Bonjour r/france, nous sommes samedi et depuis deux jours Annie Ernaux est prix Nobel de Littérature. C’est la dame dans la bannière là. Cet article assez court (et sans paywall !) revient sur son oeuvre, sa particularité et les raisons qui ont sans doute poussé l’Académie à l’honorer cette semaine. C’est aussi l’occasion de vous faire découvrir la revue littéraire en ligne En attendant Nadeau, riche d’entretiens et de revues de livres de toutes sortes.
>« Ce qui compte pour elle, c’est de saisir cette durée qui constitue son passage sur la terre à une époque donnée, ce temps qui l’a traversée, ce monde qu’elle a enregistré rien qu’en vivant. […] Elle retrouve alors, dans une satisfaction profonde, quasi éblouissante – que ne lui donne pas l’image, seule, du souvenir personnel –, une sorte de vaste sensation collective, dans laquelle sa conscience, tout son être est *pris*. » (Les Années, 2008)
Pour rentrer un peu plus dans le vif du sujet, je vous propose aussi cette interview un peu plus longue, qui évoque plusieurs de ses textes et son approche de l’écriture : l’occasion de vous faire une idée si vous voulez essayer un livre d’elle mais vous ne savez pas lequel choisir. [https://www.en-attendant-nadeau.fr/2022/10/08/entretien-annie-ernaux/](https://www.en-attendant-nadeau.fr/2022/10/08/entretien-annie-ernaux/)
>« Travailler sur un auteur du programme peut-être, Victor Hugo ou Péguy. Quel écœurement. Il n’y a rien pour moi là-dedans sur ma situation, pas un passage pour décrire ce que je sens maintenant, m’aider à passer mes sales moments. Il y a bien des prières pour toutes les occasions, les naissances, les mariages, l’agonie, on devrait trouver des morceaux choisis sur tout, sur une fille de vingt ans qui est allée chez la faiseuse d’anges, qui en sort, ce qu’elle pense en marchant, en se jetant sur son lit. Je lirais et je relirais. Les bouquins sont muets là-dessus. Une belle description de sonde, une transfiguration de la sonde… » (Les Armoires vides, 1974)
Les Années est un portrait de la France qui va de 1950 à 2000, des modes de vies des gens, de ce qui les animait et comment tout cela évolue au fur et à mesure que l’Histoire avance, via son histoire personnelle, des souvenirs et des photographies. Je ne connais rien de comparable.
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Bonjour r/france, nous sommes samedi et depuis deux jours Annie Ernaux est prix Nobel de Littérature. C’est la dame dans la bannière là. Cet article assez court (et sans paywall !) revient sur son oeuvre, sa particularité et les raisons qui ont sans doute poussé l’Académie à l’honorer cette semaine. C’est aussi l’occasion de vous faire découvrir la revue littéraire en ligne En attendant Nadeau, riche d’entretiens et de revues de livres de toutes sortes.
>« Ce qui compte pour elle, c’est de saisir cette durée qui constitue son passage sur la terre à une époque donnée, ce temps qui l’a traversée, ce monde qu’elle a enregistré rien qu’en vivant. […] Elle retrouve alors, dans une satisfaction profonde, quasi éblouissante – que ne lui donne pas l’image, seule, du souvenir personnel –, une sorte de vaste sensation collective, dans laquelle sa conscience, tout son être est *pris*. » (Les Années, 2008)
Pour rentrer un peu plus dans le vif du sujet, je vous propose aussi cette interview un peu plus longue, qui évoque plusieurs de ses textes et son approche de l’écriture : l’occasion de vous faire une idée si vous voulez essayer un livre d’elle mais vous ne savez pas lequel choisir. [https://www.en-attendant-nadeau.fr/2022/10/08/entretien-annie-ernaux/](https://www.en-attendant-nadeau.fr/2022/10/08/entretien-annie-ernaux/)
Un autre article intéressant avec plusieurs extraits, mais sous paywall : [https://www.mediapart.fr/journal/culture-idees/071022/le-nobel-couronne-annie-ernaux-et-son-oeuvre-intime-et-percutante](https://www.mediapart.fr/journal/culture-idees/071022/le-nobel-couronne-annie-ernaux-et-son-oeuvre-intime-et-percutante)
>« Travailler sur un auteur du programme peut-être, Victor Hugo ou Péguy. Quel écœurement. Il n’y a rien pour moi là-dedans sur ma situation, pas un passage pour décrire ce que je sens maintenant, m’aider à passer mes sales moments. Il y a bien des prières pour toutes les occasions, les naissances, les mariages, l’agonie, on devrait trouver des morceaux choisis sur tout, sur une fille de vingt ans qui est allée chez la faiseuse d’anges, qui en sort, ce qu’elle pense en marchant, en se jetant sur son lit. Je lirais et je relirais. Les bouquins sont muets là-dessus. Une belle description de sonde, une transfiguration de la sonde… » (Les Armoires vides, 1974)
Si vous êtes branchés podcasts, vous pouvez écouter Les Années lu intégralement sur Radio France, en plusieurs épisodes : [https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/serie-les-annees-de-annie-ernaux](https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/serie-les-annees-de-annie-ernaux)
Les Années est un portrait de la France qui va de 1950 à 2000, des modes de vies des gens, de ce qui les animait et comment tout cela évolue au fur et à mesure que l’Histoire avance, via son histoire personnelle, des souvenirs et des photographies. Je ne connais rien de comparable.
Les haineux vont haïr… Ou pas ? Un dernier article des pages cultures du Figaro, sans paywall : [https://www.lefigaro.fr/livres/annie-ernaux-et-cergy-pontoise-une-banlieue-devenue-objet-litteraire-20221007](https://www.lefigaro.fr/livres/annie-ernaux-et-cergy-pontoise-une-banlieue-devenue-objet-litteraire-20221007)
[Attention, ce n’est pas facile.](https://imgur.com/a/HXHcMvL)
Fou de voir un Nobel qui récompense une écriture aussi plate et sans grand intérêt..