Guerre en Ukraine : « Le camouflet infligé à la Russie rappelle l’humiliation de 1905 »

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  1. *Pour l’historien Florian Louis, codirecteur d’une “Histoire mondiale du XXe siècle”, la guerre en Ukraine prouve que le XXe siècle n’est peut-être pas encore terminé.*

    Ce fut un siècle de bains de sang mondialisés, de totalitarismes et d’idéologies mortifères. Ce fut aussi une ère de progrès inouïs. Le XXe siècle a fait l’objet de nombreuses publications historiques, mais il lui manquait un ouvrage synthétique de référence. C’est chose faite avec une monumentale et passionnante Histoire mondiale du XXe siècle (PUF), qui réunit la fine fleur des historiens français (Johann Chapoutot, Christian Ingrao, Bruno Cabanes, Pierre Grosser…). Le livre revient sur cette période de paradoxes à travers de multiples prismes, politiques, géographiques, économiques, démographiques, religieux, environnementaux…

    Agrégé et docteur en histoire, le codirecteur Florian Louis analyse un siècle qui, comme le prouve la guerre en Ukraine, ne s’est peut-être pas achevé. Il rappelle que depuis les années 1900, “l’appareil d’Etat russe est obnubilé par la volonté de tenir un rang qu’il n’a pas réellement les moyens d’occuper”. Entretien.

    **L’Express : La guerre en Ukraine est marquée par de multiples références à la Seconde Guerre mondiale ou à la guerre froide, entre “dénazification” et stalinisme. Ce siècle ne cesse-t-il de nous hanter ?**

    *Florian Louis :* Il fait plus que nous hanter, il survit et se perpétue. Ces multiples résurgences nous ont beaucoup interpellés alors que nous travaillions à la rédaction de ce livre. L’historien britannique Eric Hobsbawm avait théorisé un “court XXe siècle” qui se serait achevé à l’orée des années 1990, avec la chute du mur de Berlin et l’effondrement de l’URSS. Nous avons choisi de nous arrêter plutôt autour de 2001. Mais cette guerre en Ukraine laisse à penser que le XXe siècle n’est peut-être pas encore terminé. Et que l’une de ses caractéristiques est précisément cette propension à ne pas finir d’en finir.

    Il est d’ailleurs significatif que, bien avant le déclenchement de la guerre d’Ukraine, l’historien que nous avons sollicité pour la rédaction du chapitre sur le XXe siècle russe, Alexandre Sumpf, avait insisté pour pousser son analyse jusqu’à nos jours, arguant de la nécessité de penser la continuité de l’impérialisme russe. L’histoire lui a malheureusement donné raison et fait tristement résonner le titre qu’il a donné à sa contribution : “Empire et contre tout”.

  2. J’ai sincèrement envie que les russes se fassent botter le fion hors d’Ukraine mais soyons prudents avant de parler de débâcle et attendons de voir ce que donne la nouvelle mobilisation partielle.

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