Oh ça me rappelle le faux documentaire Inside Jamel Comedy Club.
Très très bon humour cringe.
J’adore cette femme. Elle me ressemble
J’ai vu les 5 premiers épisodes au boulot. Je suis dubitatif.
D’abord, on se retrouve encore devant ce projet qui semble être celui de n’importe quel humoriste francophone quand il se lance dans l’auto-fiction : un humour entièrement basé sur le gêne, sur la médiocrité de tous et le quotidien gris, sur une misanthropie généralisée, qui donne pas très envie de lancer le prochain épisode.
Ensuite, il y a pour moi quelque chose d’assez roublard dans ce projet où Gardin incarne un exemple narcissique et bien-pensant de l’époque, pour mieux l’atomiser. Ça donne en surface l’impression qu’elle se moque d’elle-même (vu que le personnage est détestable), qu’elle fonctionne à l’auto-dérision de ses propres failles, or c’est exactement le contraire : le personnage à l’écran est le total inverse de Blanche Gardin, de ce qu’elle pense et ce qu’elle est dans la vie. Du coup le jeu de massacre du film concerne tout le monde sauf elle (elle réalisatrice, qui a raison sur tout). Ce qui est d’autant plus gênant quand les choses qu’elle attaque (des énervements que je partage pourtant : narcissisme victimaire, pseudo-siences…), c’est parfois par des hommes de paille (le passage des colleuses), ou du moins des visions un peu réductrices de ce qu’elle pourfend.
Le top du malaise non voulu est cette façon dont Louis CK (son compagnon) apparait, comme personnage assez parfait (essayant de suivre Blanche avec respect autant qu’il peut, tout en étant lucide de la dérive folle où elle sombre), et que la fausse Blanche, et son époque donc, attaque parce qu’il est un “mâle blanc”. Or ce n’est pas pour ça que Louis CK a été attaqué : c’est pour s’être masturbé devant des femmes qui étaient pas vraiment consentantes – bref, on est loin du respect total et shiny qu’il joue ici, la série essayant de le laver plus blanc que blanc au nom de la folie de l’époque.
Bref, tout ça a une odeur bizarre, ce qui est dommage, car je pense qu’on est beaucoup à attendre le film ou la série sur les dérives de l’époque, et qu’il y a un certain courage au projet, surtout venant de quelqu’un marqué à gauche. Mais pas avec cette configuration hypocrite.
Après, peut-être que les derniers épisodes clarifient le projet (ou l’amènent assez loin pour qu’il trouve de nouvelles choses confronté à des situations extrême).
J’aime pas ce qu’elle fait. Elle ne m’a jamais ne serait ce arraché qu’un sourire.
Après, entre elle et un énième film avec Christian Clavier….
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Oh ça me rappelle le faux documentaire Inside Jamel Comedy Club.
Très très bon humour cringe.
J’adore cette femme. Elle me ressemble
J’ai vu les 5 premiers épisodes au boulot. Je suis dubitatif.
D’abord, on se retrouve encore devant ce projet qui semble être celui de n’importe quel humoriste francophone quand il se lance dans l’auto-fiction : un humour entièrement basé sur le gêne, sur la médiocrité de tous et le quotidien gris, sur une misanthropie généralisée, qui donne pas très envie de lancer le prochain épisode.
Ensuite, il y a pour moi quelque chose d’assez roublard dans ce projet où Gardin incarne un exemple narcissique et bien-pensant de l’époque, pour mieux l’atomiser. Ça donne en surface l’impression qu’elle se moque d’elle-même (vu que le personnage est détestable), qu’elle fonctionne à l’auto-dérision de ses propres failles, or c’est exactement le contraire : le personnage à l’écran est le total inverse de Blanche Gardin, de ce qu’elle pense et ce qu’elle est dans la vie. Du coup le jeu de massacre du film concerne tout le monde sauf elle (elle réalisatrice, qui a raison sur tout). Ce qui est d’autant plus gênant quand les choses qu’elle attaque (des énervements que je partage pourtant : narcissisme victimaire, pseudo-siences…), c’est parfois par des hommes de paille (le passage des colleuses), ou du moins des visions un peu réductrices de ce qu’elle pourfend.
Le top du malaise non voulu est cette façon dont Louis CK (son compagnon) apparait, comme personnage assez parfait (essayant de suivre Blanche avec respect autant qu’il peut, tout en étant lucide de la dérive folle où elle sombre), et que la fausse Blanche, et son époque donc, attaque parce qu’il est un “mâle blanc”. Or ce n’est pas pour ça que Louis CK a été attaqué : c’est pour s’être masturbé devant des femmes qui étaient pas vraiment consentantes – bref, on est loin du respect total et shiny qu’il joue ici, la série essayant de le laver plus blanc que blanc au nom de la folie de l’époque.
Bref, tout ça a une odeur bizarre, ce qui est dommage, car je pense qu’on est beaucoup à attendre le film ou la série sur les dérives de l’époque, et qu’il y a un certain courage au projet, surtout venant de quelqu’un marqué à gauche. Mais pas avec cette configuration hypocrite.
Après, peut-être que les derniers épisodes clarifient le projet (ou l’amènent assez loin pour qu’il trouve de nouvelles choses confronté à des situations extrême).
J’aime pas ce qu’elle fait. Elle ne m’a jamais ne serait ce arraché qu’un sourire.
Après, entre elle et un énième film avec Christian Clavier….