**Altice invoque le secret des affaires pour demander la censure d’articles**
**Le site Reflets a publié une série d’articles en se basant sur une fuite massive de documents du groupe Altice, mis en ligne par des hackers. Le groupe de Patrick Drahi demande en référé devant le tribunal de commerce leur suppression ainsi que l’interdiction pour les journalistes d’écrire à nouveau sur ce sujet.**
Le tribunal de commerce de Nanterre doit se prononcer, mardi 27 septembre, sur une demande en référé déposée par le groupe Altice visant à obtenir la suppression, au nom du secret des affaires, de plusieurs articles publiés par le site Reflets exploitant des documents internes piratés par un groupe de hackers.
Au total, environ 500 000 documents administratifs et financiers ont été mis en ligne le 25 août sur un « hidden service », un site internet non référencé et uniquement accessible via le logiciel Tor et un navigateur spécifique.
Ils ont été piratés le 9 août par un groupe de hackers baptisé « Hive » lors d’une attaque par ransomware, ou rançongiciel. Les pirates avaient alors réussi à s’introduire dans les serveurs du groupe Altice, à copier les données et à y déposer leur ransomware ayant chiffré l’intégralité des données.
Les hackers de Hive avaient également laissé un message réclamant le versement d’une rançon, fixée par la suite à 5 550 000 euros, en échange d’un logiciel permettant de déchiffrer les données. « Votre réseau a été piraté et toutes les données ont été cryptées, écrivaient les pirates. Les données personnelles, les rapports financiers et les documents importants sont prêts à être divulgués. » Pour récupérer ces données, Altice était invité à contacter le « service commercial » de Hive pour acheter leur « logiciel de décryptage ».
Le groupe ayant refusé la rançon, une partie des documents piratés, environ 25 %, a donc été mise en ligne le 25 août. Comme le rapporte Libération, cette publication avait été rapidement repérée par plusieurs spécialistes, dont les journalistes de Reflets, qui ont commencé à travailler sur certains documents.
Le site a tout d’abord publié deux articles le 5 septembre. Dans l’un d’eux, il détaille le train de vie du PDG d’Altice, Patrick Drahi, et de sa famille. « Appartements de luxe, superyacht, jets privés, caprices de milliardaires : la fin de l’abondance annoncée par Emmanuel Macron ne concerne pas tout le monde… », annonce-t-il en introduction.
Reflets a ensuite publié trois autres articles dont le dernier, mis en ligne lundi 26 septembre, détaille la collection d’œuvres d’art de la famille Drahi.
Dans son référé, le groupe Altice demande au tribunal de commerce d’ordonner à Reflets la suppression de trois articles, dont celui publié le 5 septembre, sous astreinte de 500 euros par jour. Il demande également la destruction des données que les journalistes auraient pu récupérer. Enfin, il demande à ce qu’il leur soit interdit de publier « tous contenus se rapportant aux données piratées », en clair que Reflets n’ait plus le droit d’écrire sur ce sujet.
Cette procédure est pour le moins inhabituelle. Les délits de presse relèvent en effet normalement de la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse qui prévoit une procédure spécifique devant des magistrats spécialisés du tribunal correctionnel, et offrant certaines garanties aux journalistes.
> la ministre de la Justice Nicole Belloubet a assuré qu’il ne constituait “pas un recul pour les libertés publiques”
> “L’objectif n’est certainement pas de restreindre la protection juridique accordée aux lanceurs d’alerte, de donner des armes supplémentaires contre la liberté de la presse ou de réinstaurer une forme de censure a priori du juge, abolie en 1881”, a ajouté la garde des Sceaux
> Fustigeant “beaucoup de désinformation”, cet avocat a martelé que “le texte ne pourra pas être appliqué aux journalistes, lanceurs d’alerte ou représentants du personnel”.
LREM était, est et sera à jamais une bande d’incommensurables fumiers.
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**Altice invoque le secret des affaires pour demander la censure d’articles**
**Le site Reflets a publié une série d’articles en se basant sur une fuite massive de documents du groupe Altice, mis en ligne par des hackers. Le groupe de Patrick Drahi demande en référé devant le tribunal de commerce leur suppression ainsi que l’interdiction pour les journalistes d’écrire à nouveau sur ce sujet.**
Le tribunal de commerce de Nanterre doit se prononcer, mardi 27 septembre, sur une demande en référé déposée par le groupe Altice visant à obtenir la suppression, au nom du secret des affaires, de plusieurs articles publiés par le site Reflets exploitant des documents internes piratés par un groupe de hackers.
Au total, environ 500 000 documents administratifs et financiers ont été mis en ligne le 25 août sur un « hidden service », un site internet non référencé et uniquement accessible via le logiciel Tor et un navigateur spécifique.
Ils ont été piratés le 9 août par un groupe de hackers baptisé « Hive » lors d’une attaque par ransomware, ou rançongiciel. Les pirates avaient alors réussi à s’introduire dans les serveurs du groupe Altice, à copier les données et à y déposer leur ransomware ayant chiffré l’intégralité des données.
Les hackers de Hive avaient également laissé un message réclamant le versement d’une rançon, fixée par la suite à 5 550 000 euros, en échange d’un logiciel permettant de déchiffrer les données. « Votre réseau a été piraté et toutes les données ont été cryptées, écrivaient les pirates. Les données personnelles, les rapports financiers et les documents importants sont prêts à être divulgués. » Pour récupérer ces données, Altice était invité à contacter le « service commercial » de Hive pour acheter leur « logiciel de décryptage ».
Le groupe ayant refusé la rançon, une partie des documents piratés, environ 25 %, a donc été mise en ligne le 25 août. Comme le rapporte Libération, cette publication avait été rapidement repérée par plusieurs spécialistes, dont les journalistes de Reflets, qui ont commencé à travailler sur certains documents.
Le site a tout d’abord publié deux articles le 5 septembre. Dans l’un d’eux, il détaille le train de vie du PDG d’Altice, Patrick Drahi, et de sa famille. « Appartements de luxe, superyacht, jets privés, caprices de milliardaires : la fin de l’abondance annoncée par Emmanuel Macron ne concerne pas tout le monde… », annonce-t-il en introduction.
Reflets a ensuite publié trois autres articles dont le dernier, mis en ligne lundi 26 septembre, détaille la collection d’œuvres d’art de la famille Drahi.
Dans son référé, le groupe Altice demande au tribunal de commerce d’ordonner à Reflets la suppression de trois articles, dont celui publié le 5 septembre, sous astreinte de 500 euros par jour. Il demande également la destruction des données que les journalistes auraient pu récupérer. Enfin, il demande à ce qu’il leur soit interdit de publier « tous contenus se rapportant aux données piratées », en clair que Reflets n’ait plus le droit d’écrire sur ce sujet.
Cette procédure est pour le moins inhabituelle. Les délits de presse relèvent en effet normalement de la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse qui prévoit une procédure spécifique devant des magistrats spécialisés du tribunal correctionnel, et offrant certaines garanties aux journalistes.
Cette attaque met en péril le journal Reflet avec les frais de justice que ça va lui couter.
Une [cagnotte en ligne](https://reflets.info/articles/reflets-poursuivi-par-altice-la-liberte-d-informer-menacee) a été mise en place par le journal pour y faire face.
Il est possible qu’Altice ne pense même pas obtenir gain de cause et fait juste ça pour mettre à mal les finances du journal pour intimider la presse indépendante comme a essayé de le faire [Bolloré contre Basta](https://basta.media/Bollore-perd-definitivement-son-premier-proces-en-diffamation-intente-a) il y a quelques années.
Rappel que c’est Macron et sa majorité LREM qui ont mis en place cette saloperie.
[Cet article](https://www.challenges.fr/politique/entreprises-le-texte-protegeant-le-secret-des-affaires-vote-a-l-assemblee-nationale_594104) a bien vieilli :
> la ministre de la Justice Nicole Belloubet a assuré qu’il ne constituait “pas un recul pour les libertés publiques”
> “L’objectif n’est certainement pas de restreindre la protection juridique accordée aux lanceurs d’alerte, de donner des armes supplémentaires contre la liberté de la presse ou de réinstaurer une forme de censure a priori du juge, abolie en 1881”, a ajouté la garde des Sceaux
> Fustigeant “beaucoup de désinformation”, cet avocat a martelé que “le texte ne pourra pas être appliqué aux journalistes, lanceurs d’alerte ou représentants du personnel”.
LREM était, est et sera à jamais une bande d’incommensurables fumiers.
Barbara est demandée sur le fil !