> **Clientélisme, népotisme, conflits d’intérêts: à Perpignan, Louis Aliot donne priorité à ses potes**
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> Deux ans après son élection, le maire de la plus grande ville RN de France, candidat à la cantonale partielle de ce dimanche dans les Pyrénées-Orientales, n’a pas tout à fait rompu avec les travers qu’il reprochait à son prédécesseur, Jean-Marc Pujol.
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> par Tristan Berteloot
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> publié le 26 novembre 2022 à 7h48
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> Ambition revue à la baisse : [faute d’avoir été élu](https://www.liberation.fr/politique/elections/presidence-du-rn-face-a-jordan-bardella-louis-aliot-veut-faire-front-20220823_OCQGCET4NFAMRJCWLYOFRYMYHY/) président du Rassemblement national, Louis Aliot tente de faire entrer le parti d’extrême droite au conseil départemental des Pyrénées-Orientales. Le maire de Perpignan est candidat à la cantonale partielle de Perpignan-Canohès, ce dimanche. Il pourra difficilement y faire moins bonne figure que dans son humiliante défaite face à Jordan Bardella pour la succession de Marine Le Pen. Le 5 novembre, seuls 4 000 adhérents du RN sur 26 000, c’est-à-dire 15 %, ont porté leurs voix sur Aliot, figure historique du mouvement, à la tête de la plus grande ville RN de France.
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> Après [une période d’absentéisme, notamment au conseil communautaire](https://www.liberation.fr/politique/rn-louis-aliot-un-elu-multicartes-abonne-aux-absences-20221027_6JRONPRXIVFDDJSIMCOHKYP7UA/) qu’il vice-préside, Aliot revient donc à la ville qui l’a désigné le 28 juin 2020. Elu sur la promesse d’un retour de l’efficacité politique à Perpignan, contre l’ancienne équipe au pouvoir depuis trente ans qui a laissé le centre-ville se paupériser dans des proportions effarantes, Aliot n’a, au tiers de son mandat, pas encore fait mieux. «On hérite de beaucoup de choses, justifie un proche. Le bilan est à regarder par rapport à la continuité du système précédent. C’est une municipalité qui n’avait pas connu d’alternance depuis l’après-guerre, c’est singulier.»
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> **Gardes du corps**
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> Aliot se démarque sur un point : il a fait exploser la masse salariale de la ville. Elle s’établit désormais à 101 millions d’euros par an, contre 91 à la fin du mandat du précédent maire, le LR Jean-Marc Pujol. Situation problématique si l’on se réfère à un audit commandé par Aliot lui-même en 2021, et qui jugeait ce montant dangereux s’il était atteint en… 2025. Cela n’est pas du seul fait de «l’augmentation des effectifs», notamment de la police municipale, comme le dit la mairie. Il y a aussi eu une nette hausse des dix plus hautes rémunérations de la ville, peut-on lire dans un document public : la différence entre le total de 2019 et celui de 2021 atteint les 100 000 euros, passant de 844 400 à 942 200 brut par an. Louis Aliot, lui, s’est augmenté de 17 % dès son arrivée.
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> Il y a aussi cela : dans une ville portée sur le clientélisme, Aliot a, comme ses prédécesseurs, choyé quelques personnes qui comptent à Perpignan ou leurs proches. Selon des documents transmis à Libération, les contrats à durée déterminée de [membres des différentes communautés](https://www.liberation.fr/france/2020/02/19/a-montpellier-et-a-perpignan-les-referents-gitans-montrent-la-voix_1778966/) ou de leurs amis se comptent par dizaines. «Pour encadrer la population, il faut bien quelques connexions et des entrées dans certains milieux», assume l’entourage du maire. Exemple : l’embauche d’Alain Gimenez, figure connue du [quartier gitan](https://www.liberation.fr/societe/a-perpignan-les-jeunes-filles-gitanes-sont-confrontees-a-un-choix-de-vie-tres-restreint-qui-se-resume-a-devenir-meres-20220825_IBRDCCFEJ5GGNFWS7EK6F35ZG4/) Saint-Jacques, dans le centre-ville. Surnommé «Lino» ou «Nounours», Gimenez aura bossé un an à la mairie, d’octobre 2020 à septembre 2021, enchaînant cinq contrats au poste de «coordinateur propreté-médiation». Pendant les municipales, il avait d’abord fait campagne pour le LREM Romain Grau, avant de virer pro-Aliot, avec qui il est désormais en froid. «Les gens que vous recrutez, au début ils sont pour vous, mais c’est une politique à court terme, critique l’ancien maire, Jean-Marc Pujol, qui ne s’était pas gêné non plus pour embaucher Nounours. Il suffit après de leur refuser quelque chose et c’est fini.»
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> Autre dépense en personnel : après son élection, Aliot s’est payé des gardes du corps. Pour justifier cela, il a dit faire l’objet de menaces, et assuré que la décision avait été prise en concertation avec le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin. La seconde partie au moins est fausse. Aliot a bien écrit au ministre, le 8 septembre 2020, pour lui annoncer avoir «décidé dans l’urgence de faire appel au service de trois personnels contractuels» pour assurer sa sécurité. Il demandait alors à Beauvau de «pérenniser ce dispositif». Sauf qu’un mois plus tard, le ministère lui répondait par la négative. Dans un courrier du 16 octobre, consulté par Libération, il lui est signifié qu’ «aucun risque n’apparaît avoir été identifié localement par les services de police». Les gardes du corps seront toutefois gardés à ce poste près de deux ans.
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> **Bombe factice**
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> Dans la liste des contrats de la mairie, on trouve encore celui de l’ex-conseiller municipal FN Mohamed Bellebou, affecté au service «proximité». Ce fils de harki de 67 ans, qui a adhéré au Front en 1997, est de longue date au service d’Aliot. Son CV impressionne. En 2010, il a été condamné à de la prison ferme pour avoir séquestré dans son bureau le sénateur ariégeois Jean-Pierre Bel, en le menaçant de faire exploser une bombe factice. En septembre 2020, une information judiciaire était ouverte contre lui, après une enquête du parquet financier, [révélée par Mediapart](https://www-mediapart-fr.bnf.idm.oclc.org/journal/france/241018/soupcons-demploi-fictif-la-justice-enquete-sur-l-ex-assistant-du-depute-louis-aliot), sur des soupçons d’emplois fictifs quand il était attaché de Louis Aliot au Parlement européen, de 2014 à 2016, et employé d’un imprimeur ami du FN, Imprimatur. «Il connaît très bien Perpignan, balaye l’entourage du maire. On arrive avec des gens qu’on connaît, cela me paraît logique.»
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> Dans le même état d’esprit, l’édile a nommé comme directeur de cabinet Frédéric Bort, 45 ans, qui a rempli les mêmes fonctions auprès de l’ancien président socialiste du Languedoc-Roussillon, Georges Frêche, jusqu’à la mort de celui-ci en 2010. Bort s’est rapproché du RN au moment des dernières régionales. «Le système Aliot est venu supplanter le système Alduy-Pujol, il ne s’est rien passé d’autre», raille un notable de la ville.
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> La mairie n’a rien à envier à l’ancienne municipalité : l’un des élus, Rémi Génis, est à la fois adjoint du maire et gérant d’une société publicitaire, Publissud, qui a bossé pour Louis Aliot pendant sa campagne de 2020. Fait singulier, avec sa double casquette, Génis est entré en bras de fer avec la municipalité, en contestant devant le tribunal administratif une décision défavorable à sa société. La mairie refusait de retirer plusieurs panneaux publicitaires d’entreprises concurrentes, dénoncés comme illégaux par Génis. La ville a dû prendre un avocat pour se défendre… Mais Génis rejette tout conflit d’intérêts : «C’était réglementaire et, certes dans l’intérêt de ma société, mais si j’avais un conflit d’intérêts, je me passerais bien de toutes ces procédures. Il y a des endroits où ça se règle entre copains avec le maire. Là, c’est l’inverse.»
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> Autre personnage de la galaxie Aliot : l’adjoint au maire de la ville, Xavier Baudry. Très proche de l’édile, cet ancien policier âgé de 46 ans est passé par le mouvement d’extrême droite Renouveau étudiant. L’homme cumule les fonctions d’adjoint du quartier Ouest de Perpignan et de conseiller communautaire à l’agglo (indemnité totale : 34 000 euros brut par an), de conseiller régional d’Occitanie (16 650 euros), et d’assistant parlementaire local, à temps partiel, de la députée RN Sophie Blanc (indemnité non communiquée). L’intéressé assure s’investir à fond dans chacun de ces postes : «Le but des cumuls, ce n’est pas de toucher des indemnités, mais de travailler pour l’intérêt collectif, affirme-t-il . Je serais dans le privé, j’aurais des revenus beaucoup plus élevés. Je bosse “H24” sur mes mandats».
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> Sophie Blanc, elle, a quitté le conseil municipal après les législatives de 2022, en raison de la règle sur le non-cumul. Mais elle n’est pas partie de Perpignan les mains vides : elle a pris comme assistante parlementaire, en plus de Xavier Baudry, la jeune Carla Fabre, 20 ans, étudiante en droit, 1 500 abonnés sur TikTok, et fille aînée de Véronique Lopez, la femme de Louis Aliot. Son collègue Xavier Baudry rejette toute idée de népotisme : «Pour bien communiquer, on a besoin de jeunes qui ont du talent sur les réseaux sociaux.»
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> **Clientélisme, népotisme, conflits d’intérêts: à Perpignan, Louis Aliot donne priorité à ses potes**
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> Deux ans après son élection, le maire de la plus grande ville RN de France, candidat à la cantonale partielle de ce dimanche dans les Pyrénées-Orientales, n’a pas tout à fait rompu avec les travers qu’il reprochait à son prédécesseur, Jean-Marc Pujol.
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> par Tristan Berteloot
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> publié le 26 novembre 2022 à 7h48
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> Ambition revue à la baisse : [faute d’avoir été élu](https://www.liberation.fr/politique/elections/presidence-du-rn-face-a-jordan-bardella-louis-aliot-veut-faire-front-20220823_OCQGCET4NFAMRJCWLYOFRYMYHY/) président du Rassemblement national, Louis Aliot tente de faire entrer le parti d’extrême droite au conseil départemental des Pyrénées-Orientales. Le maire de Perpignan est candidat à la cantonale partielle de Perpignan-Canohès, ce dimanche. Il pourra difficilement y faire moins bonne figure que dans son humiliante défaite face à Jordan Bardella pour la succession de Marine Le Pen. Le 5 novembre, seuls 4 000 adhérents du RN sur 26 000, c’est-à-dire 15 %, ont porté leurs voix sur Aliot, figure historique du mouvement, à la tête de la plus grande ville RN de France.
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> Après [une période d’absentéisme, notamment au conseil communautaire](https://www.liberation.fr/politique/rn-louis-aliot-un-elu-multicartes-abonne-aux-absences-20221027_6JRONPRXIVFDDJSIMCOHKYP7UA/) qu’il vice-préside, Aliot revient donc à la ville qui l’a désigné le 28 juin 2020. Elu sur la promesse d’un retour de l’efficacité politique à Perpignan, contre l’ancienne équipe au pouvoir depuis trente ans qui a laissé le centre-ville se paupériser dans des proportions effarantes, Aliot n’a, au tiers de son mandat, pas encore fait mieux. «On hérite de beaucoup de choses, justifie un proche. Le bilan est à regarder par rapport à la continuité du système précédent. C’est une municipalité qui n’avait pas connu d’alternance depuis l’après-guerre, c’est singulier.»
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> **Gardes du corps**
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> Aliot se démarque sur un point : il a fait exploser la masse salariale de la ville. Elle s’établit désormais à 101 millions d’euros par an, contre 91 à la fin du mandat du précédent maire, le LR Jean-Marc Pujol. Situation problématique si l’on se réfère à un audit commandé par Aliot lui-même en 2021, et qui jugeait ce montant dangereux s’il était atteint en… 2025. Cela n’est pas du seul fait de «l’augmentation des effectifs», notamment de la police municipale, comme le dit la mairie. Il y a aussi eu une nette hausse des dix plus hautes rémunérations de la ville, peut-on lire dans un document public : la différence entre le total de 2019 et celui de 2021 atteint les 100 000 euros, passant de 844 400 à 942 200 brut par an. Louis Aliot, lui, s’est augmenté de 17 % dès son arrivée.
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> Il y a aussi cela : dans une ville portée sur le clientélisme, Aliot a, comme ses prédécesseurs, choyé quelques personnes qui comptent à Perpignan ou leurs proches. Selon des documents transmis à Libération, les contrats à durée déterminée de [membres des différentes communautés](https://www.liberation.fr/france/2020/02/19/a-montpellier-et-a-perpignan-les-referents-gitans-montrent-la-voix_1778966/) ou de leurs amis se comptent par dizaines. «Pour encadrer la population, il faut bien quelques connexions et des entrées dans certains milieux», assume l’entourage du maire. Exemple : l’embauche d’Alain Gimenez, figure connue du [quartier gitan](https://www.liberation.fr/societe/a-perpignan-les-jeunes-filles-gitanes-sont-confrontees-a-un-choix-de-vie-tres-restreint-qui-se-resume-a-devenir-meres-20220825_IBRDCCFEJ5GGNFWS7EK6F35ZG4/) Saint-Jacques, dans le centre-ville. Surnommé «Lino» ou «Nounours», Gimenez aura bossé un an à la mairie, d’octobre 2020 à septembre 2021, enchaînant cinq contrats au poste de «coordinateur propreté-médiation». Pendant les municipales, il avait d’abord fait campagne pour le LREM Romain Grau, avant de virer pro-Aliot, avec qui il est désormais en froid. «Les gens que vous recrutez, au début ils sont pour vous, mais c’est une politique à court terme, critique l’ancien maire, Jean-Marc Pujol, qui ne s’était pas gêné non plus pour embaucher Nounours. Il suffit après de leur refuser quelque chose et c’est fini.»
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> Autre dépense en personnel : après son élection, Aliot s’est payé des gardes du corps. Pour justifier cela, il a dit faire l’objet de menaces, et assuré que la décision avait été prise en concertation avec le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin. La seconde partie au moins est fausse. Aliot a bien écrit au ministre, le 8 septembre 2020, pour lui annoncer avoir «décidé dans l’urgence de faire appel au service de trois personnels contractuels» pour assurer sa sécurité. Il demandait alors à Beauvau de «pérenniser ce dispositif». Sauf qu’un mois plus tard, le ministère lui répondait par la négative. Dans un courrier du 16 octobre, consulté par Libération, il lui est signifié qu’ «aucun risque n’apparaît avoir été identifié localement par les services de police». Les gardes du corps seront toutefois gardés à ce poste près de deux ans.
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> **Bombe factice**
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> Dans la liste des contrats de la mairie, on trouve encore celui de l’ex-conseiller municipal FN Mohamed Bellebou, affecté au service «proximité». Ce fils de harki de 67 ans, qui a adhéré au Front en 1997, est de longue date au service d’Aliot. Son CV impressionne. En 2010, il a été condamné à de la prison ferme pour avoir séquestré dans son bureau le sénateur ariégeois Jean-Pierre Bel, en le menaçant de faire exploser une bombe factice. En septembre 2020, une information judiciaire était ouverte contre lui, après une enquête du parquet financier, [révélée par Mediapart](https://www-mediapart-fr.bnf.idm.oclc.org/journal/france/241018/soupcons-demploi-fictif-la-justice-enquete-sur-l-ex-assistant-du-depute-louis-aliot), sur des soupçons d’emplois fictifs quand il était attaché de Louis Aliot au Parlement européen, de 2014 à 2016, et employé d’un imprimeur ami du FN, Imprimatur. «Il connaît très bien Perpignan, balaye l’entourage du maire. On arrive avec des gens qu’on connaît, cela me paraît logique.»
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> Dans le même état d’esprit, l’édile a nommé comme directeur de cabinet Frédéric Bort, 45 ans, qui a rempli les mêmes fonctions auprès de l’ancien président socialiste du Languedoc-Roussillon, Georges Frêche, jusqu’à la mort de celui-ci en 2010. Bort s’est rapproché du RN au moment des dernières régionales. «Le système Aliot est venu supplanter le système Alduy-Pujol, il ne s’est rien passé d’autre», raille un notable de la ville.
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> La mairie n’a rien à envier à l’ancienne municipalité : l’un des élus, Rémi Génis, est à la fois adjoint du maire et gérant d’une société publicitaire, Publissud, qui a bossé pour Louis Aliot pendant sa campagne de 2020. Fait singulier, avec sa double casquette, Génis est entré en bras de fer avec la municipalité, en contestant devant le tribunal administratif une décision défavorable à sa société. La mairie refusait de retirer plusieurs panneaux publicitaires d’entreprises concurrentes, dénoncés comme illégaux par Génis. La ville a dû prendre un avocat pour se défendre… Mais Génis rejette tout conflit d’intérêts : «C’était réglementaire et, certes dans l’intérêt de ma société, mais si j’avais un conflit d’intérêts, je me passerais bien de toutes ces procédures. Il y a des endroits où ça se règle entre copains avec le maire. Là, c’est l’inverse.»
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> Autre personnage de la galaxie Aliot : l’adjoint au maire de la ville, Xavier Baudry. Très proche de l’édile, cet ancien policier âgé de 46 ans est passé par le mouvement d’extrême droite Renouveau étudiant. L’homme cumule les fonctions d’adjoint du quartier Ouest de Perpignan et de conseiller communautaire à l’agglo (indemnité totale : 34 000 euros brut par an), de conseiller régional d’Occitanie (16 650 euros), et d’assistant parlementaire local, à temps partiel, de la députée RN Sophie Blanc (indemnité non communiquée). L’intéressé assure s’investir à fond dans chacun de ces postes : «Le but des cumuls, ce n’est pas de toucher des indemnités, mais de travailler pour l’intérêt collectif, affirme-t-il . Je serais dans le privé, j’aurais des revenus beaucoup plus élevés. Je bosse “H24” sur mes mandats».
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> Sophie Blanc, elle, a quitté le conseil municipal après les législatives de 2022, en raison de la règle sur le non-cumul. Mais elle n’est pas partie de Perpignan les mains vides : elle a pris comme assistante parlementaire, en plus de Xavier Baudry, la jeune Carla Fabre, 20 ans, étudiante en droit, 1 500 abonnés sur TikTok, et fille aînée de Véronique Lopez, la femme de Louis Aliot. Son collègue Xavier Baudry rejette toute idée de népotisme : «Pour bien communiquer, on a besoin de jeunes qui ont du talent sur les réseaux sociaux.»