“L’attentat contre le professeur de Conflans-Sainte-Honorine par un terroriste tchétchène de 18 ans est d’une simplicité aussi brutale qu’apparente. Pourtant, l’enquête est d’une grande complexité.
Par Christophe Ayad
Publié aujourd’hui à 12h30, mis à jour à 14h42
C’est un crime hors norme. Hors norme par son horreur, par l’onde de choc politique, sociale et morale qu’il a suscitée dans la société française, mais aussi hors norme à cause de l’enquête en cours pour retracer le déroulé des faits et démêler l’écheveau des responsabilités. L’assassinat de Samuel Paty, 47 ans, le 16 octobre 2020, suivi d’une décapitation par Abdouallakh Anzorov, un réfugié tchétchène de 18 ans, près de son collège de Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines) est d’une simplicité aussi brutale qu’apparente. Et pourtant, la reconstitution du chemin qui a conduit le jeune terroriste au professeur d’histoire-géographie est d’une grande complexité.
« C’est un dossier inédit du fait de la richesse de ses problématiques et des questions qu’il soulève. Il touche à la laïcité, à l’école, à la parentalité, à la circulation de l’information sur les réseaux sociaux », résume Virginie Le Roy, l’avocate de la famille Paty. Ce qui est aussi inédit est l’aller-retour permanent opéré par les enquêteurs entre mondes réel et virtuel. Les échanges sur les réseaux sociaux, dont toutes les traces et la teneur n’ont pas encore pu être mises au jour, sont suivis d’actions et de conséquences. Loin d’être le fruit d’une pure initiative individuelle, l’assassinat de Samuel Paty implique tout un réseau d’informateurs, de complices logistiques et de soutiens idéologiques.
Autre particularité du dossier, confié au Parquet national antiterroriste, la présence de nombreux mineurs, qui représentent plus d’un tiers des mis en examen. Alors qu’on est encore loin d’une clôture de l’instruction et d’un procès, qui n’interviendra pas avant deux voire trois ans, la question se pose déjà de la forme qu’il va prendre. En effet, les mineurs ne pourront être jugés séparément étant donné leur rôle essentiel dans le dossier. On se dirigerait donc vers un procès à huis clos, ce qui se révélerait particulièrement pénible pour les parties civiles et frustrant du point de vue de l’information du public. « La famille de Samuel Paty espère beaucoup de cette enquête. Elle a la volonté de comprendre de manière exhaustive l’engrenage qui a mené à sa mort », estime Me Le Roy.
A ce jour, seize personnes ont été mises en examen, la plupart pour « complicité d’assassinat terroriste » ou pour « association de malfaiteurs terroriste criminelle ». On peut les ranger en quatre catégories.
Les instigateurs
On peut considérer qu’ils sont au nombre de trois. La jeune fille qui a fait un récit fallacieux du cours de Samuel Paty. Son père, Brahim Chnina, qui a diffusé deux vidéos et plusieurs posts sur Facebook contre M. Paty traité de « voyou ». Il a aussi diffusé ses vidéos à sa longue liste de contacts sur WhatsApp, alertant ainsi l’activiste Abdelhakim Sefrioui, qui a réalisé une vidéo de protestation sur YouTube.
La fille de M. Chnina, dont les parents sont séparés, vit aujourd’hui sous contrôle judiciaire hors du département des Yvelines. Elle est mise en examen pour « dénonciation calomnieuse », ce qui est assez surprenant étant donné la prépondérance du rôle qu’elle a joué. Son récit mensonger est à la base de toute l’affaire. Le Parisien a révélé que la jeune fille avait avoué avoir menti lors de sa garde à vue : elle n’a pas assisté au cours de Samuel Paty dont elle a donné un récit fallacieux – dans lequel M. Paty aurait discriminé les musulmans en leur demandant de quitter la classe – à son père en se fondant sur le récit de camarades de classe ayant assisté au cours la veille. Un tel mensonge, réitéré à plusieurs reprises y compris lors du dépôt de plainte pour diffusion d’images pédopornographiques contre Samuel Paty par son père, était destiné à masquer son renvoi par le collège pour absentéisme et mauvaise conduite. « La révélation de son mensonge est soulageante car elle permet d’avancer dans l’enquête. Mais elle ne change rien au fond de l’affaire », estime Me Le Roy. Joint par Le Monde, l’avocat de la jeune fille n’a pas souhaité s’exprimer.
M. Chnina, mis en examen pour « complicité d’assassinat terroriste », est en détention provisoire depuis son interpellation. Il affirme aujourd’hui avoir été induit en erreur par le récit de sa fille. « Il est dans une posture victimaire et infantile. Il n’assume rien », fustige Me Le Roy. D’autant que M. Chnina, qui a été en contact direct avec Anzorov sans qu’on sache exactement la teneur de leurs échanges, aurait dû être au courant de l’absence de sa fille, celle-ci avait fait signer son renvoi pour deux jours par sa mère. Son avocat, joint par Le Monde, n’a pas donné suite.
Le cas d’Abdelhakim Sefrioui, militant propalestinien de 62 ans, est le plus délicat. Mis en examen lui aussi pour « complicité », il est en détention à l’isolement. Son fils le décrit comme « un homme fatigué moralement et physiquement, victime lui aussi d’un drame causé par un inconnu, un fou surgi de nulle part ». En termes plus juridiques, son avocate, Elise Arfi, dénonce une « redéfinition totale de la notion de complicité » : « M. Sefrioui n’a jamais vu, jamais parlé, jamais écrit, jamais été en contact avec Anzorov. Je ne comprends pas les choix du parquet. » Les investigations n’ont pas réussi à prouver qu’Anzarov a visionné la vidéo de Sefrioui dans laquelle le nom de Paty n’est pas prononcé mais le collège désigné. Pour Me Le Roy, qui représente la famille Paty, « qu’Anzorov ait vu la vidéo ou pas ne fait pas de différence. Je n’oublie pas que sa première réaction, à l’annonce de la mort de Samuel Paty, est de demander à sa compagne d’effacer la vidéo de YouTube. Ni que la manière dont la vidéo est montée et titrée reprend l’argumentaire du message de menace d’Al-Qaïda [en septembre 2020 après la republication des caricatures par Charlie Hebdo ] à la France. »
Me Arfi a déposé deux recours en nullité auprès de la Cour de cassation, dont l’un pour non-présence de l’avocat désigné par M. Sefrioui lors de sa garde à vue. Le premier a été rejeté, le second renvoyé à la tenue du procès, autant dire dans longtemps. L’avocate, rejointe récemment par Mes Ouadie Elhamamouchi et Sefen Guez Guez, qui avaient officié dans les dossiers du CCIF et de BarakaCity, fait également remarquer que « l’amendement Samuel Paty » (article 18) de la loi « confortant les principes de la République » punit de trois ans de prison et de 45 000 euros d’amende ceux qui mettent en danger la vie d’autrui par la diffusion d’informations personnelles. C’est bien moins que ce qu’encourt aujourd’hui M. Sefrioui, qui a été « fiché S » pour son virulent militantisme pro-Hamas en 2014.
Les complices logistiques
La famille Anzorov, mise hors de cause par les enquêteurs malgré les soupçons de plusieurs observateurs, a quitté la France pour retourner vivre en Tchétchénie. Deux complices logistiques sont mis en examen pour « complicité », l’un tchétchène et l’autre franco-tunisien. Ils ont accompagné Anzorov à Rouen pour acheter le couteau qui a servi à l’assassinat et à la décapitation. Le lendemain, Anzorov retourne à Rouen avec le Franco-Tunisien pour acheter deux airsofts avec de l’argent donné par le Tchétchène. Ces fusils non létaux tirent des billes de plomb dont on a retrouvé l’une d’entre elles dans le corps de Samuel Paty.
Le Franco-Tunisien a également conduit Anzorov en voiture à Conflans-Sainte-Honorine d’abord à une mauvaise adresse puis, après avoir été rappelé par le futur tueur, devant le collège du Bois-d’Aulne.
Les collégiens
C’est l’un des aspects les plus sordides de cette affaire. Cinq élèves du collège du Bois-d’Aulne ont été mis en examen pour « complicité d’assassinat terroriste ». Ils ont désigné Samuel Paty à Abdouallakh Anzorov qui leur avait promis en échange une somme d’argent (de 300 à 350 euros). Les interrogatoires ont révélé qu’Anzarov avait donné à celui qui s’est présenté comme le chef du groupe une avance de 150 euros. D’après leur récit, trois élèves ont attendu avec Anzorov, cachés derrière une voiture, et deux autres se sont postés devant le collège pour faire le guet.
Selon les informations du Monde, les investigations ont également révélé que le terroriste a eu une conversation téléphonique avec la jeune fille à l’origine du drame, appelée par l’un des cinq collégiens, pour lui confirmer son récit.
Les cinq mineurs, tous des garçons (dont deux sont musulmans), ont dû quitter le département et ont interdiction de se rendre à Conflans-Sainte-Honorine ainsi que d’entrer en contact avec les autres mis en examen. Ils ont été placés ou vivent chez des membres de leur famille et sont astreints à un suivi sociojudiciaire.
Les complices sur les réseaux sociaux
Dans leur cas, ce n’est pas la qualification de complicité qui a été employée par le juge d’instruction antiterroriste mais celle d’« association de malfaiteurs terroriste criminelle ». Ils sont des complices idéologiques et numériques. Ils ont approuvé ou encouragé son projet d’assassinat, ou alors ont conforté son idéologie djihadiste en échangeant des vidéos de décapitation ou des informations. Abdouallakh Anzorov avait en effet de nombreuses discussions en ligne sur Twitter, Instagram et Snapchat. « Son cercle de fréquentations numériques fonctionnait comme un entonnoir, explique une source proche de l’enquête. Tout en bas de l’entonnoir se trouvent les plus radicaux. » Ceux à qui il a envoyé sa vidéo de revendication avec la tête de Samuel Paty.
Le documentaire « Terroristes en réseaux » me semble plus factuel et moins partial que ce récit qui s’appuie bien trop sur l’opinion de l’avocate de la famille Paty : https://www.lumni.fr/video/terroristes-en-reseaux
Vivement que de bons historiens reprennent les faits calmement.
Je suis déçu qu’il n’y ait rien en ce qui concerne la responsabilité de l’Education Nationale. Sans sa lâcheté, il ne serait rien arrivé.
J’espère que les condamnations seront à la hauteur du crime ignoble sur fond de bassesse humaine. J’espère aussi qu’il y aura des conséquences pour ceux qui dabs la hiérarchie au-dessus de l’enseignant ont manqué à leur devoir. J’ai peu d’espoir qu’on se débarrasse du fond communautaire et religieux qui a enflammé les acteurs qui ne savent pas se définir autrement que comme musulmans alors qu’ils sont citoyens français mais ce serait bien qu’on y arrive un jour. C’est pas en votant Zemmour qu’on avancera à mon avis mais un passage par une situation difficile pour les Musulmans français s’annonce à mon avis : à force de saloperies dans les actes ou les discours, l’amalgame est une réponse naturelle. Pareil que pour la pédophilie chez les Catholiques, à un moment, ça devient le seul prisme pour lire l’attachement à une foi et ça crispe le pays entier en empêchant tout discours raisonnable. La Justice prendra j’espère mesure de l’enjeu en étant sévère et en poussant l’enquête jusque dans l’Education nationale.
Personnellement J’ai rarement eu une colère semblable à celle que j’ai ressenti après l’assassinat immonde de Paty et la découverte de ce complot sordide.. Il est clair que pour moi il y aura eu un avant et un après.
Avant ce meurtre je pensais, de manière très naïve et franchement aveugle, qu’il était difficile mais possible de cohabiter avec l’islamisme si on le tenait à l’oeil.
Alors que c’est bien entendu une absurdité. il n’y a aucun compromis à faire avec cette idéologie suprémaciste, vicieuse, sournoise et mortifère qui est à l’exact opposé de toutes nos valeurs. Soit elle nous détruira soit nous la détruirons avant. C’est aussi simple que ça.
De manière générale J’ai l’impression que les Français commencent à se réveiller à ce sujet mais c’est pas gagné. Ce fléau s’est véritablement enraciné dans les écoles. Ce n’est pas étonnant du reste, c’est par là que commencent systématiquement tous les islamistes de la planète dans les pays où ils ne sont pas majoritaires. C’est leur modus operandi habituel.
>M. Chnina, mis en examen pour « complicité d’assassinat terroriste », est en détention provisoire depuis son interpellation. Il affirme aujourd’hui avoir été induit en erreur par le récit de sa fille. « Il est dans une posture victimaire et infantile.
Celui là j’espère qu’il passera longtemps derrière les barreaux. Sa fille aussi.
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“L’attentat contre le professeur de Conflans-Sainte-Honorine par un terroriste tchétchène de 18 ans est d’une simplicité aussi brutale qu’apparente. Pourtant, l’enquête est d’une grande complexité.
Par Christophe Ayad
Publié aujourd’hui à 12h30, mis à jour à 14h42
C’est un crime hors norme. Hors norme par son horreur, par l’onde de choc politique, sociale et morale qu’il a suscitée dans la société française, mais aussi hors norme à cause de l’enquête en cours pour retracer le déroulé des faits et démêler l’écheveau des responsabilités. L’assassinat de Samuel Paty, 47 ans, le 16 octobre 2020, suivi d’une décapitation par Abdouallakh Anzorov, un réfugié tchétchène de 18 ans, près de son collège de Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines) est d’une simplicité aussi brutale qu’apparente. Et pourtant, la reconstitution du chemin qui a conduit le jeune terroriste au professeur d’histoire-géographie est d’une grande complexité.
« C’est un dossier inédit du fait de la richesse de ses problématiques et des questions qu’il soulève. Il touche à la laïcité, à l’école, à la parentalité, à la circulation de l’information sur les réseaux sociaux », résume Virginie Le Roy, l’avocate de la famille Paty. Ce qui est aussi inédit est l’aller-retour permanent opéré par les enquêteurs entre mondes réel et virtuel. Les échanges sur les réseaux sociaux, dont toutes les traces et la teneur n’ont pas encore pu être mises au jour, sont suivis d’actions et de conséquences. Loin d’être le fruit d’une pure initiative individuelle, l’assassinat de Samuel Paty implique tout un réseau d’informateurs, de complices logistiques et de soutiens idéologiques.
Autre particularité du dossier, confié au Parquet national antiterroriste, la présence de nombreux mineurs, qui représentent plus d’un tiers des mis en examen. Alors qu’on est encore loin d’une clôture de l’instruction et d’un procès, qui n’interviendra pas avant deux voire trois ans, la question se pose déjà de la forme qu’il va prendre. En effet, les mineurs ne pourront être jugés séparément étant donné leur rôle essentiel dans le dossier. On se dirigerait donc vers un procès à huis clos, ce qui se révélerait particulièrement pénible pour les parties civiles et frustrant du point de vue de l’information du public. « La famille de Samuel Paty espère beaucoup de cette enquête. Elle a la volonté de comprendre de manière exhaustive l’engrenage qui a mené à sa mort », estime Me Le Roy.
A ce jour, seize personnes ont été mises en examen, la plupart pour « complicité d’assassinat terroriste » ou pour « association de malfaiteurs terroriste criminelle ». On peut les ranger en quatre catégories.
Les instigateurs
On peut considérer qu’ils sont au nombre de trois. La jeune fille qui a fait un récit fallacieux du cours de Samuel Paty. Son père, Brahim Chnina, qui a diffusé deux vidéos et plusieurs posts sur Facebook contre M. Paty traité de « voyou ». Il a aussi diffusé ses vidéos à sa longue liste de contacts sur WhatsApp, alertant ainsi l’activiste Abdelhakim Sefrioui, qui a réalisé une vidéo de protestation sur YouTube.
La fille de M. Chnina, dont les parents sont séparés, vit aujourd’hui sous contrôle judiciaire hors du département des Yvelines. Elle est mise en examen pour « dénonciation calomnieuse », ce qui est assez surprenant étant donné la prépondérance du rôle qu’elle a joué. Son récit mensonger est à la base de toute l’affaire. Le Parisien a révélé que la jeune fille avait avoué avoir menti lors de sa garde à vue : elle n’a pas assisté au cours de Samuel Paty dont elle a donné un récit fallacieux – dans lequel M. Paty aurait discriminé les musulmans en leur demandant de quitter la classe – à son père en se fondant sur le récit de camarades de classe ayant assisté au cours la veille. Un tel mensonge, réitéré à plusieurs reprises y compris lors du dépôt de plainte pour diffusion d’images pédopornographiques contre Samuel Paty par son père, était destiné à masquer son renvoi par le collège pour absentéisme et mauvaise conduite. « La révélation de son mensonge est soulageante car elle permet d’avancer dans l’enquête. Mais elle ne change rien au fond de l’affaire », estime Me Le Roy. Joint par Le Monde, l’avocat de la jeune fille n’a pas souhaité s’exprimer.
M. Chnina, mis en examen pour « complicité d’assassinat terroriste », est en détention provisoire depuis son interpellation. Il affirme aujourd’hui avoir été induit en erreur par le récit de sa fille. « Il est dans une posture victimaire et infantile. Il n’assume rien », fustige Me Le Roy. D’autant que M. Chnina, qui a été en contact direct avec Anzorov sans qu’on sache exactement la teneur de leurs échanges, aurait dû être au courant de l’absence de sa fille, celle-ci avait fait signer son renvoi pour deux jours par sa mère. Son avocat, joint par Le Monde, n’a pas donné suite.
Le cas d’Abdelhakim Sefrioui, militant propalestinien de 62 ans, est le plus délicat. Mis en examen lui aussi pour « complicité », il est en détention à l’isolement. Son fils le décrit comme « un homme fatigué moralement et physiquement, victime lui aussi d’un drame causé par un inconnu, un fou surgi de nulle part ». En termes plus juridiques, son avocate, Elise Arfi, dénonce une « redéfinition totale de la notion de complicité » : « M. Sefrioui n’a jamais vu, jamais parlé, jamais écrit, jamais été en contact avec Anzorov. Je ne comprends pas les choix du parquet. » Les investigations n’ont pas réussi à prouver qu’Anzarov a visionné la vidéo de Sefrioui dans laquelle le nom de Paty n’est pas prononcé mais le collège désigné. Pour Me Le Roy, qui représente la famille Paty, « qu’Anzorov ait vu la vidéo ou pas ne fait pas de différence. Je n’oublie pas que sa première réaction, à l’annonce de la mort de Samuel Paty, est de demander à sa compagne d’effacer la vidéo de YouTube. Ni que la manière dont la vidéo est montée et titrée reprend l’argumentaire du message de menace d’Al-Qaïda [en septembre 2020 après la republication des caricatures par Charlie Hebdo ] à la France. »
Me Arfi a déposé deux recours en nullité auprès de la Cour de cassation, dont l’un pour non-présence de l’avocat désigné par M. Sefrioui lors de sa garde à vue. Le premier a été rejeté, le second renvoyé à la tenue du procès, autant dire dans longtemps. L’avocate, rejointe récemment par Mes Ouadie Elhamamouchi et Sefen Guez Guez, qui avaient officié dans les dossiers du CCIF et de BarakaCity, fait également remarquer que « l’amendement Samuel Paty » (article 18) de la loi « confortant les principes de la République » punit de trois ans de prison et de 45 000 euros d’amende ceux qui mettent en danger la vie d’autrui par la diffusion d’informations personnelles. C’est bien moins que ce qu’encourt aujourd’hui M. Sefrioui, qui a été « fiché S » pour son virulent militantisme pro-Hamas en 2014.
Les complices logistiques
La famille Anzorov, mise hors de cause par les enquêteurs malgré les soupçons de plusieurs observateurs, a quitté la France pour retourner vivre en Tchétchénie. Deux complices logistiques sont mis en examen pour « complicité », l’un tchétchène et l’autre franco-tunisien. Ils ont accompagné Anzorov à Rouen pour acheter le couteau qui a servi à l’assassinat et à la décapitation. Le lendemain, Anzorov retourne à Rouen avec le Franco-Tunisien pour acheter deux airsofts avec de l’argent donné par le Tchétchène. Ces fusils non létaux tirent des billes de plomb dont on a retrouvé l’une d’entre elles dans le corps de Samuel Paty.
Le Franco-Tunisien a également conduit Anzorov en voiture à Conflans-Sainte-Honorine d’abord à une mauvaise adresse puis, après avoir été rappelé par le futur tueur, devant le collège du Bois-d’Aulne.
Les collégiens
C’est l’un des aspects les plus sordides de cette affaire. Cinq élèves du collège du Bois-d’Aulne ont été mis en examen pour « complicité d’assassinat terroriste ». Ils ont désigné Samuel Paty à Abdouallakh Anzorov qui leur avait promis en échange une somme d’argent (de 300 à 350 euros). Les interrogatoires ont révélé qu’Anzarov avait donné à celui qui s’est présenté comme le chef du groupe une avance de 150 euros. D’après leur récit, trois élèves ont attendu avec Anzorov, cachés derrière une voiture, et deux autres se sont postés devant le collège pour faire le guet.
Selon les informations du Monde, les investigations ont également révélé que le terroriste a eu une conversation téléphonique avec la jeune fille à l’origine du drame, appelée par l’un des cinq collégiens, pour lui confirmer son récit.
Les cinq mineurs, tous des garçons (dont deux sont musulmans), ont dû quitter le département et ont interdiction de se rendre à Conflans-Sainte-Honorine ainsi que d’entrer en contact avec les autres mis en examen. Ils ont été placés ou vivent chez des membres de leur famille et sont astreints à un suivi sociojudiciaire.
Les complices sur les réseaux sociaux
Dans leur cas, ce n’est pas la qualification de complicité qui a été employée par le juge d’instruction antiterroriste mais celle d’« association de malfaiteurs terroriste criminelle ». Ils sont des complices idéologiques et numériques. Ils ont approuvé ou encouragé son projet d’assassinat, ou alors ont conforté son idéologie djihadiste en échangeant des vidéos de décapitation ou des informations. Abdouallakh Anzorov avait en effet de nombreuses discussions en ligne sur Twitter, Instagram et Snapchat. « Son cercle de fréquentations numériques fonctionnait comme un entonnoir, explique une source proche de l’enquête. Tout en bas de l’entonnoir se trouvent les plus radicaux. » Ceux à qui il a envoyé sa vidéo de revendication avec la tête de Samuel Paty.
Le documentaire « Terroristes en réseaux » me semble plus factuel et moins partial que ce récit qui s’appuie bien trop sur l’opinion de l’avocate de la famille Paty : https://www.lumni.fr/video/terroristes-en-reseaux
Vivement que de bons historiens reprennent les faits calmement.
Je suis déçu qu’il n’y ait rien en ce qui concerne la responsabilité de l’Education Nationale. Sans sa lâcheté, il ne serait rien arrivé.
J’espère que les condamnations seront à la hauteur du crime ignoble sur fond de bassesse humaine. J’espère aussi qu’il y aura des conséquences pour ceux qui dabs la hiérarchie au-dessus de l’enseignant ont manqué à leur devoir. J’ai peu d’espoir qu’on se débarrasse du fond communautaire et religieux qui a enflammé les acteurs qui ne savent pas se définir autrement que comme musulmans alors qu’ils sont citoyens français mais ce serait bien qu’on y arrive un jour. C’est pas en votant Zemmour qu’on avancera à mon avis mais un passage par une situation difficile pour les Musulmans français s’annonce à mon avis : à force de saloperies dans les actes ou les discours, l’amalgame est une réponse naturelle. Pareil que pour la pédophilie chez les Catholiques, à un moment, ça devient le seul prisme pour lire l’attachement à une foi et ça crispe le pays entier en empêchant tout discours raisonnable. La Justice prendra j’espère mesure de l’enjeu en étant sévère et en poussant l’enquête jusque dans l’Education nationale.
Personnellement J’ai rarement eu une colère semblable à celle que j’ai ressenti après l’assassinat immonde de Paty et la découverte de ce complot sordide.. Il est clair que pour moi il y aura eu un avant et un après.
Avant ce meurtre je pensais, de manière très naïve et franchement aveugle, qu’il était difficile mais possible de cohabiter avec l’islamisme si on le tenait à l’oeil.
Alors que c’est bien entendu une absurdité. il n’y a aucun compromis à faire avec cette idéologie suprémaciste, vicieuse, sournoise et mortifère qui est à l’exact opposé de toutes nos valeurs. Soit elle nous détruira soit nous la détruirons avant. C’est aussi simple que ça.
De manière générale J’ai l’impression que les Français commencent à se réveiller à ce sujet mais c’est pas gagné. Ce fléau s’est véritablement enraciné dans les écoles. Ce n’est pas étonnant du reste, c’est par là que commencent systématiquement tous les islamistes de la planète dans les pays où ils ne sont pas majoritaires. C’est leur modus operandi habituel.
>M. Chnina, mis en examen pour « complicité d’assassinat terroriste », est en détention provisoire depuis son interpellation. Il affirme aujourd’hui avoir été induit en erreur par le récit de sa fille. « Il est dans une posture victimaire et infantile.
Celui là j’espère qu’il passera longtemps derrière les barreaux. Sa fille aussi.