**Au moins 25 % des chômeurs ne réclament pas leur allocation**
**Entre 390 000 et 690 000 personnes ne demandent pas d’allocation chômage alors qu’elles y ont droit, soit de 25 % à 42 % de taux de non-recours, essentiellement chez les plus précaires. Des chiffres communiqués au Parlement par le gouvernement.**
Dans le concert des préjugés sur les chômeuses et les chômeurs, c’est une remarquable dissonance. De quoi nourrir les débats, alors que l’Assemblée nationale examine, à partir de lundi 3 octobre, le projet de loi assurance-chômage, ouvrant la voie à une nouvelle réforme.
Un rapport du gouvernement, que Mediapart a pu consulter après Les Échos, révèle des chiffres saisissants sur le non-recours à l’assurance-chômage. Les estimations sont larges mais éloquentes : entre 25 % et 42 % des salarié·es éligibles après une fin de contrat ne réclament pas leurs droits au chômage. Soit, sur un an, entre 390 000 et 690 000 personnes.
Selon ce document, qui vient d’être remis au Parlement, le taux de non-recours est « comparable à celui observé sur d’autres prestations sociales » et provient d’une enquête quantitative, co-réalisée par la Dares, l’institut statistique du ministère du travail, et des chercheurs et chercheuses de l’École d’économie de Paris.
L’étude porte sur une période précise : de novembre 2018 à octobre 2019. Soit avant la crise sanitaire et sous l’ancienne convention d’assurance-chômage, précédant la réforme entrée en vigueur en 2021.
Si les chiffres du non-recours aux allocations chômage sont bavards et battent en brèche nombre d’idées reçues, les détails de l’enquête méritent attention. En particulier le profil des « non-recourants » qui sont essentiellement des travailleuses et travailleurs précaires, ayant peu de droits.
« Les salariés en contrats temporaires (intérim et CDD) recourent significativement moins à l’assurance-chômage que les salariés en fin de CDI », souligne ainsi le rapport. « Les non-recourants ont travaillé moins longtemps que les recourants, leurs droits potentiels sont donc plus faibles : ainsi, plus de la moitié (55 %) des éligibles ayant travaillé entre 4 et 6 mois ne recourent pas à l’assurance-chômage, contre 19 % pour ceux ayant travaillé plus de deux ans. » Le rapport indique également que « près d’un quart [des non-recourants] retrouvent un emploi dans le mois suivant la fin de contrat, contre 15 % des recourants ».
Quelle bande de fainéants. /s
En même temps, quand on voit le nombre de dossiers de demandeurs d’emploi par rapport au nombre de conseillers Pôle Emploi disponibles pour les traiter, on comprends pourquoi la moindre démarche (type demande d’ARE) prends un temps dingue.
Et face à cette inertie, il y a de quoi être découragé, oui. Et ne rien demander.
Ça en est où la proposition de Macron sur le versement automatique des aides ?
Macron a parfaitement connaissance du problème puisqu’il a éte le seul lors des présidentielles à proposer le versement à la source des prestations sociales, projet chiffré à plusieurs dizaines de millliards d’euros.
Le versement du RSA et des APL sont en test pour 2023.
C’est probablement la meilleure réforme, en cela qu’elle est du domaine du réalisable en plus d’être très concrètement dans le sens de plus de justice sociale et de respect des droits individuels, que j’ai pu voir en 2022.
Ça n’a aucun sens qu’elle soit absente des programmes de gauche par contre, c’est du délire.
5 comments
**Au moins 25 % des chômeurs ne réclament pas leur allocation**
**Entre 390 000 et 690 000 personnes ne demandent pas d’allocation chômage alors qu’elles y ont droit, soit de 25 % à 42 % de taux de non-recours, essentiellement chez les plus précaires. Des chiffres communiqués au Parlement par le gouvernement.**
Dans le concert des préjugés sur les chômeuses et les chômeurs, c’est une remarquable dissonance. De quoi nourrir les débats, alors que l’Assemblée nationale examine, à partir de lundi 3 octobre, le projet de loi assurance-chômage, ouvrant la voie à une nouvelle réforme.
Un rapport du gouvernement, que Mediapart a pu consulter après Les Échos, révèle des chiffres saisissants sur le non-recours à l’assurance-chômage. Les estimations sont larges mais éloquentes : entre 25 % et 42 % des salarié·es éligibles après une fin de contrat ne réclament pas leurs droits au chômage. Soit, sur un an, entre 390 000 et 690 000 personnes.
Selon ce document, qui vient d’être remis au Parlement, le taux de non-recours est « comparable à celui observé sur d’autres prestations sociales » et provient d’une enquête quantitative, co-réalisée par la Dares, l’institut statistique du ministère du travail, et des chercheurs et chercheuses de l’École d’économie de Paris.
L’étude porte sur une période précise : de novembre 2018 à octobre 2019. Soit avant la crise sanitaire et sous l’ancienne convention d’assurance-chômage, précédant la réforme entrée en vigueur en 2021.
Si les chiffres du non-recours aux allocations chômage sont bavards et battent en brèche nombre d’idées reçues, les détails de l’enquête méritent attention. En particulier le profil des « non-recourants » qui sont essentiellement des travailleuses et travailleurs précaires, ayant peu de droits.
« Les salariés en contrats temporaires (intérim et CDD) recourent significativement moins à l’assurance-chômage que les salariés en fin de CDI », souligne ainsi le rapport. « Les non-recourants ont travaillé moins longtemps que les recourants, leurs droits potentiels sont donc plus faibles : ainsi, plus de la moitié (55 %) des éligibles ayant travaillé entre 4 et 6 mois ne recourent pas à l’assurance-chômage, contre 19 % pour ceux ayant travaillé plus de deux ans. » Le rapport indique également que « près d’un quart [des non-recourants] retrouvent un emploi dans le mois suivant la fin de contrat, contre 15 % des recourants ».
Quelle bande de fainéants. /s
En même temps, quand on voit le nombre de dossiers de demandeurs d’emploi par rapport au nombre de conseillers Pôle Emploi disponibles pour les traiter, on comprends pourquoi la moindre démarche (type demande d’ARE) prends un temps dingue.
Et face à cette inertie, il y a de quoi être découragé, oui. Et ne rien demander.
Ça en est où la proposition de Macron sur le versement automatique des aides ?
Macron a parfaitement connaissance du problème puisqu’il a éte le seul lors des présidentielles à proposer le versement à la source des prestations sociales, projet chiffré à plusieurs dizaines de millliards d’euros.
Le versement du RSA et des APL sont en test pour 2023.
C’est probablement la meilleure réforme, en cela qu’elle est du domaine du réalisable en plus d’être très concrètement dans le sens de plus de justice sociale et de respect des droits individuels, que j’ai pu voir en 2022.
Ça n’a aucun sens qu’elle soit absente des programmes de gauche par contre, c’est du délire.