Énergie : Macron opte pour la sobriété démocratique

3 comments
  1. **Énergie : Macron opte pour la sobriété démocratique**

    **Face à la crise énergétique, le président de la République a choisi de renouer avec son outil de pilotage privilégié : le Conseil de défense. Il pourra ainsi de nouveau élaborer ses décisions à huis clos et en toute opacité, au mépris du débat et de la concertation.**

    Emmanuel Macron présidera vendredi 2 septembre un conseil de défense consacré à l’énergie. Sur le papier, l’annonce fait tout de suite sérieux. Elle s’inscrit dans le discours de gravité adopté par le président de la République lors du premier conseil des ministres de la rentrée, durant lequel il fut question de « grande bascule », de « grand bouleversement » et aussi un peu de « téléologie de l’ordre international » pour celles et ceux qui suivaient encore au fond de la salle.

    La situation est exceptionnelle. Elle mérite donc un format exceptionnel, arguent les soutiens du chef de l’État. « Il s’agit des intérêts vitaux du pays et des Français », indique une source de l’exécutif à France Info pour justifier le recours à cet outil de pilotage. Après tout, on ne peut décemment pas aborder « la fin de l’insouciance » comme on le ferait de n’importe quel autre sujet. Pourtant, à y regarder de plus près, cette annonce ressemble surtout à une mauvaise plaisanterie.

    D’abord et avant tout parce qu’elle intervient quelques jours seulement avant le lancement, le 8 septembre, du fameux – et non moins obscur – « Conseil national de la refondation » censé incarner la « nouvelle méthode » de gouvernance promise par Emmanuel Macron pendant la campagne présidentielle – ce moment, certes furtif, où il assurait vouloir accorder davantage de place à la démocratie citoyenne. « Les Français sont fatigués des réformes qui viennent d’en haut », faisait encore valoir l’intéressé avant les législatives.

    Le résultat de ces dernières avait d’ailleurs confirmé cette intuition en offrant au président de la République une majorité relative à l’Assemblée nationale. Une façon de lui rappeler que le débat démocratique n’est pas un gros mot. « J’entends et suis décidé à prendre en charge la volonté de changement que le pays a clairement exprimée », avait-il affirmé à l’issue du scrutin, évoquant sa volonté de bâtir « des compromis nouveaux dans le dialogue, l’écoute, le respect », mais aussi « le dialogue, le compromis, le travail collectif » – oui, il avait beaucoup insisté –, « en toute transparence, à ciel ouvert si je puis dire ». Il pouvait.

    Il aurait aussi pu traduire cette allocution pleine de bonnes intentions en actes, en évitant, par exemple, de se précipiter dès la rentrée sur l’outil « Conseil de défense », dont l’opacité n’est plus à prouver depuis la crise sanitaire. À la différence du Conseil des ministres, ce format à huis clos ne donne lieu à aucun compte rendu et ses participants sont soumis au secret-défense. Pour celui qui n’a jamais goûté l’idée de dévoiler les arrière-cuisines de sa prise de décision, on frôle ici la perfection.

  2. Après les attentats, le COVID, maintenant c’est l’énergie ou l’exécutif prends les commandes car “situation de crise”. La démocratie ça sert aussi à gérer les situations de crises hein, si on attend qu’il n’y ai plus de problème pour faire la vraie démocratie on est pas sorti de l’auberge.

  3. Cette méthode lui a super bien réussi comme on l’a constaté aux dernières élections, pourquoi voudrait-il donc en changer ?

Leave a Reply