Cambriolages : les badges d’immeubles universels au cœur de juteux trafics

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  1. C’est très facile de cloner une balise RFID avec un lecteur à 15 €. Je le fais en démo de mes cours de sécurité informatique avec les badges/cartes/etc de mes élèves, pour leur faire prendre conscience des données qui nous entourent et que l’on expose sans en être conscient.

    Ensuite, on passe à la partie amusante en se posant la question « et si je suis une personne malveillante qui décide de ne pas respecter les règlements de l’ARCEP sur la puissance des émetteurs-récepteurs, jusqu’à quelle distance je peux lire vos balises à distance ? » 😁

  2. Il y a plus de 20 ans déjà au collège, on s’amusait avec des clés “passe partout”, qu’on appelait un passe de pompier ou de facteur, pour entrer des halls d’immeubles et jouer dans les parkings.

    Ça se trouvait assez facilement, ça se vendait dans certaines quincailleries.

  3. Et quand je pense que les syndics ~~proposent~~ imposent l’installation de ces badges dans les co-propriétés pour plus de “sécurité” !

  4. L’article :

    Cambriolages : les badges d’immeubles universels au cœur de juteux trafics

    Depuis environ quatre ans, les ventes sous le manteau de passes Vigik pullulent dans l’agglomération parisienne. Ces «passe-partout» font désormais partie de la panoplie du parfait casseur.

    Par Caroline Piquet

    Le 2 novembre 2022 à 06h00

    C’est le petit gadget censé faciliter la vie des résidents des immeubles franciliens. Les passes Vigik, ces petits badges électroniques sécurisés, commandent l’ouverture de près de 600 000 halls d’entrée et tendent à devenir la norme dans les programmes immobiliers neufs. La Poste les avait développés dans les années 1990 pour remplacer les « clés PTT » des facteurs, trop facilement copiées.

    Ces sésames permettent aujourd’hui de faciliter l’accès aux halls d’immeuble à d’autres professionnels triés sur le volet, comme les pompiers, les policiers, ou les agents d’Enedis… Mais depuis l’ouverture à la concurrence des marchés postaux, ce passe-partout est tombé entre les mains de nombreux acteurs ayant besoin d’accéder aux boîtes aux lettres (distribution de publicité, de courrier express, portage presse, etc.). Et aussi entre celles de gens moins bien intentionnés.

    Trois casseurs sur quatre interpellés avec un passe Vigik en 2020

    Depuis environ quatre ans, le trafic de copies de badges universels prospère en région parisienne. Et ces passes frauduleux atterrissent bien souvent dans les poches des cambrioleurs. Le 22 août dernier, deux casseurs ont été interpellés dans le XVIe arrondissement de Paris après être ressortis d’un immeuble de l’avenue d’Ingres avec une trottinette électrique. Lors de leur fouille de garde à vue, les policiers ont découvert dans une poche une copie de passe Vigik.

    Fin juillet, ce sont trois jeunes voleurs, âgés de 16 à 19 ans, qui ont été interpellés par les enquêteurs de la brigade de répression du banditisme (BRB) de Paris. À leur actif, pas moins de quatorze faits présumés de cambriolage, dans des immeubles des Hauts-de-Seine, du Val-de-Marne et des Yvelines. Montant du préjudice : plus de 80 000 euros.

    Ils avaient été filochés après avoir attiré l’attention des policiers en entrant dans une dizaine de halls d’immeubles avec une carte blanche, copie de passe Vigik, avant d’en ressortir presque aussitôt. Comme nous le confirmait en 2020 une source policière, pas moins de trois casseurs présumés sur quatre interpellés à Paris cette année-là étaient en possession de faux passes Vigik.

    Des réseaux prospères

    D’où viennent ces copies frauduleuses vendues sous le manteau aux monte-en-l’air ? Dernier trafic en date à avoir été mis hors d’état de nuire par les policiers de la Sûreté territoriale de Paris, spécialisés dans les investigations sur la copie frauduleuse de badges Vigik, celui d’un entrepreneur de Puteaux (Hauts-de-Seine). Il est soupçonné d’avoir copié et vendu en masse des passes universels trafiqués grâce à une clé informatique dérobée à Enedis.

    Chez cet homme bien connu des services de police pour des faits d’escroquerie en bande organisée, les enquêteurs ont découvert plus de 132 000 euros en petites coupures. Son entreprise avait pignon sur rue et n’hésitait pas à vendre, en toute illégalité, ses faux passes Vigik à des agences immobilières et même… à des huissiers de justice !

    Auparavant, un autre réseau régnait en maître dans la capitale. Il a été mis hors d’état de nuire en 2019 et 2020 par la Sûreté territoriale de Paris. Avec à sa tête un entrepreneur indien de 41 ans, spécialisé dans la distribution de prospectus. Il avait fourni des badges Vigik à d’autres membres de la communauté, qui arrosaient ensuite des cambrioleurs opérant dans la capitale. Des complices assuraient l’interface avec le gérant de la société, qui ne voulait pas avoir affaire directement aux cambrioleurs. Ils donnaient rendez-vous aux monte-en-l’air dans des box, situés rue d’Aubervilliers à Paris (XIXe), pour leur vendre les précieuses clés magnétiques.

    Sollicitée, l’association Vigik ne nous a pas répondu.

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