Défiant la répression, les Chinois descendent dans la rue sur l’air de « L’Internationale »

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  1. **Défiant la répression, les Chinois descendent dans la rue sur l’air de « L’Internationale »**

    **Le mouvement de protestation contre les mesures anti-Covid s’est étendu ce week-end à l’ensemble de la Chine. Plus d’une cinquantaine d’universités se sont également mobilisées. Des slogans attaquent le Parti communiste chinois et son numéro un Xi Jinping. Une première depuis 1989.**

    La révolte est inédite depuis le printemps 1989, où le Parti communiste chinois avait été confronté à un vaste mouvement de rébellion, qu’il avait écrasé dans le sang en faisant appel à l’armée. Depuis, jamais aucune protestation n’avait dépassé le cadre local ou régional. Mais, les mesures draconiennes anti-Covid depuis plus de deux ans ayant mis à bout la population, il ne manquait qu’une seule étincelle pour mettre le feu à la prairie, comme disait Mao Zedong.

    En l’occurence, l’étincelle a été un incendie mortel jeudi soir, dans la capitale du Xinjiang, Urumqi, sous confinement depuis trois mois. Très vite, les mesures de restriction contre la pandémie sont accusées, sur les réseaux sociaux, d’avoir ralenti les secours et alourdi le bilan. La colère se diffuse dans tout le pays, de Pékin à Shanghai, en passant par Wuhan.

    Les étudiants se mobilisent en nombre et des slogans politiques émergent. On entend même des attaques directes contre le numéro un du Parti communiste. Dimanche, une cinquantaine d’universités étaient touchées par le mouvement. Retour sur une semaine de contestation exceptionnelle qui met le pouvoir de Xi Jinping au défi.

    **Les ouvriers en première ligne**

    Depuis plusieurs mois, la politique « zéro Covid», fondée sur des confinements à répétition, un contrôle étroit de la population et des tests massifs, fait l’objet de contestation. Le régime justifie sa mise en place au nom de la protection des Chinois·es : selon lui, elle a permis de préserver la vie des personnes les plus âgées et les plus fragiles. Mais son impact sur la population est délétère. Le long confinement de Shanghai au printemps dernier a été traumatisant pour les habitant·es de la mégapole économique. Mais c’est tout le pays qui est à bout, alors que le reste du monde a appris à vivre avec le virus et sans guère d’entraves.

    Après le 20e Congrès du Parti communiste chinois (PCC) en octobre, les mesures ont certes été assouplies, mais des contaminations qui repartent à la hausse ont amené les autorités locales de plusieurs villes à fermer de nouveau, comme cette semaine à Zhengzhou.

    C’est dans cette capitale de la province centrale du Henan que l’on a assisté en début de semaine aux premières manifestations. Au départ, un conflit d’ordre social lié à la lutte contre la pandémie a dégénéré dans la plus grande usine de production d’iPhone au monde opérée par Foxconn, l’entreprise taïwanaise. Véritable ville dans la ville avec ses dortoirs, commerces et terrains de sport, elle abrite quelque 200 000 ouvriers.

    Le mouvement de protestation commencé mardi soir, en pleine période de forte production, en raison de l’approche des fêtes de fin d’année en Europe et aux États-Unis, est devenu beaucoup plus violent mercredi. Des images montrant des ouvriers tabassés par les forces de l’ordre ont été diffusées.

    Jeudi, finalement, Foxconn a présenté ses excuses, invoquant « une erreur technique ». « Nous nous excusons pour une erreur de saisie dans le système informatique et garantissons que le salaire réel est le même que celui convenu et indiqué par les affiches officielles de recrutement », a précisé la compagnie, qui a également promis des indemnités de départ de 10 000 yuans (1 340 euros).

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