>François Ruffin lui-même se dit mal à l’aise. “Je n’ai plus envie de hurler sur les bancs de l’Assemblée Nationale. Je l’ai dit au groupe : ça ne sert à rien. Ça renforce le RN. Je vais me ‘soc-demiser’ [jouer le bon député social démocrate, NDLR]”, plaisante-t-il. Sous-entendu : ne plus jouer le bruit et la fureur à l’Assemblée nationale.
Si LFI pouvait suivre son exemple…
Mur de paie. Dommage ça avait l’air intéressant
Un député normal
«J’ai changé», pourrait dire François Ruffin reprenant une antienne bien connue en politique. A France Inter, le député LFI, qui s’était fait le spécialiste des coups dans l’hémicycle lors du premier quinquennat Macron, explique évoluer sur sa manière de s’opposer. «Je n’ai plus envie de hurler sur les bancs de l’Assemblée», dit celui qui a connu un certain succès d’audience avec ses vidéos de coups de gueule ou ses prises de parole faites avec un maillot de foot sur le dos. Il poursuit, alors que la Nupes s’interroge sur l’attitude et le comportement à adopter face à la majorité et face à la notabilisation du RN, qui justement joue les élèves modèles pour se distinguer des Insoumis : «Je l’ai dit au groupe : ça ne sert à rien. Ça renforce le RN.» Et Ruffin de conclure d’une boutade : «Je vais me “soc-démiser.”» Un pas de côté par rapport à la doctrine mélenchoniste de conflictualisation de tous les débats.
Pas de ça chez nous
Si le clivage droite-gauche connaît une résurgence en macronie, il y a un autre sujet qui marque une rupture nette entre gauche et droite : les partis de gauche se sont dotés de cellules contre les violences sexistes et sexuelles, contrairement aux partis de droite. Selon ce clivage, Renaissance pencherait plutôt à gauche – rare marqueur en ce sens. A l’inverse d’Horizons qui se positionne clairement à droite. Dans une interview au Parisien dimanche, Edouard Philippe a ainsi expliqué que «non», Horizons ne créerait pas une telle cellule. Et l’ancien Premier ministre de justifier cette décision, identique à ce que font le Modem, LR et le RN notamment : «Si des gens constatent ou subissent des agissements de ce type, ils doivent saisir la justice.» Et Philippe d’assurer quand même que son parti «sera sans complaisance» sur le sujet. Encore heureux.
Perdre c’est gagner
Les textes débattus cet été et la reprise des travaux à l’Assemblée début octobre l’ont montré : la majorité relative va devoir apprendre à perdre. Toute la question sera de mesurer l’importance de ces défaites pour le camp présidentiel. Car si la macronie ne pourra pas se permettre de laisser les oppositions imposer leurs vues trop éloignées de la ligne gouvernementale, elle pourrait avoir intérêt à leur laisser quelques victoires symboliques sur des sujets moins clivants. «Il faut parfois savoir perdre ce réflexe viriliste qui consiste à ne pas vouloir donner de gain politique aux oppositions modérées», plaide ainsi le député Renaissance Florent Boudié dans l’Opinion. Une manière, aussi, de jouer la carte du «compromis» au sein de «l’arc républicain», pierre angulaire de la «nouvelle méthode» promise par Macron mais peu mise en œuvre jusqu’ici.
Le chiffre : 7
C’est le nombre de points gagnés par Jean-Noël Barrot entre les législatives de juin et l’élection partielle de dimanche. Le ministre délégué (Modem) à la Transition numérique a été facilement élu avec 71,67 % des voix au second tour de la partielle dans la 2e circonscription des Yvelines, convoquée après la démission en août de sa suppléante. L’adversaire de Barrot, la candidate Nupes Maïté Carrive-Bedouani obtient 28,33 % des suffrages. C’est une baisse importante par rapport à son score de 35,73 % au second tour de juin. Barrot a remercié les électeurs «pour leur confiance renouvelée», ajoutant : «Leur message est clair : l’action dans le rassemblement et le dialogue derrière Macron plutôt que le désordre et le rejet permanent du compromis.» Dans cette circonscription, la participation a été très très faible pour ce nouveau scrutin : seulement 22,17 % des électeurs se sont déplacés, contre 55 % en juin. Ce qui atténue grandement la portée de la progression du ministre.
c’est un jeu de mot pourri sur “sodomiser” ou c’est que moi qui a l’esprit mal tourné?
Ça y est on peut dire que Ruffin est de droite ?
Le titre est un peu putaclic non ? Il le dit en plaisantant…
Chez moi on appelle ça simplement être civilisé.
Je me prends une volée de fions à chaque fois que je tiens ce discours ici ou sur les réseaux globalement.
Et je peux comprendre la méfiance naturelle que beaucoup de gens à gauche ont pour quiconque parle d’ouverture sur sa droite, parce qu’il y a eu plein de faux-drapeaux en tout genres…
Mais la ligne France Insoumise n’a aucune issue. C’est le même débat que dans l’autre post sur la déclaration de Hollande.
L’électorat de Hollande en 2012, c’est en grande partie l’ancien électorat de Mitterrand en 1981 et en 1988. Et c’est en grande partie aussi l’électorat de Macron en 2017.
Il n’y a a jamais eu de réservoir de vote suffisant à la gauche de la gauche pour qu’un parti comme FI remporte une élection.
Le gros non-dit de la stratégie de Mélenchon c’était qu’il voulait abandonner le réservoir du centre pour récupérer celui de l’extrême droite. C’est pour ça qu’il tape dans le même sens que l’extrême droite sur le vaccin, sur les Gilets Jaunes, sur l’anti-atlantisme, sur l’establishment européen etc…
La NUPES, ou toute autre tentative d’union à gauche, ne pourra constituer une opposition de premier plan, voire un vainqueur, que s’il replace sa ligne plus à droite, pour récupérer le vote centriste. C’est évident si vous regardez un tant soit peu les résultats des dernières élections et les dynamiques des reports de vote.
Donc Ruffin qui est toujours moins tête de con que les autres, a parfaitement raison.
Il a fallu que je m’y reprenne plusieurs fois pour lire autre chose que “François Ruffin veut se sodomiser”
enfin un qui a la lumière, le populisme de gauche ça ne peut pas fonctionner à grande échelle
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>François Ruffin lui-même se dit mal à l’aise. “Je n’ai plus envie de hurler sur les bancs de l’Assemblée Nationale. Je l’ai dit au groupe : ça ne sert à rien. Ça renforce le RN. Je vais me ‘soc-demiser’ [jouer le bon député social démocrate, NDLR]”, plaisante-t-il. Sous-entendu : ne plus jouer le bruit et la fureur à l’Assemblée nationale.
Si LFI pouvait suivre son exemple…
Mur de paie. Dommage ça avait l’air intéressant
Un député normal
«J’ai changé», pourrait dire François Ruffin reprenant une antienne bien connue en politique. A France Inter, le député LFI, qui s’était fait le spécialiste des coups dans l’hémicycle lors du premier quinquennat Macron, explique évoluer sur sa manière de s’opposer. «Je n’ai plus envie de hurler sur les bancs de l’Assemblée», dit celui qui a connu un certain succès d’audience avec ses vidéos de coups de gueule ou ses prises de parole faites avec un maillot de foot sur le dos. Il poursuit, alors que la Nupes s’interroge sur l’attitude et le comportement à adopter face à la majorité et face à la notabilisation du RN, qui justement joue les élèves modèles pour se distinguer des Insoumis : «Je l’ai dit au groupe : ça ne sert à rien. Ça renforce le RN.» Et Ruffin de conclure d’une boutade : «Je vais me “soc-démiser.”» Un pas de côté par rapport à la doctrine mélenchoniste de conflictualisation de tous les débats.
Pas de ça chez nous
Si le clivage droite-gauche connaît une résurgence en macronie, il y a un autre sujet qui marque une rupture nette entre gauche et droite : les partis de gauche se sont dotés de cellules contre les violences sexistes et sexuelles, contrairement aux partis de droite. Selon ce clivage, Renaissance pencherait plutôt à gauche – rare marqueur en ce sens. A l’inverse d’Horizons qui se positionne clairement à droite. Dans une interview au Parisien dimanche, Edouard Philippe a ainsi expliqué que «non», Horizons ne créerait pas une telle cellule. Et l’ancien Premier ministre de justifier cette décision, identique à ce que font le Modem, LR et le RN notamment : «Si des gens constatent ou subissent des agissements de ce type, ils doivent saisir la justice.» Et Philippe d’assurer quand même que son parti «sera sans complaisance» sur le sujet. Encore heureux.
Perdre c’est gagner
Les textes débattus cet été et la reprise des travaux à l’Assemblée début octobre l’ont montré : la majorité relative va devoir apprendre à perdre. Toute la question sera de mesurer l’importance de ces défaites pour le camp présidentiel. Car si la macronie ne pourra pas se permettre de laisser les oppositions imposer leurs vues trop éloignées de la ligne gouvernementale, elle pourrait avoir intérêt à leur laisser quelques victoires symboliques sur des sujets moins clivants. «Il faut parfois savoir perdre ce réflexe viriliste qui consiste à ne pas vouloir donner de gain politique aux oppositions modérées», plaide ainsi le député Renaissance Florent Boudié dans l’Opinion. Une manière, aussi, de jouer la carte du «compromis» au sein de «l’arc républicain», pierre angulaire de la «nouvelle méthode» promise par Macron mais peu mise en œuvre jusqu’ici.
Le chiffre : 7
C’est le nombre de points gagnés par Jean-Noël Barrot entre les législatives de juin et l’élection partielle de dimanche. Le ministre délégué (Modem) à la Transition numérique a été facilement élu avec 71,67 % des voix au second tour de la partielle dans la 2e circonscription des Yvelines, convoquée après la démission en août de sa suppléante. L’adversaire de Barrot, la candidate Nupes Maïté Carrive-Bedouani obtient 28,33 % des suffrages. C’est une baisse importante par rapport à son score de 35,73 % au second tour de juin. Barrot a remercié les électeurs «pour leur confiance renouvelée», ajoutant : «Leur message est clair : l’action dans le rassemblement et le dialogue derrière Macron plutôt que le désordre et le rejet permanent du compromis.» Dans cette circonscription, la participation a été très très faible pour ce nouveau scrutin : seulement 22,17 % des électeurs se sont déplacés, contre 55 % en juin. Ce qui atténue grandement la portée de la progression du ministre.
c’est un jeu de mot pourri sur “sodomiser” ou c’est que moi qui a l’esprit mal tourné?
Ça y est on peut dire que Ruffin est de droite ?
Le titre est un peu putaclic non ? Il le dit en plaisantant…
Chez moi on appelle ça simplement être civilisé.
Je me prends une volée de fions à chaque fois que je tiens ce discours ici ou sur les réseaux globalement.
Et je peux comprendre la méfiance naturelle que beaucoup de gens à gauche ont pour quiconque parle d’ouverture sur sa droite, parce qu’il y a eu plein de faux-drapeaux en tout genres…
Mais la ligne France Insoumise n’a aucune issue. C’est le même débat que dans l’autre post sur la déclaration de Hollande.
L’électorat de Hollande en 2012, c’est en grande partie l’ancien électorat de Mitterrand en 1981 et en 1988. Et c’est en grande partie aussi l’électorat de Macron en 2017.
Il n’y a a jamais eu de réservoir de vote suffisant à la gauche de la gauche pour qu’un parti comme FI remporte une élection.
Le gros non-dit de la stratégie de Mélenchon c’était qu’il voulait abandonner le réservoir du centre pour récupérer celui de l’extrême droite. C’est pour ça qu’il tape dans le même sens que l’extrême droite sur le vaccin, sur les Gilets Jaunes, sur l’anti-atlantisme, sur l’establishment européen etc…
La NUPES, ou toute autre tentative d’union à gauche, ne pourra constituer une opposition de premier plan, voire un vainqueur, que s’il replace sa ligne plus à droite, pour récupérer le vote centriste. C’est évident si vous regardez un tant soit peu les résultats des dernières élections et les dynamiques des reports de vote.
Donc Ruffin qui est toujours moins tête de con que les autres, a parfaitement raison.
Il a fallu que je m’y reprenne plusieurs fois pour lire autre chose que “François Ruffin veut se sodomiser”
enfin un qui a la lumière, le populisme de gauche ça ne peut pas fonctionner à grande échelle