Des septuagénaires jugés pour avoir menacé de mort une enseignante « islamo-gauchiste »

5 comments
  1. > **Des septuagénaires jugés pour avoir menacé de mort une enseignante « islamo-gauchiste »**
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    > Lors de la polémique qui visait Sciences Po Grenoble en mars 2021, certains journalistes à l’instar de Pascal Praud et Caroline Fourest, avaient accusé à tort une enseignante. Après avoir subi une vague de cyber-harcèlement, celle-ci avait porté plainte contre dix personnes.
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    > David Perrotin
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    > 2 décembre 2022 à 21h20
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    > « Je vais tenter de parler bien fort », prévient le président de la 24e chambre du tribunal judiciaire de Paris. L’audience a en effet quelque chose de peu banal. Les prévenus présents ce vendredi et poursuivis pour « harcèlement au moyen d’un service de communication » et « menaces de mort » sont majoritairement très âgés. Il fallait donc s’imaginer des personnes de plus de 70 ans saisir leur clavier, se connecter à leur compte Facebook et lâcher des insultes et des menaces d’une extrême violence. Leur cible ? Une enseignante-chercheuse accusée de n’être rien d’autre qu’« une islamo-gauchiste ». 
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    > « Pour bien situer le contexte », le président résume la situation en lisant [un article de presse](https://www.leparisien.fr/societe/sciences-po-grenoble-5-minutes-pour-comprendre-laffaire-klaus-kinzler-21-12-2021-PH4GLFBE5FCO3MOHZRAA5GKU5U.php). Il rappelle le début de cette affaire médiatisée [en mars 2021](https://www.mediapart.fr/journal/france/110321/accusations-d-islamophobie-la-direction-de-sciences-po-grenoble-laisse-le-conflit-s-envenimer) lorsque deux enseignants, Klaus Kinzler et Vincent T, sont la cible d’affiches placardées sur la façade de l’IEP de Grenoble : « Des fascistes dans nos amphis Vincent T. […] et Klaus Kinzler démission. L’islamophobie tue. » Le syndicat étudiant Unef relaie l’action sur les réseaux sociaux, avant de tout supprimer. 
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    > [Comme le racontait Mediapart](https://www.mediapart.fr/journal/france/110321/accusations-d-islamophobie-la-direction-de-sciences-po-grenoble-laisse-le-conflit-s-envenimer), ce collage, condamné unanimement, venait après d’intenses tensions entre ces deux professeurs et une autre enseignante, Claire M., autour d’une journée de débats nommée « Racisme, antisémitisme et islamophobie » et organisée dans le cadre d’une « semaine pour l’égalité et la lutte contre les discriminations ». Rapidement, Klaus Kinzler fait le tour des plateaux télé pour livrer une version comportant de nombreuses omissions. Il affirme, à tort, avoir été viré de ce groupe préparatoire pour s’être opposé à l’utilisation du terme « islamophobie ». En plus de l’enseignante, il accuse Anne-Laure Amilhat Szary, directrice du laboratoire Pacte, rattaché à l’IEP, d’avoir livré son nom en pâture et d’avoir contribué à ce que des gens placardent des affiches sur les murs de l’institut. 
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    > **Une victime ciblée par Pascal Praud et Caroline Fourest **
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    > L’accusation est rapidement reprise par Marianne, BFMTV et par l’essayiste Caroline Fourest. « D’après ce témoignage, c’est une enseignante et le laboratoire de recherche Pacte (CNRS) qui ont excité les étudiants contre ces deux professeurs et lâché la meute contre le droit de questionner un mot qui a tué. Affligeant. Elle a bon dos la “liberté académique” », tweete cette dernière le 6 mars 2021. Tout est faux [comme l’a révélé Mediapart](https://www.mediapart.fr/journal/france/211221/sciences-po-grenoble-les-memes-intox-pour-un-nouvel-emballement), mais qu’importe, l’accusation se propage en même temps que naît l’emballement médiatique. 
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    > [Capture d’écran du tweet de Caroline Fourest. © Caroline Fourest](https://static.mediapart.fr/etmagine/article_zoomed/files/2022/12/02/capture-d-e-cran-2022-12-02-a-20-29-24.png)
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    > Sur CNews, Pascal Praud va beaucoup plus loin et tient à être le premier à donner le nom et le prénom de la directrice du labo. « Puis intervient ce laboratoire Pacte avec cette dame, je vais citer son nom, Anne-Laure Amilhat Szary. Cette dame-là, c’est la directrice du laboratoire, cette dame c’est une militante […] qui avance avec le sentiment d’impunité, et c’est très révélateur parce qu’on voit le terrorisme intellectuel qui existe dans l’université à travers leurs exemples », déclare-t-il le 9 mars 2021. 
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    > > Il faut lui trancher la gorge.
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    > > Dominique B., 74 ans
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    > Il n’en fallait pas plus pour que la directrice en question reçoive des centaines de messages d’insultes et de menaces de mort. Entre le 12 et le 17 mars 2021, on veut « la buter », « l’éliminer » ou lui « trancher la gorge ». 
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    > Première invitée à la barre, Anne-Laure Amilhat Szary, 52 ans, veut d’abord laver son honneur en rappelant les vérités bafouées par certains journalistes. Non, elle n’a jamais publié un communiqué officiel pour livrer le nom des deux enseignants mentionnés sur les affiches de l’IEP. Il s’agissait d’un simple courrier pour défendre une membre du laboratoire prise pour cible par ces deux professeurs. « Je suis intervenue pour assurer le respect de la laïcité et défendre une collègue », explique-t-elle tout en précisant avoir immédiatement « affirmé sa solidarité » avec ces deux enseignants lorsqu’elle a pris connaissance des affiches. Klaus Kinzler s’attaquait violemment à Claire M. et n’hésitait pas à fustiger les musulmans et hiérarchiser les religions en disant préférer le christianisme.  
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    > Très émue, elle détaille ensuite les conséquences de cette haine virtuelle. « Je craignais pour ma sécurité et d’être suivie dans la rue, raconte-t-elle. Je me suis mise à passer mes nuits sur les réseaux sociaux pour voir ce qui tombait. » Dans le même temps, plusieurs posts Facebook la ciblent directement et reprennent l’idée amorcée par Caroline Fourest. « L’islamo-gaucho Anne Laure Amilhat Szary est une instigatrice de la “fatwa” lancée contre deux professeurs à Sciences Po Grenoble ! Comme elle a trouvé normal de diffuser les photos des professeurs… rien ne va déranger à ce que l’on diffuse la sienne », peut-on lire dans un post accompagné de la photo de la directrice et publié le 12 mars par un certain Jean-Luc.
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    > [Quelques exemples des menaces et insultes rédigées par les dix prévenus contre Anne-Laure Amilhat. © Mediapart](https://static.mediapart.fr/etmagine/article_zoomed/files/2022/12/02/20221202-img-insultes.jpg)
    > Dans les commentaires, on peut lire un flot de haine et d’insultes. Et les messages des dix personnes poursuivies ce vendredi. 
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    > * Jacques L., 79 ans : « Quand ils la violent elle aura compris à moi que ça lui plaise !! […] Déjà pour la violer, il faut vraiment le vouloir beurk!! »
    > * Alain B., 73 ans : « Qu’elle crève le cul bourré de chiffon rouge et la gueul ouvert. »
    > * Annick L., 73 ans : « Horrible nana!! Le caillou rasé ! Pauvre tâche. Un jour viendra où tu devras te repentir ! »
    > * Jean-Marie C., 60 ans : « Saloupe à butté »
    > * Dominique B., 74 ans : « Il faut lui trancher la gorge »
    > * Wilfrid B, 65 ans : « A l’échafaud (…) Regardez la gueule de la bavure. A expédier au pays du Maghreb »
    > * Christian D., 58 ans : « Pauvre conne ton tour viendra »
    > * Ronan M., 56 ans : « Grosse connasse on va te butter »
    > * Dominique V., 56 ans : « Il faut tondre cette collabo de merde. »
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    > Seul Maxence D., 32 ans, se démarque en lâchant sur Twitter : « Potence + corde pas trop épaisse pour lui lacérer le coup à cette p*** ». 
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    > **Des prévenus âgés et amnésiques **
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    > Très sûrs d’eux sur les réseaux sociaux, les cinq prévenus présents à l’audience sont désormais beaucoup moins fiers. Presque tous se disent amnésiques et affirment ne pas se souvenir de toute la polémique liée à Sciences Po Grenoble. Certains minimisent aussi la teneur de leur propos. « J’ai vu le post Facebook, j’ai lu deux trois commentaires et j’ai mis le mien, mais c’est juste une insulte, pas une menace de mort », lâche Alain B, qui contraint le tribunal à se répéter du fait de ses graves problèmes d’audition. « Qu’elle crève », ne serait pas une menace de mort selon cet ancien plombier aujourd’hui retraité. Tout juste « une connerie ». 
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    > > J’ai vu mon nom qui apparaissait sur Facebook mais je ne comprends pas. Je ne conteste pas l’avoir écrit mais je ne m’en souviens pas.
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    > > Annick M, 72 ans.
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  2. Les justifications données sont quand même pathétiques, je crois que même pour un gamin de 8 ans l’excuse “Désolé M’sieur je savais pas que connard était une insulte.” ne passe pas.

  3. Tout l’article donne envie de se taper la tête contre un mur entre les justifications de collégiens de ces personnes et le fait qu’ils soient biberonnés aux conneries sur Facebook ou de CNews. D’ailleurs, Praud et Fourest me paraissent autant coupables que ces personnes même s’ils s’en frottent sûrement les mains.

  4. “L’islamo-gauchisme” est une thèse complotiste, inspiré du “judéo-bolchevisme”.

    Elle existe pour justifier des violences contre une partie de la population (ce sont des traîtres).

    C’est difficile à avaler, mais oui, vous êtes complotiste si vous y croyez. Le CNRS a confirmé que ça n’existe pas (à moins qu’ils sont également Islamo-gauchistes).

    Forcément, ce genre de débordement seront de plus en plus commun.

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