« Bloc syndical » policier : un mariage scellé par Alliance et béni par Darmanin

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  1. **« Bloc syndical » policier : un mariage scellé par Alliance et béni par Darmanin**

    **Treize syndicats de police ont annoncé leur rapprochement en vue des prochaines élections professionnelles. Mercredi, à la Bourse du travail de Paris, le ministre de l’intérieur s’est félicité de cette union née à l’initiative d’Alliance, une organisation très ancrée à droite.**

    Le 28 septembre, à Paris, la salle principale de la Bourse du travail, où trône le buste de Jean Jaurès, est bleue. Le bleu de la couleur des tee-shirts qu’arborent les délégués régionaux d’un des principaux syndicats de police, Alliance, venus fêter l’union de leur organisation avec leurs homologues de l’Unsa Police.

    À quelques semaines des élections professionnelles prévues en décembre, ce rapprochement syndical réunit en un seul bloc treize organisations représentant les gardiens de la paix, les officiers, les commissaires, les administratifs et les scientifiques. Pour célébrer ce rapprochement, le ministre de l’intérieur Gérald Darmanin, le directeur général de la police nationale Frédéric Veaux et le préfet de police Laurent Nuñez ont répondu présents.

    Aux alentours de 16 heures, dans l’attente de l’arrivée du ministre, les chiens des compagnies cynophiles de recherche d’explosifs reniflent les sacs des journalistes tandis que les 500 délégués d’Alliance et d’Unsa Police prennent place dans la salle « Ambroise Croizat ».

    Le secrétaire général d’Alliance, Fabien Vanhemelryck, arbore un large sourire. Arrivé en deuxième place lors des élections de 2018, avec 31,8 % des voix derrière Unité SGP Police-FO (34,4 %), son syndicat devient ainsi majoritaire en s’unissant avec Unsa Police, arrivé troisième (15,6 %).

    Dans ce nouveau bloc, Alliance et l’Unsa sont suivis par onze autres organisations, parmi lesquelles Synergie Officiers, le Syndicat des commissaires de la police nationale (SCPN), le Syndicat indépendant des commissaires de police (SICP), le Syndicat national indépendant des personnels administratifs techniques et scientifiques de la police nationale (SNIPAT), ou encore l’Union des officiers-Unsa.

    Un mariage qui pourrait sembler contre-nature, compte tenu des positions radicales d’Alliance, pas toujours partagées par certains syndicats ralliés à Unsa Police. Le secrétaire général du SNIPAT, Georges Knecht, souhaite « faire entendre ses effectifs, 20 000 personnes qui travaillent dans l’ombre », tout en assurant « continuer à dire haut et fort ce qu[’il] souhaite ».

    Interrogé sur la surenchère régulière d’Alliance, il le répète : « Ces listes communes sont la meilleure proposition que nous ayons eue pour être considérés. »

    Georges Knecht n’a donc pas souhaité expliquer comment il composera avec le syndicat Alliance qui aspire, notamment, à limiter le droit fondamental de manifester en facilitant et en élargissant les interdictions administratives, le retour des « peines plancher » pour les personnes coupables d’agressions contre les forces de l’ordre, ou la « présomption de légitime défense » pour les forces de l’ordre.

    Prenant régulièrement pour cible la justice, Alliance ne se lasse pas de rappeler que « le problème de la police, c’est la justice », phrase lancée par son secrétaire général, Fabien Vanhemelryck, lors de la mobilisation policière du 19 mai 2021, devant l’Assemblée nationale.

    « Il y a deux ans, en janvier 2020, l’ancien secrétaire général d’Unsa Police [Philippe Capon – ndlr] dénonçait les violences policières commises lors des manifestations des “gilets jaunes” devant Castaner, Nuñez [alors secrétaire d’État – ndlr] et Lallement. Et il n’avait pas peur de pointer la responsabilité de l’État dans cette gestion. On est bien loin aujourd’hui de la défense de telles valeurs républicaines et qui étaient déjà rares à cette époque. Aujourd’hui, elles sont quasi mortes », soupire un officier de police qui préfère garder l’anonymat.

    Il regrette qu’au sein de la police le syndicalisme soit réduit à du corporatisme, qui « dessert bien plus les policiers, les opposant davantage à la population, sans forcément améliorer leur quotidien. Il suffit de voir le nombre de suicides ».

  2. > article intéressant car il précise les orientations politiques des syndicats policiers ( m’enfin, version médiapart )

    … “Un mariage qui pourrait sembler contre-nature”… : on peut déjà parler des divorces dès le lendemain des résultats de ces élections professionnelles…

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