>**« Postes vacants » : pourquoi les travailleurs ont-ils déserté certains secteurs ?**
>Faible rémunération, dégradation des conditions de travail, volonté d’un meilleur partage entre vie professionnelle et vie privée… En France, de nombreux secteurs n’arrivent plus à recruter. Pendant une semaine, « l’Obs » se penche sur les raisons de cette pénurie de CV.
>POSTES VACANTS
>« A pourvoir », « recherche urgemment »… Mais où sont-ils donc passés ? La France a beau connaître encore un chômage de masse, la pénurie d’employés se fait de plus en plus sentir dans nombre de secteurs, et les affichettes proposant du travail semblent fleurir dans tout le pays : professions saisonnières ou métiers de service, des animateurs de colo aux soignants d’Ehpad en passant par les chauffeurs de bus, psys et profs, « l’Obs » explore les raisons de cette grande désertion.
>Serveurs, aides à domicile, enseignants, chauffeurs de bus… Dans un pays marqué depuis des décennies par le chômage de masse, nombreux sont aujourd’hui les secteurs qui peinent à recruter. D’après les derniers chiffres de la Direction de l’Animation de la Recherche, des Etudes et des Statistiques (Dares), le nombre d’emplois vacants dans l’Hexagone s’élevait à 355 400 au deuxième trimestre, soit une hausse de près de 75 % par rapport à la fin 2019, avant la pandémie de Covid-19.
>Avec plus de 182 000 postes à pourvoir au premier trimestre, le service à la personne reste de loin le secteur avec le plus de besoins. Viennent ensuite le commerce et l’hôtellerie, qui peinent à recruter vendeurs, serveurs et cuisiniers. Et si tout le territoire est concerné, c’est sans surprise l’Ile-de-France qui se place en tête des régions proposant le plus d’offres d’emploi.
>« Ce phénomène n’est pas nouveau », nuance Liêm Hoang-Ngoc, maître de conférences en économie à l’université de Paris 1 et ancien député européen, qui rappelle que ces dernières années, « le nombre d’emplois vacants oscille entre 300 000 et 400 000 » :
>« Les secteurs traditionnellement en tension le sont toujours, et l’austérité ne rend pas attrayant le service public. »
>La France n’est pas non plus le seul pays confronté à cette problématique. L’ensemble des nations occidentales, à l’instar de l’Allemagne, des Pays-Bas ou des Etats-Unis, doivent composer avec des difficultés de recrutement. « Le paradoxe français, c’est que nous avons encore un taux de chômage élevé », relève Gilbert Cette, professeur d’économie à Neoma Business School.
>« Les employés ne sont plus prêts à tout. Et c’est une bonne chose »
>Mais pourquoi de telles difficultés ? Il existe, selon une étude de France Stratégie, des facteurs directement liés à l’employeur. L’organisme estime que la gestion des ressources humaines, le management, la psychologie du chef d’entreprise et l’image de marque de l’entreprise peuvent expliquer les difficultés de recrutement. Autre obstacle à l’embauche : le salaire. Mais plus encore que la rémunération, les conditions de travail dégradées sont le pire frein. Selon une étude de la Dares publiée en juin dernier, 85 % des employeurs qui signalent que leurs salariés sont exposés à des conditions de travail difficiles connaissent des difficultés de recrutement.
>« Les horaires atypiques ou imprévisibles, ainsi que la difficulté à pouvoir faire un travail de qualité sont parmi les expositions professionnelles les plus associées aux difficultés de recrutement », précise l’organisme statistique du ministère du Travail. C’est surtout valable dans les secteurs connus pour leurs contraintes tels que les transports, l’hôtellerie-restauration ou l’action sociale.
>« Il faut aujourd’hui plus que jamais travailler sur l’attractivité de ces secteurs », souligne Gilbert Cette. Même constat pour l’économiste Jean-Marie Harribey, selon qui le travail doit désormais s’organiser « d’une tout autre manière que ce qui avait prévalu au cours des dernières décennies. Les employés ne sont plus prêts à tout. Et c’est une bonne chose. » En clair, il est nécessaire pour les employeurs d’assurer pour leurs employés un meilleur équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle, entre travail et culture ou loisirs.
> Le gouvernement a déjà annoncé s’attaquer « dès la rentrée » de septembre à la pénurie de main-d’œuvre. « Il n’y a rien de plus révoltant ou rien de plus “shadokien”, choisissez le mot qui convient, que d’avoir encore autant de chômage, parce qu’on n’est pas au plein-emploi, et autant d’entreprises qui cherchent des salariés », s’était indigné le 10 juillet, à Aix-en-Provence, le ministre de l’Economie Bruno Le Maire.
Il veut pas aller manger son caca ?
> Avec plus de 182 000 postes à pourvoir au premier trimestre, le service à la personne reste de loin le secteur avec le plus de besoins
“service à la personne” reste super vague et regroupe pas mal de métiers bien différents. Quelqu’un sait particulièrement quels métiers sont en manque? Garde d’enfants? Livraisons? Assistance aux personnes agées?
Si j’ai bien compris on sait également pas si ces taf sont des temps plein, non ?
Spoiler: tu fais le travailler de 3 personnes et tu es payé un demi-salaire.
EDIT: et tu as des horaires de merde, et un manager sur ton dos toutes les 2 minutes quand ton telephone connecté lui montre que tu as pas bougé depuis 10 sec.
Indice : parce que c’est des boulots mal payés et malgré tout la motivation, l’implication que tu peux y mettre dedans tout le monde s’en branle, t’es jamais récompensé ?
C’est hallucinant comment tout le monde a oublié la réforme de Pôle Emploi de l’année dernière. Sur les contrats courts tu te retrouves vite dans une m*rde noire et cela amplifie les problèmes “d’attractivité” de certains jobs.
Dégradation de la qualité des conditions de travail +: précarité des emplois + salaires non revalorisês depuis des décennies alors que le coût de la vie explose.
Beaucoup se mettent en auto-entrepreneur et gagnent en 1 semaine ce qu’ils auraient gagné en 1 mois de travail salarié.
Il y a non seulement désertion, mais en plus une perspective d’avenir si morose pour ces activités que où les jeunes générations ont détourné (et détourneront encore) leur intérêt.
La solution : on fera venir des gens de l’étranger pour les remplacer.
Tiens, l’idée n’avait pas été évoquée publiquement quelque part …?
En plus de tous les “problèmes de conditions de travail, de salaires, etc” je rajoute un detail aussi : les employeurs qui jouent les difficiles au moment de l’embauche.
L’an dernier je cherchait su travail et postulé à plusieurs offres de vendeurs (bien ou services). C’était à chaque fois dans des secteurs que je connaissais, m’intéressait et me motivait. On m’a tout refusé par “manque d’expériences / études dans ce domaine” (je précise qu’à chaque fois j’avais soit une expérience soit des études qui pouvait faire passerelle et ça ne me dérange pas de commencer en bas de l’échelle).
Bilan ? Mon préféré c’est celui qui poste toujours des recherche d’employé 1 an plus tard car les personnes qu’ils ont sélectionné ne sont au final pas resté. (j’ai trouvé autre chose entre temps, je précise aussi).
N’est ce pas là l’oeuvre de la très Sainte Loi du Marché, et des apôtres Offre et Demande ?
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>**« Postes vacants » : pourquoi les travailleurs ont-ils déserté certains secteurs ?**
>Faible rémunération, dégradation des conditions de travail, volonté d’un meilleur partage entre vie professionnelle et vie privée… En France, de nombreux secteurs n’arrivent plus à recruter. Pendant une semaine, « l’Obs » se penche sur les raisons de cette pénurie de CV.
>POSTES VACANTS
>« A pourvoir », « recherche urgemment »… Mais où sont-ils donc passés ? La France a beau connaître encore un chômage de masse, la pénurie d’employés se fait de plus en plus sentir dans nombre de secteurs, et les affichettes proposant du travail semblent fleurir dans tout le pays : professions saisonnières ou métiers de service, des animateurs de colo aux soignants d’Ehpad en passant par les chauffeurs de bus, psys et profs, « l’Obs » explore les raisons de cette grande désertion.
>Serveurs, aides à domicile, enseignants, chauffeurs de bus… Dans un pays marqué depuis des décennies par le chômage de masse, nombreux sont aujourd’hui les secteurs qui peinent à recruter. D’après les derniers chiffres de la Direction de l’Animation de la Recherche, des Etudes et des Statistiques (Dares), le nombre d’emplois vacants dans l’Hexagone s’élevait à 355 400 au deuxième trimestre, soit une hausse de près de 75 % par rapport à la fin 2019, avant la pandémie de Covid-19.
>Avec plus de 182 000 postes à pourvoir au premier trimestre, le service à la personne reste de loin le secteur avec le plus de besoins. Viennent ensuite le commerce et l’hôtellerie, qui peinent à recruter vendeurs, serveurs et cuisiniers. Et si tout le territoire est concerné, c’est sans surprise l’Ile-de-France qui se place en tête des régions proposant le plus d’offres d’emploi.
>« Ce phénomène n’est pas nouveau », nuance Liêm Hoang-Ngoc, maître de conférences en économie à l’université de Paris 1 et ancien député européen, qui rappelle que ces dernières années, « le nombre d’emplois vacants oscille entre 300 000 et 400 000 » :
>« Les secteurs traditionnellement en tension le sont toujours, et l’austérité ne rend pas attrayant le service public. »
>La France n’est pas non plus le seul pays confronté à cette problématique. L’ensemble des nations occidentales, à l’instar de l’Allemagne, des Pays-Bas ou des Etats-Unis, doivent composer avec des difficultés de recrutement. « Le paradoxe français, c’est que nous avons encore un taux de chômage élevé », relève Gilbert Cette, professeur d’économie à Neoma Business School.
>« Les employés ne sont plus prêts à tout. Et c’est une bonne chose »
>Mais pourquoi de telles difficultés ? Il existe, selon une étude de France Stratégie, des facteurs directement liés à l’employeur. L’organisme estime que la gestion des ressources humaines, le management, la psychologie du chef d’entreprise et l’image de marque de l’entreprise peuvent expliquer les difficultés de recrutement. Autre obstacle à l’embauche : le salaire. Mais plus encore que la rémunération, les conditions de travail dégradées sont le pire frein. Selon une étude de la Dares publiée en juin dernier, 85 % des employeurs qui signalent que leurs salariés sont exposés à des conditions de travail difficiles connaissent des difficultés de recrutement.
>« Les horaires atypiques ou imprévisibles, ainsi que la difficulté à pouvoir faire un travail de qualité sont parmi les expositions professionnelles les plus associées aux difficultés de recrutement », précise l’organisme statistique du ministère du Travail. C’est surtout valable dans les secteurs connus pour leurs contraintes tels que les transports, l’hôtellerie-restauration ou l’action sociale.
>« Il faut aujourd’hui plus que jamais travailler sur l’attractivité de ces secteurs », souligne Gilbert Cette. Même constat pour l’économiste Jean-Marie Harribey, selon qui le travail doit désormais s’organiser « d’une tout autre manière que ce qui avait prévalu au cours des dernières décennies. Les employés ne sont plus prêts à tout. Et c’est une bonne chose. » En clair, il est nécessaire pour les employeurs d’assurer pour leurs employés un meilleur équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle, entre travail et culture ou loisirs.
> Le gouvernement a déjà annoncé s’attaquer « dès la rentrée » de septembre à la pénurie de main-d’œuvre. « Il n’y a rien de plus révoltant ou rien de plus “shadokien”, choisissez le mot qui convient, que d’avoir encore autant de chômage, parce qu’on n’est pas au plein-emploi, et autant d’entreprises qui cherchent des salariés », s’était indigné le 10 juillet, à Aix-en-Provence, le ministre de l’Economie Bruno Le Maire.
Il veut pas aller manger son caca ?
> Avec plus de 182 000 postes à pourvoir au premier trimestre, le service à la personne reste de loin le secteur avec le plus de besoins
“service à la personne” reste super vague et regroupe pas mal de métiers bien différents. Quelqu’un sait particulièrement quels métiers sont en manque? Garde d’enfants? Livraisons? Assistance aux personnes agées?
Si j’ai bien compris on sait également pas si ces taf sont des temps plein, non ?
Spoiler: tu fais le travailler de 3 personnes et tu es payé un demi-salaire.
EDIT: et tu as des horaires de merde, et un manager sur ton dos toutes les 2 minutes quand ton telephone connecté lui montre que tu as pas bougé depuis 10 sec.
Indice : parce que c’est des boulots mal payés et malgré tout la motivation, l’implication que tu peux y mettre dedans tout le monde s’en branle, t’es jamais récompensé ?
C’est hallucinant comment tout le monde a oublié la réforme de Pôle Emploi de l’année dernière. Sur les contrats courts tu te retrouves vite dans une m*rde noire et cela amplifie les problèmes “d’attractivité” de certains jobs.
Dégradation de la qualité des conditions de travail +: précarité des emplois + salaires non revalorisês depuis des décennies alors que le coût de la vie explose.
Beaucoup se mettent en auto-entrepreneur et gagnent en 1 semaine ce qu’ils auraient gagné en 1 mois de travail salarié.
Il y a non seulement désertion, mais en plus une perspective d’avenir si morose pour ces activités que où les jeunes générations ont détourné (et détourneront encore) leur intérêt.
La solution : on fera venir des gens de l’étranger pour les remplacer.
Tiens, l’idée n’avait pas été évoquée publiquement quelque part …?
En plus de tous les “problèmes de conditions de travail, de salaires, etc” je rajoute un detail aussi : les employeurs qui jouent les difficiles au moment de l’embauche.
L’an dernier je cherchait su travail et postulé à plusieurs offres de vendeurs (bien ou services). C’était à chaque fois dans des secteurs que je connaissais, m’intéressait et me motivait. On m’a tout refusé par “manque d’expériences / études dans ce domaine” (je précise qu’à chaque fois j’avais soit une expérience soit des études qui pouvait faire passerelle et ça ne me dérange pas de commencer en bas de l’échelle).
Bilan ? Mon préféré c’est celui qui poste toujours des recherche d’employé 1 an plus tard car les personnes qu’ils ont sélectionné ne sont au final pas resté. (j’ai trouvé autre chose entre temps, je précise aussi).
N’est ce pas là l’oeuvre de la très Sainte Loi du Marché, et des apôtres Offre et Demande ?