La suppression de l’ISF n’a toujours pas d’effet démontré sur l’économie

9 comments
  1. Les conclusions, une fois encore, ne servent guère le gouvernement. « L’observation des grandes variables économiques – croissance, investissement, flux de placements financiers des ménages, etc. – avant et après les réformes ne suffit pas pour conclure sur l’effet réel de ces réformes. En particulier, il n’est pas possible d’estimer par ce seul moyen si la suppression de l’ISF a permis une réorientation de l’épargne des contribuables concernés vers le financement des entreprises », conclut l’avis du comité, que Le Monde a pu consulter. Soit mot pour mot la même phrase que dans le rapport de 2021.

    Une fois n’est pas coutume, c’est une brève note d’analyse qu’a produit
    ce comité constitué d’économistes, de représentants de l’Insee ou encore
    de partenaires sociaux, et qui a déjà remis trois rapports depuis 2019.
    Les derniers travaux de recherche n’ayant été lancés que cet été,
    France Stratégie, l’organisme d’évaluation et de prospective rattaché à
    Matignon qui coordonne le comité, s’est livré à une actualisation des
    données disponibles à partir d’éléments de la Banque de France ou de la
    Direction générale des finances publiques.

  2. Alors ça c’est vraiment très très bizarre!

    D’autant plus que nombre de dangereux gauchistes l’avaient annoncé, et on sait bien qu’ils ont tort sur tous les points.

    Complètement inexplicable.

    Choqué et déçu.

  3. Le ruissellement n’est pas une théorie mais au mieux une croyance au pire de la propagande.

  4. [Pourtant ça a fait plein d’heureux à l’AFEP.](https://www.reddit.com/r/france/comments/y5jzsz/lafep_ce_club_tr%C3%A8s_discret_des_grands_patrons/)

    > Le mandat socialiste a été, au final, bien plus favorable aux intérêts de l’AFEP que ses membres n’auraient pu s’y attendre. Crédit d’impôt pour la compétitivité afin d’alléger le coût du travail en 2012, pacte de responsabilité ajoutant des baisses d’impôts deux ans plus tard, allègement de la fiscalité sur les actions gratuites en 2015 et loi « travail » en 2016 : les mesures prises sous la gauche ont été accordées sans aucune contrepartie. Un virage dont, encore aujourd’hui, l’association revendique en partie la paternité.

    > […]

    > Ces victoires n’empêchaient pas certains de ses membres de réclamer la suppression de l’ISF à chaque fois qu’ils recevaient un ministre à dîner, généralement un peu avant le ­dessert. « Mais je ne comprends pas, leur répondait Michel Sapin, alors ministre des finances. L’ISF, c’est de la fiscalité personnelle, pas de la fiscalité d’entreprise ! » « Le patrimoine pro­fessionnel, ce n’est pas de la rente ! », tentaient de justifier quelques patrons. Jusqu’à ce que le PDG de Total de l’époque, Christophe de Margerie, qui entretenait d’excellentes relations avec François Hollande, siffle la fin des débats : « Arrêtez d’emmerder le ministre avec votre ISF. Si nous on ne payait pas d’impôts, alors qui en paierait ? »

    > […]

    > Bien que les grands patrons aient plutôt soutenu François Fillon en 2017, la victoire d’Emmanuel Macron leur a permis de relancer des chantiers mis en sourdine sous la gauche. La compétitivité et le coût du travail ayant été en partie traités sous François Hollande restait le sujet de la fiscalité du capital. Combat originel de l’AFEP, il résume l’ambiguïté de son positionnement : défendre les entreprises, mais aussi leurs dirigeants et leurs actionnaires, surtout lorsque ce sont des familles. « On est parfois surpris par la façon dont ils hiérarchisent leurs sujets, admet un conseiller de l’exécutif actuel. Assez vite, on vous parle moins de fiscalité des grands groupes et beaucoup plus de fiscalité des dirigeants. »

    > Deux jours après la victoire d’Emmanuel Macron, Laurent Burelle a été intronisé président de l’AFEP. Préféré à Serge Weinberg, pourtant réputé proche du chef de l’Etat, il avait l’avantage d’incarner une forme de réussite patrimoniale. Le septuagénaire, dont la fortune (près de 1,3 milliard d’euros) figure parmi les 100 premières de France selon le magazine Challenges, est très attaché à la protection des entreprises familiales. Il est concerné au premier chef, la sienne étant contrôlée par sa famille.
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    > « Il ne faut pas séparer le dirigeant et l’actionnaire, insiste-t-il. L’ISF, c’est un combat pour la permanence d’un Mittelstand français. » Une référence à l’Allemagne et à son tissu d’entreprises familiales, présenté comme un facteur de la réussite économique du pays. Sa vision est celle d’un capitalisme « patrimonial », qui se veut moins agressif que sa version anglo-saxonne, même si les entreprises familiales sont souvent celles dont les dirigeants sont les mieux rémunérés.
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    > Les sujets portés par l’association ont changé presque du jour au lendemain. Exit l’impôt sur les sociétés, la compétitivité ou les tirades sur le coût du travail, place à l’impôt sur les transmissions d’entreprise ou l’héritage. « La fiscalité du patrimoine, c’est important, tempère un patron. Ce n’est pas hors de propos que les entreprises françaises se préoccupent de celles d’entre elles qui sont détenues par des familles. »

    > […]

    > La suppression de l’ISF, une obsession ? Après la victoire d’Emmanuel Macron en 2017, l’AFEP n’a pas eu besoin de batailler beaucoup : le programme du nouveau président correspondait parfaitement au sien. Elle s’est juste assurée qu’il n’en déviait pas.

    >

    > Comme la presse l’a révélé à l’époque, l’organisation a fait pression auprès de l’Elysée en faveur d’une suppression de l’ISF dès 2018, ainsi que pour une réforme de la fiscalité du capital, alors que le jeune président envisageait d’attendre un an ou deux. Avec l’appui de Bruno Le Maire, l’AFEP obtient gain de cause. « L’ISF, il faut que ce soit fait tout de suite, le reste, on verra plus tard », aurait prévenu Laurent Burelle lors d’une réunion à l’Elysée avec plusieurs dirigeants. Il nie aujourd’hui avoir joué ce rôle. « Je ne sais pas si notre influence est de cet ordre, s’amuse-t-il. Je n’en suis pas convaincu. »

  5. Ca ne dit pas que la suppression de l’ISF n’a pas d’effet, ça dit juste que c’est difficile à évaluer.

    On notera également le sous-titre que personne ici n’a jugé bon de commenter : **”En revanche, l’exil fiscal s’est ralenti depuis 2017″**.

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