Il va y avoir de la friture sur la ligne entre Paris et Bruxelles… Entre le ministre de l’Économie Bruno Le Maire et le commissaire européen au marché intérieur Thierry Breton. Motif de la divergence : la constellation OneWeb. Si le commissaire européen ne semble pas très allant pour que OneWeb se substitue à son projet de constellation européenne quantique et post-quantique dont il rêve, le ministère de l’Économie et de la souveraineté industrielle et numérique lui y pense très sérieusement. « La deuxième génération de OneWeb représente une opportunité majeure pour la constellation européenne en termes de synergies, du développement à l’exploitation, estime Bercy dans une réponse envoyée au député LFI Aurélien Saintoul, qui l’interrogeait sur le dossier OneWeb. Grâce à ces synergies, les paramètres techniques et financiers de la constellation de l’UE pourraient être optimisés au profit à la fois des utilisateurs de l’UE et des contribuables ».
Un dossier très sensible
Le dossier est sensible. Très sensible même entre Eutelsat et le commissaire européen. Il a déjà fait l’objet de passes d’armes virulentes entre ces deux acteurs. Bruxelles, pour qui la constellation serait trop anglaise et verrouillée par une golden share de Londres, regarde le projet de rapprochement entre Eutelsat et OneWeb avec méfiance, avait regretté la directrice générale d’Eutelsat Eva Berneke début septembre à l’occasion du lancement du satellite Eutelsat Konnect VHTS à Kourou. Le gouvernement français, qui soutient cette fusion, pourrait avoir un rôle pivot pour rapprocher le projet de Thierry Breton, qui a été jusqu’ici soutenu par Emmanuel Macron, à celui de la constellation OneWeb ou, à défaut, les faire coexister.
Eutelsat compte sur l’appui du gouvernement français pour convaincre Thierry Breton. L’opérateur de satellites européen semble l’avoir. « Le rapprochement entre Eutelsat et OneWeb arrive à un moment opportun. En effet, alors que la définition de la constellation européenne se précise, OneWeb lancera son programme de constellation en bande Ku de deuxième génération pour offrir encore plus de débit et une plus grande flexibilité grâce à des technologies innovantes », estime Bercy.
Eutelsat en embuscade
Début septembre, Eva Berneke avait sorti l’artillerie lourde pour promouvoir OneWeb. La directrice générale d’Eutelsat rappelait, que si l’Union européenne (UE) souhaitait se doter d’une constellation, « OneWeb est une très bonne opportunité » qu’elle pourrait offrir à l’UE avec en outre un complément de capacités avec le satellite géostationnaire Konnect VHTS pour des services plus basiques. « La Commission européenne devrait demander des services pour répondre à ses besoins plutôt que de vouloir à tout prix lancer du hardware dans l’espace parce qu’il pense cela règle une question de souveraineté », avait alors expliqué Eva Berneke. Soit la fameuse combinaison GEO (satellite géostationnaire) et LEO (constellation) qui est au cœur du projet d’Eutelsat.
« Nos équipes techniques estiment qu’il n’y a pas la place ni côté marché, ni côté technique (les fréquences). Il n’y aura pas plus que quatre ou cinq constellations maximum dans le monde. Si on en veut une, autant prendre OneWeb plutôt que de se mettre dans la file pour lancer autre chose », avait-elle précisé pour convaincre de la pertinence de sa constellation. La directrice générale d’Eutelsat avait estimé alors que la Commission n’aurait pas de fréquences et que son projet serait long à mettre en œuvre alors que OneWeb est déjà quant à lui au début de sa commercialisation depuis avril pour couvrir l’Alaska et des zones rurales au Canada. Enfin, elle s’interrogeait à voix haute pour savoir où Bruxelles allait trouver de l’argent pour financer cet investissement.
Sujet intéressant, qu’on ne voit pas beaucoup dans l’actu.
Pour le contexte la commission européenne c’était lancé sur un projet de constellation haut débit. Elle a une caractéristique qui la différencie des autres, c’est la capacité souhaité de pouvoir faire de la communication Sat/Terre en radio mais aussi en optique compatible protocol FTTH. Ça suit [la proposition hyDron de l’ESA.](https://artes.esa.int/esas-hydron-future-communication)
La comm Sat/Terre optique c’est un des secteur d’application où il y a une belle avance en europe, l’optique en général d’ailleurs.
Sauf que Eutelsat vient de prendre des parts majoritaires chez OneWeb avec la bénédiction de Bruno LeMaire. Si la France ne joue pas le jeu, ça risque de refroidir fortement les ambitions de la commission
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Il va y avoir de la friture sur la ligne entre Paris et Bruxelles… Entre le ministre de l’Économie Bruno Le Maire et le commissaire européen au marché intérieur Thierry Breton. Motif de la divergence : la constellation OneWeb. Si le commissaire européen ne semble pas très allant pour que OneWeb se substitue à son projet de constellation européenne quantique et post-quantique dont il rêve, le ministère de l’Économie et de la souveraineté industrielle et numérique lui y pense très sérieusement. « La deuxième génération de OneWeb représente une opportunité majeure pour la constellation européenne en termes de synergies, du développement à l’exploitation, estime Bercy dans une réponse envoyée au député LFI Aurélien Saintoul, qui l’interrogeait sur le dossier OneWeb. Grâce à ces synergies, les paramètres techniques et financiers de la constellation de l’UE pourraient être optimisés au profit à la fois des utilisateurs de l’UE et des contribuables ».
Un dossier très sensible
Le dossier est sensible. Très sensible même entre Eutelsat et le commissaire européen. Il a déjà fait l’objet de passes d’armes virulentes entre ces deux acteurs. Bruxelles, pour qui la constellation serait trop anglaise et verrouillée par une golden share de Londres, regarde le projet de rapprochement entre Eutelsat et OneWeb avec méfiance, avait regretté la directrice générale d’Eutelsat Eva Berneke début septembre à l’occasion du lancement du satellite Eutelsat Konnect VHTS à Kourou. Le gouvernement français, qui soutient cette fusion, pourrait avoir un rôle pivot pour rapprocher le projet de Thierry Breton, qui a été jusqu’ici soutenu par Emmanuel Macron, à celui de la constellation OneWeb ou, à défaut, les faire coexister.
Eutelsat compte sur l’appui du gouvernement français pour convaincre Thierry Breton. L’opérateur de satellites européen semble l’avoir. « Le rapprochement entre Eutelsat et OneWeb arrive à un moment opportun. En effet, alors que la définition de la constellation européenne se précise, OneWeb lancera son programme de constellation en bande Ku de deuxième génération pour offrir encore plus de débit et une plus grande flexibilité grâce à des technologies innovantes », estime Bercy.
Eutelsat en embuscade
Début septembre, Eva Berneke avait sorti l’artillerie lourde pour promouvoir OneWeb. La directrice générale d’Eutelsat rappelait, que si l’Union européenne (UE) souhaitait se doter d’une constellation, « OneWeb est une très bonne opportunité » qu’elle pourrait offrir à l’UE avec en outre un complément de capacités avec le satellite géostationnaire Konnect VHTS pour des services plus basiques. « La Commission européenne devrait demander des services pour répondre à ses besoins plutôt que de vouloir à tout prix lancer du hardware dans l’espace parce qu’il pense cela règle une question de souveraineté », avait alors expliqué Eva Berneke. Soit la fameuse combinaison GEO (satellite géostationnaire) et LEO (constellation) qui est au cœur du projet d’Eutelsat.
« Nos équipes techniques estiment qu’il n’y a pas la place ni côté marché, ni côté technique (les fréquences). Il n’y aura pas plus que quatre ou cinq constellations maximum dans le monde. Si on en veut une, autant prendre OneWeb plutôt que de se mettre dans la file pour lancer autre chose », avait-elle précisé pour convaincre de la pertinence de sa constellation. La directrice générale d’Eutelsat avait estimé alors que la Commission n’aurait pas de fréquences et que son projet serait long à mettre en œuvre alors que OneWeb est déjà quant à lui au début de sa commercialisation depuis avril pour couvrir l’Alaska et des zones rurales au Canada. Enfin, elle s’interrogeait à voix haute pour savoir où Bruxelles allait trouver de l’argent pour financer cet investissement.
Sujet intéressant, qu’on ne voit pas beaucoup dans l’actu.
Pour le contexte la commission européenne c’était lancé sur un projet de constellation haut débit. Elle a une caractéristique qui la différencie des autres, c’est la capacité souhaité de pouvoir faire de la communication Sat/Terre en radio mais aussi en optique compatible protocol FTTH. Ça suit [la proposition hyDron de l’ESA.](https://artes.esa.int/esas-hydron-future-communication)
La comm Sat/Terre optique c’est un des secteur d’application où il y a une belle avance en europe, l’optique en général d’ailleurs.
Sauf que Eutelsat vient de prendre des parts majoritaires chez OneWeb avec la bénédiction de Bruno LeMaire. Si la France ne joue pas le jeu, ça risque de refroidir fortement les ambitions de la commission