Tout le système de l’école primaire à l’université régresse depuis trop longtemps.

21 comments
  1. « La « massification » n’y est pour rien, puisqu’on parle de l’école primaire qui a toujours accueilli tous les enfants. Le principal enseignement de l’étude est lié au fait qu’elle a fourni, à chaque étape, des résultats en fonction de la catégorie socioprofessionnelle des parents. Sans surprise, les enfants de CSP + ont toujours de meilleurs résultats que les enfants d’ouvriers ou d’inactifs. La conclusion, extraordinairement éclairante et qui mérite d’être claironnée, est que les enfants de CSP + ont, en 2017, des performances sensiblement inférieures à celles des enfants d’ouvriers ou d’inactifs de 1987.

    Ainsi, une école « qui marche » est plus favorable aux catégories défavorisées qu’une école qui ne marche plus l’est à ceux qui sont censés « profiter » du système. Par ailleurs, en 2017, 93 % des enfants obtiennent des résultats inférieurs à la médiane de 1987 (la médiane sépare un effectif en deux) : 56 % obtiennent des résultats qui les auraient placés en 1987 dans le décile inférieur (les 10 % les plus faibles), 1 % seulement obtenant un score qui les aurait placés dans le décile supérieur de 1987. Ces chiffres montrent l’importance du décrochage. On se demande ce que les sociologues de l’éducation pensent d’un tel désastre. »

    Y a une pique finale franchement minable sur Sandrine Rousseau et je ne suis pas sûr que leur explication soit la bonne, mais article solide.

  2. “D’autres, plus pervers, ont ressorti des exercices d’un livre de CM2 du début des années 60. On n’ose indiquer ici le taux de réussite. « Combien y a-t-il de numéros de téléphone à dix chiffres commençant par 06 ? » « 80 », bien sûr.”
    La vraie réponse est qu’il y avait aucun numéro de téléphone commençant par 06 dans les années 60!

  3. En supposant que les chiffres soient dignes de confiance dans la manière de mesurer le phénomène, j’aimerais bien voir l’évolution sur ces mêmes années du budget en euro constant par enfant, ainsi que du nombre d’enfants par professeur, pour étayer un peu plus la conclusion de l’article.

  4. Il existe deux grands marchés de plusieurs milliards d’euros, en Europe, qui échappent encore a la privatisation : la santé et l’éducation.

    L’Union Européenne fait cause pour la privatisation de ces deux secteurs…rien d’étonnant qu’ils s’effondrent, on les laisse mourir en toute conscience.

  5. Si on regarde sur un temps plus long, depuis 1945, on a fait de très bons progrès dans : augmentation du # d’années à l’école, explosion du # d’étudiants à l’université (création de nouvelles facs en réponse au baby boom), création des IUT (1966), etc.. Petit bémol sur la création du collège unique (1975), qui est souvent critiquée.

    Quand on regarde le niveau moyen des copies à l’entrée des grandes écoles dans les 3 grandes filières de prépa (scientifique, littéraire, commerce), il ya une **très nette amélioration** du niveau moyen pour entrer à l’ENS, X ou HEC depuis 1945 (source : un article scientifique), avec un reflux du niveau qui s’observe depuis 5 ans (source : des amis profs en prépa).

    Là où l’on commence à observer une chute du niveau des élèves générale, c’est depuis les années 2000, avec un recul des performances cognitives des enfants observés dans de nombreux pays (utilisation des écrans massive + baisse du temps moyen de concentration) ***et*** avec un recul de la France part rapport à ses voisins (enquête TIMMS de 2019 notamment).

    L’enquête TIMMS de 2019 est assez brutale puisqu’elle montre qu’en France les élèves en classe de 4^(e) ont le même niveau en moyenne que les élèves de 5^(e) chez nos voisins proches.

  6. Il y a des tests sur le niveau des professeurs pour voir s’il y a une corrélation avec le niveau des élèves ?

  7. Je suis d’opinion qu’on utilise pas suffisamment les ressources à notre disposition

    Dans le sup une promo devrait mettre en commun ses cours, exercices, questionnements, recherches complémentaires sur un espace de travail en ligne (fonctionnel *lève les yeux au ciel*).

    Des visualisations numériques, format vidéo, diagrammes, etc devrait être beaucoup plus commun en cours

    Apprendre par coeur (en essayant réellement de comprendre et se faire une intuition) est pas une aberration c’est juste l’étape une du processus d’acquisition. Que les définitions ne soient pas une seconde nature devrait être sévèrement critiqué.

    On devrait plus encourager la recherche extra-scolaire, même si le sujet est un peu sur une tangente du sujet principal, du moment qu’un travail poussé est fournit ça devrait être reconnu scolairement. L’or est au croisement des champs de connaissances.

  8. Pas le courage de lire l’article mais quand on voit le niveau d’illettrisme sur les RS, on ne peut que constater que ça régresse nettement..

  9. Disons que si les élèves sont mauvais… Ils montent les notes…

    A partir de là, les élèves ont pas besoin de progresser…

    Après, je suis pas sûr qu’en France ça soit tant les discours anti-élitistes, mais plutôt ces néo-pédagogies qui soient à l’origine des réductions de programmes.

    Faut plus apprendre par cœur, faut intéresser l’enfant, ça va même jusqu’à faut laisser l’enfant faire le cours… C’est vraiment idéologique, il y a une volonté de faire de l’apprentissage quelque chose de distrayant.

    Mais malheureusement, apprendre c’est toujours un peu pénible. Comprendre cela peut être intéressant, mais ensuite pour mémoriser il faut faire des exercices, répéter, rabâcher, et c’est loin d’être amusant. Cela dit c’est indispensable sur le long terme, sinon ça s’oublie aussi vite que c’est appris. Et ça, vouloir à tout prix que l’école soit “fun”, ça nuit à l’apprentissage.

  10. Pour donner un contrepoint, je trouve qu’en France la réflexion, la remise en cause des textes brutes etc. Est vachement plus mis en avant que en Italie (pays de ma compagne) et en Angleterre (là où j’habite). Ces deux pays (et je pense globalement en Europe) mettent beaucoup plus le point sur le fait d’apprendre par cœur. Résultat (complément anedoctique et mon opinion), des citoyens plus cultivés (faut voir le succès des pub quizz en Angleterre), mais qui n’ont pas autant l’esprit critique.

    Personnellement, avec internet qui fonctionne un peu comme une extension de la mémoire (on pourrait le voir comme une mémoire a très long terme qui demande juste plus d’efforts pour y accéder), concentrer les efforts sur la capacité à trouver l’information, a la valider, la remettre en question et l’utiliser logiquement, ça fait sens. Je pense que c’est plus important que de pouvoir citer tous les pays de l’URSS ou de régurgiter la position de Kant sur la métaphysique sans vraiment la comprendre

  11. L’exposition massive aux écrans me semble être la première donnée qui puisse expliquer ce déclin. Et ensuite peut-être quelque chose à aller chercher du côté de l’éducation nationale. Mais comme une conséquence. La vraie transformation des cerveaux a eu lieu hors de l’école, et aujourd’hui ça continue avec les smartphones, directement dans l’enceinte de l’établissement.

  12. On est derniers au niveau européen en maths, en sciences, en langue (nationale), en histoire geo, dans les derniers en langues étrangères et pour les autres matières je sais pas.

    Ça fait beaucoup. Ou peu.

  13. A force de ne pas vouloir une école “élitiste” on a une école qui ne profite à aucune catégorie, tout le monde dégringole. Bien joué.

  14. Je ne peux que constater que l’article est totalement détaché de la réalité. Ici et maintenant, je suis dans une usine sidérurgique en France. (NLMK à Strasbourg). Le personnel y est compétant à tous les niveaux et les jeunes diplômés que nous embauchons sont des perles. Ils connaissent la règle de trois, résolvent nos problèmes d’électricité et d’électronique. produisent de éléments de plus de dix tonnes sans les faire tomber des pinces et des godets.

    En revange, ils me parlent régulièrement de leur haine qui monte au jour le jour. Contre une certaine génération qui a eu tout pour elle, et qui s’est arrogé le droit de le juger et de les mépriser.

    A bon entendeur, salut.

  15. Quand je vois la plupart des exploseurs qui sont bêtes comme leurs pieds, la plupart des collègues de bureau (> 50ans) qui ne sont même pas capable de faire un produit en croix.

    Si le niveau avait autant baissé que tous ces articles polémiques le laisse entendre, la plupart des adultes ne sauraient même pas lire aujourd’hui.

    Bref, pour moi c’est de la foutaise, les gens sont cons, faites avec.

    Edit : grammaire

  16. Je pense que pour sensibiliser les gens à la baisse de niveau il faudrait faire une émission du style [《Are you smarter than a 5th grader 》](https://en.m.wikipedia.org/wiki/Are_You_Smarter_than_a_5th_Grader%3F_(American_game_show)#:~:text=Are%20You%20Smarter%20than%20a%205th%20Grader%3F%20is%20an%20American,a%20half%2Dhour%20in%20length.) mais avec des questions de CM2 des années 60/70 (ie de 7ème) et faire concourir des bacheliers.

    Après pour la géo ils se feront forcément détruire parce que associer les noms avec des numéros des départements ça n’est plus au programme depuis longtemps, mais je pense que si on se contente de math physique français et histoire (ça tombe bien il y avait moins à apprendre) il y a moyen de s’amuser.

  17. Encore un article nous informant que les matières qui faisaient le plus sens il y a 30 ans subissent une concurrence féroce des nouvelles matières qui font sens aujourd’hui.

    Enfin non, puisque l’objet de cet article n’est pas de mettre en avant ces nouveaux enseignements, nouveaux savoirs, mais uniquement de fustiger la perte du savoir ancien.

    Du bon Marianne bien décliniste comme il faut.

    Quid du niveau moyen en informatique par exemple ? On en parle du niveau en langues ? Et tout ce qui touche à l’édition et la création de document texte, audio ou vidéo, j’imagine que c’est pas du vrais savoir..

    Et puisque l’article parle de science de l’éducation, j’imagine qu’il parle aussi de la concurrence que subit l’éducation vis a vis des nouveaux médias ?

    En 1950 l’école était un échapatoire à une réalité difficile, souvent rurale et paysanne. En 2020 aller à l’école est une purge, un moment de temps perdu entre des activités nettement plus intéressante.

Leave a Reply