Michel Houellebecq, la radicalisation à l’extrême droite d’un écrivain à succès [Article en commentaires]

14 comments
  1. *L’auteur s’est livré récemment dans la revue « Front populaire », dénonçant la perte de l’identité des Français, menacés par « les musulmans ». Sa dérive apparaît d’autant plus sincère qu’il s’exprime dans un entretien croisé et amical avec Michel Onfray, le fondateur de cette publication.*

    Analyse. Michel Houellebecq est familier de la polémique, ses romans dressent un portrait sombre et grinçant de la société française. L’antiféminisme des personnages ou le franc rejet de l’islam mis en scène dans Soumission (Flammarion, 2015) peuvent relever de la licence de l’écrivain. Il use néanmoins, comme d’autres, de sa notoriété pour intervenir régulièrement dans le débat public, ce qui vient abattre toute distance littéraire. Dans un récent hors-série de la revue Front populaire (« Fin de l’Occident ? », 144 pages, 13,90 euros), il livre, sans fard, ses observations sur la situation sociale et politique de la France. La virulence du propos marque une étape supplémentaire dans la radicalisation à l’extrême droite d’un auteur à succès. Cette dérive apparaît d’autant plus sincère que l’écrivain s’exprime dans un entretien croisé et amical avec l’essayiste et fondateur de cette publication, Michel Onfray, lui aussi obsédé par « la chute du christianisme » et par l’idée que les Français, qui cultivent « la détestation de soi », sont complices de la perte de leur identité.

    Au gré de la discussion, Michel Houellebecq n’en démord pas, la France est perdue, son déclin est inéluctable, la faute en revient à une modernité « qui génère sa propre destruction ». Le « grand remplacement », « ce n’est pas une théorie, c’est un fait ». Certes, il n’y a pas de complot ourdi en haut lieu, affirme Michel Houellebecq, mais un « transfert » de population venue d’Afrique, où les naissances sont nombreuses. Ce prétendu trop-plein se déverse sans mal en Europe, car « en matière d’immigration personne ne contrôle rien ». Néanmoins, « ce qu’on peut déjà constater, c’est que des gens s’arment ». « Des actes de résistance auront lieu », des « Bataclans à l’envers » visant « des mosquées » ainsi que « des cafés fréquentés par des musulmans ». Pour le moment, les Français souhaitent seulement que « les musulmans » « cessent de les voler et de les agresser ».

    Pour Michel Houellebecq, le sursaut national est toujours empêché par le fait que la France reste « à la remorque des Etats-Unis », se contentant d’importer les codes « woke ». Face à cette servilité, aux nombreux « collabos » qui sévissent à l’université, Michel Houellebecq en arrive à la conclusion que « notre seule chance de survie serait que le suprémacisme blanc devienne “trendy” aux USA ».

  2. Houellebecq est passé maître dans l’art du dérapage contrôlé. Son lectorat n’ayant plus l’âge d’aller faire du tourisme sexuel en Afrique ou en Asie, il fallait bien qu’il s’attaque à d’autres sujets.

  3. J’aime beaucoup que de tout l’article le journaliste arrive à ne pas prononcer le mot « racisme »… chapeau l’artiste ! /s

  4. On le sait depuis minimum 2015. Dans Soumission, on ne peut pas dire qu’il cachait beaucoup sa vision de la société.

    Le roman était un grand homme de paille d’extrême droite.

  5. > Michel Houellebecq en arrive à la conclusion que « notre seule chance de survie serait que le suprémacisme blanc devienne “trendy” aux USA ».

    Ah oui putain, on arrive à un bon niveau de “je suis pas un nazi mais”. Non non, je n’ai jamais dit que j’étais suprémaciste, je veux juste que tout le monde le devienne pour éviter l’effondrement de notre civilisation.

  6. L’extrême droite et leurs idées prennent leurs aises en France. Houellebecq est juste un symptome de cela.

    Spéciale dédicace aux centristes qui ont rabâchés pendant des années que si l’extrême droite monte, c’est parce qu’on refusait de débattre avec eux.

  7. C’était prévisible

    Il traitait bien les musulmans d’enculeurs de chameaux dans ses bouquins.

    Houellebecq est un immense connard dépressif. Il reste un auteur intéressant mais sur le plan personnel oulala

  8. Je pense toujours qu’il est avant tout un gros troll en lutte contre son propre nihilisme. Mais ça devient pas facile à défendre à ce stade. Être provocateur d’accord mais il faut le faire avec talent.

  9. He, Michou, ce n’est pas en devenant un salaud aussi abouti que Céline que tu vas en récupérer aussi le talent !

  10. J’ai regardé pas mal d’interviews de lui sur YT, il reste cohérent avec lui-même au fil des ans.

    Je l’ai trouvé parfois même plus intéressant à écouter qu’à lire. J’imagine que s’il traînait ici il se poilerait bien.

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