Boris Vallaud : « Je ne crois pas aux privilégiés d’en bas »

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  1. **Boris Vallaud : « Je ne crois pas aux privilégiés d’en bas »**

    **Soucieux de parler aux « classes populaires laborieuses », le chef de file du groupe socialiste à l’Assemblée nationale estime que leurs intérêts sont conciliables avec la transition écologique. Et met en garde contre la banalisation de l’extrême droite.**

    La rentrée politique et sociale s’annonce lourde, en raison d’une stratégie présidentielle consistant à ouvrir plusieurs fronts en même temps. Le test sera important non seulement pour le gouvernement, mais aussi pour son opposition de gauche, dont l’unité et les capacités de mobilisation seront mises à l’épreuve.

    C’est dans ce contexte que Mediapart a rencontré Boris Vallaud, président du groupe socialiste à l’Assemblée nationale, deux semaines après son homologue insoumise Mathilde Panot. Ce haut fonctionnaire, camarade de promotion d’Emmanuel Macron à l’École nationale d’administration (ENA), a été proche d’Arnaud Montebourg puis secrétaire général adjoint à la présidence de la République jusqu’en 2016.

    Élu député pour la première fois il y a cinq ans, dans la troisième circonscription des Landes, il a été la cheville ouvrière du nouveau projet élaboré par le Parti socialiste (PS). Il met en garde le gouvernement contre toute tentative de passage en force sur les retraites, et contribue au débat sur le rapport au travail de la gauche, relancé cet été par les déclarations provocatrices du dirigeant communiste Fabien Roussel.

    **Mediapart : Comment réagissez-vous aux résultats des élections italiennes, et pensez-vous que leur issue constitue une alerte pour la France ?**

    **Boris Vallaud** : L’extrême droite nostalgique de Mussolini au pouvoir, une gauche désunie et une abstention record ? Il n’y a qu’un mot pour définir ce paysage politique : une catastrophe. Pour nos amis italiens d’abord, pour nous ensuite, aussi. Le réveil est sombre pour toute l’Europe. La démocratie est fragilisée partout en Europe, même en France, et ce alors même que la guerre est à nos portes. Il est urgent de redonner un espoir à gauche, c’est un rappel à l’ordre.

    **En France, l’agenda du gouvernement est en train de se préciser. En tant que chef de groupe à l’Assemblée, vous avez rencontré la première ministre, Élisabeth Borne, à plusieurs reprises, notamment mercredi 21 septembre. Comment s’est déroulé l’échange ?**

    Cette rencontre et celles que plusieurs ministres nous ont accordées ne sont pas inutiles mais restent purement informatives. Il ne s’agissait pas de concerter. On sent bien que les décisions, in fine, ne seront pas prises à Matignon après ces échanges.

    La première ministre nous a dit qu’elle ne voyait pas ce qui pouvait poser problème dans la Lopmi [loi d’orientation et de programmation du ministère de l’intérieur – ndlr], ni dans la loi à venir sur les énergies renouvelables. Elle a aussi évoqué les lois sur le budget [projet de loi de finances et projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) – ndlr], dans lesquelles il est question d’intégrer la réforme des retraites.

    Je lui ai dit que la méthode qui consisterait à légiférer sur la retraite au moyen d’un amendement, ou même dans un PLFSS, serait un casus belli pour un enjeu aussi important.

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