par Matthieu Suc dont je recommande chaudement le travail ainsi que le livre *Les espions de la terreur*
Cet article s’inscrit dans le contexte de l’ouverture du procès des attentats de Bruxelles
L’article :
**Mediapart retrace l’histoire de la première cellule djihadiste à avoir réussi à commettre plusieurs attaques en Europe. Des attentats du 13-Novembre à ceux du 22-Mars ou comment les assassins ont échappé aux polices françaises et belges à leurs trousses.**
Le premier coiffeur ne fait pas les colorations, alors tant pis, il perd un client. Salah Abdeslam poursuit son chemin dans les rues de Laeken, une petite commune en périphérie de Bruxelles. Le second coiffeur fera l’affaire. Le terroriste s’assoit dans un fauteuil en cuir brun, usé jusqu’à la corde. Quelques heures plus tôt, à 5 h 30 du matin, dans la nuit du 13 au 14 novembre, il se cachait encore dans une cage d’escalier de Châtillon (Hauts-de-Seine) quand deux amis, qu’il avait appelés à son secours, sont venus le chercher depuis la Belgique.
Emmitouflé dans sa doudoune, sa capuche sur la tête, Abdeslam rejoint le véhicule, essoufflé et en nage. Le fait de se retrouver dans l’habitacle ne le calme pas. Il pleure, il crie. Il explique qu’il fait partie des dix qui ont commis les attentats à Paris mais que son détonateur n’a pas fonctionné, et pourtant il voulait mourir. Il a abandonné sa ceinture explosive défectueuse à côté de poubelles à Montrouge (Hauts-de-Seine).
Arrivé à Laeken, Salah Abdeslam va d’abord faire son marché. Pour cent euros en liquide, il achète un jean noir, un pull gris, un bonnet noir, une veste gris et noir. Il se change dans la camionnette du commerçant avant de partir en quête d’un coiffeur. Quand enfin il trouve son bonheur chez un quinquagénaire grisonnant, il se fait raser la barbe, raccourcir sérieusement les cheveux et raser un trait sur le sourcil. « Une vingtaine de minutes plus tard, Salah avait changé », constatera l’un de ses amis qui l’attendait à l’extérieur.
De son côté, son complice et ami d’enfance Mohamed Abrini avouera avoir, en compagnie des survivants de la cellule Abaaoud, porté « une perruque horrible » : « Dans toutes les caches, il y avait des perruques. On mettait ça souvent pour sortir. C’était grossier mais, apparemment, plus c’est grossier, plus ça passe. »
Une fois coiffé et habillé, Salah Abdeslam se fait déposer dans un quartier de Schaerbeek, une autre commune en périphérie de Bruxelles où se cache le reste de la cellule terroriste qui a assuré la logistique du massacre et attend à son tour de passer à l’acte.
Sur la route, il a ressassé l’attentat. Quand il parle de son frère, Brahim, mort en actionnant sa ceinture explosive, c’est pour réclamer vengeance :
« Ils vont payer pour la mort de mon frère ! »
*
Ils sont six à se terrer dans ce repaire de l’État islamique. La planque a l’aspect d’un confortable duplex mansardé rue Henri-Bergé à Schaerbeek. On y retrouve Mohamed Abrini, Osama Krayem et Salah Abdeslam, qui les a rejoints. Tandis que les médias du monde entier évoquent la nuit d’horreur dans les rues de Paris, eux se terrent. « Après les attaques, c’était tellement confus que personne ne devait sortir et personne ne parlait de ce qu’il se passait. C’était une période de silence », dira le Suédois Krayem.
Pour passer le temps, les terroristes jouent à la PlayStation. « C’est dingue, le contraste. On pourrait faire un film », considérera le Belge Abrini, qui décrit dans le salon un moudjahid surfant sur Internet, un autre jouant sur sa console, et « peut-être qu’un [troisième] au-dessus fait des bombes ».
« Au-dessus », au second étage, là où il y a le plus de hauteur de plafond et où les fenêtres peuvent rester ouvertes, se bousculent une machine à coudre, « l’objet le plus gentil parmi tous les objets qui étaient là », un bac rempli de « la poudre qui sert au TATP [tripéroxyde de triacétone, explosif puissant et instable dont les ingrédients se trouvent dans le commerce] », divers fils et beaucoup de boulons. Il s’agit du « bureau » de Najim Laachraoui, le préposé à la confection des ceintures des prochains kamikazes.
« Pour préparer ces choses-là, il faut de l’espace, un appartement en hauteur, c’est ce que Najim m’avait dit. Sinon, l’odeur est insoutenable. Les fenêtres doivent tout le temps être ouvertes », racontera Abrini.
Soudain, il faut quitter le douillet duplex. C’est un ordre des frères El-Bakraoui, les logisticiens du groupe. La police belge effectue des perquisitions dans le quartier. Les clandestins enfilent perruques et lunettes de vue, enfouissent les armes dans leurs sacs de vêtements. Les tablettes sont cassées et jetées à la poubelle. Un manuel d’Al-Qaïda insistait sur la procédure à respecter en cas de descente de police : prévoir qui est chargé d’emporter quoi, qui doit détruire ce qu’il est impératif de ne pas conserver.
**Une caisse remplie de poudre blanche traîne à côté d’haltères dans la chambre**
Des six qui abandonnent le duplex de la rue Henri-Bergé, seul Laachraoui a le droit d’emporter son PC. Dans le disque dur, un dossier intitulé « 13 novembre », composé de plusieurs sous-fichiers baptisés « groupe Omar », « groupe Français », « groupe Irakiens », « groupe Schiphol » et « groupe métro ». L’architecture des attentats de Paris. La justice belge fera le rapprochement entre les intitulés de ces sous-dossiers et le déroulé du 13-Novembre : « Omar » était le surnom d’Abdelhamid Abaaoud, le leader du commando des terrasses. Le Bataclan a été attaqué par des kamikazes français. Deux des hommes qui se sont fait exploser au Stade de France étaient des ressortissants irakiens. Reste une zone d’ombre quant aux groupes « Schiphol » et « métro ». S’agissait‐il de cibles qui devaient être frappées ? Le 13 novembre, Osama Krayem et un complice étaient allés faire un supposé repérage à Schiphol, l’aéroport d’Amsterdam. « Nous ne pouvons évidemment passer à côté du parallélisme avec les attentats de Bruxelles au cours desquels un aéroport ainsi qu’un métro ont été frappés », écriront les magistrats belges.
Les clandestins se retrouvent confinés à six dans la nouvelle planque, à Jette, près de Molenbeek. Le studio est humide, sa configuration peu adaptée aux activités du commando terroriste. Faute d’aération suffisante, la confection de ceintures explosives est un temps abandonnée. « [Sinon,] vous nous auriez trouvés morts bien avant les attentats », ironisera Abrini.
Avec la promiscuité, les rapports se tendent entre complices. Salah Abdeslam est très nerveux, se dispute souvent avec Najim Laachraoui. Abrini et Abdeslam, les seuls à avoir leurs photos et leurs identités diffusées, suivent sur Internet l’évolution de l’enquête et vont fumer leurs cigarettes sur le balcon, avant de refermer les volets derrière eux. Les deux hommes n’ont pas le droit de sortir, c’est Osama Krayem qui s’y colle pour les courses. Ibrahim el-Bakraoui laisse entre cinq et dix mille euros dans chaque planque, chacun pioche dans la cagnotte comme bon lui semble. Salah Abdeslam passe le temps derrière les fourneaux. « C’était un bon cuisinier », appréciera Krayem. Au bout de quinze jours, il faut à nouveau changer de planque.
« C’est trop chaud ! », dit Ibrahim el-Bakraoui.
Il raconte à ses complices qu’il a reçu une lettre d’un pensionnaire d’une prison belge leur enjoignant de partir « car la police sait où ils sont »…
Le groupe se sépare. Abdeslam et deux autres terroristes dorment à Forest ; Abrini, Krayem et Laachraoui retournent à Schaerbeek (Belgique), dans un appartement situé rue Max-Roos. Des kalachnikovs y sont entreposées dans un débarras ; un drapeau de l’État islamique trône dans le salon ; une caisse en plastique « remplie de poudre blanche » traîne à côté d’haltères dans la chambre qu’occupe Laachraoui. La routine, selon Osama Krayem.
« Quand quelqu’un a vécu en Syrie, ce n’est rien d’avoir une bombe à côté de soi. Les Occidentaux ne comprendront jamais la façon dont nous réfléchissons ! »
*
Dans le calme retrouvé de l’appartement rue Max-Roos, à Schaerbeek, Najim Laachraoui communique depuis son PC avec la Syrie. Dans ses archives, la DGSE le catalogue comme une « figure influente de la scène djihadiste à Raqqa », devenu « rapidement l’un des terroristes chargés de la planification des opérations de l’État islamique en Europe ». Ce statut privilégié s’explique par ses compétences techniques et sa farouche volonté de frapper l’Occident. « Il était déterminé. C’était un aller sans retour », dira Osama Krayem.
Depuis sa chambre, interdite au reste du commando, Laachraoui laisse des messages audio à Oussama Atar sur une boîte aux lettres numérique morte. On est quelque part entre le 15 février et le 15 mars 2016.
Non sans avoir salué tous « les frères de la brigade », Laachraoui fait un exposé de la situation afin que « son émir » ait « une vue d’ensemble ». Il commence par évoquer les cibles potentielles : « Et on t’avait parlé de l’Angleterre… Ouais, ça, on a oublié, tu vois ? », annonce-t-il à propos du pays où s’était rendu Mohamed Abrini, un autre survivant de la cellule terroriste, huit mois plus tôt.
Désormais, Laachraoui voudrait savoir combien de kilos sont nécessaires pour faire sauter un train en marche. Par l’intermédiaire de l’émir, il demande à ce que « Mahmoud », Abou Mahmoud al-Chami, l’artificier du bureau des légendes djihadistes rentré en Syrie après avoir confectionné les ceintures explosives utilisées le 13-Novembre, fasse un test sur une voie désaffectée de chemin de fer, dans la périphérie de Raqqa. La quantité n’est pas un problème, le jeune Belge annonce avoir déjà produit cent kilos de TATP et dit qu’il disposera « avant la fin de la semaine » de plus de deux cents kilos.
Le mec s’est fait sauter pour punir des gens qui ne lui ont rien fait et promouvoir une secte moyenâgeuse pensant qu’il meurt en héros et pouras baiser des vierges à volonté.
Et son frère veut le “venger” en tuant plus de monde ?
Il n’y a pas de limite à l’abrutissement qu’il faut pour avoir un raisonnement pareil.
Et cette sous-merde humaine est toujours en vie nourrie et bien traitée, on lui à même permis de se marier en prison.
Même être jeté aux oubliettes serait une peine trop douce.
3 comments
par Matthieu Suc dont je recommande chaudement le travail ainsi que le livre *Les espions de la terreur*
Cet article s’inscrit dans le contexte de l’ouverture du procès des attentats de Bruxelles
L’article :
**Mediapart retrace l’histoire de la première cellule djihadiste à avoir réussi à commettre plusieurs attaques en Europe. Des attentats du 13-Novembre à ceux du 22-Mars ou comment les assassins ont échappé aux polices françaises et belges à leurs trousses.**
Le premier coiffeur ne fait pas les colorations, alors tant pis, il perd un client. Salah Abdeslam poursuit son chemin dans les rues de Laeken, une petite commune en périphérie de Bruxelles. Le second coiffeur fera l’affaire. Le terroriste s’assoit dans un fauteuil en cuir brun, usé jusqu’à la corde. Quelques heures plus tôt, à 5 h 30 du matin, dans la nuit du 13 au 14 novembre, il se cachait encore dans une cage d’escalier de Châtillon (Hauts-de-Seine) quand deux amis, qu’il avait appelés à son secours, sont venus le chercher depuis la Belgique.
Emmitouflé dans sa doudoune, sa capuche sur la tête, Abdeslam rejoint le véhicule, essoufflé et en nage. Le fait de se retrouver dans l’habitacle ne le calme pas. Il pleure, il crie. Il explique qu’il fait partie des dix qui ont commis les attentats à Paris mais que son détonateur n’a pas fonctionné, et pourtant il voulait mourir. Il a abandonné sa ceinture explosive défectueuse à côté de poubelles à Montrouge (Hauts-de-Seine).
Arrivé à Laeken, Salah Abdeslam va d’abord faire son marché. Pour cent euros en liquide, il achète un jean noir, un pull gris, un bonnet noir, une veste gris et noir. Il se change dans la camionnette du commerçant avant de partir en quête d’un coiffeur. Quand enfin il trouve son bonheur chez un quinquagénaire grisonnant, il se fait raser la barbe, raccourcir sérieusement les cheveux et raser un trait sur le sourcil. « Une vingtaine de minutes plus tard, Salah avait changé », constatera l’un de ses amis qui l’attendait à l’extérieur.
De son côté, son complice et ami d’enfance Mohamed Abrini avouera avoir, en compagnie des survivants de la cellule Abaaoud, porté « une perruque horrible » : « Dans toutes les caches, il y avait des perruques. On mettait ça souvent pour sortir. C’était grossier mais, apparemment, plus c’est grossier, plus ça passe. »
Une fois coiffé et habillé, Salah Abdeslam se fait déposer dans un quartier de Schaerbeek, une autre commune en périphérie de Bruxelles où se cache le reste de la cellule terroriste qui a assuré la logistique du massacre et attend à son tour de passer à l’acte.
Sur la route, il a ressassé l’attentat. Quand il parle de son frère, Brahim, mort en actionnant sa ceinture explosive, c’est pour réclamer vengeance :
« Ils vont payer pour la mort de mon frère ! »
*
Ils sont six à se terrer dans ce repaire de l’État islamique. La planque a l’aspect d’un confortable duplex mansardé rue Henri-Bergé à Schaerbeek. On y retrouve Mohamed Abrini, Osama Krayem et Salah Abdeslam, qui les a rejoints. Tandis que les médias du monde entier évoquent la nuit d’horreur dans les rues de Paris, eux se terrent. « Après les attaques, c’était tellement confus que personne ne devait sortir et personne ne parlait de ce qu’il se passait. C’était une période de silence », dira le Suédois Krayem.
Pour passer le temps, les terroristes jouent à la PlayStation. « C’est dingue, le contraste. On pourrait faire un film », considérera le Belge Abrini, qui décrit dans le salon un moudjahid surfant sur Internet, un autre jouant sur sa console, et « peut-être qu’un [troisième] au-dessus fait des bombes ».
« Au-dessus », au second étage, là où il y a le plus de hauteur de plafond et où les fenêtres peuvent rester ouvertes, se bousculent une machine à coudre, « l’objet le plus gentil parmi tous les objets qui étaient là », un bac rempli de « la poudre qui sert au TATP [tripéroxyde de triacétone, explosif puissant et instable dont les ingrédients se trouvent dans le commerce] », divers fils et beaucoup de boulons. Il s’agit du « bureau » de Najim Laachraoui, le préposé à la confection des ceintures des prochains kamikazes.
« Pour préparer ces choses-là, il faut de l’espace, un appartement en hauteur, c’est ce que Najim m’avait dit. Sinon, l’odeur est insoutenable. Les fenêtres doivent tout le temps être ouvertes », racontera Abrini.
Soudain, il faut quitter le douillet duplex. C’est un ordre des frères El-Bakraoui, les logisticiens du groupe. La police belge effectue des perquisitions dans le quartier. Les clandestins enfilent perruques et lunettes de vue, enfouissent les armes dans leurs sacs de vêtements. Les tablettes sont cassées et jetées à la poubelle. Un manuel d’Al-Qaïda insistait sur la procédure à respecter en cas de descente de police : prévoir qui est chargé d’emporter quoi, qui doit détruire ce qu’il est impératif de ne pas conserver.
**Une caisse remplie de poudre blanche traîne à côté d’haltères dans la chambre**
Des six qui abandonnent le duplex de la rue Henri-Bergé, seul Laachraoui a le droit d’emporter son PC. Dans le disque dur, un dossier intitulé « 13 novembre », composé de plusieurs sous-fichiers baptisés « groupe Omar », « groupe Français », « groupe Irakiens », « groupe Schiphol » et « groupe métro ». L’architecture des attentats de Paris. La justice belge fera le rapprochement entre les intitulés de ces sous-dossiers et le déroulé du 13-Novembre : « Omar » était le surnom d’Abdelhamid Abaaoud, le leader du commando des terrasses. Le Bataclan a été attaqué par des kamikazes français. Deux des hommes qui se sont fait exploser au Stade de France étaient des ressortissants irakiens. Reste une zone d’ombre quant aux groupes « Schiphol » et « métro ». S’agissait‐il de cibles qui devaient être frappées ? Le 13 novembre, Osama Krayem et un complice étaient allés faire un supposé repérage à Schiphol, l’aéroport d’Amsterdam. « Nous ne pouvons évidemment passer à côté du parallélisme avec les attentats de Bruxelles au cours desquels un aéroport ainsi qu’un métro ont été frappés », écriront les magistrats belges.
Les clandestins se retrouvent confinés à six dans la nouvelle planque, à Jette, près de Molenbeek. Le studio est humide, sa configuration peu adaptée aux activités du commando terroriste. Faute d’aération suffisante, la confection de ceintures explosives est un temps abandonnée. « [Sinon,] vous nous auriez trouvés morts bien avant les attentats », ironisera Abrini.
Avec la promiscuité, les rapports se tendent entre complices. Salah Abdeslam est très nerveux, se dispute souvent avec Najim Laachraoui. Abrini et Abdeslam, les seuls à avoir leurs photos et leurs identités diffusées, suivent sur Internet l’évolution de l’enquête et vont fumer leurs cigarettes sur le balcon, avant de refermer les volets derrière eux. Les deux hommes n’ont pas le droit de sortir, c’est Osama Krayem qui s’y colle pour les courses. Ibrahim el-Bakraoui laisse entre cinq et dix mille euros dans chaque planque, chacun pioche dans la cagnotte comme bon lui semble. Salah Abdeslam passe le temps derrière les fourneaux. « C’était un bon cuisinier », appréciera Krayem. Au bout de quinze jours, il faut à nouveau changer de planque.
« C’est trop chaud ! », dit Ibrahim el-Bakraoui.
Il raconte à ses complices qu’il a reçu une lettre d’un pensionnaire d’une prison belge leur enjoignant de partir « car la police sait où ils sont »…
Le groupe se sépare. Abdeslam et deux autres terroristes dorment à Forest ; Abrini, Krayem et Laachraoui retournent à Schaerbeek (Belgique), dans un appartement situé rue Max-Roos. Des kalachnikovs y sont entreposées dans un débarras ; un drapeau de l’État islamique trône dans le salon ; une caisse en plastique « remplie de poudre blanche » traîne à côté d’haltères dans la chambre qu’occupe Laachraoui. La routine, selon Osama Krayem.
« Quand quelqu’un a vécu en Syrie, ce n’est rien d’avoir une bombe à côté de soi. Les Occidentaux ne comprendront jamais la façon dont nous réfléchissons ! »
*
Dans le calme retrouvé de l’appartement rue Max-Roos, à Schaerbeek, Najim Laachraoui communique depuis son PC avec la Syrie. Dans ses archives, la DGSE le catalogue comme une « figure influente de la scène djihadiste à Raqqa », devenu « rapidement l’un des terroristes chargés de la planification des opérations de l’État islamique en Europe ». Ce statut privilégié s’explique par ses compétences techniques et sa farouche volonté de frapper l’Occident. « Il était déterminé. C’était un aller sans retour », dira Osama Krayem.
Depuis sa chambre, interdite au reste du commando, Laachraoui laisse des messages audio à Oussama Atar sur une boîte aux lettres numérique morte. On est quelque part entre le 15 février et le 15 mars 2016.
Non sans avoir salué tous « les frères de la brigade », Laachraoui fait un exposé de la situation afin que « son émir » ait « une vue d’ensemble ». Il commence par évoquer les cibles potentielles : « Et on t’avait parlé de l’Angleterre… Ouais, ça, on a oublié, tu vois ? », annonce-t-il à propos du pays où s’était rendu Mohamed Abrini, un autre survivant de la cellule terroriste, huit mois plus tôt.
Désormais, Laachraoui voudrait savoir combien de kilos sont nécessaires pour faire sauter un train en marche. Par l’intermédiaire de l’émir, il demande à ce que « Mahmoud », Abou Mahmoud al-Chami, l’artificier du bureau des légendes djihadistes rentré en Syrie après avoir confectionné les ceintures explosives utilisées le 13-Novembre, fasse un test sur une voie désaffectée de chemin de fer, dans la périphérie de Raqqa. La quantité n’est pas un problème, le jeune Belge annonce avoir déjà produit cent kilos de TATP et dit qu’il disposera « avant la fin de la semaine » de plus de deux cents kilos.
*
Arte a fait un docu intéressant à ce sujet
[13 novembre 2015 : anatomie d’une instruction](https://www.youtube.com/watch?v=GVPQGGLWDsc)
« Ils vont payer pour la mort de mon frère ! »
Le mec s’est fait sauter pour punir des gens qui ne lui ont rien fait et promouvoir une secte moyenâgeuse pensant qu’il meurt en héros et pouras baiser des vierges à volonté.
Et son frère veut le “venger” en tuant plus de monde ?
Il n’y a pas de limite à l’abrutissement qu’il faut pour avoir un raisonnement pareil.
Et cette sous-merde humaine est toujours en vie nourrie et bien traitée, on lui à même permis de se marier en prison.
Même être jeté aux oubliettes serait une peine trop douce.