**L’ancien communicant de Le Drian impliqué dans une campagne de manipulation de l’information**
**Une salariée de l’agence Majorelle, dirigée par le communicant Sacha Mandel, a témoigné, documents à l’appui, dans le cadre d’une procédure judiciaire, de la participation de son patron dans une campagne de dénigrement en ligne contre un homme d’affaires luxembourgeois.**
**Inconnu du grand public,** Sacha Mandel façonne depuis des années l’image de personnalités influentes de la vie politique et du monde des affaires. Mais ce « spin doctor » très introduit sur la place de Paris, qui fut notamment le communicant de Jean-Yves Le Drian au ministère de la défense (2012-2017), s’adonne aussi à d’autres activités, plus confidentielles celles-là : le dénigrement de personnalités publiques, qui se trouvent être en contentieux ou concurrence avec des clients de son agence, Majorelle, qu’il dirige avec Anne Hommel, ancienne conseillère de Dominique Strauss-Kahn et Jérôme Cahuzac.
Pour ce faire, Majorelle a rédigé des articles attaquant des « cibles » de clients de l’agence, avant de les diffuser sur Internet, sous pseudonyme, sans que le public ne sache qu’il s’agissait en réalité de prestations commerciales.
Cette pratique est similaire à celle de l’agence Avisa Partners, dont Mediapart a narré les opérations pour le compte de sociétés du CAC 40 ou de dictatures étrangères. Comme Avisa, Sacha Mandel a lui aussi infiltré Le Club de Mediapart, plateforme de blogs qui permet à tout·e citoyen·ne de publier des contenus, dévoyant ainsi sciemment l’esprit de cet espace participatif (lire notre Boîte noire).
Cette information aurait dû rester secrète, jusqu’aux révélations récentes d’une ex-salariée de Majorelle, qui a finalement levé le voile sur ce pan des méthodes de l’agence à la faveur d’une procédure judiciaire intentée par un homme d’affaires luxembourgeois, comme l’a raconté Le Point.
S’estimant diffamé par plusieurs billets de blog diffusés en 2020 (dont trois dans Le Club de Mediapart), le milliardaire Éric Lux, qui a fait fortune dans l’immobilier et a investi dans l’écurie de Formule 1 Lotus Renault GP, a saisi la justice française dans l’espoir de retrouver leurs auteurs, et de les faire condamner.
Après avoir adressé une demande d’identification, son avocate Me Ilana Soskin a pu remonter la trace des auteurs des articles incriminés, jusqu’à tomber sur Joséphine T., une salariée de Majorelle alors âgée de 25 ans.
Entendue le 20 mai 2021 par une policière de la brigade de répression de la délinquance contre la personne (BRDP), l’employée a immédiatement reconnu qu’elle avait bien procédé à la mise en ligne des trois papiers contre Éric Lux dans le Club de Mediapart en utilisant le pseudonyme « jlanz2798 », un profil créé pour l’occasion.
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**L’ancien communicant de Le Drian impliqué dans une campagne de manipulation de l’information**
**Une salariée de l’agence Majorelle, dirigée par le communicant Sacha Mandel, a témoigné, documents à l’appui, dans le cadre d’une procédure judiciaire, de la participation de son patron dans une campagne de dénigrement en ligne contre un homme d’affaires luxembourgeois.**
**Inconnu du grand public,** Sacha Mandel façonne depuis des années l’image de personnalités influentes de la vie politique et du monde des affaires. Mais ce « spin doctor » très introduit sur la place de Paris, qui fut notamment le communicant de Jean-Yves Le Drian au ministère de la défense (2012-2017), s’adonne aussi à d’autres activités, plus confidentielles celles-là : le dénigrement de personnalités publiques, qui se trouvent être en contentieux ou concurrence avec des clients de son agence, Majorelle, qu’il dirige avec Anne Hommel, ancienne conseillère de Dominique Strauss-Kahn et Jérôme Cahuzac.
Pour ce faire, Majorelle a rédigé des articles attaquant des « cibles » de clients de l’agence, avant de les diffuser sur Internet, sous pseudonyme, sans que le public ne sache qu’il s’agissait en réalité de prestations commerciales.
Cette pratique est similaire à celle de l’agence Avisa Partners, dont Mediapart a narré les opérations pour le compte de sociétés du CAC 40 ou de dictatures étrangères. Comme Avisa, Sacha Mandel a lui aussi infiltré Le Club de Mediapart, plateforme de blogs qui permet à tout·e citoyen·ne de publier des contenus, dévoyant ainsi sciemment l’esprit de cet espace participatif (lire notre Boîte noire).
Cette information aurait dû rester secrète, jusqu’aux révélations récentes d’une ex-salariée de Majorelle, qui a finalement levé le voile sur ce pan des méthodes de l’agence à la faveur d’une procédure judiciaire intentée par un homme d’affaires luxembourgeois, comme l’a raconté Le Point.
S’estimant diffamé par plusieurs billets de blog diffusés en 2020 (dont trois dans Le Club de Mediapart), le milliardaire Éric Lux, qui a fait fortune dans l’immobilier et a investi dans l’écurie de Formule 1 Lotus Renault GP, a saisi la justice française dans l’espoir de retrouver leurs auteurs, et de les faire condamner.
Après avoir adressé une demande d’identification, son avocate Me Ilana Soskin a pu remonter la trace des auteurs des articles incriminés, jusqu’à tomber sur Joséphine T., une salariée de Majorelle alors âgée de 25 ans.
Entendue le 20 mai 2021 par une policière de la brigade de répression de la délinquance contre la personne (BRDP), l’employée a immédiatement reconnu qu’elle avait bien procédé à la mise en ligne des trois papiers contre Éric Lux dans le Club de Mediapart en utilisant le pseudonyme « jlanz2798 », un profil créé pour l’occasion.