comme celui du consommateur, souvent présenté comme un privilégié. Le Monde s’en fait d’ailleurs l’écho dans un article de janvier 1982, « La cocaïne, drogue des riches ». L’auteur souligne son retour en Europe, en particulier au sein d’une certaine élite culturelle et médiatique. « La coke, c’est la version plus moderne, plus raffinée et moins destructrice des amphétamines, affirme un journaliste parisien cité comme témoin. Travailler dans un quotidien, c’est travailler vite, aussi vite que l’actualité. Avec la coke, on va plus vite, on gagne du temps. Ça rend plus aigu, c’est un condensateur d’intensité. » Dans la fiole de verre, avec bouchon autodoseur, que lui ont offert des amis, il tire une dose en fin d’après-midi pour effacer le « coup de pompe » et une autre dans la soirée pour écrire son éditorial.
Le temps de la dédiabolisation
Quelques années après la parution de cet article, le magazine d’extrême droite Minute dénonce, en couverture, ces « compagnons du rail ». En 1987, l’autrice Françoise Sagan, réagissant à son inculpation pour détention de stupéfiants, s’indigne au micro de RTL : « Il m’est arrivé de prendre un peu de cocaïne, comme pas mal de gens. Mais de là à me traîner devant les tribunaux, je trouve ça hallucinant. Je dis tout simplement que je n’ai pas à me défendre. Je ne me suis jamais occupée de trafic de drogue. » Un an plus tard, une kyrielle de personnalités issues de la gauche s’étonnent, dans un manifeste publié dans l’hebdomadaire Globe, de ne jamais avoir été poursuivies, comme Sagan, pour « un joint, un verre de trop ou de la cocaïne ». Parmi eux, l’autrice Marguerite Duras, la mannequin Inès de la Fressange ou l’homme d’affaires Pierre Bergé. La banalisation est en marche.
Dans le même temps, un rapport de l’organe international de contrôle des stupéfiants de l’ONU souligne que la production de drogue dans le monde a pris des « proportions alarmantes ». Mais que faire contre une culture ancestrale devenue, dans certains pays, un patrimoine national ? « C’est comme la tour Eiffel pour Paris ! », clame en 1988 dans les colonnes du Monde un dirigeant de la Centrale ouvrière bolivienne.
Au début des années 1980, la tournure des événements aux Etats-Unis a tout de même poussé l’Office français de répression de lutte contre le trafic illicite à ouvrir une antenne à Bogota, puis une autre à Miami. En décembre 1987, 445 kilos de cocaïne sont saisis à Marie-Galante, en Guadeloupe. Lors du procès, l’un des accusés, un ancien conseiller à l’ambassade de Colombie en Allemagne de l’Ouest devenu homme de confiance du cartel de Medellin, craque et sanglote devant les juges : « Ce que je vais déclarer va sûrement avoir des répercussions sur moi ou sur des membres de ma famille. (…) Pablo Escobar est celui qui a décidé de financer l’opération. »
La référence à la violence du narcotrafiquant est limpide. Policiers, juges, journalistes… Ses victimes se multiplient. Avec lui, c’est « plata o plomo », « l’argent ou le plomb ». Corrompre ou tuer sont ses seules options. En 1985, le palais de justice de Bogota a été pris d’assaut par le M19, une guérilla d’extrême gauche. Près de la moitié des juges sont morts. En plein bras de fer avec le pouvoir colombien pour échapper à son extradition vers les Etats-Unis, Escobar est soupçonné d’avoir financé l’opération pour faire disparaître des documents compromettants. Quatre ans plus tard, le 27 novembre 1989, un avion de ligne transportant 107 personnes explose dans le ciel colombien. Escobar est de nouveau soupçonné : il aurait voulu assassiner le président, César Gaviria.
Une guerre sans fin
Si la guerre contre les trafiquants est loin d’être gagnée, celle des esprits ne l’est pas non plus. Les mauvais effets de la cocaïne sont le plus souvent attribués à son jumeau maléfique, le crack, d’abord apparu dans les rues de New York, sous l’impulsion d’une partie des diasporas dominicaines et jamaïcaines, puis dans celles de Washington, Philadelphie, Los Angeles et finalement tous les Etats-Unis… Ce dérivé de la cocaïne, aussi nocif que puissant, moins cher aussi, gagne du terrain. « Un cauchemar américain », résume le New York Times en 1989. Il n’en faut pas plus aux conservateurs pour associer la couleur de la peau à la délinquance. L’image du Noir accro au crack, zombie prêt à tous les crimes pour obtenir sa dose, revient hanter l’Amérique blanche. Mais la cocaïne, c’est aussi, à l’autre bout du spectre social, l’image du financier blanc en quête de sensations, comme dans le roman de Bret Easton Ellis American Psycho (1991).
En France, à la même époque, les policiers bénéficient de nombreux renseignements américains et multiplient les belles affaires, mais plusieurs voix s’élèvent déjà pour dénoncer leur manque de moyens et la course aux statistiques imposée par les autorités politiques, comme le souligne l’historien Alexandre Marchant dans L’Impossible Prohibition. Drogues et toxicomanies en France, 1945-2017 (Perrin, 2018). C’est l’objet du film L.627, de Bertrand Tavernier, sorti en 1992, qui suit le quotidien d’une brigade des stupéfiants de Paris. Dans les pas de l’inspecteur « Lulu », le réalisateur dépeint une police désenchantée, raciste et violente, qui ne peut que constater les ravages de l’héroïne et du crack.
Beaucoup de cocaine en ce moment