Visiblement les dirigeants écologistes veulent muscler leur jeu pour les années à venir en fusionnant les petits partis de la galaxie écolo avec EELV
Notez l’absence de Sandrine Rousseau et d’évocation du nucléaire
**Dans une tribune, plus de 600 cadres et élus d’Europe Écologie-Les Verts ainsi que des militants non encartés appellent à une refondation du parti, avec pour ambition majeure de répondre à la gravité des enjeux climatiques et sociaux. Ces signataires, dont Marine Tondelier, élue EELV d’Hénin-Beaumont, le philosophe Dominique Bourg, la maire de Poitiers, Léonore Moncond’huy, et le mathématicien et ex-député Cédric Villani proposent de s’appuyer sur une force politique plus large, pour que l’écologie l’emporte aux prochaines élections. Voici leur texte.**
« Aux compagnons de route de l’écologie politique, à ses électrices et électeurs d’un jour ou de toujours, aux militantes et militants actifs, aux sympathisantes et sympathisants attentifs, que vous soyez dans l’enthousiasme, la critique, la bienveillance, l’impatience, l’anxiété, la déception parfois, mais jamais la résignation : nous vous proposons de travailler ensemble à la fondation d’un nouveau mouvement écologiste.
Nous sommes des écologistes qui revendiquons une sensibilité à l’égard de toutes les formes de vivant et un regard nouveau sur notre monde, ses limites et les injustices liées au fait que quelques privilégiés s’approprient les ressources en exploitant les humains et l’environnement.
Nous sommes des écologistes sensibles à ce que nous révèle chaque jour la science. De nouvelles merveilles d’une part, comme les mécanismes cellulaires ou l’intelligence animale, qui dévoilent l’étendue et la richesse des écosystèmes et leur complexité à toutes les échelles. L’ampleur du cataclysme à l’œuvre sous nos yeux d’autre part : effondrement de la biodiversité, déforestation, réchauffement climatique, pollution des océans, épuisement des ressources minérales, maladies environnementales, souffrance animale…
Cet été 2022, qui a vu la France littéralement brûler, sur fond de multiples épisodes caniculaires et de sécheresse record, marque un palier dans le sinistre dérèglement climatique que la science a su prédire et que le politique n’a pas su prévenir.
Aux débuts de l’écologie politique, ils et elles n’étaient qu’une poignée à se mobiliser autour de ces thèmes, à l’instar d’une Rachel Carson en lutte contre le DDT (Dichloro-Diphényl-Trichloro-éthane), ce pesticide dangereux pour la faune, la flore et l’homme, ou d’un René Dumont alertant sur la rareté de l’eau potable et promouvant la transition agroécologique.
À l’heure où le DDT est interdit et où d’autres poisons ont pris la relève, au moment où l’eau menace de manquer, l’histoire a amplement démontré que ces pionniers avaient raison. Et pourtant la crise n’a fait que s’aggraver…
Inquiets pour nous et pour nos enfants, nous formons le constat lucide que, jusqu’à présent, l’écologie politique a été, sauf en de rares combats, impuissante à changer le cours des choses. Mais nous sommes convaincus que seule l’écologie politique peut gagner la bataille culturelle nécessaire au changement de système dont nous avons besoin.
L’écologie est bien plus qu’un courant politique, c’est un univers d’idées, de valeurs, d’affects, d’images, d’aspirations. Il a fallu bien des décennies aux grandes luttes sociales pour imprimer leur marque dans la société à travers un certain nombre d’acquis, et cela n’a pu se faire qu’avec une organisation considérable. Il n’est pas surprenant que l’écologie n’échappe pas à la règle.
La route est ardue, d’autant plus que les forces hostiles aux changements nécessaires sont titanesques et sont, elles, très coalisées. Elles ont su mobiliser au plus haut niveau, dans les antichambres du pouvoir, sur tous les continents, fabriquant le doute, maniant le mensonge, l’hypocrisie et le déni. Elles ont ainsi obtenu le maintien de leurs privilèges au détriment de la justice environnementale et de la justice sociale. Elles ont pour alliés l’inertie des habitudes, le déni ou la sidération face au péril désormais palpable, la résignation nourrie par la lassitude et le sentiment d’impuissance.
La conséquence ? La destruction du vivant et l’appauvrissement de nos vies atteignent un tel niveau que l’on perd de vue ce que pourrait être le bien vivre. Une vie digne, pour commencer : avoir les moyens de se nourrir, de se vêtir, de se déplacer, en dépassant l’horizon si stérile du “pouvoir d’achat”, pour privilégier le pouvoir de vivre. Réaffirmer que l’émancipation éducative, culturelle, politique, est un droit pour chacune et chacun. Le bien vivre ensemble, ensuite : mettre la solidarité et la coopération au cœur de notre organisation sociale. Une vie saine, enfin : le pouvoir de manger une tomate sans pesticide et de connaître sa saveur, de boire de l’eau du robinet dans certaines régions sans risquer de tomber malade, de ne pas avoir à s’inquiéter de la qualité de l’air que l’on respire ou des sols pollués qui nous entourent.
Nous y sommes : de nos décisions à venir dépendra l’habitabilité de la planète à moyen terme et la survie de l’humanité. La vie, ou la mort. C’est bel et bien à ce carrefour que l’humanité se trouve.
Pour changer le cours de l’histoire, il nous faut gagner. Gagner pour changer la vie, vraiment !
Les pionniers et pionnières de l’écologie étaient peu nombreux, n’avaient ni le pouvoir, ni les moyens financiers des puissances capitalistes, mais de solides convictions, des valeurs et de l’énergie – renouvelable ! – pour les défendre, une bonne dose de résilience et de l’inventivité pour imaginer un futur vivable et désirable.
En contraste, aujourd’hui, une majorité de Françaises et de Français sont conscient·es de l’urgence écologique et prêt·es à se mobiliser.
Une tribune vide, qui ne dit rien. Qu’est ce qu’on s’en tape…
Si ils pouvaient en profiter pour lâcher les influences délétères: greenpeace et tout ses pions anti-nucléaires, excommunier violemment les Michèle Rivasi, Cohn-Bendit; ça serait pas mal.
Ça donnerait un vrai renouveau à leur base électorale, et peut-être les prémices d’un programme réaliste. En tout cas ça me donnerait envie de voter pour eux, personnellement.
Sinon, il n’y faut voir qu’une vulgaire tentative de révolution de palais.
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Visiblement les dirigeants écologistes veulent muscler leur jeu pour les années à venir en fusionnant les petits partis de la galaxie écolo avec EELV
Notez l’absence de Sandrine Rousseau et d’évocation du nucléaire
**Dans une tribune, plus de 600 cadres et élus d’Europe Écologie-Les Verts ainsi que des militants non encartés appellent à une refondation du parti, avec pour ambition majeure de répondre à la gravité des enjeux climatiques et sociaux. Ces signataires, dont Marine Tondelier, élue EELV d’Hénin-Beaumont, le philosophe Dominique Bourg, la maire de Poitiers, Léonore Moncond’huy, et le mathématicien et ex-député Cédric Villani proposent de s’appuyer sur une force politique plus large, pour que l’écologie l’emporte aux prochaines élections. Voici leur texte.**
« Aux compagnons de route de l’écologie politique, à ses électrices et électeurs d’un jour ou de toujours, aux militantes et militants actifs, aux sympathisantes et sympathisants attentifs, que vous soyez dans l’enthousiasme, la critique, la bienveillance, l’impatience, l’anxiété, la déception parfois, mais jamais la résignation : nous vous proposons de travailler ensemble à la fondation d’un nouveau mouvement écologiste.
Nous sommes des écologistes qui revendiquons une sensibilité à l’égard de toutes les formes de vivant et un regard nouveau sur notre monde, ses limites et les injustices liées au fait que quelques privilégiés s’approprient les ressources en exploitant les humains et l’environnement.
Nous sommes des écologistes sensibles à ce que nous révèle chaque jour la science. De nouvelles merveilles d’une part, comme les mécanismes cellulaires ou l’intelligence animale, qui dévoilent l’étendue et la richesse des écosystèmes et leur complexité à toutes les échelles. L’ampleur du cataclysme à l’œuvre sous nos yeux d’autre part : effondrement de la biodiversité, déforestation, réchauffement climatique, pollution des océans, épuisement des ressources minérales, maladies environnementales, souffrance animale…
Cet été 2022, qui a vu la France littéralement brûler, sur fond de multiples épisodes caniculaires et de sécheresse record, marque un palier dans le sinistre dérèglement climatique que la science a su prédire et que le politique n’a pas su prévenir.
Aux débuts de l’écologie politique, ils et elles n’étaient qu’une poignée à se mobiliser autour de ces thèmes, à l’instar d’une Rachel Carson en lutte contre le DDT (Dichloro-Diphényl-Trichloro-éthane), ce pesticide dangereux pour la faune, la flore et l’homme, ou d’un René Dumont alertant sur la rareté de l’eau potable et promouvant la transition agroécologique.
À l’heure où le DDT est interdit et où d’autres poisons ont pris la relève, au moment où l’eau menace de manquer, l’histoire a amplement démontré que ces pionniers avaient raison. Et pourtant la crise n’a fait que s’aggraver…
Inquiets pour nous et pour nos enfants, nous formons le constat lucide que, jusqu’à présent, l’écologie politique a été, sauf en de rares combats, impuissante à changer le cours des choses. Mais nous sommes convaincus que seule l’écologie politique peut gagner la bataille culturelle nécessaire au changement de système dont nous avons besoin.
L’écologie est bien plus qu’un courant politique, c’est un univers d’idées, de valeurs, d’affects, d’images, d’aspirations. Il a fallu bien des décennies aux grandes luttes sociales pour imprimer leur marque dans la société à travers un certain nombre d’acquis, et cela n’a pu se faire qu’avec une organisation considérable. Il n’est pas surprenant que l’écologie n’échappe pas à la règle.
La route est ardue, d’autant plus que les forces hostiles aux changements nécessaires sont titanesques et sont, elles, très coalisées. Elles ont su mobiliser au plus haut niveau, dans les antichambres du pouvoir, sur tous les continents, fabriquant le doute, maniant le mensonge, l’hypocrisie et le déni. Elles ont ainsi obtenu le maintien de leurs privilèges au détriment de la justice environnementale et de la justice sociale. Elles ont pour alliés l’inertie des habitudes, le déni ou la sidération face au péril désormais palpable, la résignation nourrie par la lassitude et le sentiment d’impuissance.
La conséquence ? La destruction du vivant et l’appauvrissement de nos vies atteignent un tel niveau que l’on perd de vue ce que pourrait être le bien vivre. Une vie digne, pour commencer : avoir les moyens de se nourrir, de se vêtir, de se déplacer, en dépassant l’horizon si stérile du “pouvoir d’achat”, pour privilégier le pouvoir de vivre. Réaffirmer que l’émancipation éducative, culturelle, politique, est un droit pour chacune et chacun. Le bien vivre ensemble, ensuite : mettre la solidarité et la coopération au cœur de notre organisation sociale. Une vie saine, enfin : le pouvoir de manger une tomate sans pesticide et de connaître sa saveur, de boire de l’eau du robinet dans certaines régions sans risquer de tomber malade, de ne pas avoir à s’inquiéter de la qualité de l’air que l’on respire ou des sols pollués qui nous entourent.
Nous y sommes : de nos décisions à venir dépendra l’habitabilité de la planète à moyen terme et la survie de l’humanité. La vie, ou la mort. C’est bel et bien à ce carrefour que l’humanité se trouve.
Pour changer le cours de l’histoire, il nous faut gagner. Gagner pour changer la vie, vraiment !
Les pionniers et pionnières de l’écologie étaient peu nombreux, n’avaient ni le pouvoir, ni les moyens financiers des puissances capitalistes, mais de solides convictions, des valeurs et de l’énergie – renouvelable ! – pour les défendre, une bonne dose de résilience et de l’inventivité pour imaginer un futur vivable et désirable.
En contraste, aujourd’hui, une majorité de Françaises et de Français sont conscient·es de l’urgence écologique et prêt·es à se mobiliser.
Une tribune vide, qui ne dit rien. Qu’est ce qu’on s’en tape…
Si ils pouvaient en profiter pour lâcher les influences délétères: greenpeace et tout ses pions anti-nucléaires, excommunier violemment les Michèle Rivasi, Cohn-Bendit; ça serait pas mal.
Ça donnerait un vrai renouveau à leur base électorale, et peut-être les prémices d’un programme réaliste. En tout cas ça me donnerait envie de voter pour eux, personnellement.
Sinon, il n’y faut voir qu’une vulgaire tentative de révolution de palais.