**Face au « mépris » de Génération identitaire, le parquet de Marseille requiert de la prison ferme**
**Au terme d’un procès marqué par l’absence des prévenus, le procureur a requis des peines allant de six mois de sursis à un an ferme à l’encontre des 23 membres du groupuscule d’extrême droite dissout en 2021. Jugés pour leur violente intrusion au siège de SOS Méditerranée, ils pourraient être interdits de séjour à Marseille.**
**Marseille (Bouches-du-Rhône).–** Lorsqu’ils ont investi le siège de SOS Méditerranée le 5 octobre 2018, les militants du groupe d’extrême droite Génération identitaire se sont déplacés à vingt-trois. Dans les locaux, ils avaient trouvé sept salarié·es de l’ONG, dont six femmes, qui ont toutes dit à la barre la « peur » puis le « traumatisme » laissé par ce souvenir. Mais lundi 17 octobre, plus personne n’était là pour leur faire face. Sur les vingt-trois individus mis en examen, aucun n’est venu honorer sa convocation judiciaire devant le tribunal correctionnel de Marseille.
C’est donc face à un public très confidentiel que le procureur Ahmed Chafaï a annoncé les réquisitions du ministère public. À savoir : des peines allant de six mois de prison avec sursis à un an de prison ferme. Au total, le parquet a requis des peines de prison ferme pour onze prévenus. Il sont presque tous déjà connus de la justice, soit pour leur intrusion à la CAF de Bobigny en 2019, soit pour leur occupation du siège du Parti socialiste en 2013, en marge de la Manif pour tous. Dans les deux cas, ces « opérations politiques » avaient aussi été revendiquées par Génération identitaire.
Une seule peine d’un an de prison ferme a été requise, contre le Lyonnais Romain Espino, ancien porte-parole du groupuscule aujourd’hui dissout et connu pour ses opérations antimigrants dans les Alpes. Le parquet a demandé six mois de prison ferme à l’encontre de Jérémie Piano, candidat derrière Éric Zemmour aux dernières législatives à Aix-en-Provence. La même peine a été demandée pour le Parisien Édouard Michaud, fiché S, et pour l’ancien candidat Rassemblement national (RN) aux départementales en Normandie, Mathieu Balavoine.
Contre un autre pilier du mouvement, Peter Sterligov, ancien légionnaire russe employé aujourd’hui par la mairie RN de Beaucaire dans le Gard, un an d’emprisonnement, dont six mois ferme, a été requis, comme pour Thaïs d’Escufon, ancienne porte-parole du groupuscule. Pour douze prévenus inconnus des autorités, le parquet a requis six mois de prison avec sursis. Une peine réservée aux plus « jeunes » afin qu’ils « retiennent la leçon pour l’avenir », a commenté le magistrat Ahmed Chafaï. En peine complémentaire, le procureur demande une interdiction de séjour à Marseille pendant cinq ans.
Tous les prévenus sont poursuivis pour « violences volontaires » et « groupement formé en vue de la préparation de violences », à l’exception d’une militante, jugée pour avoir filmé puis diffusé la scène. Sur la vidéo postée en ligne, on voit la façade du siège de SOS Méditerranée recouverte d’une banderole de plusieurs mètres accusant l’association d’être « complice du trafic d’êtres humains ». Pendant ce temps, dans les locaux, les sept salarié·es confronté·es aux militants craignent une « attaque terroriste ». L’intrusion entraînera jusqu’à dix jours d’incapacité totale de travail pour les victimes.
« La semaine dernière, les victimes ont livré à la barre leurs émotions, j’ai deviné des frissons. En face, j’ai vu des prévenus lisses, sans compassion, sans regret, sans affect pourtant indispensable à toute relation humaine », accuse le procureur Ahmed Chafaï. Les quelques militants entendus la semaine passée par le tribunal avaient vanté une « action politique » et « pacifique ».
Je viens d’apprendre par cet article que le mouvement est dissous, la page wikipédia y référe plus ou moins au passé, mais leur site est toujours d’actualité et ils proposent toujours de les rejoindre.
La dissolution ça sert à quoi en fait ? J’ai pas l’impression que ça a changé grand chose.
B
C’est sympa op de rendre l’intégralité de Mediapart gratuit, ça nous évite de nous abonner
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**Face au « mépris » de Génération identitaire, le parquet de Marseille requiert de la prison ferme**
**Au terme d’un procès marqué par l’absence des prévenus, le procureur a requis des peines allant de six mois de sursis à un an ferme à l’encontre des 23 membres du groupuscule d’extrême droite dissout en 2021. Jugés pour leur violente intrusion au siège de SOS Méditerranée, ils pourraient être interdits de séjour à Marseille.**
**Marseille (Bouches-du-Rhône).–** Lorsqu’ils ont investi le siège de SOS Méditerranée le 5 octobre 2018, les militants du groupe d’extrême droite Génération identitaire se sont déplacés à vingt-trois. Dans les locaux, ils avaient trouvé sept salarié·es de l’ONG, dont six femmes, qui ont toutes dit à la barre la « peur » puis le « traumatisme » laissé par ce souvenir. Mais lundi 17 octobre, plus personne n’était là pour leur faire face. Sur les vingt-trois individus mis en examen, aucun n’est venu honorer sa convocation judiciaire devant le tribunal correctionnel de Marseille.
C’est donc face à un public très confidentiel que le procureur Ahmed Chafaï a annoncé les réquisitions du ministère public. À savoir : des peines allant de six mois de prison avec sursis à un an de prison ferme. Au total, le parquet a requis des peines de prison ferme pour onze prévenus. Il sont presque tous déjà connus de la justice, soit pour leur intrusion à la CAF de Bobigny en 2019, soit pour leur occupation du siège du Parti socialiste en 2013, en marge de la Manif pour tous. Dans les deux cas, ces « opérations politiques » avaient aussi été revendiquées par Génération identitaire.
Une seule peine d’un an de prison ferme a été requise, contre le Lyonnais Romain Espino, ancien porte-parole du groupuscule aujourd’hui dissout et connu pour ses opérations antimigrants dans les Alpes. Le parquet a demandé six mois de prison ferme à l’encontre de Jérémie Piano, candidat derrière Éric Zemmour aux dernières législatives à Aix-en-Provence. La même peine a été demandée pour le Parisien Édouard Michaud, fiché S, et pour l’ancien candidat Rassemblement national (RN) aux départementales en Normandie, Mathieu Balavoine.
Contre un autre pilier du mouvement, Peter Sterligov, ancien légionnaire russe employé aujourd’hui par la mairie RN de Beaucaire dans le Gard, un an d’emprisonnement, dont six mois ferme, a été requis, comme pour Thaïs d’Escufon, ancienne porte-parole du groupuscule. Pour douze prévenus inconnus des autorités, le parquet a requis six mois de prison avec sursis. Une peine réservée aux plus « jeunes » afin qu’ils « retiennent la leçon pour l’avenir », a commenté le magistrat Ahmed Chafaï. En peine complémentaire, le procureur demande une interdiction de séjour à Marseille pendant cinq ans.
Tous les prévenus sont poursuivis pour « violences volontaires » et « groupement formé en vue de la préparation de violences », à l’exception d’une militante, jugée pour avoir filmé puis diffusé la scène. Sur la vidéo postée en ligne, on voit la façade du siège de SOS Méditerranée recouverte d’une banderole de plusieurs mètres accusant l’association d’être « complice du trafic d’êtres humains ». Pendant ce temps, dans les locaux, les sept salarié·es confronté·es aux militants craignent une « attaque terroriste ». L’intrusion entraînera jusqu’à dix jours d’incapacité totale de travail pour les victimes.
« La semaine dernière, les victimes ont livré à la barre leurs émotions, j’ai deviné des frissons. En face, j’ai vu des prévenus lisses, sans compassion, sans regret, sans affect pourtant indispensable à toute relation humaine », accuse le procureur Ahmed Chafaï. Les quelques militants entendus la semaine passée par le tribunal avaient vanté une « action politique » et « pacifique ».
Je viens d’apprendre par cet article que le mouvement est dissous, la page wikipédia y référe plus ou moins au passé, mais leur site est toujours d’actualité et ils proposent toujours de les rejoindre.
La dissolution ça sert à quoi en fait ? J’ai pas l’impression que ça a changé grand chose.
B
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