Quand l’armée chinoise recrute des pilotes français

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  1. **«J’ai failli me laisser tenter»: Le Figaro a recueilli le témoignage d’un pilote français approché par Pékin pour former l’armée de l’air chinoise.**

    Allongé dans la végétation luxuriante, l’homme aux traits asiatiques se tient la jambe face à son camarade en uniforme kaki. « Elle est peut-être cassée. Mais l’étranger va bien! », crie-t-il en mandarin dans son téléphone portable, son casque de pilote posé au sol. Face à lui, un visage occidental au nez aquilin, à la chevelure rousse complétée d’un bouc, reprend ses esprits. « Tu es de l’Armée Populaire de Libération (APL). Qui c’est, lui ? » lance un passant qui vient de découvrir les deux pilotes éjectés dans son champ, au cœur de la campagne de l’Anhui, et qui filme la scène. «Je suis chinois. Lui, c’est notre instructeur. Pas de photo. Tiens, parle à notre commissaire politique », répond l’officier en tendant le portable au badaud, dans cette province rurale du centre de la Chine.

    Cette vidéo relayée sur Twitter en avril dernier offre un rare aperçu de la très discrète filière de recrutement de pilotes occidentaux par la Chine communiste, alors qu’elle se prépare à un potentiel conflit avec les États-Unis dans le détroit de Taïwan. « L’instructeur » trahit un accent français dans les bribes filtrant de la vidéo de ces pilotes en perdition dans la Chine profonde. Le Figaro est en mesure de confirmer qu’il s’agit bien d’un ancien officier chevronné de l’armée de l’air française, qui s’est éjecté avec son «élève» chinois, après un accident de chasseur JL-10. Un «mercenaire» recruté à grand prix pour accélérer la formation des pilotes chinois et leur apprendre, de l’intérieur, les tactiques employées par les armées de l’air de l’Otan.

    ### Intermédiaire sud-africain

    Cette campagne agressive de recrutement se poursuit, comme le révèle le témoignage exclusif d’un ancien pilote de l’aéronavale, récemment approché via une mystérieuse entreprise basée en Afrique du Sud. « L’offre était très alléchante. Ils cherchent des instructeurs qualifiés pour l’appontage sur porte-avions », explique François (prénom modifié), ancien pilote de Super Étendard sur le Charles de Gaulle. Un contrat à environ 20.000 euros par mois, net d’impôts, pour former les instructeurs chinois sur place pendant trois ans, proposé par l’agence Test Flying Academy of South Africa (TFASA). Plus que les juteux cachets offerts par le Qatar à ses instructeurs étrangers. «J’ai failli tenter l’aventure. Ce n’est pas une opportunité courante d’avoir un chasseur entre les mains, et là on me propose le manche d’un J-11», confie le quadragénaire, en référence au chasseur chinois dérivé du Sukhoi 27.

    Ce globe-trotter a déjà été instructeur dans plusieurs pays, notamment en Afrique. L’officine sud-africaine, pilotée par des Britanniques, sert de paravent aux ambitions aériennes chinoises, ciblant des «pilotes en manque d’adrénaline», juge un ancien militaire français. Plusieurs pilotes de chasse ont opéré en Chine ces dernières années, dont un ancien des forces stratégiques, selon nos informations.

    Les Britanniques forment un contingent plus conséquent de mercenaires du ciel, selon les estimations des professionnels. Une trentaine d’anciens pilotes de chasse ou d’hélicoptère de la Royal Air Force sont devenus instructeurs en Chine a révélé Sky News le 18 octobre, semant la controverse à Londres. «Une menace grave», a réagi le ministère de la Défense britannique, qui a enjoint à ses anciens gradés de cesser ces activités et compte renforcer les clauses confidentialités imposées à ces troupes. Contacté, le ministère des Armées reste muet pour l’heure sur le sujet.

    > La Chine est une puissance rivale régulièrement pointée du doigt par nos services. On n’est pas dans le même camp
    > _^(«François», pilote français approché par la Chine pour une mission de formation)_

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