Méritocratie scolaire: la grande illusion

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  1. TL;DR : Pour faire l’X, mieux vaut avoir fait sa scolarité dans l’Académie de Versailles ou Paris, et avoir des parents CSP+, voire CSP++.

  2. >Un tel constat met à nu la grande illusion du mythe républicain de la méritocratie et le révèle pour ce qu’il est: un mythe, destiné […] à justifier l’emprise des classes les plus favorisées sur les places de pouvoir.

    Et c’est pour cette raison que la société va continuer à faire semblant d’y croire. Trop de gens ont intérêt à perpétuer ce mythe.

  3. Ouep ayant bossé avec des gens des grandes écoles (Polytechnique, HEC et ENS) j’ai été déçu de m’apercevoir qu’il y avait pas grand chose derrière. Leurs niveaux correspondent aux 2-3 meilleures d’une promo de fac.
    Après effectivement, ils viennent des classes sociales déjà dominantes, donc ils ont forcément plus facilement accès au capital et au réseau des classes dominantes, ce qui favorise énormément la réussite. C’est un cercle vertueux pour les classes dominantes, d’autant plus que n’ayant pas suivi le même parcours on vas être mis sur la paille (après s’être fait cordialement sucer vos idées).
    Edit : sauf un gars qui était vraiment bon, mais ni de polytechnique ou HEC

  4. En fait l’article ne correspond pas au titre.

    Si le problème est pris dans l’autre sens c’est aussi que le public n’arrive plus à former des élèves avec un niveau requis pour les etudes supérieures et ceux qui sont au courant font de l’évitement ce qui empire le phénomène.

  5. C’est aussi pour cela qu’en France, on entend peu parler des études PISA là où dans d’autres pays de l’OCDE, elles font l’objet de nombreuses discussions, de visibilité médiatique et peuvent servir de support pour les pouvoirs publics afin de prendre des mesures dans le champ de l’éducation.

    Ici, on préfère cacher tout cela sous le tapis, car ces études montrent bien quelque chose : notre système éducatif/d’instruction est très inégalitaire, tant l’écart de niveau entre les élèves csp+ (qui disposent de beaucoup de capitaux au sens bourdieusien du terme) et ceux des csp- (qui en possèdent peu), est grand.

    En fait, les élites ont peu d’intérêts à revoir leur posture sur la méritocratie et ce genre de conneries, puisque l’école aujourd’hui est la directe descendante de l’école républicaine, créée par et pour les élites libérales avant tout. Le but était et est toujours, par l’école obligatoire notamment, d’inculquer la culture bourgeoise à tous (et donc notamment l’individualisme pour casser les consciences de classe, l’obéissance par la relation maitre élève largement unilatérale, la compétition par la notation plutôt que la coopération, la responsabilité individuelle pour justifier la position de chacun) afin de préserver la stabilité du système capitaliste et libéral (car à la fin du 19e, des prolos pas contents ça avait tendance à se révolter assez facilement) et garantir la reproduction sociale des élites, tout cela justifié par la méritocratie, la pseudo égalité des chances etc.

    Si on acceptait la part de déterminisme qui régit l’existence de chacun, ce serait une grande partie du modèle idéologique droitier et libéral qui s’effondrerait et qui n’aurait plus aucune légitimité scientifique, ce qui menacerait directement le système actuel et leurs élites.

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