Ton post a été retiré car l’article date de plus de 6 mois (juin 2021).
Si tu décides de poster un article ancien, il faut préciser en commentaire pourquoi tu le fais.
Si tu le souhaites tu peux répondre à mon commentaire et je réapprouverai l’article.
Bonne soirée
Edit : article approuvé
L’article était super intéressant en tous cas
Merci pour l’article. Bon, il n’y a pas à discuter sur ce qu’attaque l’article globalement : l’entresoi bourgeois, et le fait que ce soit un cinéma bourgeois-qui-s’ignore, est indiscutablement un problème du cinéma français et de son système de financement. Beaucoup de choses désignées ici (la prédominance de cadres de vie et d’usages spécifiques, le rapport à la province, le diptyque porno-misère / fantasmes pop…) sont bien cernées et ciblées.
Par contre, à force de vouloir faire force de frappe, l’article, qui fait pas exactement dans la dentelle, finit quand même pas écrire pas mal de conneries.
Déjà avec sa vision noir et blanc des grands jours et tous les procès d’intention qui vont avec, finissant par faire un peu bêtement de tout film non-optimiste à préoccupation sociale un film bourgeois, automatiquement, parce qu’on la décidé. Quand ça en vient à faire de Ken Loach (cinéaste que j’aime pourtant pas du tout) ou de Guédiguian des “bourgeois”, alors que ce sont des marxistes pur jus (leur histoire politique parle pour eux, de même que leur origine ouvrière) qui n’arrêtent pas des mettre à jour les systèmes d’oppression et de domination dans leurs films (et non des anecdotes), et qui inscrivent cette lutte dans leur engagement politique même, c’est un peu fort du café.
Autre problème : l’injonction au manichéisme comme preuve de bonne foi “non bourgeoise” est aussi ridicule que douteuse (*y a des films qui sont pas manichéens avec des oppressés 100% gentils et des oppresseurs 100% méchants, donc ils sont logiquement bourgeois* : cool, quel programme…).
Faut voir aussi l’argument bien poujadiste “personne ne va les voir” : d’une, l’affirmer en bloc ainsi c’est faux (y a pas mal de ces “films bourgeois” qui font plusieurs centaines de milliers d’entrées), et de deux on ne fait pas plus bourgeois que les comédies françaises qui engrangent des millions d’entrées, et qui reproduisent les mêmes schémas puissance 1000 (résidence secondaires et problèmes d’entrepreneurs, province regardée depuis Paris, négation de la lutte des classes – là c’est sûr, c’est plus la gauche bourgeoise, c’est la droite bourgeoise tout court). Donc pour faire de l’intérêt du public et du box-office des signes de “non-bourgeoisie”, c’est totalement raté. Il est surtout difficile de lire là autre chose qu’une pensée qui refuse à tout film de sortir des normes narratives et formelles mainstream (ce qui implique de fait un public plus confidentiel), normes pourtant elles-mêmes façonnées par l’industrie capitaliste la plus brutale.
Et enfin le plus gros problème de l’article : que reste-t-il, alors ? Parce que pour être crédible, c’est-à-dire pour pouvoir à son tour être soumis à examen, il ne peut suffire de tirer à tout va n’importe comment : il faudrait que l’article dise quel serait, selon lui, un cinéma non-bourgeois désirable. Résultat ? Un unique film cité en exemple, pas exactement un immense succès d’ailleurs (donc la thèse plus haut tombe à l’eau), et sans aucune réflexion sur sa valeur artistique. Plus le nom cité de Kervern et Delépine. Il n’y a pas de réflexion générale sur ce qui pourrait caractériser le cinéma non-bourgeois désiré, fut-ce en prenant des modèles à l’étranger. On a juste rapidement cité, ici, le fait que les héros volent (comme si c’était rare dans un film français), et le fait que le film soit “un vrai thriller, avec de réels héros”. Sur un article pamphlet de plusieurs dizaines de paragraphes, pour définir un contre-modèle évident, c’est un peu court.
Bref, l’accusation est juste, je suis pas en désaccord du tout avec le principal de l’article, mais son manichéisme et schématisme outré le rend assez inopérant, et il est trop plein de trous rhétoriques pour être audible au-delà du rant.
Je suis globalement très d’accord avec l’article, tout en ayant conscience qu’il est probablement très partisan. Je sais qu’il y a des cinéphiles ici, ou même quelques pseudos qui semblent bosser dans le milieu. Quelqu’un a une autre vision du sujet à nous apporter ?
Autant le titre semble prometteur, mais l’article va un peu dans tous les sens, non? Les réalisateurs ne devraient ni filmer des prolos en galère, ni des bourgeois parisiens avec des “first-world problems”. Le film social ou politique ne serait que du “porno-misère”, les films légers et pop ne sont que vacuité. Il n’y a qu’une phrase très vague à la fin de l’article qui semble évoquer ce que l’auteur aimerait bien voir, parce que je me demande quel genre de films trouverait grâce à ses yeux…
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Ton post a été retiré car l’article date de plus de 6 mois (juin 2021).
Si tu décides de poster un article ancien, il faut préciser en commentaire pourquoi tu le fais.
Si tu le souhaites tu peux répondre à mon commentaire et je réapprouverai l’article.
Bonne soirée
Edit : article approuvé
L’article était super intéressant en tous cas
Merci pour l’article. Bon, il n’y a pas à discuter sur ce qu’attaque l’article globalement : l’entresoi bourgeois, et le fait que ce soit un cinéma bourgeois-qui-s’ignore, est indiscutablement un problème du cinéma français et de son système de financement. Beaucoup de choses désignées ici (la prédominance de cadres de vie et d’usages spécifiques, le rapport à la province, le diptyque porno-misère / fantasmes pop…) sont bien cernées et ciblées.
Par contre, à force de vouloir faire force de frappe, l’article, qui fait pas exactement dans la dentelle, finit quand même pas écrire pas mal de conneries.
Déjà avec sa vision noir et blanc des grands jours et tous les procès d’intention qui vont avec, finissant par faire un peu bêtement de tout film non-optimiste à préoccupation sociale un film bourgeois, automatiquement, parce qu’on la décidé. Quand ça en vient à faire de Ken Loach (cinéaste que j’aime pourtant pas du tout) ou de Guédiguian des “bourgeois”, alors que ce sont des marxistes pur jus (leur histoire politique parle pour eux, de même que leur origine ouvrière) qui n’arrêtent pas des mettre à jour les systèmes d’oppression et de domination dans leurs films (et non des anecdotes), et qui inscrivent cette lutte dans leur engagement politique même, c’est un peu fort du café.
Autre problème : l’injonction au manichéisme comme preuve de bonne foi “non bourgeoise” est aussi ridicule que douteuse (*y a des films qui sont pas manichéens avec des oppressés 100% gentils et des oppresseurs 100% méchants, donc ils sont logiquement bourgeois* : cool, quel programme…).
Faut voir aussi l’argument bien poujadiste “personne ne va les voir” : d’une, l’affirmer en bloc ainsi c’est faux (y a pas mal de ces “films bourgeois” qui font plusieurs centaines de milliers d’entrées), et de deux on ne fait pas plus bourgeois que les comédies françaises qui engrangent des millions d’entrées, et qui reproduisent les mêmes schémas puissance 1000 (résidence secondaires et problèmes d’entrepreneurs, province regardée depuis Paris, négation de la lutte des classes – là c’est sûr, c’est plus la gauche bourgeoise, c’est la droite bourgeoise tout court). Donc pour faire de l’intérêt du public et du box-office des signes de “non-bourgeoisie”, c’est totalement raté. Il est surtout difficile de lire là autre chose qu’une pensée qui refuse à tout film de sortir des normes narratives et formelles mainstream (ce qui implique de fait un public plus confidentiel), normes pourtant elles-mêmes façonnées par l’industrie capitaliste la plus brutale.
Et enfin le plus gros problème de l’article : que reste-t-il, alors ? Parce que pour être crédible, c’est-à-dire pour pouvoir à son tour être soumis à examen, il ne peut suffire de tirer à tout va n’importe comment : il faudrait que l’article dise quel serait, selon lui, un cinéma non-bourgeois désirable. Résultat ? Un unique film cité en exemple, pas exactement un immense succès d’ailleurs (donc la thèse plus haut tombe à l’eau), et sans aucune réflexion sur sa valeur artistique. Plus le nom cité de Kervern et Delépine. Il n’y a pas de réflexion générale sur ce qui pourrait caractériser le cinéma non-bourgeois désiré, fut-ce en prenant des modèles à l’étranger. On a juste rapidement cité, ici, le fait que les héros volent (comme si c’était rare dans un film français), et le fait que le film soit “un vrai thriller, avec de réels héros”. Sur un article pamphlet de plusieurs dizaines de paragraphes, pour définir un contre-modèle évident, c’est un peu court.
Bref, l’accusation est juste, je suis pas en désaccord du tout avec le principal de l’article, mais son manichéisme et schématisme outré le rend assez inopérant, et il est trop plein de trous rhétoriques pour être audible au-delà du rant.
Je suis globalement très d’accord avec l’article, tout en ayant conscience qu’il est probablement très partisan. Je sais qu’il y a des cinéphiles ici, ou même quelques pseudos qui semblent bosser dans le milieu. Quelqu’un a une autre vision du sujet à nous apporter ?
Autant le titre semble prometteur, mais l’article va un peu dans tous les sens, non? Les réalisateurs ne devraient ni filmer des prolos en galère, ni des bourgeois parisiens avec des “first-world problems”. Le film social ou politique ne serait que du “porno-misère”, les films légers et pop ne sont que vacuité. Il n’y a qu’une phrase très vague à la fin de l’article qui semble évoquer ce que l’auteur aimerait bien voir, parce que je me demande quel genre de films trouverait grâce à ses yeux…