**« Il ne faut pas politiser le sport » : Macron tire à côté**
**Interrogé sur les accusations graves qui pèsent sur la Coupe du monde de football au Qatar, le président de la République a esquivé en ressortant la vieille rhétorique de l’apolitisme du sport. Une erreur stratégique, une tartufferie politique et un contre-sens historique.**
**La phrase est prononcée avec aplomb, ponctuée d’un sourire qui fleure l’auto-satisfaction**. Elle a pourtant fait bondir celles et ceux que le sujet intéresse. Interrogé par des journalistes sur la Coupe du monde de football qui s’ouvre dimanche au Qatar, Emmanuel Macron a balayé d’un revers de main toutes les critiques qui pèsent sur l’événement, ses conditions d’attribution, son bilan carbone, son pays hôte et son respect des droits humains. « Je pense qu’il ne faut pas politiser le sport », a-t-il asséné depuis Bangkok (Thaïlande), où il participe à un sommet international.
Quelques instants plus tard, le président de la République a enfoncé le clou. « C’est une très mauvaise idée de politiser le sport », a-t-il redit, arguant qu’il était trop tard pour se poser « ces questions-là » maintenant que « l’événement est là ». Il a d’ailleurs confirmé qu’il se rendrait volontiers au Qatar si la France se qualifie pour les demi-finales de la compétition, comme il l’a fait en Russie quatre ans plus tôt.
Difficile de qualifier la réponse présidentielle autrement qu’en l’écrivant de façon abrupte : elle est en-dessous de tout. Personne n’imaginait le chef de l’État s’en prendre avec véhémence au Qatar, un pays qu’il aime à qualifier d’« ami ». Mais la marge est grande entre l’appel au boycott et l’aveuglement coupable de Bangkok. Entre les deux, il y avait par exemple la position d’Amélie Oudéa-Castéra, la ministre des sports, qui rappelle ces jours-ci « l’action diplomatique résolue » de la France « sur le sujet du Qatar », pour « protéger les droits humains et les enjeux écologiques ».
Emmanuel Macron n’a même pas choisi cette voie. À la place, il a adopté un élément de langage désuet, aussi faux qu’ hypocrite. La lecture, même distraite, de n’importe quel livre d’histoire du sport suffit à constater la vacuité de l’argumentation présidentielle. S’il est utile de le rappeler, faisons-le : oui, le sport est politique, éminemment politique, pour le meilleur et pour le pire.
Je comprends même pas comment on peux défendre notre président et son gouvernement.
Ils prennent du plaisir à s’humilier publiquement.
Sérieux, les présidents sont les premiers à politiser le sport à la moindre victoire internationale… Faut vraiment arrêter avec cette hypocrisie de merde.
Politiser le sport se fait au détriment des sportifs et à l’avantage des obsédés de la politique
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**« Il ne faut pas politiser le sport » : Macron tire à côté**
**Interrogé sur les accusations graves qui pèsent sur la Coupe du monde de football au Qatar, le président de la République a esquivé en ressortant la vieille rhétorique de l’apolitisme du sport. Une erreur stratégique, une tartufferie politique et un contre-sens historique.**
**La phrase est prononcée avec aplomb, ponctuée d’un sourire qui fleure l’auto-satisfaction**. Elle a pourtant fait bondir celles et ceux que le sujet intéresse. Interrogé par des journalistes sur la Coupe du monde de football qui s’ouvre dimanche au Qatar, Emmanuel Macron a balayé d’un revers de main toutes les critiques qui pèsent sur l’événement, ses conditions d’attribution, son bilan carbone, son pays hôte et son respect des droits humains. « Je pense qu’il ne faut pas politiser le sport », a-t-il asséné depuis Bangkok (Thaïlande), où il participe à un sommet international.
Quelques instants plus tard, le président de la République a enfoncé le clou. « C’est une très mauvaise idée de politiser le sport », a-t-il redit, arguant qu’il était trop tard pour se poser « ces questions-là » maintenant que « l’événement est là ». Il a d’ailleurs confirmé qu’il se rendrait volontiers au Qatar si la France se qualifie pour les demi-finales de la compétition, comme il l’a fait en Russie quatre ans plus tôt.
Difficile de qualifier la réponse présidentielle autrement qu’en l’écrivant de façon abrupte : elle est en-dessous de tout. Personne n’imaginait le chef de l’État s’en prendre avec véhémence au Qatar, un pays qu’il aime à qualifier d’« ami ». Mais la marge est grande entre l’appel au boycott et l’aveuglement coupable de Bangkok. Entre les deux, il y avait par exemple la position d’Amélie Oudéa-Castéra, la ministre des sports, qui rappelle ces jours-ci « l’action diplomatique résolue » de la France « sur le sujet du Qatar », pour « protéger les droits humains et les enjeux écologiques ».
Emmanuel Macron n’a même pas choisi cette voie. À la place, il a adopté un élément de langage désuet, aussi faux qu’ hypocrite. La lecture, même distraite, de n’importe quel livre d’histoire du sport suffit à constater la vacuité de l’argumentation présidentielle. S’il est utile de le rappeler, faisons-le : oui, le sport est politique, éminemment politique, pour le meilleur et pour le pire.
Je comprends même pas comment on peux défendre notre président et son gouvernement.
Ils prennent du plaisir à s’humilier publiquement.
Sérieux, les présidents sont les premiers à politiser le sport à la moindre victoire internationale… Faut vraiment arrêter avec cette hypocrisie de merde.
Politiser le sport se fait au détriment des sportifs et à l’avantage des obsédés de la politique