**Amnesty International dénonce le rôle de Facebook dans les exactions contre les Rohingyas du Myanmar**
**L’ONG publie un rapport documentant comment, en 2017, le réseau social a été incapable de modérer les messages appelant à la discrimination ou au meurtre des membres de cette minorité ethnique de confession musulmane, et les a même promus via ses algorithmes. Elle demande à sa société mère, Meta, de les indemniser.**
Amnesty International a publié, jeudi 29 septembre, un rapport exigeant de Meta, la société mère de Facebook, réparation pour son rôle dans les opérations de nettoyage ethnique menées par les autorités du Myanmar, en Birmanie, à l’égard des musulmans rohingyas.
Intitulé « L’atrocité des réseaux sociaux. Meta face au droit à réparation des Rohingyas », le rapport documente l’importance prise par les messages haineux, fausses informations et appels au meurtre publiés sur le réseau social dans les exactions commises en 2017. L’entreprise fondée par Mark Zuckerberg a non seulement manqué à son devoir de modération, mais ses algorithmes ont également promu des contenus appelant au meurtre de Rohingyas.
Comme le rappelle Amnesty, depuis fin 2016, les forces de sécurité du Myanmar « ont illégalement tué des milliers de Rohingyas, y compris des enfants en bas âge, commis des viols et d’autres violences sexuelles sur des femmes et des filles rohingyas, torturé des hommes et des garçons sur des lieux de détention, et brûlé des centaines de villages rohingyas ».
Ces exactions ont provoqué un exode massif de 80 % des Rohingyas du nord de l’État d’Arakan. Au total, ce sont 700 000 personnes qui ont quitté le pays pour rejoindre des camps de réfugié·es au Bangladesh.
Ces opérations des forces militaires du Myanmar ont été accompagnées d’une intense propagande sur le réseau social de Meta. « Des éléments liés à l’armée du Myanmar et à des organisations bouddhistes nationalistes radicales ont systématiquement inondé la plateforme Facebook de contenus anti-musulmans, publiant de la désinformation quant à une prise de pouvoir imminente de la part des musulmans dans le pays, et cherchant à présenter les Rohingyas comme des sous-êtres humains et des envahisseurs », explique le rapport.
Amnesty rappelle que la mission internationale indépendante d’établissement des faits sur le Myanmar (IIFFMM), mise en place par les Nations unies, « a conclu que le rôle joué par les réseaux sociaux dans les atrocités qui ont suivi était considérable », notamment parce qu’à cette époque « Facebook était Internet ».
Amnesty cite comme « exemple typique » de ce rôle joué par Facebook, un message stigmatisant un défenseur des droits de l’homme ayant collaboré avec l’IIFFMM et présenté comme « musulman ». Il fut partagé plus de 1 000 fois, accompagné d’appels au meurtre et de messages tels que : « Les musulmans sont des chiens qui doivent être abattus », « Ne le laissez pas vivre. Éliminez totalement sa race. Le temps presse ». Ce message a été signalé à plusieurs reprises par l’IIFFMM à Facebook dont la réaction a été « lente et inefficace », dénonce la mission de l’Onu.
Le rapport cite un autre message posté par le commandant en chef de l’armée du Myanmar, qui s’est depuis emparé du pouvoir lors du coup d’État de février 2021, le général Min Aung Hlaing. « Nous déclarons ouvertement que notre pays n’a absolument pas de race rohingya », écrivait-il le 1er septembre 2017 sur sa page Facebook. Celle-ci ne sera fermée par les modérateurs qu’en 2018.
2 comments
**Amnesty International dénonce le rôle de Facebook dans les exactions contre les Rohingyas du Myanmar**
**L’ONG publie un rapport documentant comment, en 2017, le réseau social a été incapable de modérer les messages appelant à la discrimination ou au meurtre des membres de cette minorité ethnique de confession musulmane, et les a même promus via ses algorithmes. Elle demande à sa société mère, Meta, de les indemniser.**
Amnesty International a publié, jeudi 29 septembre, un rapport exigeant de Meta, la société mère de Facebook, réparation pour son rôle dans les opérations de nettoyage ethnique menées par les autorités du Myanmar, en Birmanie, à l’égard des musulmans rohingyas.
Intitulé « L’atrocité des réseaux sociaux. Meta face au droit à réparation des Rohingyas », le rapport documente l’importance prise par les messages haineux, fausses informations et appels au meurtre publiés sur le réseau social dans les exactions commises en 2017. L’entreprise fondée par Mark Zuckerberg a non seulement manqué à son devoir de modération, mais ses algorithmes ont également promu des contenus appelant au meurtre de Rohingyas.
Comme le rappelle Amnesty, depuis fin 2016, les forces de sécurité du Myanmar « ont illégalement tué des milliers de Rohingyas, y compris des enfants en bas âge, commis des viols et d’autres violences sexuelles sur des femmes et des filles rohingyas, torturé des hommes et des garçons sur des lieux de détention, et brûlé des centaines de villages rohingyas ».
Ces exactions ont provoqué un exode massif de 80 % des Rohingyas du nord de l’État d’Arakan. Au total, ce sont 700 000 personnes qui ont quitté le pays pour rejoindre des camps de réfugié·es au Bangladesh.
Ces opérations des forces militaires du Myanmar ont été accompagnées d’une intense propagande sur le réseau social de Meta. « Des éléments liés à l’armée du Myanmar et à des organisations bouddhistes nationalistes radicales ont systématiquement inondé la plateforme Facebook de contenus anti-musulmans, publiant de la désinformation quant à une prise de pouvoir imminente de la part des musulmans dans le pays, et cherchant à présenter les Rohingyas comme des sous-êtres humains et des envahisseurs », explique le rapport.
Amnesty rappelle que la mission internationale indépendante d’établissement des faits sur le Myanmar (IIFFMM), mise en place par les Nations unies, « a conclu que le rôle joué par les réseaux sociaux dans les atrocités qui ont suivi était considérable », notamment parce qu’à cette époque « Facebook était Internet ».
Amnesty cite comme « exemple typique » de ce rôle joué par Facebook, un message stigmatisant un défenseur des droits de l’homme ayant collaboré avec l’IIFFMM et présenté comme « musulman ». Il fut partagé plus de 1 000 fois, accompagné d’appels au meurtre et de messages tels que : « Les musulmans sont des chiens qui doivent être abattus », « Ne le laissez pas vivre. Éliminez totalement sa race. Le temps presse ». Ce message a été signalé à plusieurs reprises par l’IIFFMM à Facebook dont la réaction a été « lente et inefficace », dénonce la mission de l’Onu.
Le rapport cite un autre message posté par le commandant en chef de l’armée du Myanmar, qui s’est depuis emparé du pouvoir lors du coup d’État de février 2021, le général Min Aung Hlaing. « Nous déclarons ouvertement que notre pays n’a absolument pas de race rohingya », écrivait-il le 1er septembre 2017 sur sa page Facebook. Celle-ci ne sera fermée par les modérateurs qu’en 2018.
La source https://www.amnesty.fr/actualites/facebook-a-contribue-au-nettoyage-ethnique-des-rohingyas