**Affaire Sofiane Bennacer : la présomption d’innocence n’est pas une assignation au silence**
**Après la médiatisation de l’affaire, l’acteur, mis en examen pour « viols », et la réalisatrice Valeria Bruni Tedeschi crient au non-respect de la présomption d’innocence. Ce principe judiciaire fondamental n’empêche pourtant ni la parole, ni la liberté d’informer, ni la mise en place de mesures conservatoires.**
« Je suis innocent. […] La présomption d’innocence existe-t-elle encore ? Ou sommes-nous dans un État de non-droit, un État où la simple accusation sans fondement peut détruire une vie ? » C’est par un long message sur son compte Instagram qu’a réagi le comédien Sofiane Bennacer, le 23 novembre, après la révélation par la presse de sa mise en cause pour « viols » et « violences ».
Le 22 novembre, Le Parisien a révélé que le comédien de 25 ans, à l’affiche du dernier film de Valeria Bruni Tedeschi, Les Amandiers, a été triplement mis en examen (deux fois pour « viols » et une fois pour « violences sur conjoint ») par un juge de Mulhouse (Haut-Rhin) et placé sous contrôle judiciaire. Et ce, à la suite des accusations de quatre de ses ex-compagnes, parmi lesquelles des comédiennes.
Trois jours plus tard, Libération a consacré sa une à l’affaire, publiant une enquête démarrée en février 2022, pour laquelle une trentaine de personnes ont été questionnées. Le quotidien a recueilli le témoignage de la plaignante – une étudiante de 23 ans à l’époque des faits, qui accuse le comédien de l’avoir violée à plusieurs reprises entre 2018 et 2019, pendant qu’elle était en couple avec lui –, et les récits de deux autres femmes qui dénoncent des violences sexuelles et physiques mais n’ont pas porté plainte.
Dans l’article, Sofiane Bennacer, sollicité dès le mois de mai par le journal, dément fermement les accusations portées par cette plaignante et affirme qu’elle aurait « quémandé des témoignages » auprès d’ex-compagnes.
Après la publication de ces articles, qui ont suscité beaucoup de remous dans le monde du cinéma, l’acteur a clamé son innocence dans un communiqué : dénonçant de « faux témoignages », il a assuré qu’il serait « libre dans quelques mois, car [il n’a] rien fait ».
De son côté, la justice a en tout cas estimé qu’elle avait assez « d’indices graves ou concordants » – selon les termes du Code de procédure pénale – pour le mettre trois fois en examen. Ce qui ne préjuge pas de l’issue judiciaire du dossier, le comédien restant, à ce stade, présumé innocent.
Vendredi 25 novembre, Valeria Bruni Tedeschi (qui serait aussi la compagne de l’acteur) et sa sœur, la chanteuse Carla Bruni-Sarkozy, ont réagi publiquement. Comme Sofiane Bennacer, elles estiment que la presse, et notamment Libération, n’a pas respecté la présomption d’innocence.
Tout en disant son « immense respect pour la libération de la parole des femmes » et son « attachement très profond au fait qu’elles puissent être entendues », Valeria Bruni Tedeschi a dénoncé, dans un communiqué, « un pur lynchage médiatique », loin, selon elle, « d’une volonté d’informer de façon objective et impartiale ».
La réalisatrice, qui confirme avoir eu « connaissance » des « rumeurs » dont faisait l’objet l’acteur pendant le tournage, se déclare « indignée qu’un journal comme Libération puisse piétiner à ce point la présomption d’innocence, donner honteusement en spectacle cette affaire et mettre en première page la photo d’un jeune homme avec du sang sur la main », alors « qu’il n’a pas été jugé » à ce stade.
Le même jour, sa sœur, Carla Bruni-Sarkozy, s’en est aussi prise, dans une publication virulente sur Instagram, à Libération : « Honte à toi Libération : lorsque l’on crucifie quelqu’un sur sa une sans savoir s’il est vraiment coupable on bafoue la démocratie. […] On ne soulage pas la douleur des victimes en en créant des nouvelles victimes [sic] de manière sauvage et aléatoire et tout aussi injustement. » D’autres voix se sont jointes aux leurs, comme celle de l’essayiste Tristane Banon – plaignante dans l’affaire DSK et autrice d’un livre pointant les dangers d’une « victimocratie » –, qui a dénoncé sur Twitter une « mise à mort médiatique » et une « présomption de culpabilité ».
Bruni Tedeschi qui rate encore une occasion d’arrêter de paraître détestable
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**Affaire Sofiane Bennacer : la présomption d’innocence n’est pas une assignation au silence**
**Après la médiatisation de l’affaire, l’acteur, mis en examen pour « viols », et la réalisatrice Valeria Bruni Tedeschi crient au non-respect de la présomption d’innocence. Ce principe judiciaire fondamental n’empêche pourtant ni la parole, ni la liberté d’informer, ni la mise en place de mesures conservatoires.**
« Je suis innocent. […] La présomption d’innocence existe-t-elle encore ? Ou sommes-nous dans un État de non-droit, un État où la simple accusation sans fondement peut détruire une vie ? » C’est par un long message sur son compte Instagram qu’a réagi le comédien Sofiane Bennacer, le 23 novembre, après la révélation par la presse de sa mise en cause pour « viols » et « violences ».
Le 22 novembre, Le Parisien a révélé que le comédien de 25 ans, à l’affiche du dernier film de Valeria Bruni Tedeschi, Les Amandiers, a été triplement mis en examen (deux fois pour « viols » et une fois pour « violences sur conjoint ») par un juge de Mulhouse (Haut-Rhin) et placé sous contrôle judiciaire. Et ce, à la suite des accusations de quatre de ses ex-compagnes, parmi lesquelles des comédiennes.
Trois jours plus tard, Libération a consacré sa une à l’affaire, publiant une enquête démarrée en février 2022, pour laquelle une trentaine de personnes ont été questionnées. Le quotidien a recueilli le témoignage de la plaignante – une étudiante de 23 ans à l’époque des faits, qui accuse le comédien de l’avoir violée à plusieurs reprises entre 2018 et 2019, pendant qu’elle était en couple avec lui –, et les récits de deux autres femmes qui dénoncent des violences sexuelles et physiques mais n’ont pas porté plainte.
Dans l’article, Sofiane Bennacer, sollicité dès le mois de mai par le journal, dément fermement les accusations portées par cette plaignante et affirme qu’elle aurait « quémandé des témoignages » auprès d’ex-compagnes.
Après la publication de ces articles, qui ont suscité beaucoup de remous dans le monde du cinéma, l’acteur a clamé son innocence dans un communiqué : dénonçant de « faux témoignages », il a assuré qu’il serait « libre dans quelques mois, car [il n’a] rien fait ».
De son côté, la justice a en tout cas estimé qu’elle avait assez « d’indices graves ou concordants » – selon les termes du Code de procédure pénale – pour le mettre trois fois en examen. Ce qui ne préjuge pas de l’issue judiciaire du dossier, le comédien restant, à ce stade, présumé innocent.
Vendredi 25 novembre, Valeria Bruni Tedeschi (qui serait aussi la compagne de l’acteur) et sa sœur, la chanteuse Carla Bruni-Sarkozy, ont réagi publiquement. Comme Sofiane Bennacer, elles estiment que la presse, et notamment Libération, n’a pas respecté la présomption d’innocence.
Tout en disant son « immense respect pour la libération de la parole des femmes » et son « attachement très profond au fait qu’elles puissent être entendues », Valeria Bruni Tedeschi a dénoncé, dans un communiqué, « un pur lynchage médiatique », loin, selon elle, « d’une volonté d’informer de façon objective et impartiale ».
La réalisatrice, qui confirme avoir eu « connaissance » des « rumeurs » dont faisait l’objet l’acteur pendant le tournage, se déclare « indignée qu’un journal comme Libération puisse piétiner à ce point la présomption d’innocence, donner honteusement en spectacle cette affaire et mettre en première page la photo d’un jeune homme avec du sang sur la main », alors « qu’il n’a pas été jugé » à ce stade.
Le même jour, sa sœur, Carla Bruni-Sarkozy, s’en est aussi prise, dans une publication virulente sur Instagram, à Libération : « Honte à toi Libération : lorsque l’on crucifie quelqu’un sur sa une sans savoir s’il est vraiment coupable on bafoue la démocratie. […] On ne soulage pas la douleur des victimes en en créant des nouvelles victimes [sic] de manière sauvage et aléatoire et tout aussi injustement. » D’autres voix se sont jointes aux leurs, comme celle de l’essayiste Tristane Banon – plaignante dans l’affaire DSK et autrice d’un livre pointant les dangers d’une « victimocratie » –, qui a dénoncé sur Twitter une « mise à mort médiatique » et une « présomption de culpabilité ».
Bruni Tedeschi qui rate encore une occasion d’arrêter de paraître détestable