La fin de l’abondance commence par la taxation des dividendes

7 comments
  1. **La fin de l’abondance commence par la taxation des dividendes**

    **La dernière figure de style d’Emmanuel Macron sur la « fin de l’abondance » résonne de toute son abjection au regard des mannes record distribuées ce trimestre aux actionnaires des grands groupes.**

    Mercredi 24 août, Emmanuel Macron a adopté la gravité des grands jours en ouvrant le premier conseil des ministres de la rentrée. Les caméras de télévision avaient été exceptionnellement conviées pour l’occasion, captant et relayant à l’envi l’appel du président de la République à l’unité face à ce qu’il qualifie, au choix, de « grande bascule » ou de « grand bouleversement ». « Nous vivons la fin de l’abondance », a-t-il affirmé, jetant avec celle-ci « les évidences » et « l’insouciance » – c’est l’heure du grand ménage.

    Dans la foulée, le rapport trimestriel du gestionnaire d’actifs Janus Henderson montrait que les dividendes versés par les entreprises à leurs actionnaires avaient explosé les records précédents au cours du deuxième trimestre 2022. « Il est étonnant de constater que, malgré les énormes perturbations économiques causées par la pandémie, les dividendes mondiaux sont désormais supérieurs au niveau record qu’ils avaient atteint avant la pandémie », souligne le rapport établi à partir de l’analyse de 1 200 entreprises mondialisées.

    C’est dans les secteurs des matières premières, des entreprises financières et des constructeurs automobiles que la croissance est la plus forte, à la mesure des profits colossaux enregistrés l’an dernier. Le brésilien Petrobras arrive en tête du classement des entreprises ayant distribué le plus de millions à ses actionnaires. En Europe, les dividendes ont augmenté en moyenne de 30 % par rapport à l’année précédente. Une moyenne que la France parvient même à dépasser pour atteindre la somme record de 44,3 milliards.

    Quatre entreprises françaises figurent dans le top 20 des plus gros verseurs : BNP Paribas (6e), Sanofi (10e), Axa (12e) et LVMH (14e). Les mêmes dont le gouvernement s’était refusé à taxer les superprofits, notamment dans le secteur de l’énergie. À la fin du mois de juillet, le ministre de l’économie, des finances et de la souveraineté industrielle et économique, Bruno Le Maire, avait d’ailleurs redit son opposition au « réflexe pavlovien de la taxe ». Une ligne suivie par l’Assemblée nationale et le Sénat.

    Les deux majorités du Parlement – la droite au pouvoir (Renaissance au Palais-Bourbon) et la droite d’opposition (Les Républicains – LR – au Palais du Luxembourg) – avaient en effet rejeté l’idée d’une imposition sur les « bénéfices exceptionnels » des grands groupes, malgré une initiative conjuguée de la gauche et d’une poignée de centristes. Les amendements au projet de budget rectificatif pour 2022 afin de tenter de mettre en place une telle taxation, déjà appliquée en Grande-Bretagne ou en Italie, avaient tous été rejetés.

    Alors que l’inflation s’envole, que le pouvoir d’achat constitue la préoccupation principale du pays et que nombre de ménages ne savent pas comment supporter les coûts de la rentrée, la « fin de l’abondance » ne concerne donc pas les plus importants détenteurs d’actions et encore moins les dirigeants des grandes entreprises bénéficiant de stock-options. Même en comptant les plus petits actionnaires – qui ne vont pas s’enrichir massivement avec ces dividendes records –, on dénombre en France seulement trois millions de porteurs individuels d’actions sur une population de presque 70 millions d’habitants.

    Logique quand on se souvient que la corne d’abondance, regorgeant de denrées rares et délicieuses, est, dans la mythologie grecque, un attribut du dieu Ploutos, le roi de la richesse. Moins défendable quand on veut se défaire de l’image de « président des riches » et quand François Bayrou annonce, dans le même temps, du sang et des larmes pour tous les Français, jugeant que le pays « va vers la crise la plus grave » qu’il ait connue « depuis la guerre », et qui ne pourra être surmontée « sans un immense effort national ».

  2. 1- Les dividendes sont déjà taxées. Plutôt que de dire s’il faut taxer ou pas les dividendes, il faudrait plutôt se mouiller et donner un chiffre.

    2- L’actionnaire peut gagner de l’argent de 2 manières, soit par les dividendes, soit par l’appréciation des actions. Ne regarder que les dividendes c’est l’arbre qui cache la forêt. Parfois les dividendes ne viennent même pas compenser la dépréciation des actions.

  3. Les dividendes sont passés de mode. Aujourd’hui les entreprises rachètent leurs propres actions pour contourner la taxation sur des dividendes.
    La méthode n’est pas la même mais le but est toujours de donner sa part des bénéfices à l’actionnaire qui en est le propriétaire.

  4. Rien à voir avec un comportement dispendieux ou modeste.

    Ce qu’il faut taxer ce sont les bilan carbones outranciers, donc par exemple une tarification progressive de la consommation de gaz/elec qui favoriserait les bons comportements et pénaliserait les porcs

  5. >Quatre entreprises françaises figurent dans le top 20 des plus gros verseurs : BNP Paribas (6e), Sanofi (10e), Axa (12e) et LVMH (14e). Les mêmes dont le gouvernement s’était refusé à taxer les superprofits, **notamment dans le secteur de l’énergie.**

    C’est dommage, dans le lot il n’y a aucun énergéticien…

  6. De façon générale “fin de l’abondance” doit nécessairement déboucher sur la conclusion “il faut mettre le paquet pour réduire les inégalités, de revenu comme de capital, il ne reste plus aucune excuse à l’inaction”.

Leave a Reply