Mamie repose en paix dans le placard de l’entrée

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  1. « On était sur la pointe des Guettes, en Bretagne, on a ouvert la boîte et les cendres sont tombées d’un bloc, en tas par terre, à nos pieds. » La scène de dispersion des restes du père de Marine (tous les prénoms ont été changés) n’a rien de la cérémonie émouvante que l’on imagine en pareilles circonstances. Elle n’est pas sans rappeler le dernier voyage de Donny dans The Big Lebowski, le café soluble et le vent en moins.

    « Il avait plu. On a failli tomber dans la boue avant d’arriver au bord de la falaise, détaille Marine. On n’a pas fait de discours du type, “Va-t’en, va voir la mer, papa !” On est restés en plan, on n’a rien dit. Mon frère a ouvert le carton qui contenait les cendres de mon père, et s’est trouvé face à un gros sachet en plastique. On était autour et on se disait : “Ça commence bien…” Il a réussi à l’ouvrir après avoir lutté, mais rien ne s’est envolé comme on l’avait imaginé. Il s’est tourné vers nous, gêné. On s’est sentis bêtes. On a pris un bâton pour les étaler. Bref, ça n’avait rien de solennel du tout. »

    Quand quelqu’un décède nous viennent les images d’un rituel immuable : le mort est mis en bière et on se donne rendez-vous au cimetière. On pleure et on dit adieu. C’est comme ça depuis la nuit des temps. Mais depuis que la crémation des défunts gagne du terrain sur l’inhumation, les règles du jeu ont changé. On choisit un cercueil qui va vite partir en fumée, une boîte pour le récupérer, on va au crématorium et on regarde la porte d’un four s’ouvrir. Et après, que faire de cette poignée de matière inerte ?

    Il y a trente ans de cela, en 1992, la question ne se posait pas tellement. Les incinérations ne représentaient que 1 % des décès. « Aujourd’hui, dans les zones urbaines denses, le chiffre s’établit autour de 50 %. Rien qu’en 2020, en France, 40 % des décès ont donné lieu à une crémation », souligne le sénateur socialiste du Loiret Jean-Pierre Sueur, auteur de la loi de 2008 sur le sujet.

    A la place du rite solennel où tout le monde est vêtu de noir, de multiples situations funéraires ont vu le jour, parfois presque cocasses. D’ailleurs, Marine se souvient avoir entendu sa sœur dire : « “Il doit bien se marrer en nous regardant de là-haut.” Le moment était triste, mais le comique de la situation n’a échappé à personne… On était tous un peu perdus. »

  2. J’ai déjà abordé avec mes enfants ce sujet.
    Je leur ai dit de me faire incinérer et de prendre la prestation la moins chère possible.
    D’abord parce que je suis une grosse radine, donc en quelque sorte ça sera une manière de me rendre hommage 😛 et plus sérieusement l’argent est fait pour les vivants pas pour les morts.
    Quant aux cendres, bah, allez les mettre dans un endroit où vous aurez envie d’aller faire une balade, ne vous compliquez pas la vie et enjoy l’héritage.

  3. J’ai un peu de mal à comprendre pourquoi on aurait besoin des restes d’un défunt (en l’occurrence, des cendres) pour constituer un lieu de recueillement.
    On peut très bien se recueillir devant un autel ou au pire une tombe factice, sans avoir besoin du corps ou d’une urne.

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