**Le 24 novembre, vingt-sept personnes ont trouvé la mort dans le naufrage de leur embarcation. Plusieurs témoignages de proches des victimes et les relevés des appels téléphoniques corroborent le fait qu’ils avaient joint les secours.**
Ils avaient appelé à l’aide. D’après nos informations, qui confirment les témoignages des survivants dans des entretiens accordés au média kurde Rudaw, les migrants qui se trouvaient à bord de l’embarcation qui a fait naufrage le 24 novembre dans la Manche ont appelé les secours, en vain.
Alors qu’une enquête judiciaire est en cours, qui doit déterminer l’identité des victimes, l’implication de réseaux de passeurs et les circonstances du drame, il apparaît que les migrants ont utilisé leurs téléphones pour appeler à l’aide alors que leur canot pneumatique était en train de couler. Après s’être cramponnés à ce qui flottait encore de leur embarcation, ils sont finalement morts, à l’exception de deux d’entre eux.
Jusqu’à présent, les autorités avaient seulement communiqué sur le fait que, dans l’après-midi du 24 novembre, vers 14 heures, un navire de pêche français avait donné l’alerte après avoir vu plusieurs naufragés à la mer, dans le détroit du Pas-de-Calais. Dans les eaux françaises, mais à proximité immédiate des eaux anglaises.*
C’est cette alerte qui a déclenché l’arrivée sur place, sous l’autorité du centre régional opérationnel de surveillance et de sauvetage (Cross) Gris-Nez (Pas-de-Calais), de plusieurs moyens de sauvetage : un patrouilleur de la marine nationale, une vedette de la gendarmerie maritime, un canot de la Société nationale de sauvetage en mer (SNSM) de Calais ainsi qu’un hélicoptère de la marine et un autre du centre anglais de coordination des secours.
Au total, vingt-sept corps sans vie sont alors repêchés, dont ceux de six femmes et d’une fillette. Deux survivants sont récupérés. Une majorité des migrants présents à bord étaient originaires du Kurdistan irakien.
**106 personnes sauvées ce même jour**
Peu de temps après le drame, les deux seuls rescapés ont accordé tour à tour un entretien au média kurde Rudaw, dans lequel ils ont révélé avoir appelé les secours. Ainsi, dans une vidéo rendue publique le 29 novembre, Mohammed Shekha Ahmad, originaire du Kurdistan irakien, explique : *« Nous avons appelé la police française (…) puis nous avons envoyé notre localisation et ils nous ont dit : “Vous êtes dans les eaux anglaises, appelez les Anglais”. Nous avons appelé les Britanniques. Ils nous ont dit d’appeler les Français. »*
Le lendemain, Mohammed Isa Omar, rescapé d’origine somalienne, explique à son tour les circonstances du naufrage : *« Nous avons coulé dans les eaux britanniques, dit-il. Nous avons appelé les secours et ils nous ont dit d’envoyer notre localisation. »* Il explique que des appels ont été passés aux secours britanniques et français et indique être resté dans l’eau plus de dix heures avant d’être retrouvé par un bateau de pêche.
Selon une source judiciaire, les déclarations faites par ces deux rescapés sont confirmées par les prémices de l’enquête. Ils ont affirmé la même chose lors de leur garde à vue et les appels qu’ils évoquent apparaissent dans les factures téléphoniques détaillées extraites par les policiers.
*« Chaque appel a été pris, évalué et traité »*, assure pourtant l’agence de garde-côtes britanniques, la MCA, dans un communiqué du 3 décembre. La MCA dit avoir reçu le jour du naufrage *« plus de 90 alertes en provenance de la Manche, dont des appels 999 »*. Le 999 est le numéro des urgences en mer, que composent en général les migrants lorsqu’ils se trouvent en difficulté et veulent joindre les secours anglais.
En réponse aux appels et alertes reçus ce jour-là, la MCA a déployé, aux premières heures du matin, un navire de la Border Force et un hélicoptère. Elle précise que *« trois* small boats *ont été localisés et leurs occupants secourus. Aucun autre small boat ou personne dans l’eau n’a été identifié dans la zone de recherche »*.
Sollicitée par Le Monde, la préfecture maritime de la Manche et de la mer du Nord explique à son tour, dans un mail du 1er décembre, que *« le Cross Gris-Nez n’a pas eu connaissance de cette embarcation en difficulté avant que l’alerte soit donnée par un navire de pêche »*. Côté français, ce 24 novembre, 106 personnes ont par ailleurs été sauvées, « lors de trois opérations différentes ».*
**« On ne sait pas qui va venir »**
Les premiers témoignages émanant des proches des victimes corroborent pourtant ceux des deux rescapés. Zana Mamand Mohamad est le frère de Twana Mamand Mohamad, une des victimes disparues le 24 novembre. Les deux hommes, des Kurdes d’Irak, ont été en contact par téléphone toute la journée du 23 novembre et une partie du 24 novembre.
D’après les échanges que Zana a eus avec son frère et plusieurs autres jeunes Kurdes d’Irak à bord, il peut dire que trente-trois personnes se trouvaient au départ de l’embarcation. *« J’avais trois numéros de téléphone que j’appelais toutes les heures environ pour avoir des nouvelles, confie-t-il au Monde, joint par téléphone. Tout se passait bien. Ils plaisantaient en me disant qu’ils seraient bientôt en Grande-Bretagne et que s’il y avait un problème, ils appelleraient la police. Ils m’ont dit d’aller dormir. »*
Zana passe alors le relais à sa sœur, qui vit au Royaume-Uni. *« Vers 2 heures du matin, heure anglaise, ils ont eu un échange avec elle, selon lequel un boudin se dégonflait et ils le regonflaient à la pompe. Vers 2 h 45, ils ont dit à ma sœur que leur moteur était tombé en panne mais qu’elle ne s’inquiète pas parce qu’ils avaient appelé la police depuis vingt minutes. Les Britanniques leur ont dit qu’ils venaient et ils leur ont dit d’allumer les lumières de leurs téléphones. Ils ont dit à ma sœur de rappeler dans dix minutes et que si les téléphones étaient éteints, c’est qu’ils les auraient jetés ou que la police les aurait confisqués. »* Dix, puis vingt minutes plus tard, la sœur de Zana aurait rappelé sans parvenir à joindre l’embarcation. Elle n’aura plus de nouvelles.
Un message audio diffusé par le média Rudaw le 30 novembre permet aussi d’entendre un des Kurdes irakiens présents à bord, Shakar Ali Pirout, dire, alors qu’il est 2 h 42, heure anglaise : *« Nous sommes dans les eaux anglaises et françaises. On ne sait pas qui va venir. »*
Zana Mamand Mohamad est aujourd’hui convaincu qu’une *« négligence »* a causé la mort de son frère. La préfecture maritime assure pourtant que *« lorsqu’une alerte est donnée aux centres de sauvetage en mer, français comme britannique, les centres vérifient chaque alerte donnée »* et « se coordonnent ». Dans son communiqué du 3 décembre, la MCA affirmait aussi qu’*« il n’y a pas de cas de figure dans lequel nous demanderions à un appelant d’appeler les autorités françaises à notre place ».*
**« Les deux se moquent de nous »**
Quelques jours auparavant, le 20 novembre, une opération de secours semble pourtant avoir failli tourner au drame dans des conditions similaires. Vingt-trois personnes se trouvent en mer tandis que leur embarcation est victime d’une avarie moteur. Un des migrants à bord, qui souhaite conserver l’anonymat, appelle au secours l’association Utopia 56, peu avant 9 h 30.
Dans des messages vocaux que nous avons pu consulter, il manifeste une vive inquiétude : *« Nous avons appelé tous les numéros, ils ne répondent pas. Je ne comprends pas quel est leur problème, qu’est-ce qui ne va pas. Personne ne veut nous répondre, se désespère-t-il. Quand j’appelle le 999, ils disent d’appeler les Français, et les Français disent d’appeler le Royaume-Uni. Les deux se moquent de nous. »*
Le bénévole d’Utopia 56, Rafael Cuzin, qui avait la charge du téléphone d’urgence de l’association ce jour-là, se souvient : *« Il nous a dit que les deux numéros se renvoyaient la balle. »* Après avoir situé l’embarcation dans les eaux françaises mais toute proche des eaux anglaises, Rafael Cuzin contacte à son tour le 196, le numéro d’urgence français. *« Le Cross était au courant et avait déjà envoyé un moyen de sauvetage »*, rapporte-t-il.
Le bénévole dit s’être enquis auprès du Cross d’un éventuel défaut de coordination avec les secours anglais. *« J’ai demandé à la personne du Cross de m’apporter une clarification. Elle m’a répondu que les secours anglais avaient laissé dériver l’embarcation en eaux françaises afin que les personnes soient secourues par les autorités françaises. »* Sollicité à ce sujet, le Cross se borne à répéter que lorsqu’il reçoit un appel, *« il engage des moyens, quelle que soit la position des personnes ».*
Quitte à passer pour le connard de service…
Au delà du drame humain… Si tu veux de l’aide quand tu fais un truc illégale… Pourquoi ne pas prévenir les secours avant de te foutre dans la merde…
Il faut se rappeler que les sauveteurs se mettent en danger et eux aussi ont une famille qui tiens à eux.
Même chose, pourquoi tenter la traversée en hivers où si il y a une avarie et que tu te retrouves dans l’eau ton espérance de survie se compte en minutes?
Même chose pour les proches a terre qui sont au courant… Pourquoi ne pas essayer de les dissuader de se foutre dans la merde?
Ça me dépasse…
Quel bordel à démêler… je suis bien incapable de dire qui a merdé (si tant est que qqn ait merdé), mais franchement quel gâchis de voir des gens mourir de la sorte.
J’imagine difficilement me lancer à l’assaut de la manche, probablement de nuit. Ces gens doivent effectivement être sacrément désespérés pour tenter un truc pareil sur un rafiot de fortune.
Pour ceux qui n’ont jamais vécu en bord de mer.
La quasi-totalité des sauvetages prêt des cotes françaises est géré par une association de benevolle ( la SNSM ) qui n’est pas du tout dimensionner pour gérer une crise migratoire ( pour donner une idée leurs bateaux sont financés par des dons privés ) , se faire secourir en mer est gratuit , la seule chose payante est de se faire remorquer un bateau en panne.
Ce sont des gens extraordinaires, bénévoles , qui se lève au milieu de la nuit pour aller sauver les autres en mers ( et qui de temps en temps y laisse leur peau aussi ).
La norme, c’est quelques interventions par semaine par bateau de la SNSM , dans la manche maintenant, c’est plusieurs interventions chaque nuit.
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**Le 24 novembre, vingt-sept personnes ont trouvé la mort dans le naufrage de leur embarcation. Plusieurs témoignages de proches des victimes et les relevés des appels téléphoniques corroborent le fait qu’ils avaient joint les secours.**
Ils avaient appelé à l’aide. D’après nos informations, qui confirment les témoignages des survivants dans des entretiens accordés au média kurde Rudaw, les migrants qui se trouvaient à bord de l’embarcation qui a fait naufrage le 24 novembre dans la Manche ont appelé les secours, en vain.
Alors qu’une enquête judiciaire est en cours, qui doit déterminer l’identité des victimes, l’implication de réseaux de passeurs et les circonstances du drame, il apparaît que les migrants ont utilisé leurs téléphones pour appeler à l’aide alors que leur canot pneumatique était en train de couler. Après s’être cramponnés à ce qui flottait encore de leur embarcation, ils sont finalement morts, à l’exception de deux d’entre eux.
Jusqu’à présent, les autorités avaient seulement communiqué sur le fait que, dans l’après-midi du 24 novembre, vers 14 heures, un navire de pêche français avait donné l’alerte après avoir vu plusieurs naufragés à la mer, dans le détroit du Pas-de-Calais. Dans les eaux françaises, mais à proximité immédiate des eaux anglaises.*
C’est cette alerte qui a déclenché l’arrivée sur place, sous l’autorité du centre régional opérationnel de surveillance et de sauvetage (Cross) Gris-Nez (Pas-de-Calais), de plusieurs moyens de sauvetage : un patrouilleur de la marine nationale, une vedette de la gendarmerie maritime, un canot de la Société nationale de sauvetage en mer (SNSM) de Calais ainsi qu’un hélicoptère de la marine et un autre du centre anglais de coordination des secours.
Au total, vingt-sept corps sans vie sont alors repêchés, dont ceux de six femmes et d’une fillette. Deux survivants sont récupérés. Une majorité des migrants présents à bord étaient originaires du Kurdistan irakien.
**106 personnes sauvées ce même jour**
Peu de temps après le drame, les deux seuls rescapés ont accordé tour à tour un entretien au média kurde Rudaw, dans lequel ils ont révélé avoir appelé les secours. Ainsi, dans une vidéo rendue publique le 29 novembre, Mohammed Shekha Ahmad, originaire du Kurdistan irakien, explique : *« Nous avons appelé la police française (…) puis nous avons envoyé notre localisation et ils nous ont dit : “Vous êtes dans les eaux anglaises, appelez les Anglais”. Nous avons appelé les Britanniques. Ils nous ont dit d’appeler les Français. »*
Le lendemain, Mohammed Isa Omar, rescapé d’origine somalienne, explique à son tour les circonstances du naufrage : *« Nous avons coulé dans les eaux britanniques, dit-il. Nous avons appelé les secours et ils nous ont dit d’envoyer notre localisation. »* Il explique que des appels ont été passés aux secours britanniques et français et indique être resté dans l’eau plus de dix heures avant d’être retrouvé par un bateau de pêche.
Selon une source judiciaire, les déclarations faites par ces deux rescapés sont confirmées par les prémices de l’enquête. Ils ont affirmé la même chose lors de leur garde à vue et les appels qu’ils évoquent apparaissent dans les factures téléphoniques détaillées extraites par les policiers.
*« Chaque appel a été pris, évalué et traité »*, assure pourtant l’agence de garde-côtes britanniques, la MCA, dans un communiqué du 3 décembre. La MCA dit avoir reçu le jour du naufrage *« plus de 90 alertes en provenance de la Manche, dont des appels 999 »*. Le 999 est le numéro des urgences en mer, que composent en général les migrants lorsqu’ils se trouvent en difficulté et veulent joindre les secours anglais.
En réponse aux appels et alertes reçus ce jour-là, la MCA a déployé, aux premières heures du matin, un navire de la Border Force et un hélicoptère. Elle précise que *« trois* small boats *ont été localisés et leurs occupants secourus. Aucun autre small boat ou personne dans l’eau n’a été identifié dans la zone de recherche »*.
Sollicitée par Le Monde, la préfecture maritime de la Manche et de la mer du Nord explique à son tour, dans un mail du 1er décembre, que *« le Cross Gris-Nez n’a pas eu connaissance de cette embarcation en difficulté avant que l’alerte soit donnée par un navire de pêche »*. Côté français, ce 24 novembre, 106 personnes ont par ailleurs été sauvées, « lors de trois opérations différentes ».*
**« On ne sait pas qui va venir »**
Les premiers témoignages émanant des proches des victimes corroborent pourtant ceux des deux rescapés. Zana Mamand Mohamad est le frère de Twana Mamand Mohamad, une des victimes disparues le 24 novembre. Les deux hommes, des Kurdes d’Irak, ont été en contact par téléphone toute la journée du 23 novembre et une partie du 24 novembre.
D’après les échanges que Zana a eus avec son frère et plusieurs autres jeunes Kurdes d’Irak à bord, il peut dire que trente-trois personnes se trouvaient au départ de l’embarcation. *« J’avais trois numéros de téléphone que j’appelais toutes les heures environ pour avoir des nouvelles, confie-t-il au Monde, joint par téléphone. Tout se passait bien. Ils plaisantaient en me disant qu’ils seraient bientôt en Grande-Bretagne et que s’il y avait un problème, ils appelleraient la police. Ils m’ont dit d’aller dormir. »*
Zana passe alors le relais à sa sœur, qui vit au Royaume-Uni. *« Vers 2 heures du matin, heure anglaise, ils ont eu un échange avec elle, selon lequel un boudin se dégonflait et ils le regonflaient à la pompe. Vers 2 h 45, ils ont dit à ma sœur que leur moteur était tombé en panne mais qu’elle ne s’inquiète pas parce qu’ils avaient appelé la police depuis vingt minutes. Les Britanniques leur ont dit qu’ils venaient et ils leur ont dit d’allumer les lumières de leurs téléphones. Ils ont dit à ma sœur de rappeler dans dix minutes et que si les téléphones étaient éteints, c’est qu’ils les auraient jetés ou que la police les aurait confisqués. »* Dix, puis vingt minutes plus tard, la sœur de Zana aurait rappelé sans parvenir à joindre l’embarcation. Elle n’aura plus de nouvelles.
Un message audio diffusé par le média Rudaw le 30 novembre permet aussi d’entendre un des Kurdes irakiens présents à bord, Shakar Ali Pirout, dire, alors qu’il est 2 h 42, heure anglaise : *« Nous sommes dans les eaux anglaises et françaises. On ne sait pas qui va venir. »*
Zana Mamand Mohamad est aujourd’hui convaincu qu’une *« négligence »* a causé la mort de son frère. La préfecture maritime assure pourtant que *« lorsqu’une alerte est donnée aux centres de sauvetage en mer, français comme britannique, les centres vérifient chaque alerte donnée »* et « se coordonnent ». Dans son communiqué du 3 décembre, la MCA affirmait aussi qu’*« il n’y a pas de cas de figure dans lequel nous demanderions à un appelant d’appeler les autorités françaises à notre place ».*
**« Les deux se moquent de nous »**
Quelques jours auparavant, le 20 novembre, une opération de secours semble pourtant avoir failli tourner au drame dans des conditions similaires. Vingt-trois personnes se trouvent en mer tandis que leur embarcation est victime d’une avarie moteur. Un des migrants à bord, qui souhaite conserver l’anonymat, appelle au secours l’association Utopia 56, peu avant 9 h 30.
Dans des messages vocaux que nous avons pu consulter, il manifeste une vive inquiétude : *« Nous avons appelé tous les numéros, ils ne répondent pas. Je ne comprends pas quel est leur problème, qu’est-ce qui ne va pas. Personne ne veut nous répondre, se désespère-t-il. Quand j’appelle le 999, ils disent d’appeler les Français, et les Français disent d’appeler le Royaume-Uni. Les deux se moquent de nous. »*
Le bénévole d’Utopia 56, Rafael Cuzin, qui avait la charge du téléphone d’urgence de l’association ce jour-là, se souvient : *« Il nous a dit que les deux numéros se renvoyaient la balle. »* Après avoir situé l’embarcation dans les eaux françaises mais toute proche des eaux anglaises, Rafael Cuzin contacte à son tour le 196, le numéro d’urgence français. *« Le Cross était au courant et avait déjà envoyé un moyen de sauvetage »*, rapporte-t-il.
Le bénévole dit s’être enquis auprès du Cross d’un éventuel défaut de coordination avec les secours anglais. *« J’ai demandé à la personne du Cross de m’apporter une clarification. Elle m’a répondu que les secours anglais avaient laissé dériver l’embarcation en eaux françaises afin que les personnes soient secourues par les autorités françaises. »* Sollicité à ce sujet, le Cross se borne à répéter que lorsqu’il reçoit un appel, *« il engage des moyens, quelle que soit la position des personnes ».*
Quitte à passer pour le connard de service…
Au delà du drame humain… Si tu veux de l’aide quand tu fais un truc illégale… Pourquoi ne pas prévenir les secours avant de te foutre dans la merde…
Il faut se rappeler que les sauveteurs se mettent en danger et eux aussi ont une famille qui tiens à eux.
Même chose, pourquoi tenter la traversée en hivers où si il y a une avarie et que tu te retrouves dans l’eau ton espérance de survie se compte en minutes?
Même chose pour les proches a terre qui sont au courant… Pourquoi ne pas essayer de les dissuader de se foutre dans la merde?
Ça me dépasse…
Quel bordel à démêler… je suis bien incapable de dire qui a merdé (si tant est que qqn ait merdé), mais franchement quel gâchis de voir des gens mourir de la sorte.
J’imagine difficilement me lancer à l’assaut de la manche, probablement de nuit. Ces gens doivent effectivement être sacrément désespérés pour tenter un truc pareil sur un rafiot de fortune.
Pour ceux qui n’ont jamais vécu en bord de mer.
La quasi-totalité des sauvetages prêt des cotes françaises est géré par une association de benevolle ( la SNSM ) qui n’est pas du tout dimensionner pour gérer une crise migratoire ( pour donner une idée leurs bateaux sont financés par des dons privés ) , se faire secourir en mer est gratuit , la seule chose payante est de se faire remorquer un bateau en panne.
Ce sont des gens extraordinaires, bénévoles , qui se lève au milieu de la nuit pour aller sauver les autres en mers ( et qui de temps en temps y laisse leur peau aussi ).
La norme, c’est quelques interventions par semaine par bateau de la SNSM , dans la manche maintenant, c’est plusieurs interventions chaque nuit.
Ce n’est pas étonnant que le système craque.